‹ Des Accidents de Lithiase Rénale Au Cours des Décalcifications OsseusesChapitre 32 sur 46 · CARTES · texte numérisé non relu

CARTES

cette époque que datent les premiers troubles vésicaux et rénaux. Y

Mais les phénomènes urinaires douloureux ne se sont manifestés qu'à partir de 1926. Des crises de coliques néphrétiques typiques sont apparues et se sont renouvelées très souvent. Les urines étaient infectées.

Les radiographies montrent au niveau de chaque rein des ombres calculeuses du bassinet, grosses comme Île poing. La fonction rénale est très gravement altérée.

Bientôt d'ailleurs, le malade meurt d’urémie. Le protocole d’autopsie note :

Pyélonéphrite suppurée ; calculs rénaux gros comme le poing, se prolongeant vers le parenchyme rénal.

Au niveau des os des membres, fractures anciennes.

Atrophie du corps thyroïde.

L'analyse des calculs a donné :

Substances sèches : 74,93 % ; Eau et substances volatiles : 25,5 % ; Cendres : 60,8 % ; Parties organiques : 14,1 & ; RO HOPPER CrOMMS 31m Ni acide urique, ni acide oxalique, ni xanthine.

Ces deux observations nous paraissent devoir être rapprochées de celle de Fernande B...

De ces trois cas cliniquement voisins : apparition des premiers troubles dans l’enfance, fractures faciles mais facilement consolidées (Fernande B.., Bernard V..) ; stabilisation des lésions vers l’adolescence (Bernande B.. ni Bernard V.. n’ont plus fait de fractures passé l’âge de 11 ans), l’un a été étiqueté ostéomalacie infantile, puis d’ailleurs, maladie

te

de Lobstein, un autre rachitisme, le troisième ostëopsathyrose.

Il importe peu, quant à nous, de donner un nom à ces états morbides. Mais il nous paraît fort intéressant de noter que, les trois fois, le désordre osseux s’est accompagné de lithiase rénale phospho-calcaire.

L'existence même de cette lithiase nous semble indiquer que ces divers états doivent être très éloignés, du point de vue pathogénique, de ce que l’on a appelé les ostéomalacies de famine et du rachitisme expérimental qui constituent au contraire deux états apparemment voisins.

Dans les ostéopathies de famine, dans le rachitisme expérimental, le désordre est dans l’apport et dans l’utilisation de la substance alimentaire phospho-calcaire. Une ration alimentaire carencée en phosphore provoque chez le rat toutes les manifesfations du rachitisme expérimental. Les ostéomalaciques par carence alimentaire, les Chinoises de P’ing Ting Chow, dont le régime est normalement pauvre en calcium, avaient une calciurie basse, un bilan calcique négatif. Le seul fait d'ajouter à la ration alimentaire de l'huile de foie de morue relevait sensiblement le taux de la calcémie, normalement bas, modifiait le sens du bilan calcique, améliorait cliniquement les malades. L'amélioration était encore plus remarquable quand on combinait l’ingestion d’huile de foie de morue et un sel de calcium, au mieux le phosphate de chaux. Enfin, si l’on remplaçait l'huile de foie de morue par de l'huile d'olive, le bilan cal-

cique demeurait négatif, même si on ajoutait à la ration un sel de calcium. Il semble par conséquent que le trouble originel soit bien un défaut d’assimilation du calcium, par carence vitaminique en particulier.

Dans de pareils états, il n’a pas été noté de calculs du rein. Il semble que le squelette souffre par défaut d'apport phospho-caleaire utilisable. Mais, de ce fait même, la calcémie est à un taux insuffisant ; le rein n’est pas menacé.

Il doit en être autrement des « états malaciques » de déminéralisation où le squelette fait au contraire les frais de la mobilisation calcaire : telles sont probablement les ostéomalacies de la femme enceinte qui ne représentent sans doute que l’exagération pathologique d’un fait physiologique de mobilisation calcique.

Il nous semble enfin que les états que nous rapportons doivent ressortir à un troisième mécanisme : apport normal, assimilation normale mais défaut d'utilisation de la part du squelette ; mutation calcique vers l’'émonctoire rénal ; ce seraient, au premier chef, des maladies lithogènes. |

La phosphatase plasmatique était chez Fernande B... de 2,7 U. B. Ce chiffre est dans les limites de la norme, mais parmi les valeurs tout inférieures. On s'accorde au contraire à indiquer généralement que la phosphatase plasmatique est augmentée dans l’ostéomalacie de l’adulte. Pautrat donne comme chiffre moyen d'augmentation le taux de 200 %,. Dans l’ob-

servation 14 de sa thèse, l'augmentation était de 90 %.

Nous pensons qu'il est encore trop tôt pour rien conclure de ces diverses confrontations. Il mérite par contre d’être retenu que, dans certains cas de décalcification ou de défaut de calcification du squelette, la calcémie peut être sensiblement normale, l’excrétion calcaire urinaire accrue et la lithiase rénale peut apparaître.

Page 1