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davantage, de voir des chirurgiens qui n'ont que des notions vagues sur les affections nerveuses, trancher dans le vif et, sous prétexte de résoudre les difficultés, supprimer des organes importants.
Un jour, Lawson Tait (95) convient qu'il faut provoquer plusieurs consultations avant de pratiquer la castration, mais dans une autre occasion il ne craint pas de dévoiler ses secrètes pensées. Pour plus de précautions (247), dit-il, il devrait y avoir une consultation, mais elle ressemblerait aux consultations pour les autres maladies et il est bien inutile de prendre place avec des hommes qui sont opposés à ces façons d'agir. De telles consultations seraient de simples sujets de farces.
On ne peut pas récuser avec plus de désinvolture l'avis des hommes les plus instruits. Mais si Tait avoue avec sa franchise brutale sa façon d'agir, d’autres se contentent d'opérer, sans rien dire, mais en professant le même dédain pour les lumières de leurs confrères.
Enfin, comme l'ont écrit Bigelow, Grandin (342) et Kdis (502), il est indispensable de faire un diagnostic avant d'opérer. C’est un devoir professionnel, dit Halliday, que de faire un diagnostic aussi exact que possible avant de prendre le bistouri. Le diagnostic, ajoute ce chirurgien, ne doit pas être un jeu ou une pure hypothèse.
Cette obligation est étroite, à notre sens, et l’homme de l'art ne peut la transgresser, sans commettre une des fautes les plus graves dont il aurait à rendre compte si de telles actions tombaient sous la juridiction d’un tribunal éclairé et compétent.
Des erreurs de diagnostic se commettent journellement par les cliniciens les plus consommés, c’est un fait indiscutable qui prouve la faiblesse de nos connaissances et l'imperfection de nos moyens d'investigation. Mais cet état d'infériorité n’a-t-il pas mille raisons de se perpétuer et de s'accentuer encore si le chirurgien, au lieu d'approfondir l’art ardu du
» TC Mise
diagnostic, tend à le supprimer, sous le fallacieux prétexte qu’il à « une extrême confiance dans le procédé qui consiste à ouvrir le ventre des malades et à opérer selon ce qu'on x trouve » ?
Lawson Tait, qu'il faut toujours citer, car il incarne des idées nouvelles dans la pratique chirurgicale, n'est pas embarrassé (341).
Je suis un opérateur et non un chef de clinique, écrit-il. Il y à une grande différence entre un artiste faisant fonction de professeur de dessin et un autre travaillant dans son atelier. Naturellement L. Tait se proclame artiste en chirurgie et ne suit pas — de son propre aveu — les méthodes de diagnostic qui entraînent une grande perte de temps. Son expérience et son tact médical lui permettent de faire instantanément des diagnostics sur des signes imperceptibles.
Heureux privilège! Aussi l'opérateur de Birmingham ne se trompe-t-il jamais. Chaque fois qu'il enlève les annexes, il les trouve toujours malades. L'artiste devine par le toucher ou autrement les modifications microscopiques d'un Gvaire qui semble sain, même quand on l’a ôté du ventre. A Spencer Wells, qui demandait si on pouvait diagnostiquer avec certitude la présence de lésions incurables des ovaires, il répond (245) que rien n’est plus facile.
Ilest vrai qu'un certain nombre de chirurgiens anglais n'ajoutent qu'une foi relative aux affirmations du trop actif opérateur de Birmingham.