OU
^ann’n 0,50 grammes.
Erlu 30 grammes.
Cette dernière injection, celle faite avec le vin surtout,
Vin rouge du Midi 40 à 50 grammes.
Eau de roses 100 grammes,
ti ou vent leur indication dans les écoulements très anciens.
L injection par excellence et qui a été le plus vantée, est celle au nitrate d’argent. C’était la seule que M. Kicord
7 II DR LA BLENNORRHAGIE CHEZ l’hOMME.
employât autrefois. Elle était composée de la façon suivante :
Nitrate d'argent 5 à 1 0 cenligr.
Eau 30 grammes.
Je crois qu’il ne faut l’employer qu’à une époque très éloignée du début de la chaudepisse, et même encore je préfère l’acétate de plomb.
Les injections au sous-nitrate de bismuth réussissent très bien. Cette substance agit comme corps isolant; 20 à 30 grammes dans 125 d’eau distillée, c’est-à-dire une forte dose, sont nécessaires, sans cela le dépôt qui se fait serait insuffisant pour isoler les surfaces.
Le chloroforme n’a pas plus de valeur que dans la méthode abortive, et il fait beaucoup souffrir.
L’iodure de fer peut rendre quelques services chez les individus à chairs molles.
Le sublimé a été préconisé par ceux qui croyaient la blennorrhagie syphilitique. Il exaspère l’inflammation et ne convient que dans les vieilles chaudepisses. Il m’a réussi quelquefois dans ces circonstances, à la dose de 0,05 pour 30 grammes d’eau.
Le perchlorure de fer compte aussi quelques succès, mais il détermine parfois une espèce d’exsudation couenneuse très désagréable. J’y ai renoncé.
Des objections nombreuses ont été faites aux injections;
traitement.
la plupart sont sans fondement, et l’expérience les a jugées. 11 est complètement injuste de leur attribuer la rétrocession do l’inflammation, et de vouloir mettre sur leur compte toute cystite ou orchite qui vient compliquer la blennorrhagie.
Je dirai plus, je suis intimement persuadé que, si elles pouvaient agir sur toute l’étendue de la partie malade, elles guériraient certainement.
C’èst pour éviter celte prétendue rétrocession que M* Langlebert a imaginé sa seringue à jet récurrent avec laquelle l’injection ne peut dépasser le point où se trouve l’extrémité profonde de la canule. De cette façon, dit-il, le liquide caustique ne va pas plus loin qu’on ne veut, et l’on ne craint pas de pousser en arrière l’inflammation. L’idée est ingénieuse, malheureusement elle ne remplit pas son but; car, ou l’injection atteint toute la partie enflammée, condition indispensable pour espérer un bon résultat, ou elle en laisse une partie, et alors le remède est imparfait. Or, précisément M. Langlebert n’a pas de moyen d’apprécier si la cautérisation a été complète; il ne sait pas si le bout de sa seringue s’arrête juste au niveau du mal, s’il le dépasse ou non; pour peu donc qu’il reste de l’inflammation, elle s’étendra rapidement dans le voisinage ; d’un autre côté, si M. Langlebert enfonce trop sa seringue, et s’il attaque une portion saine du canal, il aura à redouter ce qu’il appelle rétrocession, c’est-à-dire qu’il aura agrandi le champ
inflammatoire. La seringue à jet récurrent n’aurait d’avantage que dans les vieilles chaudepisses, entretenues par l’inflammation des follicules les plus postérieurs de l’urèthre, dont quelques-uns, comme on le sait, sont dirigés d’arrière en avant, et ne peuvent être atteints par les injections ordinaires.
Les rétrécissements de l’urèthre ont été aussi imputés aux injections, et l’on a soutenu qu’ils étaient plus .fréquents aujourd’hui qu’autrefois, grâce à l’emploi plus fréquent des injections. Je m’inscris en faux contre cette opinion. Les rétrécissements sont aujourd’hui mieux étudiés, mieux connus, voilà tout, et c’est ce qui a causé l’erreur et fait croire à leur plus grande fréquence.
Les injections, telles qu’on les fait maintenant, ne donnent pas de rétrécissement; bien loin de là, elles doivent les prévenir en arrêtant l’inflammation et l’empêchant de s’étendre au tissu cellulaire sous-muqueux. Je n’en dirai pas autant des injections abortives violentes qui peuvent amener la formation de tissu modulaire; heureusement on s’en sert peu. Enfin, si ces raisons ne suffisaient pas, la saine observation des faits convaincrait les plus incrédules, car il n’est pas de médecin qui n’ait vu de rétrécissement chez des individus qui n’avaient jamais fait usage d’injections.
Une dernière objection des plus puériles et que je vous cite seulement pour mémoire, est la suivante : on a
TRAITEMENT
prétendu que, les injections arrêtant l’écoulement, c était enfermer le loup clans la bergerie ; que, l’écoulement étant absolument nécessaire pour éviter la syphilis con stitutionnelle, ou pour en purger l’économie, dans le cas où la diathèse serait déjà établie, il ne fallait pas chercher à l’arrêter. Une telle opinion tombe d’ellemême, et je ne chercherai pas à la combattre; du reste je vous ai déjà fait ma profession de foi à cet égard.
