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DIAGNOSTIC

travers le prépuce quand il y a phimosis; de plus, et surtout, il y aura dans l’aine une pléiade ganglionnaire caractéristique.

Vous aurez soin de ne pas confondre cette induration du chancre avec la dureté de follicules de l’urèthre enflammés, comme on en rencontre quelquefois dans la blennorrhagie; rappelez-vous donc ce caractère différentiel : le follicule est plus arrondi, ne donne aucunement la sensation du demi-pois de Hunier, et il n’est pas suivi de bubon. Je vous en dirai autant de la lymphite partielle, qui pourrait en imposer pour une induration chancreuse, mais j’y reviendrai plus tard à propos des complications de la blennorrhagie.

Le chancre uréthral, dont nous venons de faire le diagnostic, n’a pas été accepté par tout le monde. Ainsi, on a mis en doute la nature des ulcérations du canal de l’urèthre que M. Ricord a présentées il y a quelques années à l’Académie de médecine. Vidal et beaucoup d’autres ont soutenu que ces trois pièces anatomiques ne représentaient que des ulcérations tuberculeuses. Si on lit attentivement les observations qui ont été données, on peut bien reconnaître que pour un des cas le doute serait permis ; mais dans les deux autres l’inoculation a été faite pendant la vie, et elle a été positive; or, je ne sache pas que la matière tuberculeuse ait jamais fourni de chancres.

Et du reste on voit bien des chancres jusque dans

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la fosse naviculaire, pourquoi n’iraient-ils pas plus loin ?

M. Baumès ne s’explique pas qu’ils puissent pénétrer si profondément sans altérer l’entrée du canal. On peut lui répondre que le virus va bien infecter un ganglion de l’aine sans altérer le vaisseau lymphatique par lequel il a passé. Un phénomène semblable ne peut-il pas se produire dans les parois uréthrales?

Il est donc impossible de récuser l’existence des chancres du canal et de ne pas reconnaître qu’ils peuvent occuper tous les points de son étendue. Ce fait est prouvé non-seulement par l’étude clinique, mais encore par le résultat de l’anatomie pathologique.

Traitement. — Le traitement de la blennorrhagie est une des parties les plus importantes de son étude et doit surtout attirer votre attention.

L’exposé en est assez difficile, à cause de la variété des espèces, variété qui ne réside nullement dans la nature de la maladie, mais seulement dans l’intensité des symptômes.

|° prophylaxie. — Ainsi que dans les autres maladies, il y a des moyens préventifs. Il ne faut jamais les négliger, puisqu’ils sont d’une grande simplicité et néanmoins souvent très efficaces. Ils consistent tout bonnement en des soins de propreté, en lavages à l’eau simple ou à l’eau acidulée. Un moyen excellent, et qu’on

TRAITEMENT

peut recommander, c’est d’uriner immédiatement après le coït ; vous chassez ainsi d’arrière en avant tout le liquide irritant qui a pu s’introduire dans le canal pendant les rapports sexuels, et je vous prie de ne pas regarder cela comme un conseil vulgaire ; je suis intimement convaincu qu’il évite beaucoup d’accidents.

Mais ces précautions n’ont pas été prises, ou elles ont échoué, et la chaudepisse est bien établie. Quelle conduite devez-vous suivre?

Vous avez à voire disposition deux modes de traitement, l’un par lequel on prétend arrêter la maladie à son début, c’est le traitement abortif ; l’autre qui tend seulement à la modérer et à en empêcher, autant que possible, les complications, c’est le traitement palliatif ou curatif.

2° Traitement abortif. — Ce mode de traitement n’est pas nouveau, mais il a été préconisé surtout par MM. Burnett Lucas, Carmichaël, Serre (de Montpellier), Debeney et Ricord. Il se résume en ceci : dél mire un élément inflammatoire de nature spéciale pour lui en substituer un autre plus facile à guérir.

Ce sont surtout les injections que l’on a employées dans ce but. M. Debeney conseillait de faire tout de suite, quelle que fût l’intensité de la blennorrhagie, une injection excessivement caustique (h grammes de nitrate d’argent pour 30 grammes d’eau). M. Rieord, qui a

été très partisan do celte méthode, n’en donnait que 1 gramme pour 30. C’est encore là une injection très irritante et que beaucoup de malades n’osent même pas tenter.

