OS
Lusk (The am. Journ. of obst., 1880, p. 599) enleva les ovaires d’une femme de 39 ans atteinte de dysménorrhée. La mort fut la conséquence de l'opération. « Avant de faire cette castration, dit-il, il n’a pas eu une minute d'hésitation. Depuis il est arrivé à conclure que l'opération met la vie de la malade en grand danger, sans qu'on ait la certitude de venir à bout de ses souffrances. » Peut-être eûtl été plus sage de faire ces réflexions avant d’avoir pratiqué la castration.
L’insouciance de certains chirurgiens dépasse toute mesure. Il suffit de transcrire sans commentaires le fait suivant auquel nous avons déjà fait allusion.
« M. le D' Barrette nous a communiqué un fait bien singulier qu'il tenait du D'Cézilly et que ce dernier a bien voulu nous confirmer. M. Cézilly avait à Chantilly, parmi ses clientes, une jeune dame d'excellente santé qui n'avait jamais eu recours aux bons offices de son médecin que pour des indispositions futiles. Cette dame, Anglaise, dut retourner passer quelques mois à Londres. Quand elle revint, elle raconta au D' Cézilly qu'elle avait dû consulter, étant un jour mal à l'aise, et que le médecin appelé, en s'enquérant de la santé antérieure, avait appris que les époques menstruelles étaient ordinairement marquées de quelque malaise, sur quoi ii conseilla l’ablation des ovaires qu'il ne pratiqua pas sur l'heure, mais à peu de jours de là.
« L'opérée s’est d'ailleurs rapidement et parfaitement rétablie et ne paraît manifester qu'une certaine surprise. Peutètre même s’y joint-il comme une satisfaction secrète d'avoir couru le danger d'une grave opération et d'y avoir échappé. Peut-être plus, s'imagine-t-elle avoir évité par bonheur des mauxquine pouvaient manquer de survenir et qu'a su si résolument prévenir son opérateur de fortune. Malgré notre désir, il ne nous à pas été possible de savoir l’âge de l’opérée, sa situation, si elle est mariée et si elle a des enfants, Mais tel qu'il est, le fait nous à paru surprenant et M. Cézilly, en nous écrivant, ne paraît pas encore revenu de l'émotion qu'il
en a ressentie. C’est qu'en effet, s’il faut avant de mutiler d’un membre un individu, surtout un mineur, l'éclairer pleinement sur les suites éloignées de l'opération et n'agir que grandement autorisé, quandil s'agira de la castration, que sera-ce? » (Tissier, p.113.)