‹ Des affections blennorrhagiquesChapitre 2 sur 25 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

D’une manière générale, on peut dire que la blennorrhagie est caractérisée par l’inflammation de la surface interne du canal de l’urèthre, avec écoulement purulent par le méat, et douleur plus ou moins vive au passage de l’urine.

On l’a appelée longtemps gonorrhée , et ce nom est même encore assez répandu, bien qu’il donne une fausse idée de sa nature, puisqu’il est tiré des mots grecs, yovvj, semence , et peu, je coule. Cette dénomination est plus spécialement employée par ceux qui la confondent avec la vérole (gonorrhœa virulenta , maligna).

Les Anglais la désignent sous le nom de clap , du vieux mot français clapier, pour indiquer les mauvais lieux où on la contractait.

Le vulgaire, qui ne cherche pas de périphrase pour exprimer sa pensée et qui la rend souvent par des images heureuses, l’appelle chaudepisse , à cause de la douleur

DE LA BLENNORRHAGIE CHEZ l’hOMME.

qui se fait sentir pendant la miction. C’est bien la dénomination la plus vraie. 11 varie quelquefois son langage et la nomme coulante , écliauffement, etc.

Le mot blennorrhagie , dénomination employée la première fois par Swédiaur, et que nous mettons en tête de ce chapitre, ne donne pas certainement une idée exacte de la maladie ; il signifie écoulement de mucus (fftewa, mucus, peco, je coule ); or, comme on le verra plus tard, l’inflammation [uréthrale s’accompagne d’une sécrétion véritablement purulente; nous le conserverons néanmoins, parce qu’il est généralement adopté.

Historique. — Avant d’aller plus loin , jetons un rapide coup d’œil sur les différentes phases que son histoire a dû parcourir pour arriver jusqu’à nous, et voyons comment la blennorrhagie a été considérée à diverses époques, soit avant, soit depuis l’épidémie du xv° siècle.

On l’a dit depuis longtemps, et il est encore bon de le répéter, la blennorrhagie est vieille comme le monde; c’est un fait incontestable et aujourd’hui presque universellement reconnu. Nous en trouvons la preuve dans les lois établies par Moïse et les conseils qu’il donne pour s’en préserver. En lisant les passages suivants du Lévi- ^we(chap.xv), on en aura la certitude, si l’on veut bien se rappeler que Moïse regardait la blennorrhagie comme un flux us seminis :

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