CHAPITRE X
Les échecs que nous avons signalés, en étudiant les résultats de la castration double sur la menstruation, font comprendre d'avance les insuccès que les opérateurs ont récoltés en essayant d'arrêter les métrorrhagies par l’ablation des deux ovaires. x
Et d’abord n'est-il pas véritablement anti-chirurgical de se livrer à une telle opération, avant d’avoir posé le diagnostic de la cause de l’hémorrhagie ? (210) A quoi s’expose-t-on en effet? À enlever parfois les ovaires d’une femme atteinte d’endométrite, comme dans le cas de Martin, p.636. Une telle opération est évidemment un abus criant, mais la démonstration la plus absolue de l’excès opératoire est que, dans ce cas, l’opération de Battey n’enraya même pasles hémorrhagies et qu'on dut recourir, dit-on, à l'hystérectomie vaginale.
Parfois on court au-devant d’un échec opératoire. Goodell ne peut même pas enlever les deux ovaires et les métrorrhagies persistèrent.
Muller (Tissier, p. 83) fit une castration dans un cas d’hémorrhagie. Le résultat fut négatif. « Plus tard l’ergot de seigle put enrayer l’hémorrhagie qu'il eût été sans doute plus sage de combattre ainsi dès le début. »
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Voilà à quels abus entraîne le penchant qu'ont les chirurgiens à opérer, sans avoir épuisé tous les moyens de diagnostic et de traitement, sans avoir recherché le diagnostic étiologique. N’est-il pas absolument lamentable de perdre une opérée, du fait de la castration, alors qu'il s'agissait de lutter contre des hémorrhagies curables par des moyens plus simples et plus sûrs ?
Chaque fois que l’on fera une opération, sans avoir suffisamment approfondi le cas particulier, et recherché la cause de l'affection, on s'exposera à des mécomptes et à des erreurs irréparables. Aussi comprend-on les critiques adressées par Walton à quelques chirurgiens français (Du Drainage de la cavité utérine, par Walton, p. 7). Ceux d’entre eux qui « châtrent les femmes pour les métrorrhagies, non seulement pour les métrorrhagies tenant à l'existence des fibromes utérins, mais même pour des métrorrhagies graves sans fibrome, de cause inconnue ».
Enlever les ovaires pour combattre un symptôme — douleur ou hémorrhagie — c’est faire de la chirurgie des symptômes, c’est-à-dire une chirurgie sans présent et sans avenir. Chaque fois que l’opérateur est réduit à prendre un bistourt pour combattre non pas une affection déterminée et bien connue, mais pour faire disparaître un symptôme d'origine incertaine, il peut faire par hasard œuvre utile, mais 1l s’expose à des méprises el à des erreurs déplorables. Castrer pour une métrorrhagie de cause inconnue, c’est se déclarer 1mpuissant à faire un diagnostic. Cette constatation est triste. Mais on peut se demander, dans la plupart des cas, si l’'hémorrhagie était assez inquiétante pour nécessiter une opération d'urgence. Le chirurgien a-t-il employé tous les moyens qui lui permettaient de faire un diagnostic. A-t-il dilaté l'utérus? L'a-t-ilexploré? A-t-il essayé avec patience et intelligence les médicaments usités en pareille matière? L'électricité et au besoin le curage ont-ils été mis en œuvre?
Il est certain que les erreurs ou les incertitudes du diay
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gnostic ont entraîné des fautes dans la détermination opératoire. N'est-ce pas, en effet, une faute grave que d’enlever des ovaires pour combattre une endométrite qui est, en fin de compte, une maladie dont le diagnostic peut être tenté avec succès el dont la guérison est relativement facile.
CHNPETREMNA
On devine aisément les abus qui peuvent découler de l'application de la castration aux troubles dysménorrhéiques. Les insuccès de l'opération (131-140) ont été signalés à maintes reprises. Ainsi Mundé fait l'opération de Battey pour dysménorrhée et névralgie pelvienne. Malgré le succès opératoire, la malade se suicidait trois mois après. Dans trois cas, Croom (153) a enlevé les annexes pour faire disparaître une simple dysménorrhée. Une fois la malade éprouva une certaine amélioration pendant ses règles, mais celles-ci étaient toujours douloureuses.
La mort a suivi, bien entendu, quelques-unes des castrations pour dysménorrhée, et il suffit de citer le fait de Lusk (Vazux, Prolapsus de l'ovaire, p.139).
Au reste des réserves ont été faites sur la nécessité de cette opération. Bigelow (453) dit que l’opération est discutable, car on n'est pas sûr de l’arrêt des règles, et si la menstruation n’est pas supprimée, les douleurs peuvent persister.
Comme on l’a écrit (111), les cas de ce genre ne sont pas aussi brillants qu'on l'espérait. On n’a pas trop à attendre de la castration. Emmet pense (81) qu'on ne devrait jamais la pratiquer dans les cas de dysménorrhée.