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OBSERVATION III

Adéno-phlegmon aigu de la joue gauche. — Incision. — Guérison. se

Au mois de juillet 1886, M. Poncet fut..appelé auprès de M": L. T.., âgée de 37 ans, qui était atteinte d’une inflammation aiguë de la joue gauche.

La peau était rouge, tendue, douloureuse. Le gonflement considérable, l'œdème des paupières entraînait l’occlusion complète de l'œil. A PEU vue, On pouvait croire à un érysipèle.

L’affection avait débuté, ï y avait six jours, à la suite d’un coup de froid (voyage en chemin de fer, la fenêtre ouverte).

Dans la nuit qui suivit, la malade eut un frisson, en même temps la joue devenait douloureuse, tendue. Depuis lors, les - accidents locaux se sont aggravés.

Antérieurement, pas de dent malade, rien du côté des maxillaires.

L'examen minutieux révèle l'intégrité de ces divers organes.

. La malade a de la peine à ouvrir la bouche, mais on se rend très bien compte que l’ubstacle est d’origine jugale.

M. Poncet qui, à cette époque, n’avait pas encore découvert les ganglions géniens, ne put, au point de vue pathogénique, déterminer le point de départ de ce phlegmon.

Depuis que l’existence de ce ganglion lui a été révélée, il ne met pas aujourd'hui en doute le point de départ de ces accidents phlegmoneux dans une adénité aiguë de la joue.

L’abcès, qui faisait saillie sousla peau, fut incisé en dehors du voisinage de la commissure. Il n'eut, du reste, pas été possible de l’aborder par la voie buccale.

Les suites furent très simples. Vingt jours après, la malade était complètement guérie.

À cette époque, un nouvel examen des dents, du maxillaire ne révèle du côté correspondant au phlegmon, aucune lésion inflammatoire capable de l'expliquer.

FT

Adénites chroniques de la joue.

Étiologie.

Les adénites chroniques de la joue présentent une grande analogie avec celles des autres régions. Dans presque tous les cas, on les rencontre chez des sujets en puissance de tuberculose, ou plus exactement dans cette catégorie d'individus que l’on désignait autrefois sous le nom de scrofuleux. La coïncidence de cette adénite buccale avec d'autres manifestations tuberculeuses est extrêmement fréquente ; les antécédents héréditaires ou personnels du sujet révèlent presque toujours quelqu’une des affections rangées dans le cadre de la tuberculose. Tantôt ce sont le père ou la mère du malade qui ont été enlevés par des péritonites tuberculeuses, ou qui ont succombé à la phtisie pulmonaire, tantôt ce sont des frères morts en

ART bas âge de méningite tuberculeuse. Chezles sujets porteurs de ces adénites, nous ne relevons pas d’attemte grave du côté des voies respiratoires; la plupart du temps, c’est à des formes de tuberculose atténuées que nous avons affaire. Il semble que les éruptions impétigineuses, que les otites purulentes, qüeles conjonctivites à répétition auxquelles cesmalades étaientsuüjets dans leur enfance, les aient rendus réfractaires à la tuberculose si redoutable des séreuses, que les stigmates de strumes qu'ils présentent dans certaines régions ganglionnaires les mettent souvent à l'abri des complications pulmonaires. Dans beaucoup de circonstances, il nous a été donné d'examiner des sujets qui présentent des engorgementsganglionnaires chroniques des régions cervicales ou axillaires, et malgré un examen attentif, malgré un interrogatoire détaillé, il était très fréquent de ne pas découvrir d'autre lésion tuberculeuse.

Les auteurs qui ont étudié l’étiologie des adénites en général s'accordent pour reconnaitre une prédominance marquée de cette affection dans le sexe féminin. Il semble au contraire résulter de nos observations que les adénites des joues se rencontrent avec une égale fréquence dans l’un et l’autre sexe. Mais notre statistique porte sur un nombre de cas trop restreint pour nous permettre de porter à ce sujet un jugement formel. Nous ne comprendrions pas d’ailleurs pourquoi les ganglions buccaux pourraient échapper à la règle commune, et il est plus logique, en raison surtout de la coïncidence habituelle des adénites tuberculeuses de la joue avec celles des régions

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