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souvent pour se mettre à écrire une intention systématique ou un goût de l'analyse qui sont en contradiction avec la
spontanéité de l’automatisme. Les cas d'écriture automatiqu >
resteront done assez rares au cours de l'absence épileptique.
Dans la phase posteritique de l'accès convulsif, M. Rogue: de Fursac distingue trois types principaux d'écrits provoqués : passif, impulsif, négateur. Le type passif, survenant er, ipleine période confusionnelle, s'accompagne parfois d> suggestibilité morbide, donnant lieu à de l'échographie ; le type impulsif, « où la lenteur et l'incertitude sont moindres », se révèle dans le texte dicté par des stéréotypies, des transpositions, des additions. Les stéréotypies de l'écriture spontanée, qui peuvent escorter un état d’excitation intellectuelle, ont été décrites par M. Trénel sous le nom de paligraphie épileptique. Les additions, elles, portent tant sur les phrases que sur les mots ou sur les lettres. Les lettres apparaissent alors dans le texte comme « lancées » (Kôüster). Enfin, le type négateur dans lequel l’'obnubilation intellectuelle ne se prête qu’à une opposition irraisonnée et aveugle, correspond dans le domaine du langage au mutisme.
En outre, M. de Fursac insiste sur un type mixte impulsifpassif d'apparition plus tardive, qui nous semble s’observer assez souvent dans l’automatisme coordonné. Ce sont tantôt
. {le simples substitutions par analogie auditive, tantôt des ad-
ditions impulsives qui posent la signature plus ou moins ambiguë des concepts latents. Plus que les troubles moteurs de l'écriture, transparaissent ceux de l'esprit ; les additions ne se bornent pas à des traits informes, à des répétitions littérales mais à l’adjonction de phrases qui traduisent des réminiscences ou des idées subconscientes.
Dans cette catégorie de l’activité, nous passerons ainsi par tous les stades qui se gravissent de la velléité, maladroite
. à l'acte cohérent. Une de nos malades, malgré sa confusion,
parvenait à écrire un refrain d'une chanson. de. zouaves, entendue quelque part mais oubliée d'elle : « Panpan, larbi, ls chacals sont, par ici ». Un autre rencontre. un sien. ami dur rant sa fugue. Celui-ci lui. fournit un renseignement qu'il note. Quelques jours après, il. dénie qu'il. l'ait. reçu, mais
trouve à la page correspondante de son agenda, un griffonnage
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informe (obs. 14). — Quand l'absence survient au moment où le sujet est occupé à écrire, les modifications introduites dans ses écrits seront plus ou moins significatives. Certains épileptiques, dit Herpin, pris de vertiges, la plume à la main, barbouillent leur papier, y tracent des arabesques, ou écrivent des mots sans liaison entre eux. Une dame occupée à enregistrer des dépenses, entremêle ses articles des mentions les plus PFaroques. Un employé d’avoué se trompe souvent en copiant ; met un mot à la place d’un autre et quelquefois ses propres idées à la place de celles qu'il devrait copier ; tantôt il met des lettres de trop, tantôt, au contraire, il oublie et saute des mots ; fréquemment il ne peut ni lire ni écrire (Falret). Un épileptique observé par Féré « de temps en temps a des absences et on trouve quelquefois dans ses écritures des ellipses incompréhensibles ou des mots introduits où ils n'ont que faire et dont la présence l’étonne lui-même, qu'il n’a aucun souvenir d'avoir écrits. Par exemple sur le journal où il ins-
crit les sommes qu'il reçoit on trouve entre le nom du client
et la somme recue une phrase comme celle-ci : « M, il donne soif, 7 fr. 50 ». — Un autre encore écrit en état d'absence des choses qu’il ne se rappelle plus avoir écrites ; quand fi les relit plus tard, il les déchire parce qu'il s'aperçoit que ce n’est pas bien fait (Falret). Mais, ainsi que le disait jus-
tement Herpin, il en est d’autres, enfin qui, dans cette circonstance, achèvent plus ou moins longuement, sans s’en
apercevoir une léttre commencée et sont aussi étonnés de
-voir leur lettre achevée que de n'y rencontrer aucune incor-
rection d'écriture, de pensée et de style. — La main, on le voit, ne continue pas seule le mouvement commencé. La pen- Sée le poursuit. — Elle se manifeste encore plus agissante
lorsqu'elle concrétise la sourde volition du moi profond. Les phrases traduisent alors des idées impulsives, des désirs inayoués, des souvenirs effacés de la mémoire. M. le D' Legrain (1)
nous à communiqué l'écriture d’un de ses malades. En cette
lettre, celui-ci s’acceuse d’un viol sur sa nièce, viol très vraf-
semblable dont il avait été accusé formellement et qu'il avait
le remarquable exemple, dont, grâce à lui, notre thèse a pu s'enrichir,
fous tenons à lui exprimer ici toute notre respectueuse gratitudé pour
37 é à re PS - ee ee ee PE “EE Ce * toujours nié avec l’accent de la Four la 0 Æ Vu Revenu à lui, il reconnut son écriture et ne put élucider cette SE * #0 auto- accusation d'un acte nul et non avenu pour lui. Une
attaque d'épilepsie leva ultérieurement les doutes qui subsis-. taient sur la nature de cet état second, favorisé par des habitudes alcooliques.