J’ai soumis cette médication à l’expérience, il y a longues années, quand je remplaçais, ici, Yidal , comme chirurgien du bureau central. J’ai vu des accidents graves. Aussitôt que le liquide caustique a touché les parois uréthrales, une douleur épouvantable se manifeste, qui arrache des cris aux patients et provoque souvent la syncope ; puis un gonflement très rapide et énorme s’empare de la verge et même une hémorrhagie se déclare. Heureusement encore que l’injection ne parcourt pas toute l’étendue du canal, car on ne prévoit pas les désordres qu’elle amènerait. Voyez que de souffrances pour un résultat problématique. Je n’ai fait que trois injections suivant la méthode de M. Debeney, c’est-à-dire, les injections les plus caustiques, et j’ai eu des hémorrhagies à chaque fois. Ces hémorrhagies se produisent tantôt immédiatement, tantôt seulement le lendemain, ou bien quand l’eschare est détachée.

Ces accidents ne sont pas les seuls : on observe souvent aussi l’inflammation de la vessie et surtout celle du col, ce qui amène une strangurie des plus pénibles et souvent des rétentions d’urine. Enfin, on comprend qu’avec des moyens aussi violents, l’inflammation puisse se

TRAITEMENT

propager au tissu cellulaire de la verge et. former des abcès. M. Debeney nous cite, il est vrai, quelques cas heureux ; pour ma part, je n’en ai jamais vu et vous engage à ne pas y compter.

Les injections de M. Ricord, quoique moins fortes, déterminent quelquefois des complications tout aussi redoutables, et cet habile chirurgien a dû y renoncer lui-même.

Et du reste, remplit-on bien le but, dans la méthode abortive ? que se propose-t-on ? De substituer une inflammation à une autre. Très bien. Mais, pour réussir, quelle est la condition indispensable? C’est de toucher toutes les parties malades. Or, la chose est très difficile, sinon impossible à faire dans l’urèthre, parce que l’inflammation, môme dans les premiers temps de la blennorrhagie, peut occuper une partie déjà profonde du canal, et que l’injection ne va pas jusque-là. Il en résulte qu’il reste toujours un point de la première inflammation qui s’étendra de nouveau sur la partie cautérisée et reprendra bien vite son intensité primitive.

J’ai déjà fourni ces arguments à propos du traitement abortif de l’uréthrite chez la femme, dans un mémoire publié dans le Journal de chirurgie de M. Malgaigne (avril 18/|5, pag. 98), où je disais •. L’uréthrite chez la femme se guérit très facilement par la cautérisation, parce que, le canal étant moins long et renfermant moins de follicules que chez l’homme, si on a soin en

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outre de prendre un crayon assez gros pour effacer par distension tous les plis naturels de la muqueuse, on peut parcourir la surface entière de celle-ci, et par conséquent atteindre tout le mal. Et c’est tellement vrai, que dans les cas où cette méthode a été employée, on a vu des femmes rendre leur urèthre, c’est-à-dire une espèce de fausse membrane tubulée ayant la même longueur que le canal.

On conçoit qu’on ne puisse espérer un aussi bon résultat chez l’homme. C’est la même raison, comme vous le verrez, qui fait que le traitement abortif ne peut être appliqué à la vaginite ; car les replis du vagin sont tellement nombreux qu’il s’en trouve toujours quelquesuns qui échappent à la cautérisation.

Le but des injections abortives appliquées au traitement de la blennorrhagie de l’homme est donc manqué.

Aussi a-t-on cherché à tourner la difficulté en conseillant de cautériser avec le porte-caustique de Lallcmant. Comme on peut introduire celui-ci aussi loin qu’on le veut, on a pensé que, quelque éloignée que soit la partie enflammée du canal, elle ne pourra échapper à son action. Je veux bien l’admettre dans certains cas ; mais, si l’inflammation est réfugiée au fond des follicules, on ne peut avoir la prétention de la modifier avec un caustique solide, qui n’atteint que les orifices de ces follicules, et de l’intérieur de ces petits tubes glandulaires

TRAITEMENT

repartira l’inflammation par le même mécanisme que précédemment.

