PREMIER GROUPE
Abcès urineux de contiguité (pénis et bourses)
OBSERVATION 1 (inédite)
Due à l’obligeance de M. le professeur Rocuer
Abcès urineux de l’angle pénio-scrotal consécutif à un
rétrécissement pénien d'origine blennorhagique.
C.. André, soixante-sept ans, né à Aveyron, entré Île 12 octobre 1900, salle premiere, n° 7 (clinique des voies urinaires de l’Antiquaille).
Le malade à eu, il y a plusieurs années déja, trois blennorrhagies suivies de rétrécissement et traitées dans le service de M. le professeur Augagneur. Pas de traumatismes. Bonne santé générale habituelle. Depuis quelques mois le malade s’apercevait que la miction devenait difficile, douloureuse pendant toute sa durée etne pouvait avoir lieu qu'après bien des efforts. Le jet u’avait plus de force, l'urine tombant du méat en bavant.
Il y à cinq ou six jours, CG... vit les douleurs de la mietion devenir de plus en plus vives el ia difficulté d’uriner s’accen-
tuer, Bientôt une tumeéfaction apparut au-dessous de la verge,
donnant lieu à peine à quelques élancements. mais sans douleurs spontanées bien accusées.
A l'entrée, on constate, au niveau de la base de la verge, immédiatement au-dessus des bourses, une petite Lumeur erosse comme une noix, indurée et bien localisée au-dessus de Purethre. La peau est un peu rouge, la pression douloureuse. La verge out entiere est le siège d’un ædème dur, La masse indurée dans son ensemble affecte la forme d’un croissant embrassant la verge dans sa partie inférieure. La pression exercée sur elle fait sortir du pus par le méat.
Urines purulentes. Pas d’albumine. Pas de (température. Bon élat général. La région lombaire n’est pas douloureuse et sa palpation ne permet pas de sentir d'augmentation de volume du rein.
Le 22 octobre au matin, le malade est pris d’un violent frisson s'accompagnant d’une forte élévation de température (39). On opère alors: l’abcès est ouvert au bistouri et on draine Fa cavité qu’on laisse ouverte.
L'exploration du canal montre que la bougie à boule n° 8 passe en acerochant dans la région pénienne ; la boule n° 12 ne passe pas. On dilate pendant lPopération extemporanément le canal jusqu’au n°18 (filière Charrière) et on laisse une sonde calibre 48 à demeure.
Enfin l’on fait une circoncision au malade.
Le 25 octobre on passe très facilement 16, 18 et 20 béniqués. La plaie va tres bien, on supprime la sonde à demeure.
Le 7 novembre la plaie va bien. On passe les bougies en gomme n° 16, 17, 18,le passage du béniqué 16 n'ayant pu s'effectuer.
Peu à peu on arrive à passer des béniqués de plus en plus gres ; l’on arrive jusqu'au numéro 40. En décembre, la fistule pénio-scrotale continuant à laisser suinter, on la cautérise au galvano-cautère.
En janvier, cette fistule est completement fermée et le malade sort guéri, ürinant à plein jet.
OBSERVATION 2 (inédite)
(Service de M. Rocyrr)
Rétrécissement pénien d'origine blennorrhagique. Abcès
urineur avec œdème dur du gland. Fistules consécutives.
B..., Antoine, frente-trois ans, peintre-plâtrier, entré le 28 août 1900 à la clinique des voies urinaires, salle premiere, no:
Santé générale assez précaire; le malade est pâle et amaigri ; cependant, pas de signes positifs à lauscultation des sommels, I ya quinze ans le malade eut une blennorrhagie aiguë qui, mal soignée, se transforma en un écoulement chronique ayant duré pres de deux ans. Dix ans après le début de linflamma- Hon uréthrale les symptômes d’un rétrécissement se manifesterent; le malade consulta un médecin qui lui fit plusieurs séances de dilatation progressive. Depuis ce moment le malade se passait lui mème de temps en temps des sondes lorsque les difficultés de la miction augmentaient.
Il y a cinq mois environ une tuméfaction dure apparut au niveau du sillon balano-préputlial. Des douleurs vives <e firent bientôt ressentir en même temps que la fluctualion apparaissait de plus en plus manifeste et que la peau rougissait. Puis labces s’ouvrit à l’intérieur donnant issue à un pus assez fluide.
