CHAPITRE I
Les ‘‘ Migrations Larvaires ” de l’Ascaris dans
l’organisme de son hôte
Rien ne semblait plus simple, jusqu'à ces dernières années, que la biologie de l’Ascaris. Exempt de métamorphoses, comme d’ailleurs les autres Nématodes, il est ingéré en tant qu'œuf par son hôte et rejeté le plus souvent, sous cette même forme ou à l’état de cadavre. Si on en exempte sa vie embryonnaire — à l'intérieur de l'œuf — toute l'existence de l’Ascaris se passe à lintérieur de son hôte.
Il était logique d'admettre que pénétrant dans l'organisme de son hôte, par la voie digestive et accomplissant sa vie adulte dans l'intérieur de l'intestin, l’Ascaris fui exclusivement un parasite du tube digestif. L'œuf embryonné mûr est ingéré ; il pénètre comme les aliments dans l’œsophage, l'estomac, et arrive dans l'intestin, se
… libère de sa coque, éclot et donne naissance à une larve qui, semble-t-il, n’a plus qu’à se développer sur place.
Or, il n’en n’est pas ainsi, comme l’ont montré, de façon
…indubitable les plus récentes découvertes de la parasitologie : La larve d’Ascaris éclot dans l'intestin, maïs elle
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ne pourrait s’y développer et atteindre l’état adulte, sans avoir accompli une « migration » ou ce que nous appellerons plus volontiers un cycle à travers l'appareil circulatoire et divers organes de son hôte.
Ce stage accompli, rendue à l'appareil ‘digestif par l'intermédiaire des voies aériennes, elle pourra, revenue dans l'intestin, se développer à son aise.
Une incursion dans le domaine de la biologie d’autres nématodes s'impose, pour exposer l'historique et les notions qui ont permis de concevoir et d'observer la réalité de cette migration.
Dès 1901, en effet, Looss démontrait que les larves d’ankylostome qui existent dans le milieu extérieur, pénètrent généralement par la peau du sujet qu'elles vont infester, gagnent son appareil circulatoire, les poumons, et se rendent de là, dans la trachée et le tube digestif. | k
Ultérieurement, Fülleborn (4911), puis Miyagawa (1916) montrèrent que cette migration de la larve d’Ankylostome n’est pas simplement, pour ce nématode, un moyen de gagner l'intestin de son hôte, mais de puiser dans le sang oxygéné des poumons des éléments essentiels à sa vie. Ils le prouvèrent en faisant constater expérimentalement que les larves d'Ankylostome, ingérées « per 08 » s'échappent du tube digestif, à travers les parois de l’œsophage, accomplissent leur voyage dans l'appareil circulatoire et. regagnent ensuite l'intestin. |
Dès 1911, Fulleborn montrait que ce cycle « aberrant » n'était pas réservé en propre à l'Ankylostome, car il ; l'observait également chez l’Anguillule (Strogyloïdes intestinalis).