Les injections au chloroforme, préconisées aussi par un médecin de province, pour faire avorter la blennorrhagie, ne réussissent pas mieux que les autres.

Vous voyez, messieurs, qu’en résumé le traitement abortif par les injections ne fournit aucun résultat heureux, et que c’est en définitive une méthode qui promet infiniment plus qu’elle ne tient.

La méthode abortive mérite bien ce nom quand on l’applique au début d’une chaudepisse ; cependant M. Debeney et d’autres l’ont conseillée à toutes les périodes; ce serait alors une méthode perturbatrice, puisqu’ils l’appliquent non -seulement quand la blennorrhagie est indolente, mais même au milieu de la plus vive inflammation ; vous comprenez que je n’en suis pas plus partisan dans un cas que dans l’autre.

Traitement abortif par les balsamiques. — Mais il y a un autre traitement abortif, c’est le traitement interne, c'est-à-dire l’emploi des balsamiques à haute dose au début de la blennorrhagie. M. Ricord y soumettait ses malades en même temps qu’aux injections abortives, ce qui permet d’élever des doutes sur les résultats attribués à ces injections. Pour moi, je n’hésite pas à en rapporter le mérite aux balsamiques, qui ont de plus l’avantage de ne pas causer des douleurs atroces comme la cautérisation el qui en tous cas ne peuvent produire aucun accident.

Le traitement abortif interne est un bon moyen , mais il faut savoir l'appliquer, et voici les conseils que je pense devoir vous donner.

Toutes les fois que la chaudepisse datera de moins de huit jours, s’il y a peu de douleur et peu d’écoulement, administrez immédiatement le cubèbeetlecopahu à très hautes doses, 20 à 30 grammes de cubèbe, par exemple, et 15 à 20 grammes de copahu par jour ; vous réussirez souvent.

Si la chaudepisse est plus ancienne, si la douleur est très vive et que l’écoulement soit abondant et jauneverdâtre, laissez de coté les balsamiques; la maladie n’augmenterait pas, il est vrai; la douleur même quelquefois pourrait cesser , mais l’écoulement persisterait, et il arriverait un moment où les malades fatigués ne supporteraient plus le copahu. 11 faudrait le suspendre , alors l’inflammation , qui n’avait été que comprimée, ferait explosion et tout votre temps serait perdu .

Quand au bout de six à huit jours ce traitement n’a pas réussi, n’insistez donc pas. Je sais très bien que tout le monde ne partage pas celle manière de voir, et que quelques médecins donneront un conseil entièrement opposé, en vous engageant à continuer quand même les balsamiques, mais je les crois dans l’erreur, et comme je vous l’ai dit, ils ne font que brider le mal sans l’arrêter.

TRAITEMENT

Les balsamiques étant sagement employés, c’est-àdire dans les conditions que j’ai indiquées, au bout de quatre à cinq jours, l’écoulement s’amende, puis cesse. Gardez-vous néanmoins d’interrompre le traitement, le mal reprendrait tout de suite le dessus, seulement diminuez peu à peu les doses; de cette manière vous arriverez à une bonne guérison.

Ce traitement est quelquefois aidé d’injections, mais > non plus d’injections abortives. M. Ricord donne l’acétate de plomb et le sulfate de zinc de 1 à 2 grammes pour 200 d’eau ; d’autres emploient le nitrate d’argent à la dose de 5 à 10 centigrammes pour 30 grammes d’eau.

Ce n’est pas ma pratique ; je ne fais faire aucune injection, parce qu’elles ne signifient rien à cette période et qu'elles peuvent même entretenir un certain degré d’irritation.

3° 7 raitement curatif. — Que la maladie ait été traitée ou non, si l’inflammation est très grande, il n’y a pas à songer à la juguler.

Alors diverses indications se présentent.

11 faut d’abord un repos complet de l’organe et par conséquent s’abstenir de tout coït.

S il y a de la fièvre et un état général bien prononcé,

on peut recourir aux saignées. Mais il est rare que l’inflammation soit assez grave pour cela : ordinairement (die tombe facilement. Ce ne serait que dans les cas de

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complication de lymphiteavec inflammation très violente que l’on pourrait recourir à la saignée générale.

