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Legueu (1) dit que « le diagnostic ne se ‘fait que par » exclusion. À la palpation, on ne trouve rien, mais lapersis- » tance en un point d'une douleur fixe se reproduisant » spontanément, se réveillant par la pression, doit éveiller 0» l'idée d'une adhérence et conduire à la ri, explora- ; » trice. A a
Au début de la nn done de après les opérations gynécologiques, on a invoqué à tout propos les troubles nerveux comme causes de douleurs persistantes et ce n'est qu ’avec l'asepsie et l’antisepsie actuelles diminuant les chances d'infection que l’on arrive à séparer ce qui appartient aux phénomènes nerveux ou au développement de tissus de néo-. formation. Certes, lé diagnostic à. faire avec la névrose est d'autant plus difficile, qué les malades qui nous occupent sont des femmes surexcitées par la souffrance, mais on peut penser É aux adhérences poste opératoires chez des femmes déjà laparo- . tomisées.
Mayo Robson, de Leeds (2), dit : « Un grand nombre de cas de douleurs abdominales intenses, souvent envisagées comme des névroses, sont dus à des adhérences qui déplacent et fixent dans une position vicieuse, soit l’appendice vermiforme, soit chez la femme les ovaires ou les trompes. Tous ces cas peuvent être guéris . une ane laparotomie sans aucune mutilation des viscères.
Hale White (3) relate une oo analogue à celle de Mayo Robson. Il s'agissait d’une malade alleinte de byphlite 1% laquelle guérit de cette affection par un traitement médical, mais dont les règles, quelques mois après, devinrent extrème- us
(1) Labadie-Lagrave et Legueu. — 7raité médico-chirurgical de
gynécologie, 1898. | F2 (2) Mayo Robson, loc. cit. | (3) Hale White, ibid.
ce
| LA Tee ment douloureuses. On en conclut qu’il existait des adhérences. “entre l’appendice vermiforme et l'ovaire, supposition qui fu pleinement vérifiée par la laparotomie. L’ablation de l'appendice et de lovaire adhérents, fut suivie de la disparition complète
de la dysménorrhée. : 0 |
Jænicke (1), de Breslau, a pu aie par un examen minutieux de l'abdomen, la présence d'adhérences intestinales disséminées dans les diverses parties de la cavité abdominale,
. “+ et cela chez la plupart des femmes de 20 à 40 ans (dans 60
ou 70 010 des cas). Ces reliquats de péritonites chroniques localisées provoquent des troubles de nature vague, considérés souvent et à tort comme étant d'origine hystérique. | « Lorsque les intestins sont vides, dit Jænicke, les adhé- » rences sont difficiles à percevoir et ne peuvent être cons- » tatées que par une main (très expérimentée, Mais, si le tube » digestif se trouve dans un état de réplétion moyenne, elles » peuvent être senties beaucoup plus distinetement sous forme » d’induration qu’on retrouve exactement à la même place à » chaque nouvel examen. Dans la plupart des cas (75 °/.), les » brides dont il s’agit proviennent de phlegmasies ayant eu les » organes génitaux pour point de départ. Dans les autres cas, » elles sont consécutives à des appendicites, à des coliques » hépatiques accompagnées d'irritation périlonéale, entin à » des ulcères de l'estomac ou du duodénum. Des médecins et. » des gynécologistes expérimentés ont pu se convaincre, après » plusieurs examens que nous avons pratiqués ensemble, de » l’existence de ce genre de péritonites chroniques localisées. » Ce diagnostic fut confirmé dans la suite par le succès d'un » traitement ad hoc ».
Riedel (2) considère que « le diagnostic présente, en géné-
(1) Jænicke. — Congrès de Rome, mars avril 1894. (2) Riedel. — Semaine médicale, 1894, page 515.
er
De nee
ral, de très grandes difficultés. Ce sont celles qui ont pour point de départ l’appendice, lequel peut être facilement reconnu à la palpation, du moins chez les personnes mai-
gres. Les adhérences provenant de la vésicule biliaire se manifestent par des douleurs dans l’hypocondre droit »
mais le diagnostic différenciel avec la cholélithiase est impossible. D'autre part, les adhérences de la vésicule peuvent être confondues, soit avec le foie syphilitique, soit avec des processus cicatriciels de la région du pylore. Dans la syphilis du foie, ce viscère n’est pas toujours augmenté de volume ; le malade accuse dans la région hépatique des douleurs vagues et, de temps en temps, des attaques douloureuses violentes, de sorte que, en l’absence de données
anamnestiques précises, le diagnostic n’est guère possible. Lorsque de la vésicule biliaire ou de l'appendice, le pro-.
cessus inflammatoire a gagné le côlon ascendant, le diagnostic est également difficile ou impossible ; des accès douloureux alternent alors avec une euphorie complète, à part la constipation qui est la règle dans ces cas. Souvent il existe du ballonnement et toute pression, même celle des vêtements sur le ventre, est une cause de malaises. Chez ces malades, de même que chez ceux qui ont des adhérences dans la région du côlon tranverse ou du côlon descendant, on se contente généralement du diagnostic de constipation chronique. On les traite par le massage, les bains, etc., jusqu'à ce qu'un jour une violente attaque de coliques ou de phénomènes d’obstruction viennent éclairer la situation ». Il résulte de ces considérations que le diagnostic sera loin être toujours fait
Pour ne dire qu'un mot du pronostie, nous émettrons l'avis
que l’adhérence, à elle seule, n’en comporte pas. Tout dépend de ses manifestations, de la douleur qu'elle provoque et des
troubles fonctionnels qu'elle fait naître. Ainsi, en voyant des
accidents aussi graves que l’occlusion intestinale survenus à la suite de brides intestinales, on pourrait penser que chaque fois qu'il y a des adhérences à l'intestin, et qu'on les peut constater, il faut émettre un pronostic sombre ; il n’en est rien. Roux de Lausanne (1) prétend que les adhérences intestinales peuvent disparaitre spontanément, même quand elles semblent
très solides, après un temps relativement faible et sans lais-
ser de traces, et l'opinion de cet auteur est basée sur un cas
d’iléus à récidives qu'il a opéré successivement trois fois. C'est aussi ce que prétend Nicaise (2) : « Certaines adhéren-
» Ces S amincissent, s'allongent, finissent par disparaitre peu
» à donc, ne pas trop se hâter d'intervenir chirurgicale-
» ment. :
En somme, le pronostic dépend de la Sianité des troubles occasionnés par les adhérences.
(1) Roux de Lausanne. — Mai 1895, Médecine moderne. (2) Nicaise. — Revue de Chirurgie, 1894.