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Guinon, un des meilleurs élèves de la Salpêtrière, étudiant l'hystérie dans ses rapports avec la chirurgie, écrivait (350) : En thèse générale, on peut dire que le chirurgien n’a jamais à intervenir chez les hystériques. Le fait même d’être une lésion sine materia qui caractérise les manifestations de cet ordre, implique un pronostic bénin en un certain sens, bénin toujours quoad vitam, bénin en ce sens que l’accident est constamment susceptible de guérison.
Guinon rapporte le fait suivant qui mérite d’être médité sérieusement. Un appareil de fracture avait déterminé chez un hystérique des ulcérations inguérissables dans la paume de la main. Le bras atrophié et paralysé était pour ce malade un véritable parasite dont on lui eût rendu service en le débarrassant. Il réclama à grands cris l’amputation. M. Debove porta le cas devant le tribunal de la Société médicale des hôpitaux et demanda l'avis de ses collègues. On s’accorda pour reconnaître qu'il n’y avait pas lieu d'intervenir. Et Guinon conclut : -
D'une façon générale,on peut donc dire que chez leshystériques, le chirurgien n'aura guère à intervenir que pour débarrasser le malade des reliquats d'une manifestation éteinte déjà, mais ayant laissé quelque chose derrière elle. A la manifestation elle-même, 1l ne devra jamais toucher, ni pour la pallier, ni pour la supprimer, soit en s’attaquant à elle-même, soit en faisant disparaitre la partie atteinte d’hystérie locale, quelle que soit la durée ou la gravité de celle-er.
Telles sont les règles qui sont posées et qui sont admises par les neuro-pathologistes.
Dès lors comment expliquer l'intervention chirurgicale dans l’hystérie? Comment pouvait-on légitimer une opération portant sur des organes qui étaient simplement le siège de phénomènes douloureux.
On a décrété qu'à côté de l’hystérie proprement dite, il existait une hystérie d'origine génitale.
Hystérie d’origine génitale.
Par une sorte de compromis avec les neuro-pathologistes, certains gynécologues ont concédé que l’hystérie n’avait pas toujours sa cause dans le système génital. Telle est l’opinion de Bennet (365), de Courty (363) et de Barnes (373).
Mais comment reconnaître cette hystérie ? M. Péan, dans une de ses leçons à l'hôpital Saint-Louis, va nous le dire :
.… Il y a deux variétés bien nettes d’hystérie, variétés différentes par leur symptomatologie, différentes surtout par leur cause et leur mode de début.
La première, essentiellement nerveuse, reconnaît pour cause une disposition anatomique spéciale ou une perturbation fonctionnelle du système cérébro-spinal. Nous n’avons pas à nous en occuper. Quant à la seconde, elle est sous la dépendance d’une affection de l’appareil géuital, de telle sorte qu'il suffit d'en faire à temps disparaître la cause pour en obtenir la guérison. Cette variété n’avait pas échappé aux anciens vhservateurs... Mais elle est beaucoup moins connue des médecins que la précédente, avec laquelle on la confond d’ailleurs presque toujours. Celle-ci en effet ne regarde que le médecin et ne doit nous occuper qu’au point de vue du diagnostic différentiel, tandis que la seconde est surtout chirurgicale. .
Et d’abord, celle-ci (l’hystérie génitale) n'offre généralement rien dans les antécédents de la malade qui puisse vous éclairer : il n’y à pas d’hérédité, tandis que la névrose de l’hystérique cérébro-spinale reconnait presque toujours pour cause un vice héréditaire que les palientes ellesmêmes s’empressent de confesser et sur la nature duquel on ne peut sarder de doute.
De plus, tandis que celle-ci occasionne depuis l’enfance des désordres moins développés sans donte qu'après la première menstruation, mais déjà évidents, et se traduisant par des mouvements chroniques, une irrégularité très grande du caractère, des goûts bizarres, une coquetterie exagérée; chez l’hystérique ovarienne, au contraire, les troubles nerveux apparaissent pour la première fois avec la maladie locale. Il n’y a rien d’extraordinaire dans le premier âge, la menstruation, le mariage, la grossesse, ont souvent élé faciles, et c’est après un temps plus ou moins prolongé de celte existence normale que les désordres sont apparus. Je ne saurais trop insister sur ce point. Tout au moins la femme était généralement, l’année précédente, dans un état de santé très satisfaisant, et rien ne faisait présager la moindre tendance à un
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état nouveau. Puis à la suite d’une couche, ou sous l'influence de toute autre fatigue générale, des désordres sont apparus de ce côté : douleurs lombaires, vomissements, pesanteur hypogastrique, pertes blanches, dysménorrhée, etc. Souvent la malade raconte elle-même qu’un jour ayant ses règles, elle a commis quelque imprudence, et que c’est depuis ce moment que sa santé est mauvaise. Ou bien nous trouvons, à l’origine du mal, une vaginite blennorrhagique avec douleurs hypogastriques considérables. En un mot, l'affection a nettement débuté par un désordre génital qui, dans le principe, constituait l’unique symptôme de laffection, s’exagérant au moment des règles, mais ne s’accompagnant jamais de ces tendances à l’érotisme que l’on observe chez les hystériques à forme cérébro-spinale, — C’est alors seulement qu'ont apparu les névralgies. Le plus souvent celles-ci étaient localisées aux ovaires et s’irradiaient dans le ventre et les aines, puis elles retentissaient sur le trijumeau, les nerfs intercoslaux et les branches du plexus lombaire. Plus tard, les douleurs s’exacerbaient surtout au moment des règles. Elles avaient leur point de départ et leur maximum d'intensité au niveau de l'ovaire, puis elles s’accompagnaient de syncopes, de pertes de connaissance et bientôt de véritables attaques d’hystérie. — Enfin, tandis que chez les névropathes on observe, à partir d'un certain âge, une tendance à l’état stationnaire ou plutôt une certaine amélioralion, le contraire a lieu chez les hystériques ovariens. Les premières restent grasses et forissantes, les secondes maigrissent de jour en jour, s’affaiblissent à vue d’œil et laissent concevoir des inquiétudes sérieuses sur l'avenir, d'autant plus qu aucun traitement ne peut enrayer les accidents, que la malade arrive à la manie du suicide et que la tuberculose est souvent la conséquence éloignée de ces désordres longtemps prolongés. C’est alors que le chirurgien doit se hâter d'intervenir s’il veut empêcher ces accidents de prendre une forme chronique qu’une opération même ne parviendrait plus à guérir, et s’il veut empêcher la patiente de mettre à exéculion son projet de mourir.