Les sangsues sont plus fréquemment en usage; elles soulagent le malade en faisant cesser la tension des parties et sont ainsi d’un grand secours. Elles s’appliquent en différents endroits. Quelques-uns les mettent sur le trajet de l’urèthre et au niveau de la fosse naviculaire; c’est une très mauvaise manière, elles déterminent de cette façon souvent de l’œdème, de l’inflammation, quelquefois même de l’érysipèle et la gangrène du fourreau.

Ces inconvénients ne sont plus à craindre dans les aines ; mais l’endroit le meilleur, incontestablement, pour leur application, c’estlepérinée. D’abord vous ne redoutez plus là ni l’œdème, ni la gangrène, et ensuite quand l’inflammation occupe le méat et la fosse naviculaire, vous obtenez une dérivation beaucoup plus efficace, et quand elle siège près du col de la vessie, vous agissez plus directement sur le mal.

Quelle que soit la région que vous adoptiez, il faut toujours en mettre un assez grand nombre à la fois, quinze à vingt, car, sans cela, vous feriez un appel de sang qui augmenterait encore l'engorgement. Une seule application en général suffit ; dans quelques cas cependant on est obligé de les renouveler.

La plupart du temps, on évite ces émissions sanguines et on se contente d’antiphlogistiques légers, tels que les

TRAITEMENT

boissons rafraîchissantes, émulsives, l eau de lin, le chiendent, tous les sirops acidulés que l’on donne en grande quantité, afin de faire uriner beaucoup. On a objecté à cette manière de faire que, les malades souffrant en urinant, c’était multiplier leurs douleurs que de les faire pisser souvent : c’est une erreur, car, en leur faisant absorber de l’eau dans de grandes proportions, on rend l’urine moins âcre et son passage à travers l’urèthre moins douloureux-, et si vous en voulez la preuve, comparez la miction pendant la journée et celle du matin -, vous verrez que cette dernière est très pénible ; cela tient à ce que l’urine est plus chargée de sels par suite de son séjour plus prolongé dans la vessie, séjour pendant lequel la partie liquide est absorbée, et c’est justement à cet inconvénient que remédient les boissons abondantes.

En ville, il est très difficile de faire prendre ces boissons, dont l’usage empêche de tenir secrète une maladie que l’on veut en général cacher. Conseillez alors simplement de l’eau sucrée, ou de l’eau édulcorée avec le sirop d’orgeat, de groseille, de cerise, de capillaire ou de gomme. Si même ces petits soins sont désagréables aux malades, ne les forcez pas; ils ne sont pas absolument indispensables.

Les bains entiers, peu chauds et prolongés, soulagent ordinairement, mais il est bon que vous sachiez que, par exception , quelques personnes s’en trouvent plus

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mal ; chez celles-là, il faut alors se contenter de bains locaux.

Je n’aime pas les bains de siège tièdes, toutes les lois qu’il n’y a pas de plaie à laver, car ils congestionnent le bassin. Les bains locaux émollients ont le même inconvénient sur la verge, ainsi que les cataplasmes, et je les rejette complètement. Je préfère à tout cela des lotions

froides, qui n’ont pas le désavantage de favoriser les

érections : je fais laver la verge avec de l’eau simple ou légèrement saturnée. Un état inflammatoire très prononcé n’est pas pour moi une contre-indication.

On a conseillé les injections calmantes avec l’eau de guimauve laudanisée ou une décoction de têtes de pavots. Je n’en suis pas grand partisan. La seule injection adoucissante que j’emploie est celle avec l’huile d’amandes douces, encore est-ce plutôt pour occuper le malade que dans le but de lui être utile. En général, gardez-vous des injections, quelles quelles soient, dans la période inflammatoire.

En même temps que vous donnez des émollients, entretenez la liberté du ventre, car les efforts de défécation peuvent causer des orchites.