En même temps, tandis que labces urineux évoluait, un paraphimosis volumineux s'élait formé ; le médecin ne put le réduire qu'en s’aidant d'une incision dorsale.
Depuis, l’ouverture de l'abcès s'est refermée en partie, mais trois fistules persistent.
Actuellement, on constate un œdème dur du prépuce et de la verge. Sur celle-ci, à l'union de son tiers antérieur et de son tiers moyen et sur sa face inférieure, existe une fistule assez
grande, par où l'urine passe au moment de la miction et que le
Kb, otre
malade est obligé de boucher avec le doigt pour arriver à uriner par le méat. Sur le gland se voient aussi deux fistul ttes à orifice très étroit ne donnant passage qu’a un liquide mucopurulent verdâtre. Le gland et la partie antérieure du pénis donnent au toucher la sensation d'une induration considérable et sont du reste triplés de volume.
A lexploralion de l'urèthre la boule n° 9 passe facilement, le n° 18 en accrochant, le n° {1 ne peut franchir une stricture assez serrée dans la région pénienne au niveau de Ja fistule,
Pas d’albumine. Les urines sont claires, l'épreuve des verres est négative, Au toucher prostatique la glande est grosse, elle bombe, mais elle est très souple et ne présente pas d’inégalité de surface.
Le 13 septembre, opération. Les tissus infiltrés du gland sont incisés au niveau des fistulettes ; cette incision donne issue à un pus grumeleux mélangé à de l'urine. On curette alors par ces ouvertures tous les tissus profonds du gland et on s'aperçoit que ces décollements glandaires se prolongent dans le pénis jusqu’au niveau de la fistule sous-pénienne principale. Puis on attaque celle-ci en décollant soigneusement ses bords de facon à ce que le décollement se fasse sur deux plans, un premier plan de décollement correspondant à la partie profonde uréthrale de la fistule, le deuxième plan de décollement correspondant à la partie cutanée de la fistule, ce qui fut facile élant donnée l'épaisseur des tissus à ce niveau en raison de l'inflammatlion chronique. Les deux lèvres du décollement profond furent suturées à part. On fit glisser sur un des côtés du pénis les deux lèvres du décollement superficiel, pour qu'il cessàt de correspondre aux deux lèvres du décollement profond et on les sutura isolément. De petites mèches de gaze furent placées dans les débridements du gland et du pénis et une grosse sonde à demeure fut laissée.
Le malade guérit très bien de tous ses accidents et de toutes
ses fistules.
OBSERVATION 3 (inédite)
Due à l’obligeance de M. Rocner
Rétrécissement pénien blennorrhagique ; abcès urineux de
la verge avec induration el œdème simulant des aceidents syphilitiques.
X..., àgé de trente ans, porteur d’un rétrécissement blennorrhagique du eanal de l’urèthre siégeant tout près du méat (a deux centimètres environ du méat). Le méat du reste est luimême sténosé et il n'’admet guère qu’une sonde n° 43 ou 414.
Le malade avait été trailé par la dilatation à différentes reprises. Il n’avait jamais présenté d'accidents graves dus à son rétrécissement. Peu à peu il se forma un petit abcès sousuréthral de la grosseur d’une petite noisette au-dessous de la partie moyenne de l’urèthre pénien, Ce petit abcès fut négligé n'étant pas douloureux, s’ouvrit spontanément du côté de la peau et donna lieu à une fistule urinaire mais indirecte, une partie de l'urine coulant pendant la miction à la fois par le méat et par la fistule. Peu à peu la partie antérieure du pénis et surtout le gland devinrent le siège d’une infiltration inflammatoire dure, scléreuse, douloureuse même au toucher et la miction devenant de plus en plus gênée, le malade vint consulter M. Rochet.
On constata alors, outre la fistule signalée, qui laissait du reste échapper plus de pus que d'urine véritable, un gonflement considérable de la partie antérieure du pénis avec rougeur, ædème du prépuce qui était en état de phimosis et au-dessous une infiltration de dureté ligneuse du gland. La pression de cette région douloureuse faisait sourdre du pus en assez grande abondance par le méat, pus grumeleux et mélangé à une certaine quantité d’urine.
