‹ Des accidents toxiques post-anesthésiquesChapitre 11 sur 28 · NES · texte numérisé non relu

NES

2° Ces lésions sont de peu d'importance au niveau du rein ; elles sont plus fréquentes et plus intenses au niveau du foie ;

3° Les altérations ne surviennent pas toujours immédiatement après l’éthérisation, en tous cas elles sont loin d’être complètes à ce moment ; elles demandentun certain temps soit pour se produire soit pour évoluer ; les lésionssont en effet plus intensesun certain nombre de jours après l’inhalation qu’immédiatement après ;

4° Les lésions sont caractérisées au niveau du rein par de la congestion et de la cytolyse protoplasmique de Castaigne et Rathery ; au niveau du foie par de la cytolyse protoplasmique et de l’homogénéisation de Mayer, Rathery et Schaeffer ;

5° La dégénérescence graisseuse notée par ditférents auteurs n'a pas été trouvée d’une façon constante. En recherchant l’état graisseux du foie avant et après anesthésie on s’aperçoit qu’il varie peu (1);

6° Une lésion antérieure du foie ou du rein esi nettement aggravée par inhalation d’éther.

Ces auteurs ont d'ailleurs poussé des expériences

comparatives avec le chloroforme et ils déclarent que

l’éther semble léser Le rein d'une façon moins constante et moins intense que le chloroforme, si l’on s’en tient toutefois aux simples inhalations anesthésiques. Quant aux altérations hépatiques, ils pensent qu’elles sont également fréquentes dans l’un et l’autre:cas.

Ces conclusions sont importantes à retenir.

1. Gilbert, Carnot, Pomier, Deflandre, ont montré que la variation en graisse d’un foie normal peut être très grande.

IT

Etude clinique.

L'expérimentation permet d’affirmer que l’éther provoque des lésions hépatiques et rénales chez les animaux. La clinique est moins affirmative. La littérature médicale est particulièrement pauvre en observations relatant l’intoxication par l’éther.Ce mode d’anesthésie est infiniment moins employé en France qu’à l’Étranger, le champ d'observation y est moins vaste. En Allemagne et particulièrement en Amérique nous trouvons quelques travaux relatifs aux éthérisations.

En 1887, Butter publie une statistique de 500 éthérisations. Une seule fois, écrit-il, ’albumine apparut dans les urines. Roux note quatre fois de l’albuminurie sur 415 cas. Fueter sur 150 cas ne l’observe pas une fois. Vaad l’observe quatre fois sur 118 cas. Barensfeld quatre fois sur 150 cas.

Cependant en 1886 Emmet a signalé un cas de mort par urémie à la suite d’éthérisation. Il faut ajouter que le malade était atteint d’une affection chronique des reins.

Weir, Wesley-Carpenter, Millard à leur tour observent plusieurs cas de mort présentant nettement le tableau clinique de l’urémie, morts survenues quelques jours après une anesthésie à l’éther.

Gerster (1) après de nombreuses observations chez les rénaux opérés les uns sous chloroforme les autres

sous l’éther, conclut que le chloroforme est un anesthé-

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