CHAPITRE PREMIER
Fréquence
© La scarlatine”est habituellement une affection bénigne et
= les complications y sont rares. Parmi elles, il en est une
qui passerait souvent inaperçue, si elle n’était décelée par des oscillations thermiques caractéristiques et par un examen clinique systématique.
En examinant les courbes de température de plus de 500 cas de scarlatine, on est frappé par ceci:
Si on élimine les formes malignes dès le début, qui se maintiennent assez longtemps à des températures élevées,
à moins que la terminaison faiale ne survienne, on remarque que la chute thermique est à peu près accomplie vers le quatrième ou cinquième jour ; la fièvre dépasse partois 40 degrés avec rémission matinale, puis décroit rapidement pour faire place à une apyrexie définitive.
Mais souvent la défervescence est arrêtée par une nouvelle poussée fébrile ou bien plus souvent encore, alors qu’elle s’est complètement effectuée, on constate une nouvelle courbe ascensionnelle entre le huitième etle douzième jour.
À quoi correspond cette anomalie dans la feuille de température ? On recherche l’angine, le rhumatisme, l'otite, la néphrite, les complications pulmonaires ou autres et on ne trouve rien de semblable,
Or l'observation nous a montré des cas analogues où une grosse adénite menaçant suppuration a été la seule complication concomitante. Nous en sommes arrivé à penser que toutes ces poussées fébriles ne correspondant à aucune autre complication appréciable viscérale ou pharyngienne, doivent être attribuées à une seule cause: l'adénite. Notre hypothèse a été confirmée entièrement par la suite de nos observations.
Cette encoche se rencontre sur nos courbes dans 25 0/0 des scarlatines observées.
Il est bien évident que ces chiffres ont été établis sans tenir compte aussi bien des cas où l’angine du début subsiste encore, que de ceux où surviennent des complications angineuses vraies ou des amygdalites phlegmoneuses s’accompagnant d'adénite. Ces accidents constituent d’autres complications de la scarlatine, différentes de celles que
nous étudions ici, qui est caractérisée par des phénomènes d’adénite aigue simple, sans manifestation pharyngée, avec absence le plus généralement de rhumatisme, néphrite, otite ou autre complication.
M. Aubert CE