Ce chapitre de pathologie n'est-il pas quelque peu fantaisiste. Il prouve que certains chirurgiens n’ont qu'une idée fort approximative de l’hystérie et qu'ils feraient bien mieux de confier la cure de cette maladie aux médecins. Ils n'auraient pas la peine de créer un type imaginaire d’hystérie génitale. Tissier, qui admet la « variété ovarienne ou génitale » de l’hystérie, ajoute « la difficulté est l’impossibilité presque absolue de distinguer l'hystérie génitale, tant elle ressemble à l’hystérie essentielle ». La difficulté est, en effet, grande, car il n'existe pas deux variétés d’hystérie.
On lira dans Hegar et Kaltenbach les tentatives qui sont faites pour rattacher des troubles purement psychiques et des névroses à des affections de l'appareil sexuel. La description de ces accidents est vague. On englobe dans un même chapitre des accidents réflexes dus à des déviations utérines avec les phénomènes dépendant d’une inflammation de l'ovaire.
Car ce qu’il y a de bizarre, c’est que ceux qui,comme Péan, admettent l'hystérie génitale, sont tentés de rapporter les accidents non pas à l'ovaire, mais à l'utérus (379,113, 259, 404).
On lira avec intérêt le mémoire d'Engelmann (374) sur « The hystero-nevrose », qui simulent une affection morbide d’un organe ordinairement sain. Mais là encore il s'agit de troubles réflexes et non pas d’une névrose.
Ce serait se faire de grandes illusions que de croire, par exemple comme G. Hewith, qu'on guérit l’hystérie en redressant un utérus plus ou moins dévié. Il ne s’agit pas plus d'hystérie dans ces cas que d’épilepsie. Comme Goodell l’écrivait (113), on rend l'utérus trop souvent coupable et une simple déviation n’a jamais produit des phénomènes hystériques.
Ce qu’il y à de réel, c’est que les affections de l’utérus, de l'ovaire et de la trompe peuvent donner lieu à des phénomènes réflexes. Il ne s’agit pas d'hystérie.
Ces troubles, directement sous la dépendance du processus inflammatoire ou autre qui se passe dans l'utérus ou les annexes, sont en somme peu connus. Ils ne ressemblent guère aux phénomènes purement hystériques. Parmi les gynécologues qui les ont étudiés plus spécialement, on doit citer Hegar, qui les considère comme des symptômes médullaires. On trouvera dans la Presse médicale belge (400) une intéressante étude du professeur Rosenthal sur « les troubles nerveux dans les lésions de l'appareil sexuel des femmes ». On verra que les phénomènes réflexes sont dus à des inflammations des nerfs, des plexus, des ganglions du petit bassin.
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Phénomènes réflexes variés.
Quand ces affections de l'utérus, de l'ovaire et des trompes existent chez les hystériques, c’est une coïncidence rare, d'après les auteurs. Car Sinéty n'a jamais rencontré d’ovarite chez les hystériques, et bon nombre d’auteurs (378) affirment que les maladies utérines ne provoquent l'hystérie que fort rarement.
Bernutz, Briquet, Legrand du Saulle, Ferrand (330), Gallard (402), Graily Hewith (259), Emmet (110), pour ne citer que ceux qui nous viennent sous la plume, admettent que les affections de l’appareil sexuel n’agissent, dans ce cas, qu’en déprimant l'organisme, en rendant le système nerveux plus accessible aux impressions et plus facile à en éprouver des perturbations.
Que l'ovaire, l'utérus ou tout organe soient le siège d’altérations prolongées, l’économie en ressent le contre-coup. La nutrition défectueuse des centres nerveux influe sur ceux-ci, d'où prédisposition aux phénomènes nerveux.
On peut même ajouter que les lésions qui atteignent les verfs et les ganglions du petit bassin par propagation inflammatoire ou irritation venant de l'utérus ou des annexes sont de plus une nouvelle cause d'excitation chez les nerveuses.
Mème dans ces cas, enlever les organes malades, ce n’est pas la guérison assurée, car on ne modifie pas pour cela le système cérébro-spinal. On enlève simplement une des causes qui provoquent l’apparition des troubles nerveux. La malade reste hystérique, comme par le passé.
Mais les opérations dirigées sur les hystériques ayant des ovaires bien et dûment altérés sont exceptionnelles. On s'attaque aux annexes, sans savoir ce qu'elles ont, sans avoir trouvé au préalable une altération quelconque. Du reste, dans le plus grand nombre des cas, les trompes et les ovaires enlevés étaient normaux.
Il s'en faut que l’ablation des ovaires guérisse les accidents nerveux, Parfois la castration provoque au contraire des phénomènes nerveux. C’est ainsi que Terrier (231) vit apparaître, chez une femme à qui il avait enlevé un ovaire, une série de crises hystériques subintrantes très séricuses. Or cette femme n'avait jamais eu d'attaque.
