‹ Des Abcès Urineux à Siège Exceptionnel Non PérinéauxChapitre 12 sur 21 · CS RES · texte numérisé non relu

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cas de rétrécissement, consiste en desquamation, prolifération ou transformation de l’épithélium glandulaire. Chaque folliculite est pour ainsi dire un petit foyer infectieux à part; la folliculite ne tarde pas à s'accompagner de péri folliculite à propagation de plus en plus extensive. Cette péri-folliculite est, en quelque sorte, un terrain d'appel pour les germes inclus dans la glande enflammée et marque la première étape de l'infection périuréthrale. Aussi Zeiss! (1) insiste-t-1l tout spécialement sur l’inflammation nécrotique des follicules glandulaires situés dans la région rétrostricturale, inflammation qui, dit-il, ouvre aux agents infectieux les espaces connectifs voisins.

Ce rôle d'intermédiaire entre la muqueuse et les tissus périuréthraux n’est pas exclusivement dévolu aux follicules, c’est parfois le corps spongieux qui le détient. Dans ce cas la phlébite du corps spongieux ouvre la scène. Quelquefois cette phlébite revient, pour ainsi dire, sur elle-même avant que l’inflammation se soit propagée alentour et cela atteste bien son rôle prémonitoire de l’abcès. Parmi nos observations, plusieurs relatent ces poussées inflammatoires du côté des veines du corps spongieux se résorbant après quelques jours sans passer à la suppuration (obs. 6 et 15). Legueu et Noguès, qui ont insisté, les premiers, sur l'importance de cette lésion, en ont rapporté un cas où, pendant l'opération, sa nature phlébitique fut nettement reconnue. « A la section, le corps spongieux se présentait sous l’aspect d’une bande noire ressemblant assez, comme couleur, à un noyau d'apoplexie pulmonaire et, phénomène caractéristique, ne

(1) Allgem. medic. Wiener Zeitung, 1861.

donnant pas de sang; celui-ci paraissait coagulé à ce niveau et l’impression de tous les assistants fut qu’il s'agissait d’une phlébite du corps spongieux (1). »

La pathogénie des abcès urineux de contiguité. péniens ou scrotaux, est donc ainsi nettement expliquée par le cheminement des microbes dans les espaces celluleux périuréthraux. :

Celle des abcès aberrants lointains est tout autre. Deux cas peuvent se présenter : 1° ou bien l’abcès n’est relié par aucun trajet à l'urèthre; 2 ou bien ce trajet existe et alors, le plus souvent, une fistule urinaire s'établit.

Le premier groupe comprend seulement les abcès collectés en regard de la fosse ischio-rectale, car toutes nos autres observations d'abcès migrateurs signalent la formation de fistules urinaires. Comment se peut-il qu’une lésion uréthrale provoque à distance une suppuration du petit bassin, comme dans une de nos observations (obs. 18)? A la rigueur, des communications veineuses pourraient être invoquées; en effet, nous dit Escat, « le paquet vasculo-nerveux (artère et veine périnéales superficielles, artère du bulbe) qui se rend au triangle ischio bulbaire émane des troncs honteux internes, à l’angle antérieur de la fosse ischio-rectale ; il sort de cette fosse et la met en communication avec la loge périnéale superficielle. » Mais c’est plutôt par la voie lymphatique que s'effectue le transport des germes infectieux. Il suffit, pour s’en convaincre, de relire l'important travail de Sappey, sur les lymphatiques de cette région. D'après les recherches de ce savant anatomiste, le riche

(1) Ann. Génito-Urinaires, 1893.

réseau lymphatique sous-muqueux de l’urèthre fournit, dans le segment prostatique du canal, un certain nombre d’efférents se mêlant en partie aux lymphatiques propres de la prostate, mais aussi remontant en partie le long des canaux éjaculateurs jusqu’au col de la vésicule séminale. Or, précisément, les lymphatiques de cette dernière région se jettent dans les ganglions des parois latérales du bassin. On conçoit donc facilement la possibilité d’une suppuration du petit bassin à point de départ uréthral. La collection peut, comme le fait s’est produit dans notre observation, bomber au-dessus du grand trochanter, c’est-à-dire au niveau de la fosse ischio-rectale, car on sait (1) que les fibres du releveur et ses aponévroses laissent en arrière une lacune par laquelle le pus contenu dans l'étage supérieur peut fuser dans l’inférieur.

Cette théorie pathogénique ne saurait convenir à une de nos observations (obs. 19) relative à un abcès siégeant aussi au niveau de la fosse ischio-rectale, mais entre l’aponévrose superficielle et la peau.

Comme le dit fort bien Hache, dans la discussion de cette observation, il faut admettre. étant donné le rétrécissement pénien causal, une inflammation propagée de l’urèthre au tissu cellulaire sous-cutané de la racine de la verge, ce qu'expliquent les connexions lymphatiques si nombreuses des milieux endo et péri-uréthraux à ceniveau. De ce point l'infection gagnera facilement letissu cellulaire sous-cutané en regard de la fosse ischio-rectale, puisqu'une nappe celluleuse continue réunit les deux régions.

Quant au deuxième groupe d’abcès urineux aberrants

(1) Ricugr. — Anatomie chirurgicale.

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(ceux qu’un trajet relie à l’urèthre et qui sont toujours suivis de fistule urinaire), leur pathogénie, à notre avis, ne s'explique qu’en faisant intervenir l’irruption antérieurede l'urine dans lestissus, au moment dutraumatisme primitif. Nous avons fait remarquer, en effet, en parlant de leur étiologie, que ces abcès sont, le plus souvent, dus à un rétrécissement traumatique. Le traumatisme originel ne va pas sans provoquer toujours une effraction de l’urèthre, suivie d’uréthrorragie. À ce moment, le paroi uréthrale, étant déchirée, laissera passer, lors des premières mictions,une certaine quantité d'urine qui, dirigée par les plans aponévrotiques, se diffusera jusqu’en des régions plus ou moins éloignées. Comme, le plus souvent, cette urine est normale, aseptique, elle ne provoquera pas d'accidents infectieux; mais étant toujours irritante, sclérogène (Damaschino), sa présence parmi les tissus ne manquera pas de susciter une réaction de leur part, se traduisant par une néoformation conjonctive. Jusqu'à la cicatrisation complète dela plaie uréthrale, ce qui demande plusieurs jours, cette extravasation de l’urine se reproduira, les tissus envahis répondront, à chaque fois, par une nouvelle production scléreuse et il finira par se former un trajet plus ou moins long. Plus tard, quand le rétrécissement sera constitué etque le milieu uréthral sera devenu favorable à la pullulation des germes dans le canal, l'infection trouvera un trajet préétabli etsi, dans la suite, l’ulcération nécrosive de la paroi uréthrale se produit, l'urine aura un chemin tout tracé pour arriver jusqu’au niveau de l’abcès et la fistule sera créée. Cette théorie du trajet préformé peut, seule, expliquer ce fait que l’envahissement des tissus par une urine septique donne lieu à

une fistule urinaire et non pas à une infiltration d'urine, ainsi qu'on pourrait s’y attendre.

Quant au passage de l’urine à travers la paroi uréthrale, c’est, à notre avis, un phénomène ulcératif d'ordre infectieux, lui aussi, et nous admettrons, avec un de nos maitres, M. Gangolphe (1), qu'il est dû à un sphacèle plus ou moins tardif de la muqueuse, la bactérie pyogène de Clado et Albarran pouvant acquérir des propriétés gangréneuses sous des influences que nous ignorons.

(1) Thèse de Boujol, Lyon 1897.

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