Une opération fut décidée. Après section large du méat un stylet introduit dans le canal fit reconnaître à deux centi-
Monet. 4
PERTE Due
mètres environ en arrière du méat, l'existence d’une dilatation considérable, une véritable cavité abcédée ayant disséqué tous les tissus profonds du gland, communiquant en partie avec la fistule sous-pénienne, en partie avec une toute petite fistulette que le phimosis avait empêché de voir et qui siégeait dans la partie latérale gauche du sillon balano-préputial. Étant donnée l’induration considérable du gland, si l’on n’avait pas eu les renseignements et les fistules pour se guider, Pinduration du pénis disséqué et sclérosé par l’abces ressemblait absolument à un pénis atteint du chancre induré sous phimosis ou encore de gomme du corps caverneux. Le rétrécissement, cause initiale des accidents, fut largement sectionné avec l’uréthrotome de Maisonneuve. Tout le pénis abcédé fut nettoyé avec une petite curelte en passant par l’urèthre et fut comme évidé des tissus fongueux qui l'avaient creusé absolument comme dans l’observalion 2. Un petit drain fut placé, passant d’une part a travers la fistule sous-pénienne et de l’autre par la fistule balanique et fut laissé à côté de la sonde laissée à demeure.
La réparation de tous ces désordres fut assez longue. Mais le malade guérit complètement car on eut soin d'entretenir soigneusement la dilatation du canal et de maintenir large l’ouverture du méat.
OBSERVATION # (ARIBAUD, Th. Paris 1861.)
Rétrécissement pénien d’origine blennhorragique, abcés urineux de la verge, infiltration d'urine consécutive.
Jean-Marie J..., cinquante-trois ans, marbrier. Blennorrhagie il y a quinze ans. Depuis, pas de troubles urinaires si ce n’est une diminution du jet.
Il y a deux mois, sans aggravation du léger état de gêne habituel, ce malade a vu se développer une petite tumeur à la partie antérieure de la verge. L'émission des urines devint plus diffi-
LOL Dome
cile à mesure que la tumeur se développait. En même temps le malade perçut une douleur, une cuisson dans le canal à son niveau au moment de leur passage. Quelques jours avant son entrée il remarqua qu’il s’'écoulait du pus par la verge.
A son entrée, le 16 août, on constate l'existence d’un petit abcès du volume d’une noix situé à 7 centimètres du méat, se vidant en partie dans le canal par la pression ; au même niveau existe un rétrécissement qu'on n’essaie pas de franchir. Le malade urine, mais par un jet assez petit.
Le 19, pendant la nuit, le malade, qui n’avait encore subi aucun traitement, se lève pour uriner; selon son habitude, il fait quelque efforts, aussitôt il perçoit une sensation de déchirure accompagnée d’anxiélé générale, de tendance à la syncope, d’une douleur dans tout le côté droit du corps; il ne peut uriner.
Le lendemain, à la visite, on constate une infiltration aiguë de la verge et du scrotum. On pratique deux larges incisions : l’une au périnée en arrière, l’autre au niveau de l’abcès, suivies d’une cautérisation superficielle. Depuis cette époque, le malade, qui a uriné par l’incision antérieure dès le début, conserve à ce niveau une fistule.
Le 98, il est en bon état,
(LanproiTe, Th. Paris, 1886.)
Phimosis serré. Blennorrhagie. Abcès urineux multiples sur la verge hypertrophiée. Oblitération de l’urèthre
antérieur.
Hippolyte D..., trente-deux ans, entré le 1° mai 188%.
Bonne santé antérieure. Phimosis assez serré existant depuis sa naissance, mais n'ayant jamais donné lieu à aucun accident, Il remarquait seulement que le jet de lurine était toujonrs
et D
petit et ne dépassait pas la grosseur d’une ficelle de fouet. Sa force de projection était cependant considérable,
IL y a deux ans, blennorrhagie qui fut très aiguë. A deux ou trois reprises cet écoulement devint sanguinolent sans raison connue. La blennorrhagie dura trois mois à l’état aigu et fut traitée exclusivement par des tisanes.