Dans un cas, on a enlevé (108) les annexes pour une affection tubo-ovarique. Deux mois après, il y eut attaque d'hystérie.
Hystéro-épilepsie.
L'hystéro-épilepsie, telle est la maladie qui a servi le plus souvent de prétexte aux chirurgiens pour pratiquer la castration. Au diagnostic hystéro-épilepsie on ajoute le qualificatif « menstruelle » qui, paraît-il, justifie l'opération.
Faut-il revenir sur des faits qui ont été démontrés par Briquet et par tant d’autres médecins. Les névroses menstruelles (344) ont été battues en brèche, et s’il y a coïncidence entre l’apparition des règles et les phénomènes nerveux ou psychiques, il n’y a pas relation de cause à effet. Du reste il est établi que de tous les troubles menstruels, c’est la suppression des règles qui paraît agir le plus sur la production ou l’exagération des phénomènes nerveux. Or la castration à pour but d'amener la ménopause, c'est-à-dire de produire justement une phase de la vie pendant laquelle toutes les névroses subissent une exacerbation marquée.
Quels sont les résultats de la castration appliquée à l’hystérie et à l’hystéro-épilepsie ?
Gaillard Thomas (56) cite 5 cas de castration double pour combattre des accidents hystériques, avec localisation douloureuse dans les ovaires. Il note 2 morts. Des 3 femmes
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qui survécurent, deux n’ont retiré aucun bénéfice de l’opération; une seule des malades obtint un avantage appréciable de l’opération. 4
M. Verneuil (Bull. et Mém. de la Soc. de Chirurg., 1886, p. 667) a rapporté deux faits.
Le premier a trait à une femme robuste, de 40 ans, habituée aux exercices du corps, et de constitution goutteuse. A la suite d’une chute de cheval, apparut chez elle une névralgie utérine. Les douleurs s’aggravèrent sous l'influence des cautérisations du col. La castration fit disparaître immédiatement et d’une manière complète les douleurs. Mais dix jours après, elles revinrent aussi intenses. La malade réclamait l’ablation de l'utérus qu'un chirurgien simula. Cette femme ne fut qu’à moitié dupe de la supercherie. Elle vint voir M. Verneuil, en lui disant qu'on lui avait enlevé une partie de son utérus; elle réclamait une ablation complète de la matrice.
Sims (61) a opéré une femme qui avait de l’irrégularité des règles. La menstruation était insuffisante et douloureuse. Les convulsions ont persisté.
Burkart (96) a traité 4 femmes qui souffraient particulièrement des ovaires et de l'utérus, et n’a obtenu aucun bénéfice permanent.
Forel (97) a suivi une malade opérée par Haffter. La castration n’a fait disparaître que quelques phénomènes hystériques (toux, troubles de la sensibilité). A la suite d’une colère, la toux aboyante a reparu.
Cartens fait mention de 3 cas. Le premier se rapporte à une hystéro-épileptique qui fut guérie. Mais au moment où elle devait avoir ses règles, elle eut des crises qui furent attribuées à une habitude du système nerveux. Une autre jeune femme, atteinte d’'hystéro-épilepsie, avait les ovaires sains. L'opération fut facile. La mort s'ensuivit. Le troisième cas (ovaralgie et hystéro-épilepsie) est un exemple de guérison, mais de date trop récente pour qu’on puisse y ajouter quelque créance.
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Lee (128) cite un fait de Polk (femme atteinte de mélancolie, d’hystérie, etc.). Ce ne fut pas une guérison.
Dawson (128) rapporte un insuccès à la suite d’une opération pour hystéro-épilepsie.
Chambers (128) parle d’un succès douteux (ilest vrai qu’un seul ovaire avait été enlevé).
Vander Verr (131) raconte l’histoire d’une femme de 33 ans, opérée par L. Tait. L'hystérie a persisté et durait l’année suivante.
Une jeune fille était atteinte d’épilepsie depuis le début de sa menstruation. Les attaques convulsives persistèrent malgré l'opération, mais avec moins de fréquence.
Reamy (139) rapporte un insuccès de la castration pour épilepsie. À ce propos, Mitchell rappelle l’histoire d’une hystéro-épilepsie qui avait subi cette opération. Pendant quelque temps la malade alla mieux. Mais bientôt son état devint déplorable.
Mundé (142) obtint une amélioration.
Montgomery (143) a enlevé les annexes pour une épilepsie menstruelle. L’insuccès a été absolu. Il y a eu exagération de symptômes.
Playfer (166) a pratiqué l’ablation des ovaires et des trompes dans un cas d’hystéro-épilepsie menstruelle, mais sans avoir de résultat appréciable.
Prochownick opère (173) une malade qui avait de l’irritation spinale, de la paralysie de l’extrémité interne gauche, de la paresse et de l’anesthésie. Le résultat fut bon pendant les premiers jours, mais bientôt il se produisit une hernie ombilicale et les premiers symptômes firent leur réapparition. Dans un deuxième exemple, cet auteur montre les résultats heureux de la castration pendant 7 mois ; bientôt les phénomènes nerveux reviennent et nécessitent une deuxième opération. [l y eut une régression pendant 9 mois, puis recrudescence des symptômes et constatation d’un kyste de l'ovaire. — Le 3° cas est instructif : la castration fut suivie d’un bon
résultat pendant 9 mois, maisles premiers symptômes apparurent de nouveau.
Chez une hystéro-épileptique, R. Bruntzel (174) n'obtint qu'un résultat négatif. Bien plus, l'hystérie parut s'aggraver après l'opération.
