‹ Des Adhérences Post-Opératoires Après La LaparotomieChapitre 26 sur 42 · DR. SES · texte numérisé non relu

DR. SES

notre opérée fatiguée. Cependant la température n’est pas élevée (37°), le pouls atteint bien, il est vrai, 115 pulsations,

mais il est ample et régulier et, comme la malade a rendu des gaz la veille et a eu, le matin même, une garde robe, nous ne

sommes pas inquiet. Dans la journée, après notre visite, elle eut plusieurs vomissements, rendit son lait et eut même un vomissement porracé. | Le 19, ce qui nous frappe en arrivant, c’est l’altération des traits, l'aspect grippé de la face. Nous apprenons que depuis sa selle de la veille, la malade n’a pas rendu de gaz. La température reste normale (37°), mais en même temps que le pouls a augmenté de fréquence (125) il a perdu en amplitude et régularité : ilest faible, mal frappé. Le ventre n’est pas ballonné, le palper n'est pas douloureux, sauf, peut-être, au

niveau du pédicule. Le toucher vaginal ne décèle ni tuméfac-

tion, ni douleur du côté des culs-de-sac.

La malade souffre cependant de douleurs et d coliques spontanées.

A partir de ce moment, il fut bien évident pour moi qu'il s'agissait là d'un cas d’occlusion intestinale.

Nous étions arrivés, en effet, au cinquième jour après l’opéralion ; avec la température restée normale, le pouls aurait dû

“être bon, la circulation intestinale rétablie et l’état général

satisfaisant. Il n'en était rien. Ajoutez à cela que la veille, la

malade avait eu des vomissements alimentaires et un vomisse-

ment bilieux verdâtre.

Nous fimes électriser les parois de l'abdomen en prévenant toutefois qu'on se tint prêt pour une intervention chirurgicale.

Le soir, à 5 heures, notre malade n’avait toujours pas rendu

de gaz ct présentait une température inférieure à celle du

matin (36°9). D'autre part, l'altération des traits était plus prononcée, le ventre ballonné dans la région sous-ombilicale.

L'’occlusion était évidente.

L'intervention ne fut pas différée plus longtemps. Après avoir été LRO avec beaucoup de ménagements, la malade est opérée à 6 heures.

L’anesthésie est complète. Sans nous altarder à enlever un

à un les points des trois plans de notre première suture, nous GR. enleyons un par étage; puis, guidant les ciseaux avec Île doigt introduit dans l abdomen, nous nidane les parois en un seul temps. | = Lorsque les parois abdominales furent ouvertes et écartées par mon aide, nous pûmes constater que le grand épiploon, attiré et étalé avec tant de sollicitude, lors de la première intervention, avait disparu, s'était rétracté ; de la cavité péritonéale, 1l sortit une cuillerée à café ou deux de liquide séreux ; les anses intestinales que nous avions sous les yeux étaient légèrement distendues, mais ne présentaient aucune trace d'inflammation. Au-dessous de ces anses distendues, nous en trouvâmes d’autres vides et aplaties, preuve indéniable qu'il s'agissait bien d’une occlusion intestinale.

En déroulant les anses intestinales nous éprouvâmes une légère résistance du côté du petit bassin ; après avoir exercé. une légère traction nous amenions bientôt, au milieu de notre inCision, une anse intestinale coudée en canon de fusil et présentant, près de son sommet, une sorte de champignon de matière fibrineuse, débris d’adhérences au niveau du pédicule cruenté. Près de ce sommet siégeait un étranglement demi-cireulaire assez serré, développé sur le bord libre de l’intestin.

Une fois l’anse libérée et dr bien constaté qu'elle ne présentait aucune lésion, aucune perte de substance de ses parois, nous faisons passer les gaz du bout supérieur dans le bout inférieur. L'intestin est remis en place, l’épiploon retrouvé est étalé à nouveau en avant de sa masse, puis nous refermons

be

l'abdomen par une suture à deux plans ile aussi rapide- S

ment que possible.

L'opération à duré en ou dix minutes environ : moins 46

“nn qu'il-n’en faut pour la décrire.

- Au sortir de cette nouvelle intervention, la malade était natu= à rellement assez affaiblie. À 8 heures du soir, sur notre conseil, Fa

notre interne Jui fit une injection intra-cellulaire d'environ

500 grammes de sérum artificiel. Dès 10 heures du soir elle

rendait spontanément quelques gaz.

Le lendemain matin, nous trouvons notre opérée avec un

facies quelque peu meilleur, mais encore grippé et une teinte

subictérique des conjonctives. Le ventre est souple. Nous pres-.

crivons un quart de verre de limonade purgative et nous con-

seillons une nouvelle injection de sérum, qui fut tarte dane

l'après-midi.

Le 21, l’état s'améliore, le pouls eo bon la malade a eu une garde-robe spontanée. La température ohte pen-

dant quelques heures à 38°5, mais retombe le lendemain à :

37 degrés matin et soir.

Aujourd'hui, notre malade est absolument remise de tous ces incidents et a repris la vie commune.

Ogservarion XXXI

(In thèse Naoumoff. — Montpellier, 1896)

Femme de trente-huit ans. Kyste de l'ovaire droit, avec quel-ques adhérences au péritoine pariétal. Petits kystes de l'ovaire

gauche. Double ovariotomie. Les pédicules liés sont abandonnés dans la cavité péritonéale.

Tout va bien pendant le premier septénaire. Les cinquième, sixième et septième jours qui suivirent l'opération, la malade eut une selle toutes les vingt-quatre heures. Pas de fièvre.

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