L’élément douleur doit être aussi directement combattu. Différents moyens ont été proposés dans ce but : je vous ai déjà parlé des sangsues; vous avez vu que, dans certains cas, elles avaient leur utilité. Les cataplasmes, conseillés contre les érections souvent si

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insupportables, ne valent rien; loin de les calmer, ils les augmentent. Je les remplace par des compresses laudanisées ou imbibées d’huile camphrée, ou même, tout simplement, par de l’eau froide qui, comme je vous l’ai dit tout à l’heure, apaise la douleur en même temps qu’elle rend les érections plus rares.

A l’intérieur, comme calmant, vous avez en première ligne l’opium, puis le camphre. 11 est bon de les associer sous forme de pilules renfermant 2 à 5 centigrammes d’extrait d’opium et 10 à 20 centigrammes de camphre. Ces pilules calment toujours un peu, si elles n’enlèvent pas toute la douleur. Chez les gens dont l’estomac est susceptible, ces médicaments doivent être administrés en lavements, mais à plus fortes doses, 60 centigrammes de camphre par exemple : n’espérez pas cependant obtenir des résultats aussi certains que s’ils étaient pris par la bouche.

Oeil employait la jusquiame à la dose de 10 à 20 centigrammes, et Huntcr la belladone; quelques médecins suivent encore leur pratique.

Le nénuphar, sous ses différentes formes, telle que le sirop de nymphæa, est complètement abandonné aujourd’hui.

La digitale est un excellent sédatif : 5 à 10 grammes de teinture éthérée prise le soir soulagent beaucoup; j’ai eu à m’en louer dans plusieurs occasions.

11 y a une dizaine d’années, le lupulin avait

une

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grande vogue, comme, anaphrodisiaque, grâce aux travaux de M. Personne, qui en avait extrait un principe analogue au camphre. M. Debout est un de ceux qui l’ont le plus préconisé. On en donne de 1 à h grammes. J’en ai fait l’essai; il ne m’a jamais été d’aucun secours.

Il existe des procédés barbares que je ne ferai que vous signaler. Vous connaissez la pratique vulgaire qui consiste à rompre la corde, en frappant un vigoureux coup sur la verge; les malades en éprouvent, il est vrai, immédiatement du soulagement, parce qu’il se produit un écoulement de sang qui dégage momentanément les parties, mais elle expose aux épanchements sanguins et aux abcès urineux. 11 faut donc la combattre.

On a conseillé aussi, pour prévenir les érections, d’attacher la verge avec la cuisse ou de lier le prépuce au-devant du gland, afin de comprimer celui-ci. Dans ces cas, vous n’obtenez pas le résultat que vous cherchez, car ou l’érection détache le lien, ou il s’ensuit un étranglement considérable et toujours dangereux.

Un moyen bien simple pour calmer les érections et que cependant on néglige souvent, c’est de coucher sur un lit dur. Il réussit presque constamment.

En même temps que l’on emploiera les antiphlogistiques, on devra surveiller le régime; sans prescrire de diète absolue, on conseillera les viandes blanches, les légumes, et l’abstinence de tous les excitants, café, thé, bière, mets épicés, alcooliques, etc.

TRAITEMENT

Le vin, pris en pclilc quantité et sulfisamment étendu d’eau, n’est pas nuisible, mais il faut éviter le vin blane.

Le suspensoir est recommandé journellement; je n’en repousse pas absolument l’emploi ; mais je crois qu’on a exagéré ses avantages. Il ne fait rien contre la douleur, et il n’est pas du tout démontré qu’il empêche jamais l’un des accidents les plus communs de la ehaudepisse, l’orchite. Sa valeur est donc moindre qu’on ne l’avait pensé.

Nous ne nous sommes occupé jusqu’à présent que de la période inflammatoire de la blennorrhagie. Au bout de quelque temps, quinze à vingt jours en général, quelquefois plus tard, les symptômes s’amendent; il faut alors abandonner les antiphlogistiques et agir plus directement, car, plus une blennorrhagie dure, plus elle expose aux accidents consécutifs. Dès qu’il n’y a plus de douleur ou au moins presque plus, cessez donc les boissons et les bains, et commencez l’administration du cubèbe et du copahu. 11 y a des circonstances cependant où il ne faut pas passer brusquement des émollients aux balsamiques. On fait prendre alors, pendant quelques jours, du sirop de Tolu ou du sirop de bourgeons de sapins du Nord, ou de l’eau édulcorée avec l’un de ces sirops. Niais, une lois que vous en serez aux balsamiques, allez tout de suite par doses fortes. Dans nos salles, nous prescrivons d’emblée 3 à h cuillerées à bouche de potion

de Cliopart. En ville, cetle potion est difficilement acceptée ; heureusement, il existe une préparation très utile et très commode, et qui la remplace avantageusement, les capsules au copahu, dont on prescrit aux malades 18 à 2/i par jour, en trois fois.