Spiegelberg parle d’un insuccès. [
Landau et Remark(178)rapportent un fait d’hystérie grave avec hémianesthésie. L’extirpation d’un ovaire n’apporta aueune amélioration.
Menzel (192) mentionne une castration pour hystérie. La guérison fut lente. Pendant la convalescence, la malade se plaignit de coccygodinie. On procède à l’extirpation du coccyx. Disparition des douleurs après une cure d’'hydrothérapie, l'année suivante. Enfin guérison définitive dans le cours de la deuxième année.
Lippmann (193) fit l’ablation des ovaires le 8 février 1883. Les accès d’hystérie persistèrent jusqu’au 24 novembre 1885. La malade fut traitée parles bromures de potassiumet d’ammonium. Les accès ont cessé depuis cette époque. Dans son 40° cas, l’ablation des ovaires ne guérit pas l’hystéro - épilepsie. Les accès persistèrent. Le 11° cas (hystéro-épilepsie) n’eut qu'une diminution du nombre et de l’intensité des accès.
Dans un cas complexe, chez une malade qui avait eu des crises d’épilepsie et qui plus tard avait présenté des symptômes de pelvi-péritonite, Sutugin (204) pratiqua la castration, mais l'opération resta incomplète. Les attaques d'épilepsie furent plus fréquentes.
Olshausen a fait 4 fois l'opération pour des troubles nerveux. Dans un seul cas, il obtint un résultat satisfaisant.
Riestley à vu les douleurs et les crises nerveuses aug menter après l'opération.
La stalistique de Baitey «pour l'opération de Battey » porte sur 54 cas. À
L'opération fut faite 10 fois pour oophoro-épilepsie (épilepsie ovarienne) et 40 fois pour ovarite chronique. Dans les
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autres cas, il s'agissait d'occlusion de voies génitales (1), de manie (1), de nymphomanie (1), de fibro-myôme (1).
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Mais parmi les guérisons complètes il en est qui ne peuvent guère être considérées comme telles. C'est ainsi que la femme qui fait l’objet de l'observation VIIT était atteinte d'oophoro-épilepsie. La castration fit cesser entièrement l’épilepsie. L'état de la malade resta très bon pendant 6 mois : mais par la suite survinrent des douleurs pelviennes qui persistent encore : soit un cas à déduire des 33.
L'observation XXI, qui entre aussi dans la catégorie des guérisons, prouve que si l’épilepsie est guérie, la malade n’a pas été débarrassée de ses hémorrhagies utérines et qu’elle a souffert encore de l’ovaire gauche. Cette femme « espère être bientôt comme elle n’a jamais été », mais elle n’est pas entièrement guérie. À déduire encore des 33 guérisons. Reste donc 31 malades guéries.
Le n° XXXI n'est pas entièrement débarrassé de tous les phénomènes pathologiques.
La femme qui est inscrite au n° XXXV est considérée comme guérie, mais elle meurt deux ans après d’une maladie « obscure » du cerveau
Le n° XLIV (ovarite chronique) se plaint de douleurs de dos, de temps à autre, et a de la distension flatulente des intestins.
Les n°s XLIX et LI avaient encore quelques troubles.
De sorte que le nombre de guérisons diminue notablement.
Parmi les 8 «très améliorées »,le cas XIT nous arrêtera. Cette femme de 26 ans a été débarrassée de la nymphomanie qui avait nécessité l'opération, mais la malade est restée ennuveuse et a un désir morbide de sympathie et de notoriété, avec quelques idées de persécution.
Le n° XIX (ovarite chronique) est (d’après la statistique) très améliorée. Treize mois après l'opération, elle a été réglée pendant 10 mois consécutifs et depuis très irrégulièrement tous les 30 à 70 jours. Parfois elle a des pertes considérables. A chaque hémorrhagie elle souffre beaucoup, mais moins qu'avant l'opération.
Le XXXIX (ovarite chronique). Cette dame souffre encore, mais, dit Battey, c'est une névropathe qui sera toujours une malade chronique.
Le cas XI (oophoro-épilepsie) est inscrit dans la catégorie des guérisons. Depuis l'opération, cette femme a par moments des symptômes
menaçants de spasmes. Elle a des sensations d’engourdissement, avec difficulté de se rappeler certaines choses.
L'observation XXIIT est aussi instructive. Peut-on compter comme guérie une femme dont l'épilepsie (?) cessa de 1883 à 1887, mais qui eut à ce moment une attaque d'hystérie d’une extrême violence et d'une durée de 4 jours, malgré une médication très active ? A la suite de cette attaque elle devint bizarre, incohérente et enfin finit par mourir. é
La malade qui fait l'objet de la XX VIT observation lovarite chronique) est-elle complètement guérie? Cette femme écrit qu'elle n’a pas été aussi bien qu'au printemps. Elle a souvent des bouffées de chaleurs et des palpitations. Elle se lève de son litpour respirer librement. Par moments elle esttrès nerveuse.
Le XLT : bon espoir d’une entière guérison.
Le XLV souffre moins localement, maïs reste encore une hystérique.
Le LXVIT (ovarite chronique) : trois mois après l'opération, elle allait bien et était en bonne voie de guérison.
Dernièrement elle se plaignait beaucoup de dyspepsie et de faiblesse générale. Les douleurs pelviennes reviennent. Grandement améliorée. Espoir d’une bonne santé.
Il est inuüle d'insister davantage sur ces guérisons complètes et sur les grandes améliorations obtenues. La simple lecture des trop courtes observations publiées par l’auteur démontre que des réserves doivent être formulées sur des staüstiques qui peuvent induire en erreur.
Ces guérisons peuvent-elles être considérées comme réelles ?
