LE CHLOROFORME
Etude expérimentale
Nous rapprochant déjà du terrain clinique, nous arrivons aux données de l’expérimentation, en ce qu’elle a trait aux lésions créées, en particulier, par le chloroforme.Nothnagel,le premier,en 1866, mais surtout Ungar et Junkers en 1883, firent toute une série d'expériences intéressantes. Se rapprochant autant que possible des conditions de la clinique, ils firent subir à des chiens des chloroformisations longues et répétées, et obtinrent une dégénérescence graisseuse très accentuée du foie, du rein, et même du cœur. Au cours d’une chloroformisation, ils retirèrent un rein à l’animal en expérience, puis au même animal endormi dé nouveau quelques jours après, ils retirèrent l’autre rein ; le second rein témoigna de lésions beaucoup plus accentuées que le premier. Ungar et Junkers pensèrent que les lésions dans les organes pouvaient être dues à l’action directe de l’anesthésique.
Paul Bert, en 1885, apporta à la Société de biologie ses travaux sur les intoxications chroniques par le chloro-
forme ; ses expériences furent faites sur des chiens sou-
D ue
mis à des inhalations. Toujours il obtint des lésions de dégénérescence graisseuse du foie et du rein avec des urines chargées d’urobiline et de pigments biliaires.
Kast en 1888, puis Bonn en 1889, contrôlant les expé-" riences précédentes, arrivèrent au même résultat. Ils constatèrent la moindre résistance individuelle de quelques animaux soumis aux expériences.
Enfin en 1905 MM. Doyon et Billet démontrèrent à lAcadémie des sciences que le chloroforme [détermine dans certaines conditions: l’incoagubilité du sang, la disparition du fibrinogène du plasma et des lésions hépatiques. Pour ces auteurs, l’incoagubilité du sang et la disparition du fibrinogène du plasma dépendent des lésions du foie ; de plus, le foie est lésé à l’exclusion de tous les autres organes, sauf cependant le rein.
Les lésions consistent: en hémorragies abondantes, lésions des cellules hépatiques avec dégénérescence hyaline, granuleuse et graisseuse, le rein présente des lésions de néphrite épithéliale aiguë.
Ajoutons que dans leurs expériences, le chloroforme était administré chaque jour par une sonde œsophagienne à la dose de 2 grammes (mèlé à 3 vol. d’huile) par kilogramme d'animal. La mort survenait environ trois jours après. |
Tous ces auteurs insistent sur la dégénérescence granuleuse et les hémorragies. Plus récemment une série d'expérimentateurs se sont efforcés d’étudier ces lésions avec une technique plus rigoureuse. Gautier et Policard constatent des altérations cellulaires surtout accusées
au centre du lobule : dans un premier stade, la dégéné-