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Quelles sont les indications de la castration? À cette question il n’est pas possible de faire une réponse. Autant de chirurgiens, autant d'avis différents. Restreinte à quelques cas déterminés pour certains opérateurs, la castration est au contraire une opération dont les barrières sont, à l'heure actuelle, trop étroites et dont il faut élargir le terrain.
Toutes les affections qui, de loin ou de près, peuvent être influencées d’une façon quelconque par la menstruation sont susceptibles d’être traitées par la castration. Il suffit de rapporter quelque accident à l’action même éloignée des organes utéro-ovariens pour qu'un chirurgien puisse penser à faire cette opération. La ménopause anticipée ne doit-elle pas être la fin de tous les maux de la femme? La castration n'amènet-elle pas, à défaut de ménopause, le changement de vie?
Aussi croyons-nous volontiers Keen (179) quand il dit : Les indications de la castration ne sont pas bien définies.
La simple énumération des opinions que professent les chirurgiens suffit pour montrer les incertitudes qui règnent sur celte question.
Sans parler de Tissier qui défend surtout l'intervention dans les cas de fibrome, arrivons à Terrillon (229) qui pense
que la castralion peut être pratiquée contre les affections suivantes :
1° Corps fibreux hémorrhagiques;
2° Hémorrhagies utérines incoercibles, quelle que soit leur cause, pourvu que l'utérus ne soit pas malade d’une façon évidente ;
3° Névralgies ovariennes avec retentissement sur le système nerveux général, en y comprenant certains cas d'hystérie, d’épilepsie, de folie ;
4° La dysménorrhée, de causes diverses, et surtout quand elle est le résultat d’imperfections congénitales des organes génitaux empêchant l'écoulement des règles.
- Battey (225) dit que la castration est indiquée : 1° sile cas est grave; 2° si aucun autre moyen que l'établissement artificielde la ménopause ne peut être employé; 3° si la ménopause peut guérir.
Rien de plus vague.
Hegar et Kaltenbach (p. 274) posent comme contre-indication l'approche de la ménopause, si on se propose seulement d'obtenir la disparition des fonctions génitales et l’involution des organes de la génération. Ils donnent le conseil de ne pas entreprendre la castration si on n’a pas senti au préalable l'ovaire. Enfin, pour opérer, il faut qu'il n’y ait aucune trace d'inflammation récente et aiguë.
La castration est indiquée dans le cas d'anomalie et de maladie mettant directement la vie en jeu, pouvant amener la mort dans un court espace de temps, ou bien capable de produireuneinlirmité de longue durée faisant continuellement des progrès et enlevant tout bien-être ettoute jouissance de la vie. Nous supposons, bien entendu, que tout autre moyen de traitement ne permettrait d'espérer aucun résultat, ou bien que tout aurait été employé sans succès, tandis que l'ablation des ovaires paraît seule capable d'amener la guérison.
Ces deux auteurs passent en revue les accidents susceptibles d'indiquer la castration :
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1° Sensations désagréables et douleurs localisées au niveau des organes, douleurs s’exagérant habituellement d’une manière notable par la pression ou par l’activité fonctionnelle des organes sexuels et irradiant vers des points plus ou moins éloignés ;
2° Aménorrhée, dysménorrhée, menstruation faible et irrégulière, ménorrhagies, dysménorrhée pseudo-membraneuse, persistance d'un écoulement de liquide sanguinolent ou autre dans l'intervalle des règles.
3° Symptômes de compression, d'irritation sur la vessie, le rectum, les vaisseaux et nerfs voisins ; 3° troubles réflexes (salivation, cardialgie, vomissements, toux, aphonie, asthme, palpitations, irrégularités des battements du cœur). Névralgies du trijumeau, des nerfs intercostaux, névralgies sacro-lombaires, vaginisme. Convulsions, paralysies, hémiplégie, épreintes vésicales, ténesme.
4° Certaines névroses.
Pour Hegar et Kaltenbach, les états anatomiques qui indiquent la castration ont leur siège dans les ovaires, dans leur voisinage, ou bien dans d’autres parties de l'appareil génital (petites tumeurs avec ou sans dégénérescence kystique des follicules. Anomalies congénitales et acquises de l'utérus. Certaines malformations du vagin. Fibromes de la matrice, hyperplasies du tissu cellulaire, anomalies de forme et de position de cet organe. Inflammations chroniques des organes voisins de l’utérus, périovarite, salpingite, péri et paramétrite, etc., etc.).
Voici ce qu'écrit Lawson Tait (Traité des maladies des ovarres, p. 419) :
« Le champ d’une opération exécutée uniquement en vue d'amener la ménopause, pour citer la définition que le D' Battey a donnée du but qu'il se propose, doit être bien limité, et ma propre expérience, dans ce cas, serait vague et indéfinie, et mes conclusions douteuses. » Plus loin, le chirurgien de Birmingham s'exprime sur les cas dans lesquels «il n'y a aucun
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signe physique d’une maladie pelvienne, mais où il y a des symptômes sérieux si intimement associés à la menstruation que nous sommes conduits à croire que l’arrêt de cette foncton peut guérir ou soulager la maladie en amenant une ménopause prématurée. » C’est là un champ extrêmement vague qui peut être soit très limité, soit très étendu. Tait l’a limité à une seule maladie, l’épilepsie menstruelle, et encore n’a-t-il fait que cinq opérations sur les malades de ce genre. Il praüque dans les cas de fibrome utérin l’ablation des annexes.