Toutes ces prétendues guérisons sont susceptibles d’être interprétées d’une facon différente.
Comme on le voit dans maintes observations et en particulier dans celles de Battey, le symptôme dominant qui avait suscité l'intervention chirurgicale peut avoir disparu après l'opération, mais la malade éprouve d’autres symptômes qui sont des preuves suffisantes de la persistance de l’hystérie. Parfois même les phénomènes qu’on voulait faire disparaître en enlevant les ovaires, n’ont fait qu'augmenter immédiatement. Dans certains cas, les symptômes, après avoir disparu, ont fait leur réapparition avec une intensité égale, supérieure mème à ceux qui existaient.
En matière d'hystérie plus qu’en aucune autre, — a dit Féré, en parodiant un mot de Descartes, — on ne doit jamais recevoir aucune chose pour vraie, sans la connaître évidemment être4elle. La cessation des accidents nerveux, après la castration, a pu faire croire à des guérisons. Mais le sophisme : « Post hoc propter hoc », n'a jamais été appliqué, d’une facon plus manifeste. Les chirurgiens n’ont-ils pas oublié ce qu'écrivait Briquet. « Pour déclarer guérie une hystérique, il faut l'avoir vue plusieurs années après sa guérison...
« Aussi faut-il mettre au rang des fables toutes ces prétendues guérisons rapides obtenues à l’aide de telle ou telle médication, attendu que beaucoup d'auteurs ont regardé comme une guérison complète la suspension des symptômes de l’hystérie ou même le simple arrêt des attaques d'hystérie. »
Toute l’histoire de l'hystérie est là pour démontrer par des exemples innombrables la vérité de cette assertion (366, 600, 601, etc.).
Il n’est même pas nécessaire d’avoir recours à la castration
Pet:
pour obtenir des résultats en apparence merveilleux dans le cours de l’hystérie.
Browne (52) a mis un pessaire à une femme atteinte de mélancolie et a observé chez elle une telle amélioration qu'on put la considérer comme guérie.
Bigelow vante les excellents effets du massage, de l'électricité, du changement d'air. Burkart (96) proclame les résultats du traitement de Weir Mitchell contre l’hystérie et la neurasthénie. Les moyens de douceur ont produit des effets magnifiques,même dans les cas où la castration avait échoué.
Contre la douleur ovarienne hystérique, la faradisation utérine (63) a réussi.
On trouvera, dans la Thèse de Soto y Alfara (379), des exemples de guérisons rapides de douleurs nerveuses, d’étals en apparence graves, par l'application d'une médication très simple.
L'insuccès de la castration (613) est d'autant plus remarquable dans un cas d'hystéro-épilepsie (?) avec cancer partant de l’utérus, que le traitement médical employé par la suite produisit une amélioration rapide.
Il n’est pas jusqu’à la suggestion (115) qui n'ait amené la guérison de nerveuses susceptibles de subir la castration. On peut donc dire que tous les traitements ont tour à tour réussi et échoué dans le traitement des névroses. Ce serait folie de considérer la castration comme une panacée contre l’hystérie ou même une forme quelconque de l'hystérie. Et si nous voulions une preuve de plus des abus qui ont marqué la pratique de la castration, il nous suffirait de citer les exemples de castrations retardées ou refusées, et qui ont été suivies de guérison sans qu’il fût nécessaire de recourir à l'opération.
Tarnier, dans la préface du traité de Kaltenbach et de Hegar, raconte le fait suivant qui est instructif :
D’autres faits démontrent encore qu’on ne saurait user de trop de
prudence et «le trop de réserve; j'en donnerai un exemple : Une jeune femme, hyslérique et paraplégique, ressentait de très vives douleurs dans
les régions ovariques; son trailement médical restant inefficace, on lui conseilla la castration; elle consulta alors séparément deux chirurgiens, l’un Français, l’autre Américain, qui tous deux furent d'avis que l’opération était bien indiquée, et se déciarèrent prêts à la pratiquer. On m’appela en cousultation pour savoir si on devait faire choix du chirurgien français ou du chirurgien américain. Je conseillai tout simplement à la malade de surseoir à l'opération et de suivre un traitement hydrothérapique rigoureux. Heureusement mes conseils furent écoutés, et cette jeune femme est aujourd’hui bien portante et en possession deses deux ovaires.
Le professeur Verneuil peut rapporter un fait semblable.
Dans le quatrième cas rapporté par W. Baker qui n'est pas un adversaire résolu de la castration, ce chirurgien avoue qu'il à temporisé et qu’il a guéri par les moyens ordinaires une malade qui, tombée en d’autres mains, aurait été opérée.
Emmet (81) cite deux faits à l'appui de l’abus de la castration. Dans deux cas, l'opération, recommandée par des médecins, n’a pas élé faite et les malades ne s’en sont pas plus mal trouvé.
L'histoire d’une malade atteinte d’hystérie abdominale typique est raconté par Dauchez. La guérison fut absolue et subite, sans nulle intervention.
Chamberlain (125) se félicite de n'avoir pas pratiqué l’oophorectomie à une femme qui présentait des symptômes très marqués de névralgie de l'ovaire. Chamberlain et un autre médecin avaient proposé la castration.
Goodell (148) rappelle l'histoire d’une femme à laquelle un gynécologue distingué voulait enlever les ovaires. Elle guérit sans opéralion.
Polaillon (100) a vu une dizaine de femmes sujettes à des troubles sérieux du côté de l'appareil génital, troubles que beaucoup de chirurgiens auraient trailés par la castration. La guérison fut obtenue chaque fois, sans intervention sanglante.
Pajot (100) rapportel'exemplede trois femmes qui auraient pu tomber sous le bistouri d’un opérateur : deux sont entièrement guéries et la troisième est dans un état de santé très satisfaisant.
