‹ Des Adénites GéniennesChapitre 30 sur 35 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

Adénophlegmon de la joue-gauche.

(Vigier, in Gazette hebd. de Méd. et Chirurgie, 1892.)

Il s’agit d'une enfant de deux ans et demi, jusque-là bien por-

tante, ne présentant aucune trace de strume, aucune lésion den-

taire.

Le 5 mars 1899, l’enfant, qui était sortie par un temps froid et humide, rentra avec la joue gauche un peu enflée. La tuméfaction siégeait surtout au niveau de la face externe gauche du maxillaire inférieur. M. Poncet fut appelé auprès de cette enfant le 8 mars, trois jours après le début de ces accidents.

La joue est gonflée, la peau est rouge, tendue ; le maximum de la tuméfaction occupe la face externe et le bord inférieur du

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maxillaire comme dans une ostéo-périostite d’origine dentaire. L'enfant ouvre la bouche facilement; l’exatnen le plus minutieux ne révèle aucune altération dentaire, aucune lésion de la muqueuse buccale. La pression sur les dents n’est pas douloureuse ; le sillon gingivo-labial correspondant est complètement libre.

L'enfant est un peu pâle. Ellé s’alimente mal depuis deux jours. Sommeil agité.

11 mars. La tuméfaction à augmenté et a {toujours son maximum au niveau de la face externe du maxillaire : elle remonte par diffusion du côté dé la partie supérieure de la joue. Peau rouge, violacée, lisse, tendue.

Anesthésie avec le chloroforme. Sur un point qui paraît nettement fluctuant et qui est le plus en saillie, incision de 5 à 6 millimètres, avec la pointe du bistouri. Issue d'une cuillerée à café d’un pus épais et phlegmoneux. Après l’opération, le stylet ne révèle aucune lésion osseuse, aucune altération dentaire.

13 mars. Diminution très appréciable de la tuméfaction inflammatoire. Amélioration considérable.

47 mars. Plus de trace de gonflement.

19 mars. La plaie est fermée par une croûte à laquelle on ne. touche pas. Il reste une légère induration à peine douloureuse. au toucher. 4

22 mars. Guérison complète.

Pour M. Poncet, on a affaire ici à un adéno- phlègmon 2 à départ ganelionnaire facial.

L'absence de toute légion alvéolaire et dentaire, le siège de l'inflammation, la guérison rapide, témoignent en faveur de ce diagnostic,

M. Poncet a, du reste, observé -plusieurs fois des adénites aiguës de cette forme chez'de très jeunes enfants ; elles occupaient, soit la région parotidienne, soit la région sous maxillaire.

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OBservarion VII Adénophlegmon. Forme infectieuse aiguë

(Albertin in Arch. provinciales de Chirurgie, 1895)

Le nommé G..., cultivateur, âgé de 42 ans rentre à l'Hôtel-

4 Dieu dans la clinique chirurgicale de M. le professeur Poncet,

- pour une tumeur inflammatoire de la joue gauche (le 22 juin 1894.)

Cet homme a toujours été bien portant, il n'est pas sujet aux angines et n’a jamais souffert des dents.

Interrogé, il ne peut fournir aucun renseignement valable

sur la maladie pour laquelle il entre à l’'Hôtel-Dieu,

L’affection a débuté il y a quinze jours, sans herpès buccal, sans plaie ou ulcération cervicale d'aucun genre, par une dou-

… leur dans la joue gauche, en avant du masséter et au-dessous de la pommette correspondante. Le malade n’eut pas de frisson au début, mais un peu de malaise général.

Depuis lors, le gonflement s’est accru, envahissant la joue et produisant une tuméfaction diffuse, accentuée surtout, suivant une ligne unissant la commissure labiale au conduit auditif, La tuméfaction remonte, en haut, jusqu'aux paupières ; elle descend en bas, jusqu’au rebord du maxillaire inférieur. 4

L’aspect du visage est difforme et dans l’espèce caractéristique. Il semble bien que la lésion soit essentiellement génienne. La comniissure gauche de la bouche est entr'ouverte, les lèvres séparées, œdémateuses jusqu’à la ligne médiane. Ecoulement de salive au dehors. La peau est rouge, très tendue, pas de phlyctènes ; a la pression, douleur vive, résistante, profonde.

Le malade n’a pas souffert des dents ; mais depuis huit jours il présente du trismus, et l'exploration complète de la cavité

… buccale est impossible.

LAS 2e

I existe un certain degré de gingivite avec fuliginosités, La muqueuse buccale déborde entre les deux arcades dentaires ; elle est épaissie et blanchâtre. .

Pas de douleur dans la déglutition.