Mais, quelle que soit la forme sous laquelle vous administrerez le copahu, il faut le donner longtemps après les repas : ainsi, si ce sont des capsules, le malade en avalera 6 le matin à jeun, G dans la journée et 6 au moment du coucher. De cette façon, le copahu agira d’une manière incessante et troublera moins les digestions, ce que l’on ne peut espérer quand il est ingéré tout d’un coup en grande quantité.

Les lavements au copahu (80 à 50 grammes en émulsion) n’ont pas grande action; j’en dirai autant des capsules balsamiques introduites dans le rectum.

Rarement on administre le copahu pur, car il cause trop facilement des troubles digestifs (diarrhée, vomissements). On l’associe à l’opium, au ratanhia, au cachou ou à l’alun. Cependant, malgré ces précautions, il est des cas où il ne peut être supporté. On le remplace alors par le cubèbe dont les inconvénients sont moindres. La dose doit être plus forte que pour le copahu, 15 à 30 grammes, soit en capsules, soit en nature, délayé dans l’eau ou pris dans du pain azyme.

Autrefois on employait beaucoup les opiats, c’est la forme médicamenteuse le moins cher. Cette considéra-

TRYITEMENT.

lion seule nous la tait conseiller journellement a la consultation publique. Voici la formule de notre opiat :

Copahu 20 grammes.

Cubèbe 40 grammes.

Essence de menthe q. s.

On en prend de 20 à 30 grammes par jour dans du pain à chanter.

11 arrive quelquefois que le malade ne se trouve pas bien du cubèbe ou du copahu pris séparément ou mélangés ensemble ; dans ce cas, les deux substances peuvent encore être administrées concurremment, mais à la condition d’en alterner les prises : donnez, par exemple, 6 capsules de copahu le matin, 6 de cubèbe dans la journée et 6 de copalm le soir; le lendemain, commencez par le cubèbe, et ainsi de suite. Cette manière d’administrer les balsamiques, quelque simple qu’elle paraisse, me rend tous les jours de grands services et je vous la recommande toutes les fois qu’une chaudepisse sera rebelle au copahu ou au cubèbe donnés séparément.

Comment agissent le cubèbe et le copahu ? Est-ce par révulsion ou autrement ? Ils purgent assez fréquemment, c’est vrai ; mais cette action dérivative, quoique salutaire dans certains cas, est tout à fait accessoire. Leur véritable action consiste en une modification des urines qui acquièrent, sous leur influence, des propriétés particulières; et la preuve, c’est (pie, dans les vaginites oùl’urè-

(lire reste sain, les balsamiques rte donnent aucun résultat, et que, quand elles sont accompagnées d’uréthrite, on constate immédiatement leur action sur le conduit excréteur de la vessie. Une autre preuve se tire des blennorrhagies anales qui ne sont nullement modifiées par le copahu. Du reste, plusieurs observations curieuses confirment Faction des balsamiques sur l’uriné. M. Ricord a vu un malade atteint d’hypospadias traumatique et qui gagna une blennorrhagie. On lui donna le copahii , et voici ce qui arriva : la partie postérieure, la seule parcourue par F Urine, guérit, mais il fallut traiter par les injections la partie antérieure que l’Ufine n’avait pas traversée. M. Ricord a cité un cas encore plus curieux; il s’agit aussi d’un hypospadias, mais il différait de celui dont nous venons de parler, en ce qu’il pouvait se fermer en pliant la verge dans un certain sens, ce qui rétablissait la continuité du canal. Le malade prit une chaudepisse et le copahu fut administré, en engageant le malade à uriner par la fistule. La partie postérieure de l’urèthre guérit comme précédemment et l’écoulement continua eu avant. Üii fit alors fermer l’orifice accidentel de manière que l’urine passât dans la partie antérieure de l’urèthre, et celle-ci guérit à son tour.