M. Verneuil (209) à porté devant la Société de chirurgie deux faits instructifs. Nous avons déjà parlé de la première malade.
La deuxième était atteinte d’hyperesthésie ovarienne, avec chute d'un des ovaires dans le cul-de-sac recto-utérin. L'ablation des ovaires qui semblait indiquée ne fut pas pratiquée et cependant tous les phénomènes morbides ont disparu.
Nous avons observé une jeune fille qui avait été soignée, il y à un an, par un jeune et distingué médecin des hôpitaux. Cette jeune personne avaitdes douleurs intolérables dans le basventre, pendant des mois et presque sans interruption. Un traitement méthodique dirigé contre l'hystérie et quelques vésicatoires sur l’un des ovaires finirent à la longue par avoir raison des troubles utéro-ovariens. À l'heure actuelle, cette jeune fille ne souffre plus et n'a mème pas les signes manifestes d’'hystérie. Mais ce qu'il y a d’intéressant à noter, c'est que le médecin traitant avait recommandé avec instance à la mère de la jeune fille de ne pas consulter un chirurgien et+l avait affirmé qu'il réussirait à guérir sa malade par des moyens très simples. L'événement a prouvé que ce clinicien ne s'était pas trompé. Cette jeune fille a échappé certainement à la castration qu'on aurait pu lui appliquer.
Enfin, s'il fallait expliquer le succès thérapeutique de certaines opérations pratiquées sur les nerveuses, nous citerions les heureux résultats donnés par la simulation de l'oophorectomie.
Voici un des cas :
CHraRLEONI. Hystérie el castration (Gazzetta degli aspitali, Anal. n°s 8-91,888, Répertoire universel d'obstétrique et de gynécologie, 1888, p. 227).
Cas d’hystérie guérie par suggestion d’une castration simulée. Jeune fille, 29 ans, jusqu'à 20 ans bien portante. En 1878, effrayée par incendie, convulsion, hystérie nette : cessation de la menstruation. Reste au lit pendant huit ans. Tout traitement médical a échoué, Vomissements incoercibles, état d'extrême faiblesse et d’excessive maigreur. Chiarleoni pense à castration. Il pourrait bien se faire que, eu égard à extrême
émaciation générale, les ovaires fussent atrophiés, et alors à quoi bon les enlever!
Chiarleoni, se rappelant des guérisons pour ainsi dire miraculeuses des maladies nerveuses, obtenues à l’aide des moyens destinés à frapper le moral des malades et considérant comme sérieuse la guérison obtenue par Bernheim à l’aide de l’hypnotisme, voulut essayer, avant de tenter un traitement radical, une opération suggestive, avec l'intention de frapper limagination de la malade, d'autant plus qu’elle était parfaitement convaincue que la castration seule pouvait la guérir, et qu’elle réclamait incessamment lopération depuis plusieurs mois.
Le 30 mai 1887, Chiarleoni chloroformisa la malade et l’examina. Rien à utérus ni annexes. Incision superficielle de la paroi abdominale. Sutures, pansement antiseptique.
À peine réveillée, elle peut, pour la première fois depuis de longues années, étendre les membres inférieurs. Guérison rapide. Dès le premier jour, vomissements cessèrent, sommeil pendant toute la nuit et la malade commença à manger.
Le cinquième jour, écoulement sanguin des organes génitaux. Le quinzième jour, elle quitte le lit pendant quelques heures. Elle a engraissé. La menstruation s'établit et deux mois après l’opération, malade rentre dans sa famille. Guérison.
Ce cas et ceux d’autres opérateurs démontrent que chezles opérées de la castration, la guérison peut n'être pastoujours due uniquement à l’ablation des ovaires, mais assez souvent à l’acte opératif qui frappe l’imagination des malades, ainsi que le pense Bernheim, et qu'avant de faire la cure radicale, il serait peut-être bon de lenter une farce chirurgicale.
Gillette (161) a raconté à la Société obstétricale de New- York un fait semblable. Il s’agit d’une femme atteinte de dysménorrhée grave, avec douleurs pelviennes et phénomènes épileptiformes. Il y avait en même temps prolapsus des ovaires. Gillette se borna à faire une incision à la peau et à refermer la plaie, simulant ainsi une oophorectomie. L'opérée fut convenablement améliorée. Il est vrai qu'elle a recommencé à souffrir un peu et qu'elle a parcouru les hôpitaux « pour se faire enlever quelque chose de plus que les ovaires ». Une autre observation du même genre à été rapportée par Chamberlain.
James Israël (611) cite l’histoire d’une femme de 23 ans, ayant des douleurs épouvantables à chaque période et des vomissements presque incoercibles. Elle traîna une existence
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misérable pendant des mois et huit médecins lui conseillèrent la castration. On incisa la peau de l'abdomen, pour faire croire à la malade qu’on lui avait fait la castration. Cette incision fut suivie de la guérison de tous les accidents et cependant l'examen physique avait décelé l'existence de lésions ovariques. Plus tard, les vomissements reparurent, mais la malade avait appris qu'on avait simulé la castration.
Enfin, Dawson (155) a eu l'occasion de parler d’une femme qui avait subi l'opération de Battey, trois ans auparavant. Comme elle recommencçait à souffrir, on lui ouvrit le ventre pour le refermer immédiatement sans avoir fait autre chose que de constater l’atrophie des trompes. La guérison fut ainsi obtenue.
Résultats de la castration dans les cas d’hystérie.
Les faits que nous avons cités suffisent pour démontrer combien la castration des hystériques est une opération aléatoire, ne donnant pas plus d'espoir d'amélioration ou de guérison que les autres méthodes usuelles et banales de traitement. Doit-on conserver cette opération dans la cure de l'hystérie?
