PRONOSTIC ET TRAITEMENT
L'abcès urineux en lui-même, quel qu’il soit, offre peu de gravité. Mais ce qui est à craindre c’est sa transformation possible en une infiltration d’urine. Cette substitution paraitrait rare si l’on s’en tenait aux observations qui la signalent. Mais ils doivent être bien nombreux les cas où l’infiltration a pour origine un abcès urineux passé inaperçu. Aussi le professeur Guyon affirme-t-1il que tout abcès urineux est une menace d'infiltration. De même que ceux du périnée, les abcès extrapérinéaux sont sujets à cette fâcheuse complication : l'observation 4 en est un exemple typique; à l’occasion d’un effort le malade porteur d’un abcès urineux pénien, encore vierge de tout traitement, vit se déclarer soudainement une infiltration de la verge et des bourses.
Il est une autre complication qui, si elle n’offre pas les dangers de la précédente, n’en est pas moins pour le malade une source de tourments continuels. Je veux parler de la fistule urinaire qui succède fréquemment à
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l'ouverture de l’abces. Tantôt l'écoulement d'urine suit immédiatement l'intervention, tantôt, plus souvent, un certain laps de temps l’en sépare. Au pénis, aux bourses, au creux ischio-rectal la fistulisation peut manquer (obs. 10, 12, 17, 19); à l’hypogastre et à la cuisse elle est la règle. L’inconvénient de cette fistule est d'autant plus grand qu’elle n’a jamais de tendance à la guérison spontanée.
Enfin, signalons la récidive presque inévitable de l’abcès si on ne fait que le traiter lui-même. Le rétrécissement causal n'étant pas supprimé, toutes les conditions pathogéniques persistent au même degré et une réinoculation des tissus périuréthraux est en quelque sorte fatale.
Il faut donc à la fois traiter l’abcès et le rétrécissement.
L’abcès, dans tous les cas, demande une intervention hâtive, car sa transformation possible en infiltration d'urine grave est un danger permanent qu'il faut s’empresser de conjurer. On l’incisera donc largement au plus tôt. On draïinera la cavité pour faciliter l'écoulement du liquide pathologique et éviter toute rétention nuisible au bourgeonnement des parois.
Quant au traitement de la sténose uréthrale, auronsnous les mêmes scrupules que l’école de Necker, qui s’abstient non seulement de toute intervention sur le canal, mais aussi de toute exploration uréthrale, avant que quinze jours aient suivi l’ouverture de l’abcès? Nous pensons qu’une antisepsie méthodique du canal et une asepsie soigneuse des instruments nous permettent aujourd'hui de nous départir de ce rigorisme thérapeutique justifié jadis. Car, le plus souvent, ce n’était pas au voisi-