‹ Des affections blennorrhagiquesChapitre 5 sur 25 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

davantage; le méat est comme boursouflé; ses deux lèvres, gonflées, se renversent en dehors et quelquefois même s'ulcèrent par excès d’inflammation; elles laissent s’écouler, quand on les presse ou même sans cela, un liquide qui, d’abord blanc, devient jaunâtre, jaune-verdâtre et même tout à fait vert, c’est-à-dire que, primitivement muqueux, il passe ensuite à l’état de muco-pus, puis de véritable pus, en augmentant successivement de consistance. Ce liquide est quelquefois si abondant qu’on le voit tomber goutte à goutte. 11 tache la chemise du malade en jaune-clair, jaune-foncé, ou même en vert, suivant la période qu’a atteinte l’inflammation, et il empèse le linge presque à la façon du sperme. Quelquefois il est mélangé de stries sanguines, ainsi qu’on le constate dans les coryzas très violents; d’autres fois il est comme rouillé. Dans quelques circonstances, ce sont de véritables gouttes de sang; mais ces hémorrhagies sont assez rares dans la chaudepisse ordinaire et ne s’observent pas, en général, au début; elles coïncident habituellement avec la période d’acuité, et c’est plutôt un accident qu’un signe de la blennorrhagie.

La douleur suit la même marche que l’écoulement. D’abord peu vive, et limitée à la fosse naviculaire, elle gagne bientôt en profondeur tout en augmentant d’intensité, et elle finit par envahir toute l’étendue du canal;

ou bien elle abandonne atteindre la postérieure ;

sa portion antérieure pour mais, une fois l’écoulement

18 DE LA. BLENNORRHAGIE CHEZ l’hOMME.

bien établi, il est d’observation de la voir s’amoindrir.

Le périnée lui-même participe à l’inflammation ; il devient chaud et très sensible à la pression.

Mais c’est surtout pendant la miction que les douleurs se font sentir; elles se réveillent ou augmentent quand elles existaient déjà. Les malades les comparent le plus souvent à la sensation que produirait un fer rouge traversant le canal d’arrière en avant; elles sont souvent si pénibles qu’elles leur arrachent des plaintes, et qu’on en voit se priver de boire, alin de rendre plus rares les envies d’uriner.

Ces douleurs retentissent parfois dans tout le basventre et le haut des cuisses. C’est dans ces cas-là surtout que la marche est insupportable.

Le jet de l’urine est changé ; il est plus mince, ne sort plus droit, et s’éparpille; cela tient au boursouflement de la muqueuse; quand les douleurs sont très fortes, on voit même des malades s’efforcer de retenir la contraction de la vessie, pour qu’il passe le moins d’urine possible à la fois dans le canal.

Les érections sont fréquentes; tolérables au début, quand la blennorrhagie est à son summum, elles fatiguent beaucoup et font souffrir au point d’enlever le sommeil. Aussi arrive-t-il souvent que c’est le premier symptôme contre lequel les malades vous demandent du soulagement.

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