Pour répondre par l’affirmative, il faudrait que la castration fût sinon toujours efficace, du moins bénigne et qu'elle n’eût pas de conséquences fatales. On n’a pas le droit de faire l'essai d'un remède qui est pire que le mal, car le mal ne met pas la vie en danger, tandis que le remède procure parfois un « changement de vie » qui n'était désiré, ni par le malade ni par l'opérateur.
Dans la Thèse de Martin (284) et dans celle de Bentéjac (357) on trouve des éléments pour estimer la gravité de la castraton des hystériques.
Lucas Championnière (357) déclare que sont spécialement prédisposées aux «réflexes post-opératoires,les femmes jeunes, ardentes, hystériques, présentant des douleurs ovaralgiques
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intenses et sur lesquelles on pratique l’ablation des organes utéro-ovariens, sains dans leurs tissus et par conséquent irritables par leur système nerveux ». Et ce chirurgien, pour donner plus de force à son affirmation, ajoute qu'il est moins dangereux d'opérer un kyste de l'ovaire dans lequel cet organe est dégénéré que de pratiquer la castration simple chez une femme irritable ou affectée de quelque tare du système nerveux.
M. Championnière (100), dans la communication qu’il fit à la Société obstétricale et gynécologique, a exposé avec franchise les suites de la première castration qu’il fit pour accident nerveux. La mort s’'ensuivit. L’autopsie fut négative. La terminaison funeste était due aux réflexes post-opératoires, particulièrement dangereux chez les hystériques.
Cette opinion prouve qu'il ne faut accepter qu'avec réserve les résultats merveilleux donnés par Schmalfuss (205). Cet auteur, qui a pratiqué 32 castrations dans les névroses, n’a perdu aucune de ses malades et a obtenu la guérison complète 24 fois. Il signale 6 améliorations et 2 insuccès seulement.
Magnin (De la castration chez la femme comme moyen curatif des troubles nerveux), après avoir écrit: « Il n'existe peut-être pas d'opération plus sérieuse que l'oophorectomie: elle entraine des risques opératoires et abolit la fonction essentielle de la femme : la reproduction .. » écrit qu'il à trouvé 67 observations et qu'il n’a relevé que 3 morts. Ces chiffres n’ont qu'une valeur relative, ajoute-t-1l.
Et en effet, Porak, dans son excellent: rapport, fait bonne justice de cette statistique qui, dit-il, n'est appuyée que sur les cas de Schmalfuss, de Terrier et de Lawson Tait. Elle ne comprend pas tous Îles faits publiés. « Tout prouve que Schmalfuss à mis volontairement de côté tous les cas mortels Les statistiques de M. Magnin, basées en grande partie sur les observations de Schmalfuss, sont ruinées dans leur base et par conséquent nulles. »
Porak fait remarquer que les opérateurs heureux seuls donnent leurs résultats et qu'on peut espérer abaisser la mor-
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talité jusqu’à 10 p. 100 et même à un chilfre plus satisfaisant. « Néanmoins cela sera toujours une opération grave. On ne devra jamais l'oublier lorsqu'on sera sollicité à la pratiquer. »
Westermarck (253), sur 498 oophorectomies pratiquées par 8 opérateurs, à trouvé une mortalité de 8 p. 100.
D'ailleurs une réaction s'est faite parmi les chirurgiens et les gynécologues contre la pratique de la castration dans les cas d'hystérie et d’épilepsie.
Les catastrophes survenues à la suite de cette intervention sanglante ont ralenti le zèle de quelques chirurgiens qui ne se consolent pas aisément d'avoir perdu certaines malades opérées pour des accidents peu graves en réalité.
Dire avec quelques chirurgiens que la mort est due à une faute contre l’antisepsie ou que la patiente a succombé parce qu'elle était une nerveuse, ce n’est pas une consolation pour personne. L'homme de l’art qui endosse à la légère la responsabilité des désastres de cette nature ne court pas, il est vrai, de grands dangers; mais est-il à l'abri de tout reproche?
T. More Madden, Playfer, Woylie font des réserves sur la nécessité de l'opération dans ces cas. Price (224) n’opère pas pour les troubles nerveux. Les ablations des annexes, lorsqu'il existe un élément hystérique, sont les moins propres au succès dans leurs résultats ultérieurs, dit Halliday (235).
Schræder (166) pense que l'ablation des ovaires normaux est quelquefois suivie de la cessation des attaques d'hystérie, mais il est très circoaspect en ce qui touche aux résultats définitifs et à la guérison permanente ; il relate quelques faits dont le résultat a été plus que douteux. Skene Keith (202) avance que dans aucun cas on ne doit pratiquer la castration contre la névralgte, à moins que la lésion matérielle n'ait été reconnue et diagnostiquée avant.
L'opération appliquée à l'hystérie est condamnée par Liebermeister (230). Martin (252) dit qu'on ne doit castrer les femmes prédisposées aux accidents psychiques qu'avec la plus grande circonspeclion.
Spencer Wells (247) déclare que la castration est inadmissible dans les cas d’excitation nerveuse. L. Tait est du même avis. Il n’a enlevé des ovaires que dans quelques cas d’épilepsie menstruelle bien marquée et il proteste contre les opérations faites inutilement. Ailleurs (316) le chirurgien de Birmingham dit que l'opération de Battey a donné beaucoup d'insuccès. Le but poursuivi par Battey, ajoute Tait, était de faire disparaître des symptômes réflexes divers et vagues, en provoquant la ménopause prématurée. Tait a suivi le conseil de Battey, dans quelques cas, et n’a pas eu à s’en louer.
