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CHAPITRE X

DE LA. GRAVITÉ RELATIVE DES DIVERSES AFFECTIONS CARDIAQUES AU POINT DE VUE OBSTÉTRICAL.

La question qu'il nous reste à examiner et à laquelle nous consacrons ce dernier chapitre, est un des problèmes les plus intéressants que puisse se poser le praticien, en présence de la responsabilité pronostique qui lui incombe en face d'une jeune fille qui vient lui demander si elle peut se marier, ou

en face d'une femme qui vient à l'hôpital pour accoucher, et chez laquelle il découvre les symptômes d'une maladie de cœur. Peut- on établir des catégories basées sur la nature de la maladie du cœur, catégories d'après lesquelles l'avis donné pourra différer, on doit en englober toutes les cardiaques sous la même condamnation.

Les observations que nous avons données jusqu'à présent sont presque toutes des observations da lésions mitrales. La chose n'a rien d'étonnant, lorsqu'on songe à la fréquence excessive de ces altérations comparées à celles qui atteignent les autres orifices .Nous n'avons pas cherché à varier à ce point de vue les notes que nous avons cru devoir donner, nous proposant d'embrasser cette question d'une façon pins vaste dans un article spécial.

Une première opinion consignée dans la thèse de M. Berthiot tend à faire prévaloir l'idée qu'aucune division à cet égard n'est réellement légitime. Cependant, dit-il, en raison du peu d'observations qui ont été recueillies relativement h une altération aortique, en raison du peu de retentissement des lésions aortiques en généralsurla circulation pulmonaire, ce sont elles qui paraissent offrir le moins de danger. Nous serons forcément conduit à fonder notre opinion sur la double base de ces faits, dont il accuse l'insuffisance, rares en réalité, et sur ce plus ou moins de retentissement, mais nous nous croirons autorisé à conclure sur cette double base, car, d'un côté, il est probable que, sur un plus grand nombre de faits, la proportion ne serait nullement changée et, d'autre part, il nous semble qu'un des grands dangers de l'état gravido-cardiaque est précisément subordonné au retentissement de la lésion sur l'état général de l'individu.

Nous reviendrons plus tard sur cette idée et nous la développerons comme elle le comporte.

M. le professeur G. Sce, dans saleçon faite à la Charité, sur

le sujet qui nous occupe, leçon publiée dans V Union médicale (janvier 1874), établit, au contraire, des catégories tranchées.

Il ne parle pas du rétrécissement aortique, qu'il considère comme une maladie assez rare pour qu'on n'ait pas à s'en occuper. Passant à l'insuffisance aortique, il s'appuie sur plusieurs cas heureux pour en établir le pronostic bénin. Pour le rétrécissement mitral, il professe que quelle que soit la force du souffle, fut-il arrivé au piaulement, on doit surtout avoir en vue les phénomènes morbides antécédents, et que si l'asystolie ne s'est pas déjàmanifestéepar ses attaques caractéristiques, on n'a rien à craindre. Il cite, à ce sujet, deux observations.

Dans la première, où le souffle était râpeux, la grossesse n'a pas même augmenté un peu de dyspnée préexistant chez la femme.

Dans la seconde, le résultat a été le même, et, dans cette dernière, on pouvait percevoir un très-manifeste piaulement. A l'insuffisance mitrale, reviendrait la part la plus lourde des accidents, et, devant elle seule, le praticien devrait s'arrêter d'une façon absolue et chercher à garantir la femme des dangers d'une grossesse, en défendant le mariage.

Nous avons cherché à juger cette question, en donnant ici un tableau aussi complet que possible des cas d'accidents gravido-cardiaques publiés, et dont nous avons eu connaissance. Nous n'en avons nullement exclu les cas de grossesse chez les cardiaques terminés sans accidents.

Pour que ce relevé eût toute la rigueur nécessaire, il eût été bon de distinguer, dans les grossesses, celles qui avaient ■précédé et celles qui avaient suivi le développement de la maladie du cœur. Ge travail n'a pu être fait, et nous avons cru devoir les comprendre toutes, faute de renseignements suffisants. En agissant ainsi, nous sommes sûr de ne pas exagérer la gravité de l'étal à étudier. Bien plus, nous sommes sûr de rester au-dessous de la vérité, et nous croyons que ce der-

nier inconvénient est de beaucoup inférieur à celui qui eût consisté à exagérer, même involontairement, les conséquences d'un état déjà grave par lui-même.

Relativement aux accidents emboliques, nous n'avons accepté que ceux qui, survenant pendant la grossesse, ou dans les deux premières semaines après l'accouchement^nous ont paru être incontestablement sous l'influence de la puerpéralité. Les accidents de ce genre arrivés lorsque la circulation et son principal agent sont rentrés dans leurs conditions normales, nous ont paru être des accidents cardiaques et non des accidents gravido-cardiaques, puisque la modalité anormale de l'organisme maternel a disparu.

Or, l'inspection du tableau que nous avons fait nous donne, en effet, des résultats bien différents, suivant le genre de lésion.

De toutes, la plus bénigne est l'insuffisance aortique, au moinç pour la question de l'avortement. Mais les divers accidents que nous étudions ont,. entre eux, des liens si étroits, que nouti croyons pouvoir passer de l'un à l'autre. Cependant l'immunité n'est pas absolue, quelques accidents, rares d'ailleurs, ont été signalés.

Nous n'avons qu'un seul cas de rétrécissement aortique. Par conséquent la question est encore à juger.

A côté de ces deux lésions qui permettent un -pronostic bénin, nous avons l'insuffisance mitrale, oùles accouchements avant terme atteignent la presque proportion de 1/2-, où les grossesses se montrent pleines d'orageuses menaces, où les congestions pulmonaires, les hémoptysies, les palpitations viennent trop fréquemment interrompre d'une façon fatale le cours de l'état physiologique.

Le rétrécissement mitral a aussi sa gravité, moindre cependant que celle de l'insuffisance. La proportion des accouchements prématurés n'est guère que de 1/3. Les accidents de la grossesse sont les mêmes, un peu moins Pré-

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