‹ Des Adénites de la Joue Adénites GéniennesChapitre 20 sur 27 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

(Due à l’obligeance de M, le Dr Rondet, de Neuville-sur-Saône.) Mono-adénite de la joue gauche.

Me C....., 26 ans, épicière. Obésité précoce. Quatre enfants d'apparence lymphatique; l’un d’eux est affecté de paralysie infantile.

Son père depuis 25 ans a eu à diverses reprises des hémoptysies. Deux pneumonies du sommet. Craquements au sommet droit. Cependant, grâce à une hygiène excellente, son état général se maintient bon.

Mb. a eu dès son enfance des adénites cervicales indolentes. Depuis l’âge de 10 ans, elle présentait dans la joue gauche une petite tumeur indolente du volume d’une cerise.

Au mois de septembre 1883, cette tumeur devint douloureuse et augmenta de volume. Elle avait alors la grosseur d’une petite amande. Elle était située dans l’épais-

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seur de la joue, au niveau de l’angle du maxillaire inférieur. Quand la bouche était fermée, la tumeur, refoulée en dehors par les arcades dentaires, faisait sous la peau une saillie disgracieuse.

Sans adhérences avec la peau et la muqueuse, elle jouissait d’une grande mobilité. Elle pouvait être refoulée contre l'angle de la mâchoire. Tirée en avant, elle s’éloignait de ? centimètres de cet angle, auquel elle paraissait H£ee par un tractus fibreux qui en limitait la course.

7 octobre 1883.— Incision perpendiculaire de la muqueuse de la joue dans une étendue de 3 centimètres ; puis ouverture d’une coque fibreuse, qui contient la tumeur qu’on énuclée avec le doigt. On a affaire à un ganglion lymphatique du volume d’une amande.

L'examen histologique en est pratiqué par M. le profes-

seur Poncet.

1: août 1884. — M. le D' Rondet ouvre un abcès froid de la grande lèvre droite, du volume d’un œuf de pigeon.

En 1890, M. le professeur agrégé Chandelux est appelé auprès de cette malade pour lui enlever un ganglion strumeux sous-maxillaire, du côté gauche, du même côté que le ganglion de la joue enlevé en 1883.

. ERVATION VIII

(Recueillie dans le service de M. le professeur agrégé A. Polllosson, suppléé par M. le professeur agrégé Jaboulay.)

Biadénite de la joue droite.

Joseph M..….., apprêteur, 20 ans ; entré, le 26 mai 1892 dans le service de M. le professeur agrégé Auguste Pollosson.

Père bien portant. Mère morte de maladie inconnue, à 45 ans; était porteuse de ganglions suppurés au cou, dans l’aisselle et aux jambes. Un frère et deux sœurs bien portants (pas d’adénites). N’a pas perdu de frères. Rien d’intéressant du côté des collatéraux.

- Étant enfant, le malade a eu une otite suppurée. Plus tard impétigo de cuir chevelu et conjonctivites,

À l’âge de 12 ans, apparition de ganglions sous-maxillaires qui acquièrent le volume de grosses noix.et aboutissent à la suppuration. M. le D' Cordier, chirurgien de l’Antiquaille, dans le service de qui entre le malade, incise les ganglions, et prescrit le traitement générai.

Quelque temps après, dacryocystite et collection purulente qui fuse sous la paupière inférieure et dans le canal lacrymal. M. Cordier guérit cette nouvelle affection.

Presque en même temps, apparaissait du côté gauche, à égale distance du masséter et de la commissure labiale, un ganglion de la grosseur d’une noix. Ce dernier, qui était situé à la hauteur de la commissure labiale, passe vite à la suppuration ; il est incisé.

A l’âge de 13 ans, le malade, qui habitait Lyon, va se fixer à la campagne, où il reste jusqu’à l’âge de 18 ans. Là, toniques, huile de foie de morue; sur les régions sous- -maxillair es et carotidiennes, applications de teinture d’iode, COnBEeNR mercuriel.

À 17 ans, accroissement considérable des ganglions sousmaxillaires, et formation d’adénites dans les régions susclaviculaires et axillaires.

A 18 ans, le malade, inquiet du développement rapide de ces adénites, se présente dans le service de M. Cordier, où pas d'opération. On donne au malade le conseil de retourner à la campagne, et de continuer son traitement localgénéral.

Etat stationnaire des ganglions pendant deux ans. Lé malade reste pendant six ou huit mois à l'hôpital de Bourges en qualité d’infirmier.

À 19 ans, chancre mou, provoque bubon suppuré.

