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CHAPITRE IV

Tandis que la population des autres États européens augmente dans des proportions sensibles, celle de la France est

presque stationnaire. Cette situation est due à la diminution du nombre des naissances. La natalité qui décroit, en France, depuis 80 ans, avec une régularité constante et alarmante est l’objet des préoccupations les plus vives de la part des économistes et de tous ceux qui ont quelque souci de l'avenir de notre patrie.

[l'est peut-être utile de rappeler les chiffres consciencieux qui ont été fournis par M. Rochard : :

Notre pays ne se dépeuple pas encore, mais son mouvement d’accroissement se ralentit de plus en plus. Au commencement de ce siècle, la population augmentait en moyenne de 6,02 habitants sur 1000 par an. En 1879, l’accroissement n’était plus que de 3,34 et la moyenne des cinq années qui viennent de s’écouler ne donnent plus que 2,85. Si cela continue, l'arrêt complet ne tardera pas à se produire.

… Nous constituons sous ce rapport une déplorable exception. L’Angleterre voit chaque année sa population s’augmenter de 13 p. 100, l'Allemagne, de 40 p. 1000, l'Italie et la Belgique qui présentent, après

J. Rocarp, la Population de la France. (Revue scientifique, 1887, 1er semestre, p. 227.

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nous, le chiffre le plus faible, ont encore chaque aunée 7 habitants p. 1000

de plus que l’année précédente.

… Si la population ne s’accroit pas davantage, cela tient au petit nombre d'enfants qui naissent dans chaque ménage.

… En 14800, on comptait encore (en France) #,24 enfants par famille, il n’y en avait plus que 3,16 en 4860, et aujourd’hui la proportion n'excède pas sensiblement le chiffre 3, au-dessous duquel il est reconnu qu’une population ne peut plus s’accroitre. Chaque année, il naît un peu moins d'enfants que l’année précédente; en 1885, il en est né 15000 de moins qu'en 1884, et ce sera pis encore au prochain recensement.

Joire ‘ constate que si les rapports actuels subsistent en Europe, la population de la Prusse doublera en 39 ans; celle de l'Autriche, en 44 ans; celle de l'Italie, en 68 ans; enfin la France n’atteindra ce résultat que dans 150 ans.

M. Lagneau, dans différentes communications à l’Académie de médecine, a mis en pleine lumière la triste réalité du mal qui menace notre race d'extinction, à savoir la fécondité limitée des mariages.

Ce n’est pas en pratiquant inconsidérément la castration qu'on remédiera à cette triste situation. L'intérêt patriotique, à défaut d’un autre, ne doit-il pas nous inviter à sauvegarder, autant que faire se peut, les organes de la génération? Si bizarre que paraîtra peut-être notre opinion, nous ne craignons pas de dire que le chirurgien doit toujours avoir présent à l'esprit l'intérêt général, quand il est compatible avec lintérèt particulier. Au lieu de sacrifier à la légère les ovaires d’une femme jeune, l'opérateur se dira— entre autres réffexions salutaires — que la suppression de ces organes porte une atteinte à la natalité déjà si faible de notre population.

Lawson Tait avance, sous une forme plaisante, il est vrai, qu'on est malthusien sans le savoir. Nous pensons que le chirurgien n’a pas le droit de l'être, en parfaite connaissance de cause. Lawson Tait (95) sait par expérience qu'il existe des femmes qui voudraient se faire enlever leurs ovaires uniquement pour ne plus avoir d'enfants. Il ajoute (417) que l’homme

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