Depuis lors elle passa à l’état chronique avec uréthrorrhée assez abondante. Il y a six mois (dix-huit mois apres le début de la chaude-pisse) survint un empâtement douloureux à la partie inférieure du pénis, en avant de la racine des bourses, puis un abeëes se forma et s’ouvrit naturellement. Il en résulla une fistule par laquelle l’urine se mit à couler pendant la miction. La partie antérieure de l’urethre ne donnant plus passage à ce liquide se rétrécit progressivement et finit par s'oblitérer.
Pendant cetemps le pénis était devenu le siège d’une augmentation de volume considérable portant surtout sur la partie antérieure et sur le prépuce. Divers abcès s'étaient formés en arrière du premier et avaient donné lieu à autant de trajets fistuleux.
A l'entrée : le pénis très volumineux atteint la grosseur du poignet d'un adulte, dureté considérable donnant la sensation d’un tissu sclérosé. Prépuce très hypertrophié recouvre completement le gland sauf un petit orifice admettant une sonde de moyen calibre.
Vers la racine des bourses on sent sur la verge deux ou trois noyaux de la grosseur d’une noisette. En explorant les trajets fistuleux à laide d’un stylet on tombe dans des foyers anfractueux dans lesquels l'instrument ne peut pénétrer au delà de { centimètre. Une de ces fistules laisse passer l'urine pendant la miction, mais il est impossible de faire pénétrer par elle un instrument dans l’urèthre ou la vessie. Toute la partie de l’urèthre située en avant d'elle est complètement imperméable et il est impossible d'y engager un stylet par le méat. En arrière les autres fistules ne laissent suinter que quelques gouttelettes de pus sans urine.
Le 7 mai on opère le malade de son phimosis. Le lendemain
me
M. Després enfonce un trocart à travers les tissus indurés jusqu’à la fistule et le remplace par un drain qui est fixé à demeure.
Le 1* Juin uréthrotomie externe sans conducteur, on fait arriver une sonde dans la vessie tandis qu’on engage son autre extrémité dans l’urèthre artificiel antérieur. Après vingt-trois jours le malade se sonde lui-même.
Le 25 août : le malade urine facilement, toute l’urine passe par le méat. Les fistules sont completement cicatrisées.
OBSERVATION 6 (résumée)
(DEsxos, Annales des organes génito-urinaires 1887.)
Etroitesse congénitale du méat. Abcès urineux du périnée et du pénis. Fistulisation. Guérison par le débridement du méat.
R..., trente deux ans, facteur.
A toujours eu de la peine à uriner; lenteur des mictions; parfois même douleur sourde au niveau du périnée quand il faisait effort pour pisser.
A vingt-trois ans un gonflement douloureux du périnée survint qui disparut après quelques jours de repos au lit.
Il y a quatre ans le périnée se tuméfia de nouveau, un abces s’y forma, fut ouvert et donna naissance à une fistule par où l'urine suintait pendant et surtout après la miction.
Les difficultés de la miction augmentaient toujours et il v à un an Ja verge commença à se tuméfier, des douleurs lancinantes y apparurent et au bout de quelques semaines le malade aperçut dans le sillon balono-préputial à gauche une petite tuméfaction qui s'ouvrit et donna issue à du pus, puis à de l'urine. Cette fistule ne s’est pas tarie depuis lors, mais son orifice est masqué aujourd’hui par le développement du prépuce. Deux autres fistules s’établirent d’une manière analogue à droite du prépuce près du frein.
Depuis nouvel abcès périnéal, qui s'ouvre et se fistulise.
A l'entrée le 4 juillet 4885 : la verge est doublée de volume par des masses immobiles d’une dureté cartilagineuse semblant ne faire qu’un avec les corps caverneux, Le prépuce sous la forme d’un bourrelet selérosé masque le silion balano-préputial. Entre le prépuce et le gland existe un suintement purulent qui exhale une forte odeur ammoniacale.
Scrotum un peu œdématié. Deux fistules au périnée.
Le méat est haut placé sur le gland; son orifice n’admet qu'une bougie n° 5. Celle-ci parcourt la partie profonde du canal sans rencontrer d’obstacle. Pas de distension vésicale.
