‹ Des acquisitions récentes sur la biologie des ascarisChapitre 5 sur 38 · EL 7 LS · texte numérisé non relu

EL 7 LS

L'orientation antérieure de nos études sur les sciencés biologiques, nous a naturellement déterminé à rechercher dans l'étude de la Biologie la solution de ce problème. Notre excellent ami, M. le Professeur agrégé Garin, consullé à ce sujet, nous a engagé à prendre connaissance d'abord, avant d’expérimenter personnellement, des nombreux travaux sur cette question (Biologie des Ascaris) parus ces dernières années. |

Il ne nous dissimulait pas Les difficultés que nous aurions, à faire œuvre vraiment nouvelle, dans un domaine si récemment exploré, avec l'aide des techniques les plus nouvelles, mais nous ouvrait très aïmablement la porte de son laboratoire.

Nous avons parcouru tous les {travaux que nous avons pu nous procurer concernant la Biologie des Ascaris, cela nous a permis de rassembler un faisceau de faits réellement objectifs, cueillis dans des domaines divers (Zoologie, Biochimie, Pathologie générale), mais qui tous contribuent à affirmer les rapports étroits et évidemment hostiles que l’inoffensif Ascaris contracte avec son hôte.

La Biologie nous montre, en effet, qu'à l'état larvaire, l’Ascaris a besoin du sang de son hôte pour se développer el qu'il ne fail rien moins qu'accomplir un circuit. dans iout son organisme, à l'intérieur même de sa circulation, de ses viscères, de ses tissus, puisant à même dans le milieu humoral.

Nous voyons ensuite, qu'adulte, l'Ascaris peut produire des troubles par ses migrations anormales, mais que surtout, il intoxique l'organisme de son hôte par ses déchets, tandis qu'il continue à vivre aux dépens de sa propre substance, en l'espèce, la muqueuse intestinale.

Nous apprenons enfin que l'organisme ne resie pas indifférent à cette intoxication et qu'it réagit par des modifications de son milieu humoral et parfois par des manifestations plus violentes, de type anaphylactique, qui peuvent avoir une expression clinique.

Nous avons constaté que les nombreux travaux dans lesquels ont été exposés ces faits, sont restés jusqu'à présent épars ; souvent même, les uns ignorant les autres. Dans chaque ordre de faits, cependant, nous avons rencontré des travaux d'ensemble, tels que ceux de Ransom, ‘concernant le Cycle larvaire ; la remarquable thèse de Simonin sur lintoxicaiion vermineuse. Parmi les nombreux travaux consultés, ce sont là ceux qui nous ont fourni les éléments les plus précieux et ceux auxquels nos lecteurs pourront se reporter avec le plus de profit.

Signalons, en passant, qu'en ce qui concerne le Cycle Larvaire des Ascaris, tous les (ravaux parus jusqu'à ce jour, sont des travaux étrangers : anglais, allemands et américains (des travaux entrepris dans les laboratoires de M. le Professeur Brumpt, à ce sujet, n'ont pas encore été publiés) ; notre thèse renferme la première analyse un peu détaillée de ces découvertes, dans la littérature scientifique française.

Nous avons pensé qu'en exposant ces travaux et en Synthétisant toutes les études récentes parues sur la Biologie de l'Ascaris, au point de vue toxique et humoral, nous comblerions une lacune, en reliant des travaux épars. C’est en cela que nous bornons, actuellement, notre contribution personnelle, pensant faire ainsi œuvre plus utile qu'en répétant, sous couleur d'originalité, des expériences déjà solidement établies.

Les recherches que nous avons faites ont porté sur les publications. de ces 20 dernières années — quelquefois même sur des travaux antérieurs — mais dans cette étude, nous ne ferons état que des travaux les plus récents. Nous avons pris comme limite la ‘plus éloignée, l'année 1910. Cette limite peut paraître arbitraire, mais elle enveloppe la période la plus féconde dans l'expérimentation sur les Ascaris : Etude du cycle larvaire, nouveauté d'hier (1916-1917) — de la toxicité dont les premiers jalons ont été posés en 1905, mais qui n'a été faite systématiquement que dès 1910, par Weinberg et ses élèves — du rôle humoral, dont la connaissance est fonction des dernières découvertes de la pathologie générale.

Suivant l'ordre qui nous a semblé le plus logique, nous envisagerons successivement : |

A. — Le point de vue bio-zoologique.

1° La vie larvaire avec son cycle dans l'organisme de l'hôte ; ,

2° La vie adulte, avec l'étude des. moyens d'existence du parasite.

B. — Le côté bio-chimique, avec l'étude synthétique de l’intoxication expérimentale et des réactions toxiques dans l'organisme humain.

C. — L'élément humoral qui traduit la réponse de l'organisme aux offensives directes ou indirectes du parasite. |

Notre étude, ayant trait exclusivement aux acquisitions les plus récentes sur l'Ascaris, nous ne croyons devoir nous étendre sur la morphologie de cet helminthe. Nous en rappellerons simplement les caractéristiques essentiel-

pie

les, ayant en vue, bien entendu, exclusivement l'Ascaris humain ou Ascaris lombricoïdes.

C'est un Nématode, c'est-à-dire un ver cylindrique de grosseur relativement considérable, puisque la femelle est longue de 20 à 45 centimètres sur une largeur moyenne de 6 millimètres, tandis que le mâle a de 16 à 25 centimètres de long sur 3 à 4 millimètres de large (Guiart).

Examiné mort, Ü se présente avec une certaine rigidité le fixant dans une forme allongée. Sa couleur est blanchâtre. Les deux extrémités sont effilées, surtout l’extrémité postérieure un peu contournée en hameçon chez le mâle, tandis qu'elle est rectiligne chez la femelle. L'extrémité antérieure est constituée par une bouche à trois lèvres chitineuses, un peu saillantes en bourrelet trilobé. Ces tèvres limitent entre elles une cavité, infundibulum buccal où pharynx, continué par un œsophage et un intestin séparés par un sphincier. La terminaison de l'intestin ou rectum s'ouvre à l'extrémité postérieure du ver. Il existe ainsi chez le mâle un cloaque grâce à l'aboutissement du canal éjaculateur en ce même point — tandis que chez la femelle cet orifice est nettement séparé de la vulve qui est située sur la face ventrale vers le tiers antérieur du corps en une région légèrement rétrécie ou ceinture.

Nous nous sommes efforcé de ( faire l'étude de l'Ascaris lombricoïides (ou humain), mais le plus souvent l'expérimentation n'a pu se servir que d’ascaris de provenance animale (mégalocéphala surtout) et il faut admettre, par analogie, sinon l'identité absolue entre les troubles produits par l’Ascaris mégalocéphala et ceux attribuables au Lombricoïdes, au moins une similitude de processus et un mode d'action sensiblement voisin. La

Abe

comparaison de la.clinique avec l’expérimentation nous montrera, à la fois, les analogies et les différences. Au surplus, nous bornerons-nous le plus souvent a exposer des faits le plus objectivement que possible. Parmi les expériences, nous avons dû faire un choix, nous nous sommes efforcé de le faire sans idées préconçues, éliminant telle expérience, non pas parce qu'elle n'agréait pas à notre conception personnelle, mais parce qu’elle n'était pas établie sur des données suffisamment précises, ou parce qu’elle n'apportait aucun élément nouveau. Le plus possible, nous laisserons parler les faits.

Page 1