Là se termine ce que j’avais à vous dire des injections, mais celles-ci ne constituent pas le seul remède local à opposer à la blennorrhagie. 11 en est d’autres qu’il nous reste à examiner.
La balanoposthite se guérit souvent par le simple isolement des surfaces; cela a donné l’idée de tenter un traitement analogue pour la blennorrhagie, et, dans ce but, on a imaginé d’introduire des mèches dans le canal, afin d’empêchcr le contact des parois uréthrales. Ce procédé est ingénieux et aurait pu produire d’excellents effets, mais l’application en est très difficile. M. Ricord, qui avait inventé un petit instrument spécial pour faciliter l’introduction de ces mèches, a du y renoncer. Les injections concentrées au sous -nitrate de bismuth remplissent le même but par le dépôt qu’elles occasionnent dans le canal.
Les mèches isolantes peuvent aussi être avantageusement remplacées par les bougies de cire ou de gomme. En les introduisant dans l’urèthre, on évite bien sûrement
le contact de la muqueuse avec elle-mêrne, muqueuse à laquelle on imprime en même temps une certaine modification ; c’est pourquoi ces bougies réussissent à merveille dans les blennorrhées. Je préfère les bougies de cire, parce qu’elles ne fatiguent pas le canal. On peut, du reste, ajouter à leur effet purement mécanique en les enduisant de différentes pommades résolutives (onguent mercuriel, iodure de potassium, pommade à la belladone ou au nitrate d’argent). De celte façon, on agit directement sur les follicules que l’on soumet ainsi à un véritable pansement interne et sur lesquels on peut encore agir plus directement, c’est-à-dire par compression, en employant de fortes bougies ; mais ee cathétérisme n’est pas toujours inoffensif; il agace, énerve quelquefois le patient et amène des cystites et des orchites; il est donc bon de prévenir le malade de la possibilité de cet accident.
Si la blennorrhagie a résisté à tous ces agents thérapeutiques, il en est un, la cautérisation directe, qui en triomphe assez souvent. Comme, dans la plupart des cas, la maladie est entretenue par un état fongueux du canal, on commence par en déterminer le siège avec une sonde à olive, puis on porte le caustique dans ce point; on modifie ainsi l’état du canal, et l’on peut espérer la guérison. Cette méthode est rarement en usage aujourd’hui; elle a cependant moins d’inconvénients que le traitement par les bougies laissées à demeure.
TRAITEMENT
Ces blennoniiécs tenaces ont été aussi combattues par les vésicatoires. B. Bell en était très partisan. Il les appliquait au périnée, afin d’agir plus sûrement sur les parties profondes de l’urèthre. Quelques-uns les mettent sur le canal même. Mais, en général, ne les appliquez pas sur la verge, ils ont le même inconvénient que les sangsues et pourraient déterminer la gangrène. Mcttez-les plutôt aux cuisses. Il est vrai qu’ils seront moins efficaces, mais au moins vous ne courrez aucun danger.
Hunier dit avoir guéri des blennorrhées en faisant passer un courant électrique à travers l’urèthre. Je n’ai jamais essayé ce moyen et ne connais personne autre qui s’en soit servi.
Les individus atteints de blennorrhée poussent souvent trop loin les précautions et s’abstiennent quelquefois complètement de femmes dans la crainte de lesf infecter. Dans ces cas-là, cependant, le coït modéré ne peut leur être nuisible, il faut même le leur conseiller ; car les érections fréquentes, occasionnées par la continence, fatiguent bien plus que le rapprochement sexuel, seulement vous aurez soin, bien entendu, d’attendre que l’écoulement ait perdu ses propriétés contagieuses.-
On rencontre quelquefois des blennorrhées qui résistent à toutes les médications que nous avons passées en revue; .c’est qu’en effet il n’y a pas de lésion locale, la
maladie est entretenue par un état général tout à fait analogue à celui qui engendre les flueurs blanches chez les femmes anémiques. On conçoit dès lors qu'il faille avoir recours aux reconstituants, et c’est le cas d’administrer le fer, l’iodure de potassium, l’iode, l’huile de foie de morue, et en un mot tous les composés iodés qui agissent non-seulement sur l’état général de l’individu, mais aussi directement sur les follicules. Les bains de mer, conseillés par Hunier, les bains froids, l’hydrothérapie, font merveille dans ces circonstances. Si le malade est dartreux et que sa blennorrhagie soit accompagnée d’un eczéma chronique des bourses, comme on le voit souvent, attaquez l’eczéma, c’est en le guérissant que vous tarirez l’écoulement uréthral.
Babington avait remarqué que les blennorrhées se rencontraient chez les individus à urine alcaline ou acide, et il avait attribue à cet état des urines la persistance de l’écoulement. 11 se trompait singulièrement, car il n’avait pas vu que ce suintement chronique était dû à la même influence que la modification des urines, et que c’était encore en agissant sur la constitution que l’on avait des chances de guérir.
J’ai relégué ici le traitement mercuriel, parce que je n’ai qu’un mot à en dire; ayant complètement séparé la chaudepisse de la syphilis, il en découle tout naturellement que je rejette le mercure. Mais tous ne partagent