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nage de l'abcès qu'il fallait attribuer les mécomptes opératoires, mais bien à la septicité du milieu endouréthral: n’obtenaiton pas des accidents infectieux analogues au cours d'uréthrotomies internes pour rétrécissement non compliqué d’abcès, alors qu’en suivant les règles antiseptiques modernes ces accidents sont devenus exceptionnels? Dans une thèse toute récente (1) Besserve, à la suite de M. Routier, préconise cette intervention simultanée. De plus, dans notre cas particulier, lorsqu'il s’agit d’abcès aberrants lointains, cette distance même du foyer abcédé permet de considérer l'urèthre comme étant à l’abri de toute propagation inflammatoire partie de l’abcès. Pourquoi alors multiplier les interventions et prolonger sans nécessité la durée du traitement? Il est donc indiqué, à notre avis, de traiter dans la même séance l’abcès et le rétrécissement causal.
La thérapeutique à appliquer à l’urèthre sténosé peut varier suivant les cas.
S il s’agit d’un abcès urineux consécutif à un rétrécissementblennorrhagique et situé dans le voisinage immédiat du canal, la ligne de conduite sera analogue à celle suivie d'ordinaire pour les abcès périnéaux puisque les conditions sont identiques. Le plus souvent on pourra par la dilatation progressive au moyen des béniqués arriver à rendre au canal son calibre normal. Si la sténose est très serrée, il sera nécessaire de procéder à sa divulsion par l’uréthrotomie interne ou l’électrolyse. Mais dans l’un et l’autre cas l'intervention devra être complétée par une dilatation méthodique et continuée longtemps, car, ainsi
(1) Bssserve, thèse Paris, novembre 1900.
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que l’ont formulé Albarran et les divers rapporteurs du dernier Congrès de chirurgie, sans cette précaution la sténose se reproduit fatalement et à brève échéance.
Quant à l’abcès lointain, séparé de l’urèthre par une épaisseur plus où moins considérable de tissus sains, il peut être dû soit à un rétrécissement blennorrhagique, soit à un rétrécissement traumatique. Dans le cas de rétrécissement blennorrhagique c’est encore et surtout à la dilatation progressive que l’on donnera la préférence. Mais s’il s’agit de sténose traumatique étroite, filiforme. comme c’est l'ordinaire, l’uréthrotomie externe sera l'intervention de choix. En effet l’uréthrotomie interne ne donnerait que des résultats illusoires : le tissu cicatriciel, qui, consécutivement à un traumatisme, entoure l’urèthre comme d’un manchon scléreux, reproduirait bien vite la sténose primitive, étant donnée sa tendance rétractile toute particulière. Il faut exciser ces tissus fibreux périuréthraux, faire l’ablation du rétrécissement lui-même, puis réunir les deux bouts de l’urèthre ainsi libéré. Parfois, comme dans plusieurs de nos observations, le bout postérieur revenu sur lui-même et perdu au milieu des tissus cicatriciels ne peut être trouvé ; dans ces Cas le cathétérisme rétrograde pourra le faire découvrir et permettre de mener à bien la suture des deux trançons du canal. Il se peut même (obs. 26) qu'uréthrotomie externe et cathétérisme rétrograde échouent; la dernière ressource alors, bien précaire il est vrai, sera la création d’un méat hypogastrique pour permettre l'écoulement de l’urine et la fermeture des fistules.
Car celles-ci, nous l’avons vu, sont souvent le reliquat d'abcès urineux aberrants et ne vont pas sans être pour le
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malade un sujet de tourments continuels. Le plus souvent le traitement judicieux du rétrécissement qui entretient ces fistules suffira à les faire disparaître. Mais, parfois, elles se montrent rebelles et réclament une intervention particulière ; leur cautérisation au nitrate d'argent ou au fer rouge s'impose alors. Dans le cas de trajet ancien induré, perceptible au travers des tissus commé un cordon rigide, il faudra cureter énergiquement et aviver les surfaces; ou bien, suivant en cela l'exemple de notre maître, M. Rochet, et comme il l’a pratiqué avec un plein succès sur un malade atteint d’une large fistule pénienne depuis plusieurs mois (obs. 2), isoler la partie profonde du trajet de sa portion superficielle, de façon à en interrompre la continuité et à faire cesser leur correspondance en pratiquant leur suture isolée et en faisant glisser ces deux portions l’une sur l’autre, pour les Juxtaposer de continues qu’elles étaient.