OSTÉOMYELITES MULTIPLES DU TIBIA ET DE L'HUMÉRUS DROITS
DU PÉRONÉ ET RADIUS GAUCHE. — ABCÈS SOUS-TRICIPITAL DE LA CUISSE DROITE. — INCISION ET DRAINAGE DE L'ABCÉS, TRÉPANATION DU TIBIA. — MORT.
Garçon de 8 ans et demi, entré le 25 mars 1878 à Saint-Eugénie. Débuts sans causes; pas de trace de scrofule ni de rhumatisme.
(1) Lannelongue. Loc. cit.
Le 20 mars gonflement dans le tiers supérieur de la jambe droite, et le 22, même gonflement à la partie inférieure de la jambe gauche. Le 25, douleurs vives à l'extrémité diaphysaire supérieure de l’'humerus droit.
Le 26 on trouve un abcès sous-périostique de la partie antérosupérieure de la jambe droite qui est incisé. Trépanation du tibia au-dessous de l'épiphyse et un pouce plus bas : il s'écoule du pus. Le même jour, ouverture d'un abcès sous-périostique de la jambe gauche.
Le 29, poussée d'ostéomyelite de l'extrémité inférieure du radius gauche : en même temps le genou droit devient le siège d'un notable épanchement qui distend le cul-de-sac supérieur. On ponctionne le genou.
Le ? avril. on trouve un abcès intermusculaire occupant toute la face antéro-inférieure de la cuisse et communiquant avec l'articulation. L'abcès ouvert par une grande incision à la partie interne, immédiatement au-dessus du condyle interne, on pratique deux contre ouvertures, l'une en dehors, au-dessus du condyle externe, l'autre au côté interne, au-dessous de la rotule, par lesquelles on passe des drains.
L'état général, après s'être un peu relevé, retombe et le malade succombe le 12 avril en pleine pyohémie.
Autopsie. -— Au niveau de l'extrémité supérieure du tibia droit il y a destruction du cartilage épiphysaire, par où s'est faite une communication avec la jointure. L'abcès de la cuisse, communiquant avec l'articulation a disséqué les parties molles autour du fémur qui est intact. La cuisse est le siège d'un emphysème qui remonte jusqu'à la hanche.
Dans les poumons, on trouve des abcès métastatiques dont l’un a suppuré superficiellement.
Réflexions.— A propos de ce cas, l'auteur s'est posé une question intéressante, celle de l'intervention. Bien qu’elle s'adresse là plutôt aux accidents de l’ostéomyelite, elle ne peut guère se séparer du traitement de l'abcès intermusculaire, c’est pourquoi nous croyons devoir donner les réflexions de Lannelongue.
Les lésions du membre droit étant les plus graves, il s’est demandé s'il devait désarticuler la hanche, ou amputer la cuisse
au tiers supérieur malgré l'état général si mauvais ? Il a couru au plus pressé, et a trépané le tibia en quatre endroits, puis incisé et drainé le genou et l’abcès de la cuisse, tout en reconnaissant que dans certains cas la résection préconisée alors par Ollier pouvait offrir des avantages.
Malgré l’insuccès qu’on peut légitimement attribuer à la multiplicité des autres lésions, cette conduite paraît rationnelle et nous semble pouvoir servir de règle en pareil cas.
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