M. Poncet porte le diagnostic d’adénopheglmon génien aigü, et surses indications, son chef de clinique, le docteur : Burtillet, pratique l'opération nécessaire, Incision de 0,04 sur la région la plus tendue et suivant une ligne unissant la commissure au conduit auditif externe. Il s'écoule un quart de verre au moins, d’un pus épais, bien lié. Le doigt, introduit dans cette cavité, reconnaît que la paroi interne de la poche est formée par la muqueuse buccale, doublée du muscle buccinateur. Du côté de la muqueuse, on ne trouve aucune ulcération, aucune fistule, en rapport avec la cavité de l’abcès, qui s'étend en avant du côté des lèvres, tandis qu'il est limité en arrière par le bord antérieur du masséter. Les maxillaires sont indemnes, l'exploration avec le doigt, avec un stylet, ne conduit sur aucun point osseux, malade ou dénudé.

Le diagnostic d’un adéno-phlegmon génien est donc conflrmé. |

Drainage, pansements à plat. Gargarisme boriqué, antisepsie de la cavité buccale. |

Les jours suivants, les phénomènes locaux s'étaient considérablement amendés, et G. quittait l'Hôtel-Dieu guéri, à la fin du mois de juillet.

OgsErvaTion VIII (résumée), Adénite double de la joue, érisypèle.

(In thèse, de Vigier, Lyon 1892). ‘

Frandine M..., quarante-six ans, ne préséntant rien de particulier dans ses antécédents, s'aperçoit, à la suite d’un érysipèle, de la présence d’une petite tumeur en avant du masséter

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… droit. Quelques jours après, apparition d’une deuxième tumeur … juste au-dessus de l'autre. Ces deux nodosités se développent » lentement, sans grande gêne fonctionnelle. Du côté gauche, en un point symétrique, se développe une tumeur analogue aux premières.

Rien du côté de l’arrière-bouche. La dentition est mauvaise. Du côté gauche, outre la présence du ganglion de la région massétérine, on constate dans les régions parotidienne et sous-

maxillaire de petits ganglions de la grosseur d’une datte.

Du côte droit, le ganglion inférieur qui est le premier en date fait fait saillie à l’intérieur de la bouche et semble adhérent à la muqueuse. À ce niveau la peau présente une coloration rouge. Ce ganglion estentouré d’une petite zône d'empâtement et sa consistance est moindre que celle du ganglion situé à quelques millimètres au-dessous. Il a suppuré et a été incisé.

Le ganglion supérieur a conservé la même consistance et le même volume.

Du côté gauche, les ganglions ont diminué considérablement. |

OBsERvATION IX

Adénite génienne commissurale consécutive à une pyodermite.

(In thèse, de Le Norcy, Paris 1903).

Augustine B..., 4 ans. Entrée à l'Hôtel-Dieu de Rennes salle Sainte-Eugénie, le 20 mai 1902, pour impétigo de la face et du cuir chevelu. ;

Antécédents héréditaires. Rien de particulier.

Antécédents personnels. Pas d’antécédents morbides, sinon quelques diarrhées. L'état général est satisfaisant ; pas de ganglions généralisés. L’alimentation se fait bien. Rien à l’appareil respiratoire, ni au cœur, ni aux reins. Pas de syphilis.

L'impétigo de face et du cuir chevelu guérit assez rapidement

sous l'influence de la coùpe des cheveux et de pansements humides purement suivis d'application de pommade à l’oxyde de zinc.

Seules: persistent au niveau des lèvres plusieurs plaques sans cesse écorchées par l'enfant, exulcérées, en particulier aux commissures, plus marquées du côté droit. Pendant de longnes semaines, la cicatrisation se fit attendre, les petites plaies furent le siège d'une infection suppurative permanente.

. Lorsque l’enfant entra à l'hôpital, elle présentait aux régions post-auriculaire, mastoïdienne et cervicale des ganglions non suppurés, isolés les uns des autres (complication banale en somme de toute affection du cuir chevelu chez l'enfant) siégeant à leur lieu et place habituels.

Les ganglions sous-maxillaires étaient légèrement engorgés, surtout à droite. Jusqu'ici. rien de particulier, lorsque nous assistämes à l'apparition d’un phénomène nouveau.

À un centimètre et demi de la commissure des lèvres, légèrement au-dessous d’une ligne allant de la commissure des lèvres au tragus, on vit apparaître un petit nodule qui, de la grosseur d’un pois, acquit bien vite le volume d’une petite noisette. ; |

Aucun signe du côté des dents, dont aucune ne présente la moindre trace de carie, pas de périostite, la pression sur les dents n’est pas douloureuse. Les gencives sont saines, pas le moindre signe de gingivite.

La petite tumeur prise entre les doigts, dont les uns sont introduits dans la cavité buccale et les autres en dehors de la dite cavité, roule aussi bien sous la muqueuse que sous la peau, et n'est, par conséquent, adhérente ni à l’une ni à l’autre. On a la sensation de quelque chose de nettement encapsulé, mais on n'a pas la sensation de fluctuation.

La tumeur qui, au début, à la simple inspection, ne révélait sa présence par aucun signe, soulève légèrement la peau. On perçoit au niveau de la tumeur, une petite élévation, puis la

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