Menzel (162) donne comme indications : 1° les petites tumeurs de l'ovaire; 2° les transformations en petits kystes des follicules et les dégénérescences du stroma; 3° les vices de conformation de l'utérus et son absence avec fonctionnement normal des ovaires et atrésie du canal génital; 4° les fibro-myômes de l'utérus; 5° les déplacements morbides de l'utérus et des ovaires ; 6° les inflammations péri-ovariques et péri-utérines, la salpingite; 7° les troubles psychiques en relation avec la vie génitale et les affections psychiques et nerveuses graves en relation avec les fonctions sexuelles.
Fehling (162) ajoute, lui aussi, parmi les indications données par Hegar, les maladies mentales ou nerveuses en rapport avec les fonctions sexuelles.
Burton (166), au Congrès médical international de Washington, avance que l’on peut faire l'opération : 1° dans les tumeurs saignantes ou à développement rapide, après que les autres traitements patiemment suivis sont restés sans résultat ; 2° en cas de pyosalpinx, si la vie est menacée par des attaques répétées de péritonite ou si, par suite de la douleur due aux adhérences, la malade est incapable de gagner sa vie; 3° pour combattre l’ovarite chronique, quand la douleur est fixe et constante; 4° dans la périmétrite qui rend la malade invalide définitivement; 5° en cas de dégénérescence des ovaires avec des douleurs persistantes et fortes; 6° pour guérir les névroses d'origine nettement ovarienne et qui ont subi inutilement un long traitement.
D'après Hart et Barbour (111), les indications ne sont pas strictement déterminées. Ces auteurs les énumèrent : 1° la dysménorrhée douloureuse au point d’être intolérable ; 2° l’hémorrhagie dans les tumeurs fibreuses, quand on ne peut les arrêter par aucun autre moyen; 3° l’hystéro-épilepsie, les convulsions et la folie imminente, dépendant d'une irritation ovarienne ou de la présence des ovaires avec absence de l'utérus; 4 l’hydropéritonéum; 5° le prolapsus des ovaires et leur immobilisation par des adhérences. |
Pour Brewis (89), le choix des malades opérables n'est pas difficile. Si la maladie est localisée depuis longtemps et si un traitement palliatif de plusieurs mois n'a pas amélioré l’état de la malade, il faut opérer.
Dans un article du British medical Journal (9) sur Popération de Battey, l’auteur répond à la question suivante : « Quelle est l’indication de l’opération? » Cela dépend, paraît-il, de l'expérience du chirurgien. Ce qui est hasardeux; dangereux et injustifiable de la part d'un opérateur devient parfaitement licite entre les mains d’un autre.
Skene Keith (203) est sévère dans le choix des indications.
Duplay (167) admet la castration sous certaines conditions pour combattre les accidents dus au fibrome utérin. Il admet que l’ovarite chronique peut mettre le chirurgien dans l’obligaton de recourir à l'opération de Battey, mais c'est là une ressource extrême.
Battey et avec lui la plupart de ceux qui ont écrit sur la castration, déclarent que le chirurgien ne doit la pratiquer qu'après avoir épuisé avec patience tous les autres moyens thérapeutiques. L’ablation des ovaires se présente comme une dernière chance à courir, alors que tout a été vainement essayé. Tel est l'avis d'Emmet (110) et celui de nombreux oophorectomistes. Mais la pratique est fort différente de la théorie. Combien de laparotomies ont été faites sur des femmes qui ne présentaient que des symptômes insignifiants!
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La ménopause n’est mème pas considérée comme une contreindication à l'opération. Toute douleur du bas-ventre un peu persistante peut être traitée d’une façon radicale et rien n'égale parfois la promptitude de la décision opératoire.
Certains chirurgiens ne demandent pas mieux que de croire à l'insuffisance de tous les moyens thérapeutiques usités en pareille matière, avant même de les avoir essayés par eux-mêmes. Des femmes sont opérées le lendemain, le surlendemain du jour où elles ont été visitées pour la première fois, et alors qu’il n’y avait aucune indication pressante d’intervention. Dawson Cushier, Spediacci ont pratiqué la castration quelques heures après avoir vu les malades.
Tissier cite l’histoire intéressante d’une cliente de Cezilly. Cette jeune dame, qui n'avait jamais eu recours aux bons offices de son médecin que pour des indispositions futiles, va à Londres et consulte, étant un jour mal à l'aise, un médecin qui apprend que les époques menstruelles étaient ordinairement marquées de quelque malaise. L'ablation des ovaires fut pratiquée peu de jours après. Les vétérinaires ont dit :
« C’est parce que le conducteur n’est pas toujours ce qu'il devrait être, assez doux et patient, qu'on doit souvent mutiler le cheval. » Tissier (p. 149) ajoute : « C’est parce que le médecin n'est pas toujours ce qu'il devrait être, assez habile, assez instruit pour guérir par les moyens simples les malades qu’on luisoumet, qu’il s'empresse de recourir aux moyens violents et dangereux. »
Skene Keith (203), pour ne citer que celui-là, écrit : «Quelques-uns de ceux qui ont enlevé les ovaires ne savaient pas ce que peut faire la nature, secondée par un traitement local approprié et par un traitement général, pour faire disparaitre les troubles pelviens. Ils étaient trop impatients et ils n'ont pas voulu accorder à la vis medicatrix naturæ quelques semaines pour guérir un mal qui avait été en progressant pendant plusieurs années. »
A notre avis, avant de penser à la castration, 1l faut que