État général assez mauvais, 39°. Langue sale ,anorexie, frissons.
Une bougie filiforme à demeure facilite la miction et diminue l'écoulement par les fistules.
Le 6 juillet, débridement du méat avec l’uréthrotome de Civiale. La bougie à boule n° 18 parcourt alors librement le canal. On place une sonde à demeure.
Le 8 juillet, 37°5. On retire la sonde. Les urines légèrement troubles avant l'opération, sont devenues limpides. Le 15, les fistules périnéales sont fermées.
Le 16 août, les fistules péniennes qui, depuis l'opération, ne donnaient plus lieu qu’à un léger suintement se sont taries et fermées. L'induration pénienne a diminué. Les mictions ont lieu très facilement et sont normales. La guérison est complète.
OBSERVATION 7 (Teevan, Med. Times and Gaz., 1881.)
Rétrécissement blennorrhagique. Abcès urineux de la verge et du périnée. Dilatation du canal. Curetage et réunion des lèvres de la fistule. Guérison.
T... P.., trente-trois ans. Blennorrhagie à dix-neuf ans. Il fut souvent troublé par des blennorrhées qui duraient longtemps. Il y à cinq mois, il commença à uriner difficilement; deux mois
= DE rs
après, deux abcès se formèrent, l'un au périnée qui guérit vite, l’autre à la racine de la verge. Celui-ci laissa une fistule siégeant au pli péno-serotal, longue de douze millimètres et large de huit millimètres. En outre, le canal était rétréci. Le malade entra à l’hôpital Saint-Pierre, le 19 mai 1873.
Je dilataï le canal, puis j'ai curé les bords de la fistule et je les ai réunis avec des sutures au fil d’argent enlevées quarantehuit heures après. Par cette opération, les trois quarts de la fistule furent fermés. Le malade partit le 9 juin. Le 28 décembre, il vint réclamer la guérison complète de son infirmité, J'ai pratiqué la même opération et j’ai eu comme résultat de fermer presque toute l’ouverture excepté un petit orifice insignifiant qui guérit après avoir été touché six fois avec le crayon de nitrate d’argent. :
OBSERVATION 8 (résumée)
(ALBARRAN, Congrès de Chirurgie, 23 avril 1892.)
Rétrécissement blennorrhagique très serré. Abcès urineux de la verge. Tumeur urineuse du périnée. Uréthrotomie interne, excision de la tumeur et des trajets. Guérison.
S..., quarante-huit ans. Bonne santé antérieure; pas de traumatisme périnéal.
A vingt-huit ans, blennorrhagie de courte durée. Depuis huit ans à peu près le malade a des troubles de la miction. Mictions fréquentes surtout depuis un an.
11 y a un an, abcès urineux à la partie moyenne de la verge ouvert spontanément et resté fistuleux.
En juin 1891, douleurs périnéales; un médecin fait une incision, il en résulte une fistule laissant passer quelques gouttes d'urine. Tentatives de cathétérisme infructueuses. Miction toutes les deux heures.
Le 26 septembre le malade entre. On constate une petite fistule siégeant à la partie moyenne de la face inférieure de la
Ne
verge ; au-dessous on sent un cordon dur qui se confond avec le canal, — Dans le périnée, tumeur urineuse du volume d’un œuf, indolente, violacée, criblée de fistules.
Le canal, d’une dureté extraordinaire, est infranchissable pour tout numéro d'exploration. On ne passe qu’une bougie filiforme.
Opération le 1°’ octobre. Débridement du prépuce adhérent. Uréthrotomie interne d'avant en arrière. On passe ensuile une sonde à bout coupé n° 14. On enlève par morcellement la masse de tissu cicatriciel dur ainsi que la totalité des trajets fistuleux. L'urethre est décollé et réséqué sur une longueur de 3 centimètres. La fistule pénienne est extirpée et tout autour lurèthre gratté avec soin.
Sonde à demeure qui est laissée jusqu’au 1° novembre. Quelques jours plus tard la dilatation fut commencée avec des béniqués et le 20 novembre, jour de la sortie, la fistule péniennne et le périnée étaient fermés et le canal admettait le béniqué 44. ÿ
OBSERVATION 9 (résumée)
(Thèse GeorGranës, Paris 4890.)
