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ETHER

Etude expérimentale.

Des études physico-chimiques et des travaux de Nicloux que nous avons exposés, nous pouvons retenir les faits suivants : les doses mortelles de l’éther sont plus élevées que celles du chloroforme ; l’élimination de l’éther est beaucoup plus rapide ; l’éther en circulation dans le sang se fixera par ‘moitié sur les globules, et restera par moitié dissout dans le plasma ; l'affinité de l’éther pour les lipoïdes est nette, mais le coefficient de partage de l’éther calculé sur sa solubilité dans l’eau, permet de penser que son affinité pour les lipoïdes est moindre que celle du chloroforme (1). Ces faits nous permettent de prévoir que cet anesthésique présentera moins de dangers toxiques pour l’organisme que le chloroforme.

L’expérimentation et la clinique peut-elle donner rai-

1. On appelle coefficient de partage, le rapport de la solubilité dans les graisses (lipoïdes en particulier) à la solubilité dans l’eau (v. pathogénie).

LES AU son à cette prévision ? Nous allons examiner les faits et nous en tirerons la conclusion possible.

Si l'influence nocive du chloroforme sur le foie et sur les reins est reconnue par la plupart des chirurgiens, la même influence de l’éther sur ces organes est généralement ignorée ou tout au moins très discutée. La raison en est que très peu de travaux ont été entrepris dans cet ordre d'idées, et que les observations de mort après administration d’éther portent sur des accidents d'origines congestives et pulmonaires et non sur des : altérations toxiques du foie ou des reins.

Un certain nombre d’expérimentateurs ont étudié cependant l’influence nocive de cet anesthésique sur les animaux. Un des premiers, Fueter après anesthésies d’une durée de deux heures, au cours desquelles il employait 200 centimètres cubes d’éther, n’a jamais pu trouver de lésions hépatiques ou rénales. Delbach, Baudler, Strossmann ont fait des expériences analogues et obtenu des résultats identiques. Nothnagel dans des expériences plus anciennes n’avait jamais trouvé d’albumine dans l’urine

- des animaux après la narcose ; l'examen microscopique des reins restait négatif; par contre, le foie et le cœur présentaient un certain degré de dégénérescence graisseuse.

Babaci et Bebi, au cours d'expériences très nombreuses sont arrivés à des résultats très intéressants.

En particulier ils ont éthérisé, en série, des chiens, et prélevant après uñe première série d’éthérisations, un fragment de rein, ils ont poursuivi de nouvelles séries

de narcoses pour prélever de nouveau un second frag-

ment d'organe. A la suite de ces expériences et de bien d’autres, ils ont conclu aux résultats suivants : les animaux éthérisés présentent des altérations rénales consistant en néphrite hémorragique diffuse, avec glomérulite prédominante et hémorragies multiples du rein. Cette forme de néphrite aurait tendance à la guérison spontanée; elle pourrait être suivie de restitulio ad integrum à l’encontre de la néphrite parenchymateuse chloroformique, qui elle, au contraire, aurait tendance à évoluer vers la chronicité.

Schenk a minutieusement étudié l’action de l’éther sur le foie et sur le rein : il note simplement un peu de dégénérescence graisseuse du foie ; cette dégénérescence est beaucoup moins marquée qu'après le chloroformisation ; d’ailleurs, elle se répare très vite et deux semai-

nes après, il n’y en a plus trace.

En France quelques auteurs seulement ont repris des expériences analogues. Fiessinger, Rathery et Saison ont étudié de très près les lésions hépatiques et rénales dues à l’éther. Ils ont expérimenté sur des lapins en se servant d'inhalations uniques ou répétées.

Ils ont, chez ces animaux, prélevé des fragments d’organes avant, pendant, immédiatement après les narcoses ; enfin ils ont opéré sur des animaux à organes sains et à organes lésés antérieurement. Les conclusions que nous empruntons à ces auteurs sont les suivantes :

1° L'inhalation d’éther est capable de produire chez le lapin des lésions rénales et hépatiques. Ces lésions ne

surviennent pas constamment après toute éthérisation ;

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