‹ Des Accidents de Lithiase Rénale Au Cours des Décalcifications OsseusesChapitre 34 sur 46 · TT · texte numérisé non relu

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A une nouvelle évaluation du bilan calcique, dans les conditions d’un régime normal, la calciurie était de 1,038 gr.

Le 10 novembre 1931, le Professeur Leriche pratique l’ablation d’une volumineuse tumeur parathyroïdienne droite qui pesait 4 gr. 261. L'examen histologique du Docteur Delarue montra qu’il s'agissait d’un adénome typique. L'examen, au microscope, d’un fragment osseux, montra des lésions « d’ostéite fibreuse typique » : « Les travées osseuses ont leur morphologie conservée en certains points, mais elles sont complètement dépourvues de sels calcaires. Elles sont noyées dans un tissu fibro-élastique, riche en vaisseaux néo-transformés et congestionnés. Toute formation adipeuse médullaire a disparu; il y a une quantité considérable de myéloplaxes. »

Les suites opératoires furent simples.

Vingt jours après l’opération, la radiographie montrait une récalcification appréciable des os.

La calcémie était de 0,095 ;

La calciurie de 0,122.

Dans cette observation, comme dans la précédente, les lésions squelettiques étaient manifestes. Nous remarquons volontiers pourtant, que les premières manifestations rénales sont apparues relativement tôt dans l’histoire clinique de la maladie et qu’elles ont, en particulier, précédé les déformations de massive décalcification.

Dans l’observation récemment apportée par le Professeur Leriche, la lithiase rénale occupait la première place du tableau morbide ; la voici résumée :

ROUX

Obs. n° 3 (LERICHE et JUNG).

M. Antoine Des, âgé de 59 ans, entre à la Clinique chirurgicale de Strasbourg, le 21 septembre 1935. Il se présente, d’abord, comme un vieux lithiasique urinaire.

Dès l’âge de 20 ans et surtout à partir de 30 ans, le malade avait noté la présence constante d’abondants dépôts blanchâtres dans les urines. A 39 ans, le dépôt urinaire fut à plusieurs reprises particulièrement abondant et coïncida avec de légères douleurs rénales et des douleurs à la miction. Huit mois plus tard environ, une première colique néphrétique violente survint à gauche. Le malade n’a jamais souffert à droite, et par la suite, il n’a toujours eu que des coliques rénales gauches. A cette époque, le malade fut traité par le régime et les médicaments usuels, mais rien n’a modifié l’aspect des urines qui étaient toujours très troubles. Jamais, sauf quand il se maintenait au régime hydrique, les urines n’ont été claires.

De l’âge de 39 ans jusqu’aujourd’hui, donc pendant vingt ans, le malade a souffert de coliques néphrétiques très espacées, environ une douzaine. Ces crises ellesmêmes ne présentaient aucun caractère particulier.

Depuis sept ou huit ans, le malade se sent fatigué et affaibli ; il aurait maigri de 5 kilos dans la dernière année. On pratique un examen général ; il est noté que :

il existe un léger œdème des pieds le soir ;

du point de vue digestif: l’appétit est bon, la dentition a toujours été mauvaise; les digestions sont bonnes; jamais de nausées ni de vomissements. Tendance à la constipation depuis quelques mois. Jamais de diarrhée. Foie apparemment normal.

Rate palpable, percutable sur deux travers de doigts.

Poumons sans lésions notables.

Cœur normal. T. A. : 12,9 (Vaquez).

Réflexes normaux.

Squelette : Cliniquement, rien. Ni douleur, ni gêne. Radiographiquement : ostéoporose notable des poignets, du fémur et du tibia, près du genou. Ostéoporose légère de la colonne.

Articulations souples.

Le rein gauche paraît augmenté de volume ; on le perçoit facilement par le palper bimanuel ; il est un peu douloureux. Cette année-ci, pour la première fois, la radiographie a montré un calcul siégeant dans l’uretère gauche.

L'urètre présente plusieurs rétrécissements, reliquat d'une ancienne blennorragie. Prostate normale.

Examen des urines : urines troubles, légèrement lactescentes. Pas de sucre. Albumine : traces irrégulières d’un jour à l’autre. Culot : pas de cristaux. Nombreux leucocytes altérés à un premier examen ; leucocytes normaux en petite quantité, quelques jours plus tard. Pas de cylindres.

Calciurie : le 23 septembre 1935 :

0,303 0/00 ; 0,480 par 24 h.

* Phosphore urinaire :

FOerepar tre (ensP0°.

Examen du sang:

Calcémie : 0,112 gr. et 0,109 gr. (méthode de Hirth). Deux examens antérieurs avaient donné, en 1933 0,143 gr., et en 1935 : 0,152 gr. (méthodes de dosage non indiquées).

- Azotémie : 0,54 et 0,32, à deux examens successifs.

Glycémie : 1,18 gr. U/00.

Quelques jours après son entrée à la clinique, après quelques dilatations de l’urètre faites en vue d’une cystoscopie, le malade a éliminé spontanément son calcul : petit calcul friable, blanc jaunâtre, ne présentant pas

de structure concentrique; texture non cristalline. L’examen chimique a été pratiqué par M. Thivolle, assistant du laboratoire de chimie du Professeur Nicloux : « Ce calcul charbonne légèrement, laisse un abondant résidu à la calcination. Soluble dans les acides, sans effervescence. Donne intensément la réaction de l’acide phosphorique et du calcium. Présence également d’une petite quantité de magnésium. Il s’agit d’un calcul phosphatique où domine le phosphate de chaux, avec un peu de phosphate ammoniaco-magnésien ».

La radiographie de contrôle montre que le calcul de l'uretère a disparu.

Dans ces conditions, fut décidée une parathyroidectomie.

Le 28 septembre 1935 (Professeur Leriche, Jung, Cavalli), l’opération est interrompue par suite d’un incident : plaie veineuse ; embolie d’air. Tout s’arrange au mieux.

Le 30 septembre, réintervention : du côté droit, on trouve au-dessous du corps thyroïde, devant la trachée, une petite masse jaune, indépendante du corps thyroïde, qui paraît être une parathyroïde. On l’enlève. Du côté gauche, on enlève une petite masse jaunâtre, plaquée contre le corps thyroïde, au niveau de la branche thyroïdienne inférieure.

Examen histologique des pièces enlevées (Professeur Géry) :

Première pièce : petite parathyroïde.

Deuxième pièce : petite parathyroïde accolée à un lobule thyroïdien quatre ou cinq fois plus gros qu'elle. À part la réplétion des vaisseaux, il n’y a pas de lésions ni dans lune ni dans l’autre. En réalité, la parathyroîde gauche est un peu plus grosse que la droite, mais la droite est entourée de plus de graisse.

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