‹ Des accès incomplets d'épilepsieChapitre 12 sur 27 · PRÉLUDES OU CRAMPES ET ACCÈS · texte numérisé non relu

PRÉLUDES OU CRAMPES ET ACCÈS

et d'un côté de la face. L'obsenratioû quatrième, et d'autres que nous avons pu y joindre nous en ont offert des exemples * incontestables.

Enfin les convulsions toniques et cloniques peuvent occu* per les deux côtés du corps^ être générales, en un mot^ sans que les sens se perdent entièrement, et sans que la connais-* sanca soit perdue ; nous avons été longtemps peu disposée admettre un pareil fait, mais nous avons du nous rendre de* vaut des preuves irrécusables (Obs. IV').

Les esquisses que nous avons tracées des préludes avortés, et des accès incomplets détfutant par une main, sont des images fidèles de la nature, de la marche et de retendue variable des convulsions chez les épileptiques dont les attaques commencent par les orteils ou le pied. Dans ce dernier cas, en effet, la convulsion peut s'arrêter au genou, à la hanche, au flanc, etc., comme on pourra le voir dans Tobservalion cinquième.

Le patient dont les attaques commençaient par le spasme des muscles de la région précordiale sentait ensuite son corps entraîné du côté gauche; s'il était en marche, il déviait

de ce côté ; s'il était assis sur un fauteuil, il luttait en se retenant fortement de la main droite au bras correspondant de son siège ; s'il était dans son lit, couché sur le côté droit, il se retournait involontairement à gauche. Bientôt tout ce côté était envahi par la convulsion tonique, le bras était pris avant la jambe ; le côté correspondant de la face était atteint en* suite. Quand l'attaque ne se complétait pas, le malade conservait ses sens et toute son intelligence; il parlait. Dans un degfé plus intense de ces accès, dans lesquels l'intégrité des perceptions subsistait et où tout le côté droit restait étrangei*

Hbbpin. — Accès. S

aux conTuIsions, il se joignait au spasme tonique des mus* ' clés gauches, un tremblement soit partiel, soit plus ou moins étendu et même des convulsions cloniques.

Les attaques d'épilepsie à début par le cou, la face, la mâchoire, la langue, peuvent avorter aussi aux diverses phases de leurs cours. Ainsi chez le sujet de la septième observation dont les accès commençaient par la base de la langue à gauche, l'accident pouvait se borner à des petits mouvements presque imperceptibles dans ce point de la langue ; il s'y ajoutait parfois un tremblement convulsif du côté gauche de la face ; cela ne durait que quelques secondes. Dans un degré plus fort, la langue semblait tuméfiée ; il y avait de vives secousses du côté gauche de la face ; les muscles du cou y participaient; la tête était entraînée à gauche par saccades, le malade pouvait pousser des cris gutturaux, mais il ne pouvait pas parler; les convulsions ne s'étendaient pas au delà; il avait toute sa connaissance et percevait distinctement du gargouillement dans la gorge. 11 arrivait parfois qu'à ces symptômes il se joignait des convulsions toniques, puis cloniques du bras gauche ; après une à deux minutes^ très-rarement trois, l'accès se terminait par l'écoulement d'une salive écumeuse ou filante et un léger râle. Le patient pendant tout ce temps pouvait rester debout, et n'était pas privé un seul instant de la conscience de son état.

Le sujet de la huitième observation sentait ses attaques débuter par les élévateurs de la mâchoire ; les divers degrés d'accès qu'il éprouvait ressemblaient tout à fait à ceux que nous venons de décrire, mais il y en avait où tout le côté gauche du corps était envahi et où tous les mouvements volontaires du côté opposé étaient libres. Je pourrais écrircy

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noas disait le malade, mais il était sujet à des accès encore plus étendus quoique incomplets ; dans ceux-ci, les convulsions toniques et cloniques étaient générales, et cependant le malade conservait toute sa connaissance. A plusieurs reprises le patient m'a raconté diverses circonstances qui s'étaient passées pendant son accès même, et dont les assistants m'ont confirmé la réalité.

