‹ Des Abcès Tuberculeux PérinéphrétiquesChapitre 40 sur 48 · RL ETES · texte numérisé non relu

RL ETES

Noyaux tuberculeux dans les reins : on y trouve également de véritables cavernes remplies de pus et de masses caséeuses.

Vessie. — Capacité du réservoir augmentée, parois épaissies, muqueuse injectée, semis de fines granulations dans le bas fond. Sur toute la surface de la vessie, taches ecchymotiques noirâtres : étendue variable, volume d’une lentille. En aucun point la muqueuse vésieale n’est ulcérée.

Ea résumé, tuberculose de reins ayant amené la production de cavernes ; les unes vidées dans les canaux excréteurs et confondues avec eux, les autres contenues dans le parenchyme de l’organe et parfaitement fermées. D’autres enfin en petit nombre ouvertes à l'extérieur dans l'atmosphère celluleuse. Granulations grises sous-épithéliales et ecchymoses de la muqueuse vésicale, dilatation considérable des calices, des bassinets et des uretères sans que ces canaux présentent de lésions tuberculeuses.

Au point de vue symptomatique : urémie à forme dyspnéique.

Nous croyons qu'on peut admettre que des caillols ou des débris caséeux arrêtés dans les dernières portions des uretères ont été la cause première d’une gêne au cours de l'urine, gêne dont la persistance a pu être entretenue par la formation au niveau du bas fond vésical des culs-de-sac que nous avons signalés.

Ici l'inflammation périnéphrétique n'êxiste pas dans le sens que nous lui attribuons. Les matières tuberculeuses se sont déversées dans la loge celluleuse, mais la plupart des signes de la périnéphrite ont été masqués par l’affection aiguë des reins.

Dans le fait rapporté par Nieden, il existe tout à la fois de la suppuration rénale, périrénale et enfin infection secondaire généralisée de tous les organes génito-urinaires. Ce cas très complexe est des plus curieux.

Thomas ul

LT

ORsERvATION XXIX (Nieden) (1).

S. Michel, 21 ans, hôtelier. Antécédents héréditaires bons. Il est de faible constitution. A toujours été cependant bien portant, jusqu'à ilya2ans.

A cette époque, sans cause connue, gonflement des deux testicules.

En 8 jours, forte suppuration. En même temps, difficulté d’uriner; mictions douloureuses. Urines troubles, floconneuses.

En automne 1876, après un refroidissement, gonflement douloureux dans la région inguinale droite. Accroissement rapide de la tumeur, qui devient purulente, et s’ouvre spontanément à gauche ; dans la même région les mêmes phénomènes se produisent avec une marche semblable.

Pas de frisson, pas de fièvre.

Depuis 14 jours, douleurs violentes, lancinantes dans la région sacrée et surtout dans la région lombaire droite, douleurs qui ne permettent pas au malade la station verticale. ù

Depuis ce moment sensibilité à la pression dans la région lombaire droite.

23 juin 1877. — Le malade-se cachectise. Râles dans la poitrine. Gonflement de l’abdomen. La prostate, facile à sentir, est grosse, douloureuse.

12 juillet. — Tumeur fluctuante profondément située dans la région lombaire droite au-dessous de la douzième côte.

25 août. — Aspiration avec l'appareil Dieulafoy. On retire 400 centimètres cubes de pus trouble, sans odeur. Soulagement immédiat.

1. Deutsch. archiv. fur Klinische medicin, 1878, t. 22, p. 451.

31 août. — 200 centimètres cubes de pus épais et quelque peu hémorrhagique.

8 octobre. — Nouvelle ponction, 500 centimètres cubes de pus.

10 octobre.— Trois grandes incisions sont faites parle professeur Maas. La première vers les vertèbres lombaires ; la deuxième suivant la crête iliaque, et la troisième à la hauteur du pli fessier. Pus épais et fétide.

Rein facile à sentir.

27 novembre. — Mort.

Autopsie. — Pas d'œdème du scrotum. Dans l’hypocondre droit une cicatrice parallèle au ligament de Poupart et à l’extrémité inférieure de cette cicatrice, une ouverture fistuleuse conduit au-dessus d’un pii en forme de demi-lune et profondément situé. Une deuxième ouverture fistuleuse se trouve audessus du milieu du bord inférieur de la cicatrice. De là une sonde pénètre à 1 centimètre 1/2 dans la direction de l’épine iliaque antéro-supérieure. À gauche se trouve également au-dessus du milieu du ligament de Poupart une cicatrice de faible étendue et de son extrémité interne et inférieure, part un trajet qui s'étend à une profondeur de un centimètre dans la direction du canal inguinal.

Poitrine. — Poumons un peu rétractés, le droit est presque libre, quelques nodules caséeux. Le poumon gauche est adhérent par son lobe supérieur dans lequel on trouve de nombreuses cavernes purulentes. Congestion à la partie inférieure. Signes d’inflammation de la plèvre.

Abdomen. — Liquide dans la cavité du petit bassin. L'intestin grêle est sain. Le gros intestin et l’épiploon sont rétractés en différents points par des adhérences. Au-dessous du côlon ascendant l’espace compris entre la colonne vertébrale et la paroi abdominale latérale est tout entier rempli par une poche qui est en partie fluctuante et accolée au lobe droit du foie dont elle se laisse

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assez facilement détacher. Elle s'étend jusqu’au diaphragme et à la portion verticale du duodénum auquel elle adhère solidement. Les deux reins dans leur situation normale ne sont pas immobi-

lisés. Les cordons spermatiques sont adhérents à la cicatrice

inguinale:

Adhérence de la tumeur au lobe droit du foie qui se déchire. Ecoulement de pus grumeleux et jaunâtre. Près de l’extrémité inférieure de l’abcès, on trouve d’autres collections purulentes communiquant entre elles par des fistules.

La paroi postérieure de cet énorme foyer purulent est formée par les muscles macérés et presque détruits. Au niveau de la première vertèbre lombaire se trouve un trajet qui conduit sur l’apophyse transverse. Le tissu cellulaire de la fosse iliaque et le tissu cellulaire du muscle psoas iliaque sont considérablement épaissis. | |

La moitié supérieure du rein droit est changée en une vaste caverne, 1l est presque méconnaissable.

L'uretère droit est dilaté légèrement dans sa partie supérieure, épaissi dans sa partie inférieure.

La vessie est quelque peu rosee, la paroi musculaire est hypertrophiée. | /

L'uretère gauche présente les mêmes lésions que le droit.

Le rein gauche est manifestement tuberculeux, quelques petits abcès dans son intérieur.

Le foie est gros et atteint de dégénérescence graisseuse.

Le côlon et le rectum sont hyperhémiés, présentent quelques petits abcès. Pas de fistules prostato-rectales.

Les deux veines iliaques sont thrombosées.

Enfin les tubercules peuvent se répandre jusque dans les trompes, les ovaires et même l'utérus (V. Obs. XI, p. 81). Quelquefois c’est une phlegmasie aiguë qui éclate brus-

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SAT Ua quement, dont rien ne faisait prévoir l'apparition et qui emporte le malade.

Comme autres complications, Ebstein (1) signale un cas d'ulcère perforant de l'estomac, et Gordon (2) dans un autre Cas constate deux abcès du duodénum. Viennent ensuite les hydropisies des séreuses et les dégénérescences

des glandes, foie, rate, si fréquentes dans les longues suppurations.

. Cité par Fischer. Sammlung. klin. Vortrage, n° 253, p. 2153. . Cité par Fischer, id. ? id.

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