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I. — LE METABOLISME PHOSPHO-CALCIQUE

Il est, sûrement, encore trop tôt pour se faire une idée complète du métabolisme phospho-calcique. La question, cependant, est déjà suffisamment avancée pour qu’on puisse tabler sur quelques faits biologiques précis.

Les travaux qui ont contribué à éclairer cette importante question sont nombreux. Les uns sont des travaux français, d’autres ont paru à l’étranger, mais les faits isolés et particuliers qu’ils ont dégagés ont été rassemblés, analysés, confrontés dans les rapports de congrès successifs :

En 1930 : Rapport de MM. M.-P. Weil et Guillaumin au Congrès de Médecine de Liége.

En 1933 : Rapports de MM. Welti et Jung au Congrès français de Chirurgie ; du Professeur Mario Donati, au Congrès Italien de Pavie.

En 1935 : Rapports du Professeur Binet et de MM. Chifoliau et Braine au Congrès International de Chirurgie du Caire.

En 1936, enfin : Rapport du Professeur Snapper d'Amsterdam au Congrès Français de Médecine de

Paris.

Métabolisme du calcium

LA CALCËMIE. -— ETATS PHYSICO-CHIMIQUES DU CALCIUM pu SANG. — FIxITÉ pu TAUX DU CALCIUM SANGUIN.

Il est maintenant bien connu que le calcium du sang se trouve, pour la plus grande part, dans le sérum. Le rapport du calcium globulaire au calcium plasmatique est, en gros, comme 20 à 95. Dans cette estimation, les travaux de Guillaumin concordent avec ceux de Rona et Takashi.

Le fait que le calcium du sang soit surtout plasmatique s'explique facilement, en raison du rôle fondamental de l’ion calcium dans l'organisme. Aïnsi, le calcium du milieu intérieur se prête-t-il, d’uñe façon particulièrement souple, aux échanges tissulaires, selon les besoins de l'organisme. Maïs encore, tout le calcium plasmatique ne se prête-t-il pas de façon égale à ces échanges.

On a pu déterminer avec précision que, dans le plasma, le calcium se présentait sous trois états :

— état de combinaison intime avec les albumines du sérum, bien mis en évidence par Piettre et Vila, grâce à la résistance à l'ultra-filtration de ce « calcium colloïdal organique » ;

— états de combinaison saline, sous forme de phosphates et de bicarbonates, en particulier.

Ces sels de calcium sont, en partie, ionisés : la plus grande partie est en sursaturation, maintenue en solution par l'abondance des colloïdes du plasma. Ce

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sont ces combinaisons salines qui représentent, au premier chef, la forme mobile, d'échange facile, du calcium du sang.

Sans entrer dans d’inutiles détails sur la façon de doser le calcium du sang, il faut pourtant rappeler que le dosage de calcémie porte sur le calcium total du sérum. Cette méthode de dosage du calcium est pourtant légitime puisqu'il a été établi que les taux du calcium colloïdal et du calcium ultra-filtrable sont dans un rapport déterminé.

Il est plus important encore de rappeler que le taux de la calcémie peut varier selon la méthode de dosage employée. On s’accorde aujourd’hui à rejeter comme infidèles les techniques néphélométriques, comme celles de Lyman, de Rona et Kleinmann, de Vernes ; les méthodes colorimétriques, comme celles de Briggs, de Roe et Kahn, de Yoshimatsu ou même celles qui se proposent de précipiter directement le calcium du sérum comme l’ont fait Waard, Kramer, Clark et Collip.

Les méthodes les plus précises sont celles qui, après désalbumination du sérum, ou mieux, après minéralisation totale, précipitent, calcinent et titrent par alcalinimétrie. Telles sont la méthode de Hirth et celle, simplifiée mais qui en dérive, de Guillaumin.

Jung et Chinassi Haki estiment que, dans ces conditions de dosage, la calcémie normale n’est ni inférieure à 0,085, ni supérieure à 0,100 g. p. 1.000.

Un des caractères les plus remarquables de la calcémie est sa fixité. Et, cette fixité semble être un des

facteurs indispensables à l'équilibre des fonctions organiques. Normalement, le calcium intervient dans les fonctions les plus variées de la vie organique : le calcium est nécessaire à l’accomplissement de la systole cardiaque ; le calcium est nécessaire à la manifestation de l’automatisme des cellules ganglionnaires périphériques de l’intestin (Hédon et Fleig) ; il intervient activement dans la motricité de cet organe, Le calcium intervient dans la coagulation du sang, et Hammarsten a précisé qu’il était nécessaire à la transformation du zymogène en thrombine. Le calcium est capable encore d’activer le trypsinogène. Bref, qu’il s'agisse de la manifestation de certaines énergies neuro-musculaires ou de l’activation de certains ferments, le calcium est nécessaire. Ses rôles sont nombreux et d’une grande variété, mais dans tous les cas, il suffit d’une très faible quantité de calcium pour que l'effet de sa présence se manifeste. Dans les phénomènes de la vie organique, le calcium agit en somme, d'ordinaire, à la façon d’un catalyseur. Et, cela rend compte probablement, à la fois, de la faible teneur du sérum en calcium circulant, et de la fixité ou de la très faible marge de variation de cette charge calcique. Cette fixité suppose, par ailleurs, le jeu automatique d’un système régulateur de haute précision.

À tous moments, en effet, la calcémie serait sollicitée de varier. Les moindres actes de la vie organique ou de la vie de relation influent sur le calcium tissulaire. À fortiori, le calcium sanguin aurait-il ten-

dance à varier au cours de la digestion. L’alimentation apporte à l'organisme le calcium, sous forme, surtout, de combinaisons organiques. La digestion le transforme en des sels divers : chlorures, carbonates, phosphates, lactates, etc., qui sont absorbés à raison de leur solubilité.

Dans les conditions de l’alimentation normale. l’apport de calcium est en moyenne de 1 gramme par 24 heures. Pourtant, la calcémie ne varie que fort peu, en période de digestion.

Si le mécanisme intime du système régulateur de la calcémie n’est pas connu, du moins a-t-on dénoncé la part fondamentale que le système neuro-endocrinien prend à cette régulation. Cette régulation suppose un équilibre défini entre un système d’accumulation de la surcharge calcique et le système d’éli-

mination.

L’ELIMINATION DU CALCIUM. — BALANCEMENT DES Ex- CRÉTIONS URINAIRE ET FÉCALE. — INTÉRÊT pu Do-

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