Churchillne conseille la castration « qu'avec la plus grande timidité et lorsque nous avons affaire à ces malades dont la vie, sans être menacée, est devenue un supplice de tous les instants ».
Engelmann (374) fait des réserves. Walton (de Boston) (102) croit qu'il faut limiter l’opération aux cas où les symptômes hystériques sont secondaires à des troubles pelviens.
Enamet (110) : «Je n'ai que rarement rencontré des cas dans lesquels il m’a paru nécessaire, en conscience, de la pratiquer, et où les bénéfices à obtenir compensaient pleinement les risques de l'opération. »
Pour Forel (607), la castration n’est indiquée dans la guérison de l'hystérie que si la relation entre les phénomènes nerveux et l’état de l’ovaire est bien déterminée.
Battey (236), dans son imporlant mémoire, reconnait que la bonne sélection des cas est encore à trouver et que dans la catégorie des échecs se trouvent des opérations qui ont été pratiquées alors que les indications étaient claires et inattaquables. Il croit que le pourcentage des insuccès est encore élevé, mais chaque cas guéri est un vrai succès, car, dit-il, on n'aurait pas pu arriver à un tel résultat par aucun autre moyen.
« Dans cette période d’engouement, on ne craignait point de pratiquer la castration dans des cas d’aliénation mentale,
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d'hystéro-épilepsie, et même de l’employer comme moyen curatif de la masturbation. Ce sont vraisemblablement ces abus scandaleux que réprouventà la fois le bon sens et la morale, » écrit Duplay (333). Ferrand (330 et 331) exprime les réserves les plus formelles au sujet de la castration pratiquée pour combattre les affections épileptiformes qui semblent se lier à une perturbation fonctionnelle des ovaires. Il s'élève contre l'opération dirigée dans le but de guérir des névralgies et est très sévère dens son jugement.
Péan (334) craint qu'on n'abuse de la castration pour des affections susceptibles de céder à un traitement médical ou à des moyens mécaniques. Que dire, par exemple, de ceux qui pour des névralgiesutéro-ovariennes que les médecins guérissent facilement, n'hésitent pas à pratiquer la castration utérine ou ovarienne ? Il sait du reste, par sa propre expérience, que l'ablation des ovaires est impuissante contre l'hystérie génitale.
Le professeur Trélat (211) estime qu'il faut être très réservé dans les applications de la castration à la cure des névroses: « C’est une question trèsimportante de pratique dans laquelle le chirurgien ne saurait montrer trop de réserve et de mesure. »
Marchand (211) croit qu'on a renoncé à faire l’opération de Battey pour combattre les accidents généraux d'hystérie. Pour sa part, il a refusé d'enlever les ovaires dans un cas semblable à celui de Terrier.
Pozzi (211) exprime quelques réserves sur la castration pour les douleurs de l'ovaire. À son avis, c’est l’état local qui doit ètre la base des indications et des contre-indications opératoires.
Terrier (227) dit que l’oophorectomie laisse la femme hystérique ou nerveuse, mais la névrose est réduite à son minimum d'intensité et ne trouve pour ainsi dire plus d’excuse pour montrer les dents.
Les indications de l'opération, dit L. Championnière (100).
seront plus nombreuses, quand on étudiera plus complètement les relations de la menstruation avec l'hystérie. La castration modifie lindividu sans faire disparaître complètement son tempérament.
Terrillon (229) est assez partisan de l'intervention dans les cas de névralgies ovariennes ou d'accès hystériques paraissant avoir l'ovaire pour origine. Si le point de départ ovarien est bien net, on est autorisé à intervenir et les résultats obtenus sont bons. Au contraire, on va au-devant d’un insuccès quand la cause est d'origine centrale, ce qui est difficile à diagnostiquer.
Toutes ces tentatives sont condamnées et condamnables. Le professeur Charcot que nous avons consulté a été très net et très affirmatif à ce sujet. Il est absolument opposé à la castration dans l’hystérie, l'hystéro-épilepsie, la manie, la folie, ete. L'éminent chef de l’École de la Salpêtrière nous a déclaré que l'hystérie génitale, élait une erreur grossière et que l’hystérie, l'hystéro-épilepsie, l'épilepsie d'origine menstruelle, de cause génitale, n’existaient pas. Il n’a jamais vu un cas d'hystérie, d’hystéro-épilepsie, de manie, susceptible d’être traité par la castration. Bien au contraire, il a rencontré des femmes qui avaient subi l'opération de Battey et qui étaient hystériques comme par ie passé. Elles regrettaient seulement de n'avoir plus d’ovaires. La tentative de la chirurgie actuelle est un retour aux idées anciennes dont à fait justice la pathologie nerveuse moderne. Il est aussi illogique d'enlever chez un hystérique mâle le testicule ou la peau du serotum, sièges de sensalions douloureuses, que d’enlever une zone hystérogène quelconque ou un ovaire hyperesthésié, chez une femme. La théorie sur laquelle les opérateurs s'appuient est fausse; leur pratique est mauvaise et, a-t-il ajouté, immorale *.
Ce jugement nous semble être la condamnation en dernier
1, Cette partie du texte à été lue et approuvée par M. Charcot.
ressort d'une opération qui non seulement expose à des accidents graves, mais même à la mort.
La fréquence de lhystérie est telle qu'il nous a paru nécessaire de réagir contre des entreprises opératoires qui deviennent de plus en plus fréquentes. Il existe à Paris, dit Legrand du Saulle (375) cinquante mille hystériques dont dix mille ont des attaques. Allons-nous nous mettre à châtrer des femmes qui sont pour la plupart en pleine vie génitale ? Ce serait de la pure démence.