Commentaires de M. le D' Legrain : Graphisme du malade à au cours de l’état mélancolique avec autoaccusation où il + réédite son accusation de viol. Cet écrit date de quelques mois à après le premier internement. Les signes physiques du gra- phisme alcoolique (tremblement, empâtement, désordre, etc) ont naturellement disparu. — On remarquera le paradoxe qui et : existe entre l'orthographe rudimentaire et la quasi calligra- : phie qui semblerait révéler une certaine culture. Ce paradoxe indique chez $. la fixation de son graphisme à l'âge scolairs. ‘ : S. reste figé à cet âge non seulement par l'écriture, mais var ï l'ensemble de ses caractères psychiques. On en peut déduire que $. n'a subi qu'une très faible évolution et qu’il n'a acqu
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aucune personnalité. S. est en effet un mou, un dépressible, un débile mental sans énergie volontaire. — I] est facile d'en déduire la prédominance chez ce sujet des états psychiques inférieurs, instinetifs et la facilité avec laquelle, sous l'empire notamment d'un stupéfiant comme l'alcool qui décapite les sujets les mieux équilibrés, S. a pu se laisser aller sans contrôle suffisant ni retenue à l'acte sexuel anormal qu'il se reproche. — La mémoire subconsciente de cet acte réapparaît dans la conscience du sujet à certains moments comme une sorte de rumination. — Les mots soulignés l’ont été par moi,
Chez les comitiaux, l'écriture automatique correcte et sensée reste, au demeurant, assez exceptionnelle. Ce qui ne surprendra point : car l’acte en soi sollicite les élaborations les plus différenciée de la personnalité.
Actions délictueuses et criminelles
Nous n'avons eu en vue jusqu’à maintenant que des actions variablement complexes, reproduction plus ou moins parfaite de nos occupations normales. La perpétration d'actes répréhensibles pendant l'état second sera d'autant plus troublante qu'ils ne porteront pas forcément la marque de l’insanité et en imposeront pour des agissements lucides. Comme l’automatisme peut être la seule manifestation de la névrose comitiale, le diagnostic de ces formes masquées est un des plus délicats qu’aient à résoudre les experts.
L'absence peut, isolément, avoir des conséquences sérieuses : un veilleur, une sentinelle ne montent point leur garde ; un douanier laisse passer de l'huile em contrebande et se voit chargé de soupçons de complicité (Chantemessse et Widal), ete,
Quand le malade agit bizarrement, sans logique délictueuse, le: déséquilibre morbide saute aux yeux : tels ces acles saugrenus. dont le caractère ostentatoire et grotesque enlève tous doutes sur leur nature. Il en est le plus souvent de même des impulsions bénignes ou farouches qui font inculper les épileptiques du chef d’outrages aux autorités, ou à la POAGUES de vol, d'homicide.… etc.
Pourtant, le calme de certains, la réalisation d'intentions exprimées dans l’état antérieur, la logique apparente des me-
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