‹ Des aberrations du sens génésiqueChapitre 3 sur 25 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

a Le monde commence à peine que Dieu est tenté de le détruire pour arrêter la corruption générale. Après le déluge, les hommes ne font que la répandre en se dispersant. Le peuple choisi, lui-même, se livre sans frein au libertinage. En vain le feu du ciel descend sur Sodome et Gomorrhe; en vain la colère du Seigneur éclate par de nouveaux châtiments : l'impudicité ne cesse pas de régner, et Moloch est toujours adoré. L'Orient devenu un foyer de corruption, infeste bientôt le reste du monde : Athènes, comme Babylone, élève des autels au Phallus, au Priape. Solon encourage la prostitution, qui, plus tard, est mise sous la protection des dieux. La sodomie se répand dans toute la Grèce; les écoles des philosophes deviennent des maisons de débauche, et les grands exemples d''amitié légués par le paganisme ne sont, pour la plupart, qu''une infâme turpitude voilée sous une sainte apparence. A Rome, les chefs de l'empire, rassasiés des plaisirs ordinaires ont recours aux moyens les plus vils pour assouvir leur brutalité ; le peuple imite leur exemple^ et le

monde ancien n'est plus qu'un temple de luxure ! »

Cette description rapide et brillante due à la plume d'un auteur qui a fait des passions humaines une étude pleine d'intérêt (mais à un point de vue que nous ne partageons pas), le D"" Descuret (1) résume assez bien l'histoire des premiers âges du monde.

Mais est-ce bien simplement une corruption telle qu'on l'entend généralement? N'est-ce pas plutôt une dépravation maladive, devenue par la force des choses héréditaire, endémique, épidémique?

Si l'on veut se reporter aux nombreux faits signalés par les écrivains des premiers siècles avant l'ère chrétienne, on peut, par analogie, affirmer que cela est bien ainsi.

Trois grands groupes se présentent naturellement dans l'étude historique des aberrations du sens génésique.

\J antiquité. — Représentée par l'histoire des empereurs et des impératrices Romaines.

Le moyen âge. — Représenté par les grandes épidémies de névropathie de toutes sortes, et surtout par la croyance à l'existence des Incubes et des Succubes.

Les temps modernes. — Représentés par les saturnales de la régence et du règne de Louis XV.

Comme complément de cette étude nous passerons rapidement en revue les différentes religions qui ont

élevé la folie génésique à la hauteur d'un acte

agréable et d'un hommage rendu à la divinité.

(]) Descuret, la Médecine des passions ou les Passions considérées dans leur rapport avec les maladies, les lois et la religion. Paris, 1860.

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