‹ Des affections blennorrhagiquesChapitre 15 sur 25 · A UT II RITE B LENN 0 R U H AG1QUE · texte numérisé non relu

A UT II RITE B LENN 0 R U H AG1QUE

envahit les petites, c’est presque toujours consécutive ment aux grandes, et non pas d '«emblée.

Toutes ces articulations, petites ou grandes, peuvent être prises successivement ou plusieurs a la fois, les deux genoux ensemble, par exemple, ou un genou et un coude, ou encore un genou et les articulations phalangiennes.

11 est donc encore inexact de dire qu’un des signes pathognomoniques de l’arthrite blennorrhagique, c’est qu’elle n’occupe jamais qu’une seule jointure à la fois, et je n’hésite même pas à avancer qu’au lieu d’être la règle, c’est l’exception.

Le retentissement blennorrhagique n’a pas lieu seulement sur les articulations, comme le mot arthrite semble l’indiquer ; mais il se fait aussi sentir sur d’autres membranes de nature séreuse. Ainsi Brand a cité des cas de gonflement des gaines tendineuses; j’en ai vu également; M. Rieord et beaucoup d’autres auteurs en ont signalé des exemples. Le premier fait qu’il m’ait été donné d’observer, c’était sur un malade qui, atteint de blennorrhagie, était venu en même temps me consulter pour une douleur dans le pied. J’examinai l’articulation tibiotarsienne, je la lis jouer sans aucune douleur, et ce n’est qu’en pressant sur la gaine des péroniers latéraux que celle-ci se manifesta; je pus alors très bien constater que le gonflement était limité à la coulisse tendineuse de ces muscles. J’ai depuis rencontré des épanchements séreux dans la gaine des tibiaux et aussi dans celle des

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radiaux cl des extenseurs du pouce, ce qui constitue une variété d’aï qu’il faut connaître. Un jour, un imprimeur vint me consulter pour un gonflement de cette espèce; sa profession, une de celles où l’aï se voit le plus souvent, semblait une explication de prime abord satisfaisante ; mais je remarquai bientôt que l’aï était à la main gauche, bien que le malade ne fût pas gaucher; j’appris aussi qu’il n’avait jamais occupé les gaines du pouce droit, ce qui eût été nécessaire si la profession en eût été la cause. Enfin ce jeune homme, m’affirmant n’avoir jamais eu de rhumatisme et me déclarant en dernier lieu qu’il avait la chaudepisse, je n’hésitai pas à rapporter tout à celle-ci.

Après les articulations, les gaines tendineuses ne sont pas encore les seules synoviales sur lesquelles l’influence de la blennorrhagie peut s’exercer; les bourses normales ou accidentelles n’en sont pas à l’abri, et c’est de cette façon que s’explique cette douleur de la région calcanéenne signalée en passant par Swediaur, notée aussi par MM. Rollet et Gibert, et que M. Foucart ne pouvait comprendre. M. Ricord cite l’inflammation de la bourse séreuse placée en avant du tendon d Achille, derrière le calcanéum ; j’ai vu celle de la bourse séreuse qui correspond à l’acromion , et celle de la bourse séreuse placée au devant de la rotule.

Ainsi, en résumé, la blennorrhagie peut étendre ses effets sur toutes les articulations, grandes et petites,

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sur toutes les gaines tendineuses et même sur les bourses séreuses, tant normales qu’accidentelles. 11 n’y a jusqu à présent que les séreuses splanchniques, comme les plèvres, le péricarde et l’endocarde, le péritoine et l’arachnoïde, qui paraissent faire exception. Encore M. Ricord dit-il avoir observé des péricardites et des endocardites, comme dans le rhumatisme ordinaire. Ces complicalions-là, je le sais, ont été rejetées par la plupart des auteurs. Pour mon compte, je ne veux pas nier absolument qu’on puisse les rattacher à la blennorrhagie, et, sans être aussi exclusif, je dirai seulement que je n’en ai jamais rencontré.

Sexe. — Maintenant, messieurs, j’aborde une autre question : l’arthrite blennorrhagïque s’observe-t-elle chez la femme ? Non, vous répond M. Rollet, qui en fait une maladie spéciale à l’homme, et qui puise dans cette circonstance un nouveau signe distinctif d’avec le rhumatisme, commun aux deux sexes. Je puis vous affirmer, messieurs, tout le contraire : l’arthrite blennorrhagique existe aussi bien chez la femme que chez, l’homme; il y en a des exemples très authentiques ; seulement il est juste de dire qu’elle est infiniment plus fréquente chez ce dernier. M. Cloquet’, qui l’admet dans les deux sexes, avait pensé que chez la femme elle attaquait de préférence l’articulation coxo-fémorale; personne depuis ri’a signalé cette particularité.

Pendant mon séjour à l’hôpital de Lourcine, j’ai observé trois lois l’arthrite blennorrhagique chez la femme : dans un cas c’était le genou qui était pris, dans un autre c’était le poignet, dans un troisième c’était l’articulation sterno-claviculaire. Les deux premières observations ne peuvent faire pour moi l’objet d’un doute quant à la nature de l’arthrite. Ces deux femmes n’avaient jamais eu jusque-là la moindre atteinte de rhumatisme. Je ne serai pas aussi affirmatif pour la troisième, qui paraissait avoir eu antécédemment quelques atteintes d’arthrite rhumatismale, et dans ce cas, je le reconnais volontiers, il a pu n’y avoir que coïncidence d’une attaque de rhumatisme pendant l’existence d’une blennorrhagie. M. Richet, qui, pendant trois ans, a été mon collègue dans le même hôpital, a eu à traiter une arthrite du genou qu’il n’hésita pas à rattacher à une blennorrhagie pour laquelle la malade se trouvait dans ses salles.

Néanmoins il faut que cette maladie soit rare chez la femme, pour que dans l’espace de douze ans, dans un hôpital comme celui de Lourcine, on ne l’ait observée que quatre fois. Mais les deux premiers cas qui se sont présentés à moi étaient tellement nets, qu’il n’y avait pas de doute possible à émettre, et ce que je tiens beaucoup à vous faire remarquer, c’est que chez mes trois malades il existait une uréthrite en même temps qu’une vaginite. Or vous devez pressentir combien il est regrettable que

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