État actuel.— o moyenne. Tempérament lymphatique. Troubles digestifs. Quelques bronchites dans les antécédents. Pas de ganglions inguinaux. Petits ganglions épitrochléens. Ganglions dans le creux axillaire, dans les régions sous et sus-claviculaires, dans les ne carotidiennes.

Du côté gauche, ganglions sous-maxillaires volumineux, ganglion préauriculaire ayant la forme d’un noyau de date. De ce côté, cicatrice de ? centimètres environ répondant au

po

ganglion que le jeune homme avait dans la joue à l’âge de 13 ans. Cette cicatrice est située sur la ligne commissurale prolongée horizontalement. A ce niveau, point de barbe; la peau a un aspect rosé et lisse.

Du côté droit, ganglions sous-maxillaires et parotidiens font une tuméfaction considérable. Au niveau de l’arcade dentaire du maxillaire inférieur, et près de la faciale, deux petites tumeurs résistantes, et roulant sous le doigt. Ces tumeurs, dout le malade ignorait l'existence, n’ont amené aucune modification du côté de la peau. Pas de dents cariées de ce côté.

2 juin 1892. — M. le professeur agrégé Jaboulay pratique l’extirpation de ces petites tumeurs. L'une d’elles a la forme

d’une grosse lentille, l’autre ressemble à un grain de maïs ;

toutes deux ont une coloration rosée. L’examen histologique pratiqué par M. le D' Lacroix, préparateur d'anatomie générale et d'histologie, révèle dans ces tumeurs du tissu ganglionnaire.

OBSERVATION IX (Prise dans le service de M, le professeur Poncet.) Polyadénite cervico-faciale.

Barthélemy M..., 16 ans, verrier: entré à l'Hôtel-Dien en mai 1892 dans le service de M. le professeur Poncet.

Père âgé de 65 ans, sujet à bronchites, porteur d’une tumeur blanche du genou droit (?)

Mère, 64 ans, bien portante. Quatre frères en bonne santé ; le malade n’a pas perdu de frères.

Vers l’âge de 3 ans, le malade a eu de nombreuses conjonctivites. Jamais d’autres maladies ; à l’âge de 7 ans, adénite axillaire suppurée et incisée.

À l’âge de 12 ans, le malade entre comme manœuvre dans une verrerie; son rôle consistait à chauffer certains fours, il s’occupait en même temps de l'ouverture et de la fermeture de ces derniers. À peine vêtu, il s’exposait ainsi à des températures excessivement élevées.

Il y a trois ans, se développe du côté droit une tuméfaction qui, aprèsavoir pris naissance dans le cou, gagne la loge parotidienne et la joue. Le développement est très lent, progressif, et n’occasionne aucune douleur au malade. Pas d’inflammation.

L’état général n’estenrien modifié, et M... peut continuer son travail. À en

État actuel. — L'état général semble bon; l’auscultation du poumon ne révèle aucun signe de tuberculose; pas d’adénopathies axillaires ou inguinales.

F16. 3: — Adénite génienne sous orbitaire,

Du côté droit, on remarque une tuméfaction énorme qui a pour limite supérieure une ligne réunissant le lobule de l'oreille à la commissure droite, et pour limite inférieure,

une ligne horizontale qui passerait par le milieu du cou. Cette tuméfaction s’étend de la région parotidienne à la region sus-hyoïdienne.

À ce niveau, la peau, comme distendue par une tête fœtale, ne présente aucune coloration anormale.

Le toucher révèle, dans les régions carotidiennes, sousmaxillaires, sus-hyoïdiennes, jugales et parotidiennes, une série de petites tumeurs séparables les unes des autres. Ces dernières ont une consistance à peu près égale ; sensation élastique, pas de fluctuation ni de ramollissement.

Plus haut, en avant du tragus, le ganglion préauriculaire estpris; plus bas, dans la région sus-claviculaire, nous trouvons quelques ganglions aplatis.

Du côté de la cavité buccale, bonne dentition, muqueuses gingivale et buccale non altérées.

Dans l’épaisseur de la joue droite, un peu au-dessous de la ligne commissurale, trois petits ganglions indurés, du volume d’une noisette, unis intimement les uns aux autres : deux d’entre eux semblent siéger au-dessus de l'aponéyrose du buccinateur ; le troisième, proéminent à l’intérieur de la bouche, doit plutôt être Éous ahoncmotiques

Mai 1892. — M. le professeur Poncet pratique l’ablation de ces masses ganglionnaires. Décortication facile. Tous les ganglions ne sont pas enlevées; l’extirpation de ganglions antémassétérins ne présente rien de particulier.

Mai 1892. — B... quitte le service complètement guéri, après trois ou quatre pansements antiseptiques.

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