‹ Des aberrations du sens génésiqueChapitre 20 sur 25 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Après la description si étendue que nous venons de faire des symptômes de chacune des formes des aberrations du sens génital, nous aurons peu de choses à ajouter sur le diagnostic.

Cette vésanie se reconnaît facilement au premier abord : tout l'ensemble, la démarche, l'aspect, un « je ne sais quoi » décèle le fou génésiaque et il n'est pas besoin d'un bien long entretien avec l'individu qui est atteint de ce genre de délire pour en constater la nature. Les paroles obscènes, les gestes indécents, une tournure et des façons provocantes ont bien vite stigmatisé la nature de l'aberration de l'intelligence. Cependant, il ne faut pas l'oublier, il n'en est pas toujours ainsi.

Certains malades jouissant de leur intelligence, comprenant tout l'odieux de cette perversion dont ils sont les victimes bien involontaires, arrivent à force'de volonté à dissimuler en public l'affreuse affection qui les dévore, et il faut alors l'attention la plus soutenue, et surtout avoir su acquérir la confiance la plus entière du malade pour obtenir un

aveu toujours pénible. Mais, hâtons-nous de le dire, ces cas sont rares et lorsqu'on les rencontre, le patient qui vient vers vous dans l'espoir que vos conseils le rendront à la santé, loin de chercher à dissimuler, vous initie de lui-même aux particularités les plus intimes de sa situation.

Cependant un diagnostic exact est ici utile et nécessaire au point de vue médico-légal des questions qui peuvent se présenter. Il est inadmissible en effet qu'un homme qui a volontairement aliéné sa raison, par l'alcool, par exemple, puisse venir arguer de son ivresse pour excuser les actes qui le font tomber sous le coup de la loi. Car si la répression doit s'exercer contre l'ivrogne, elle doit épargner celui qui, par des circonstances indépendantes de sa volonté et surtout autres que la débauche, se trouve dans un état d'excitation qui lui fait commettre des délits d'ordre public.

La même importance existe lorsqu'il s'agit du pronostic et du traitement que l'on aura à établir. - Pour atteindre ce but, il faudra s'enquérir avec soin de toutes les circonstances de la constitution du malade, de ses antécédents héréditaires, de son caractère, de ses penchants, examiner sa physionomie, étudier son langage, s'informer des faits qui peuvent avoir eu lieu antérieurement... etc., etc. Sans cet examen rigoureux et sans ces renseignements" précis, il sera impossible de se former un jugement correct sur la nature, la tendance, la durée et la terminaison de la maladie.

On devra rechercher avec soin si le délire n'est pas dû à l'existence de lésions physiques et pathologiques. Dans cet ordre d'idées on s'enquerra si le malade ne présente pas des vices de conformation des organes de la génération (hermaphrodisme, phimosis, hypospadias.., etc.), s'il n'est pas atteint d'affections cutanées, utérines ou vulvaires; on constatera la présence ou non de corps étrangers dans les organes génitaux... etc.

En l'absence de lésions... visibles, palpables, si le délire a éclaté brusquement, il faudra s'informer de la manière dont se comporte la menstruation, rechercher s'il n'y a pas eu absorption de subtances toxiques, telles que cantharides, solanées vireuses, hachisch, alcool, ou toute autre substance propre à provoquer des troubles organiques et psychiques, ainsi qu'on le voit chez les ouvriers appelés à manipuler le sulfure de carbone, par exemple.

D'autres fois, le délire obscène n'est qu'un symptôme prodromique d'une affection grave, que l'on observe surtout au début de la paralysie générale, dans les affections médullaires.., etc.

Dans ces cas, il faudra se réserver et attendre avant de se prononcer, à moins que des signes concomitants ne permettent de suite d'asseoir un diagnostic certain.

Nous devons nous contenter de cet aperçu rapide sans insister plus longuement sur le diagnostic général, dont, nous le répétons, nous avons fourni

toutes les données dans le chapitre des causes^ auquel nous renvoyons.

Le diagnostic des différentes formes entre elles doit nous arrêter un peu plus et mérite une étude spéciale.

Le délire existe : par éliminations successives on est arrivé à affirmer le délire génésique que l'on peut appeler essentiel ; reste à savoir à quelle variété il appartient, et la dénomination qu''il convient de lui donner pour le caractériser et lui assigner une place dans le cadre nosologique :

Le diagnostic se pose alors entre :

Folie névropathique ou hystérique;

Erotomanie ;

Nymphomanie ;

Satyriasis.

Le tableau de la page suivante, mieux que toute description, fera saisir de suite les diCCérences que nous appellerons psychiques, qui existent entre ces maladies.

Ce serait une grave erreur que de s'imaginer que l'on trouvera toujours ces affections à un état de simplicité analogue à celui que nous venons de décrire. Bien qu'il soit incontestable que cet état existe et que les exemples ne soient pas absolument rares, il faut avouer que le plus ordinairement ces diverses affections se compliquent les unes les autres et que leurs symptômes se mélangent. On peut ainsi s'expliquer aisément que des observateurs superficiels ou peu versés dans l'étude des affections ner-

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