PRÉLUDES OU CRAMPES ET ACCÈS
Nous avons dit, en commençant ce travail, que les épilepli* ques offraient, dans l'intervalle de leurs attaques, certains accidents plus légers, mais de même nature que ceux-ci; ce sont ces manifestations que nous allons étudier dans les cas à débuts périphériques.
Un seul des 50 épileptiques de cette catégorie paraît n'avoir jamais éprouvé ces atteintes secondaires ; encore conservonsnous quelques doutes à cet égard, parce que ce cas, outre qu'il appartient à l'un des plus anciens de la série, concerne une dame que nous n'avons vue qu'une fois et sur laquelle nous n'avons eu dès lors que des renseignements indirects; à la seule visite qu'elle nous ait faite, nous n'avons pas pu la questionner sufGsamment. Ces manifestations, si elles ne sont pas constantes, se rencontrent donc généralement. Elles offrent chez la même personne, et, surtout chez les différents
malades, des degrés fort divers, nous commencerons par l'examen des degrés les plus légers.
Chez les épileptiques à débuts par la main, la crise peut se borner au prélude le plus insignifiant.
Il peut n'y avoir qu'une sensation de frôlement sur l'index et la paume de la main.
Tout peut se borner à un simple engourdissement de deux doigts. L'engourdissement peut s'étendre à toute la main sans aller au delà; ou bien envahir ou atteindre simultanément Tavant-bras, le bras, et même tout un côté du corps, sans qu'il se manifeste de crampes ou de secousses.
Le plus souvent à l'engourdissement s'ajoute la crampe ou contracture douloureuse ; mais elle peut se restreindre aux muscles fléchisseurs ou extenseurs de quelques doigts ; elle peut gagner toute la main, s'étendre à Tavant-bras, au bras, etc., etc., se propager jusqu'aux muscles de la mâchoire, de la face, aux rotateurs de la tête, et cela avec l'intégrité des sens et de l'intelligence, et même, quoique trèsrarement, sans convulsions cloniques.
A la crampe peuvent se joindre de légers soubresauts des tendons, des palpitations musculaires, sans mouvements convulsifs proprement dits. Mais, dans l'immense majorité des cas, pour peu que la convulsion tonique dépasse la main et surtout Tavant-bras, les secousses succèdent graduellement à la crampe, et l'attaque offre ses deux premiers stades ordinaires, mais avec des convulsions toniques et cloniques bor^ nées à la moitié latérale et supérieure cfu corps (Obs. VI), ou à tout un côté ; et cela toujours avec l'intégrité de la connaissance. Dans ces cas, le malade décrit et imite très-bien tous les phénomènes de l'accès jusqu'au! secousses de la tête '