Rétrécissements blennorrhagiques. Abcès urineux ; fistules. Cautérisation. Guérison.
X.…., soixante ans, qui dans sa jeunesse avait contracté plusieurs blennorrhagies, présentait des rétrécissements multiples. Une petite tumeur apparut au milieu de la verge et à sa face inférieure. Un abcès se forma qui s'ouvrit spontanément. L'orifice fistuleux resta ouvert.
À l'examen nous avons constaté un petit orifice circulaire. L’urethre était rétréci au-dessus de la fistule. Nous avons commencé à dilater lurèthre et en même temps nous pratiquions des cautérisalions du trajet au nitrate d'argent. Un mois et demi
après le malade sortit de l'hôpital guéri de sa fistule et de son rétrécissement.
OBSERVATION 10 (Thèse La Cazre, Paris 1893.)
Rétrécissement large. Abcès urineux de la verge.
X..., âgé de trente-cinq ans, vient consulter en juin 4891 pour une induration douloureuse de la face inférieure du pénis. Il accuse dans ses antécédents plusieurs blennorrhagies dont la dernière paraît guérie depuis quatre ans. Ces jours derniers, apres quelques douleurs et de la gêne dans la miction, le malade sent une induration le long de l'urèthre pénien.
A lexamen on constate vers le milieu de la face inférieure de la verge une petite tumeur rouge, dure, faisant corps avec P’urèthre : l'induration a le volume d'une pièce d’un franc.
J'incise le petit abces qui guérit en quelques jours et après sa guérison j'explore l’urèthre qui me montre avec une uréthrite antérieure chronique un rétrécissement laissant passer un n° 20. Je puis par la dilatation arriver au n° 60 et par quelques lavages au permanganate suivis d’'instillation de nitrate d’argent au niveau du bulbe guérir l’uréthrite.
(Thèse Corret, Paris, 1898.)
Rétrécissements multiples. Abcès urineux scrotal. Uréthrotomie interne et dilatation.
Joseph F.., quarante ans, cordonnier. En 1877, blennorrhagie suivie d’une goutte militaire qui à persisté jusqu’en 1885. En 1892, chute à califourchon sur un bastingage. Pas d’uréthrorragie, mais formation d’un abces de la verge traité par lPincision et la sonde à demeure pendant un mois.
Depuis, difficultés de la miction pour lesquelles le FU s’est fait quelquefois des cathétérismes de lurethre avec une
Fo SR
sonde n° 12. Les mictions sont devenues plus fréquentes : 4rois fois la nuit, toutes les deux heures Le jour; Le jet est sans force. Depuis an an quelques acces de rétention qui ont cédé spontanément. Depuis huit jours les bourses enflent et sont douloureuses.
A son entrée, on constale l'existence d’un abces urineux gros comme une orange siégeant au niveau de la portion scrotale de lurèthre et développé sur la ligne médiane dans le serotum. Les bourses sont peu œdématiées, les téguments peu infiltrés, Ia collection est dure, assez bien limitée. État général relativement bon, pas de fièvre.
L’incision large de l’abcès donne issue à une quantité abondante de sérosité purulente grisätre très fétide. Il n’y a pas de décollement, mais les tissus sont sphacélés et grisâtres. L'examen microscopique décèle un microbe aérobie et deux microkes anaérobies.
Suites. — La plaie se nettoie rapidement et bourgeonne tres bien.
Douze jours après l’incision, exploration de l’urèthre : on trouve une série de rétrécissements de l’urèthre pénien dont un au niveau de la portion scrotale n’admet qu’une bougie filiforme. L'urèthre est largement ouvert dans la plaie. On pratique l’uréthrotomie interne et on laisse une sonde à demeure pendant quelques jours Ensuite on fait de la dilatation avec les bougies Béniqué et le malade quitte l'hôpital le 18 décembre, ve conservant plus qu’une petite fistule.
(Thèse Nocuës, Paris, 1892.)
Rétrécissement blennorrhagique. Abcès urineux dans la traversée des bourses.
B..., cinquante-six ans, entré le 12 mai 1891, a eu il y a sept ou huit ans un écoulement qui a duré plusieurs mois.