Un fait qui a de l’analogie avec les précédents et qui peut s’en rapprocher, s’est, offert à mon observation. Je donnais des soins à un malade affecté de blennorrhagie

TRAITEMENT

L’écoulement persistant, malgré un traitement régulier, je fus amené à l’examiner attentivement et je découvris à l’entrée du méat une espèce de cul-de-sac que l’urine n’atteignait pas. Il était rouge, enflammé, et le siège d’une sécrétion purulente abondante. Je fus obligé d’agir directement sur lui au moyen d’injections, et tout s’arrêta.

On a voulu tirer parti de celle action des principes balsamiques sur l’urèthre et on a conseillé le copahu pur en injections. Tous les résultats ayant été négatifs, il fallut bien admettre que l’économie leur faisait subir une certaine modification, modification indispensable, mais que nous ne connaissons pas. C’est donc le copahu ainsi modifié qu’il fallait employer et non le copahu pur. M. Hardy s’est livré à des expériences dans ce sens. Il a donné le copahu à des femmes atteintes de vaginite, puis leur a fait faire avec leur propre urine des injections dans le vagin. Ces tenlatives ont été fréquemment couronnées de succès, mais la répugnance que manifestent souvent les malades l’a forcé à y renoncer.

Ainsi donc, les balsamiques sont les vrais spécifiques de la blennorrhagie, mais à la condition de les administrer par la bouche. Malheureusement, absorbés de celte manière, ils ont aussi des inconvénients : ils amènent du dégoût, de la diarrhée, des vomissements, et un grand désordre des fondions de l’estomac; enfin, on peut voir a la suite de leur administration une éruption cou-

DK LA BLENNORRHAGIE CHEZ l’ïIOMME.

vrir tout le corps. Cette éruption consiste en taches d’un rouge assez vif, occupant en général la face externe des membres et surmontée d’un petit point central, et parfois même d’une véritable vésicule. Les iden listes ont invoqué cette roséole pour assimiler la blennorrhagie à la syphilis. 11 n’y a cependant pas la moindre ressemblance entre ces deux manifestations cutanées. La roséole copahique est accompagnée de vives démangeaisons et disparaît quand on cesse le copahu. Ces caractères seuls suffisent pour la différencier de la vraie roséole.

Les inconvénients de ces balsamiques ont fait chercher d’autres moyens de guérir la chaudepisse. On a vanté la térébenthine à la dose de 2 à h grammes par jour; cette substance a fourni quelquefois de bons résultats, mais elle ne vaut pas le copahu et convient surtout dans les blennorrhagies chroniques. L’eau de goudron a été essayée à son tour, mais elle n’a pas grande valeur.

Les moyens empiriques, tels que les drastiques, la coloquinte et la gomme-gutte, jouissent d’une grande réputation parmi le peuple. Enfin, les militaires font souvent usage d’un remède qui leur est propre et qui consiste en un mélange de poudre à canon et d’eau-de-vie. Ce moyen n’est pas exempt de dangers et les résultats en sont très incertains. Les quelques bons effets qu’ils ont pu produire s’expliquent par l’action dérivative qu’ils ont amenée.

Moyens directs. — Quand la période aiguë de la ma-

TRAITEMENT

ladie est passée et que la douleur est calmée, arrivez aux lotions et aux bains rafraîchissants, donnez des douches froides sur la verge et les testicules, et, enfin, passez aux injections qui sont ici véritablement à leur place. J’ai déjà blâmé les médecins qui les conseillent en meme temps que les balsamiques. Je vous répète de nouveau de ne pas les imiter. Attendez toujours que l’action du copahu ou du cubèbc soit épuisée. C’est alors seulement que je fais faire deux injections par jour, une le matin et une le soir, avec :

Sulfate de zinc. 4 gramme.

Sous-acétate de plomb 1 gramme.

Eau 125 grammes.

ou avec :

Alun 2 à 4 grammes.

Eau 4 25 grammes.

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