Ainsi les épileptiques dont les attaques débutent par une convulsion partielle des muscles volontaires otTrent, dans leurs intervalles, des accès plus légers, qui peuvent présenter tous les degrés intermédiaires entre une attaque complète et un très-court engourdissement, dans la partie qui est le point de départ des convulsions.

Parmi ces degrés, il en est un en particulier dans lequel les convulsions sont générales sans que la connaissance soit abolie.

La durée de ces accès varie, pour les plus légers, de quel*ques secondes à 2 ou 3 minutes ; elle est pour les plus forts de 3 à 5 minutes. Toutefois, de même que certains épilep* tiques présentent de loin en loin des états d'attaques, c'està-cUire des convulsions continues qui durent une ou plusieurs heures, les malades appartenant à la catégorie que nous étudions dans ce chapitre peuvent offrir des états de préludes ou d'accès qui persistent pendant une demi-heure ou une heure. Mais ces cas sont d'une extrême rareté, car nous ne les avons rencontrés que chez un seul de nos 50 épileptiques.

Des trois genres que nous avons admis, celui des débuts périphériques est le plus propre à l'étude des accès incomplets ; aussi cette espèce de manifestation a-t-elle été signalée

depuis longtemps, mais elle a toujours été fort mal décrile et obscurcie par la théorie biiarre de Galien sur Y Aura epi-leptica. Le premier y oous avons tracé une descriplion mélhodiqu^ des attaques à débuts périphériques, des accès incomplets et des préludes qui les accompagnent ; le premier, nous avons démontré par de nombreuses citations historiques que VAura epileptica des anciens n'était que le phénomène mal observé de la crampe initiale envahissant successivement tout le système musculaire (1).

Nous terminerons cette section par un fait général de la plus grande importance, c'est que la catégorie d'épilepliques dont nous nous occupons ici n'offre jamais, ou presque jamais, d'autres accidents de petit mal que ceux que nous venons de décrire, et en particulier jamais ou presque jamais de vertige comitial; s'il existe quelques exceptions, elles doi* vent être fort rares. Yoici les seules qui nous laissent quelque doute sur ce point.

Dans l'un de ces faits il s'agissait d'étourdissements con« tinuant sans interruption pendant un quart d'heure au moins, et quelquefois durant quelques heures; il n'y avait aucun trouble intellectuel ; la vue et l'ouïe étaient nettes ; la nia* lade parlait comme à l'ordinaire, mais, pendant qu'elle éprou« vait cet état vertigineux, elle n'osait pas marcher et surtout descendre les escaliers, dans la crainte d'une chute; jamais, à la suite immédiate de cet état, il n'est survenu d'accès, tandis que la patiente était sujette à des crampes de l'œil gauche, qui étaient ou non suivies d'attaques^ Un épilepiique, que nous traitions par correspondance, nous signala à une certaine épo-

(i) Ouvrage cité, p. 382-425.

que des étçurdissements qui lui faisaient perdre Vumge de eon corps; nous n^avons pu en tirer davantage. Dans Thistoire d'un Iroisièmcfcas, nous trouvons la mention de vertige, mais sans aucun détail ; et, comme dans le cas précédent, nous pensons qu'il s'agissait du vertige commun ou simple étourdissement. Enfin dans le dernier de ces 4 cas (Obs. IV*), le patient, dont les attaques débutaient par une crampe de la main gauche, avait souvent des préludes et accès incomplets suivant la marche que nous avons décrite pour ces cas. Mais deux fois seulement^ la convulsion de la main a été précédée pendant une minute ou deux d'un vertige (trouble de la vue, crainte de tomber, légères nausées avec intégrité de l'ouïe et de l'intelligence). Dans l'une de ces deux circonstances, la convulsion qui a suivi s'est arrêtée à la main; dans l'autre, l'attaque a été incomplète. Ici donc, en admettant un véritable vertige' comitial, ce qui est encore douteux pour nous, il accompagne la crampe, qu'elle soit un prélude isolé ou le commencement d'une attaque. Le vertige n'était donc, dans ces cas, comme toujours, qu'un symptôme de début.

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