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Les deux chancres de gauche sont cicatrisés. L’ulcéra

nature de la blennorrhagie. 33

lion s’est encore légèrement améliorée; écoulement utérin transparent médiocre; à peine d’écoulement vaginal.

24. A. droite, et surtout à gauche, les cicatrices des chancres d’inoculation offrent des indurations d’un rouge foncé de 8 à 10 lignes de diamètre. Le col conserve toujours le même volume; l’ulcération est encore diminuée et n’a guère que 8 à 10 lignes dans sa plus grande étendue; il y a à peine de l’écoulement vaginal laiteux; l’écoulement utérin est toujours transparent. La malade demande à sortir.

Elle a pris sans inconvénient les pilules de proto-iodure jusqu’au 24. Les règles se sont montrées régulièrement toutes les trois semaines.

M. de Castelnau conclut de cette observation que la chaudepisse peut s’inoculer et infecter l’économie.

Voilà, messieurs, ce que l’on donne comme exemple de pus blennorrhagique ayant causé un chancre induré. Mais, si vous avez suivi attentivement cette observation, vous avez dû, j’en suis sûr, arriver à une conclusion toute contraire.

La description que fait M. de Castelnau de cette ulcération de la grande lèvre qu’il appelle plaque muqueuse, n’est-elle pas le meilleur type du chancre induré, et, quand je vous décrirai l’accident primitif chez la femme, je n aurai besoin que de vous citer textuellement ce passage pour vous en donner une idée exacte.

Quant a 1 ulcéré du col, il pouvait bien, lui aussi,

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cire un chancre. On sait, en effet, combien le diagnostic en est difficile sur celle région.

En outre, rien ne répugne à admettre que le pus des ulcérations de la grande lèvre, dont la nature pour nous n’est pas douteuse, ne se soit mélangé à celui qui venait du vagin.

Enfin, ne pourrais-je pas, pour combattre ce fait de M. de Castelnau, rappeler le mémoire de deux médecins de Saint-Lazare, MM. Boys de Loury et Coslilhes, dans lequel se trouve un grand nombre d’observations qui les a amenés à dire que, quand il y a un chancre sur le col utérin, il s’en trouve presque toujours aussi aux grandes ou aux petites lèvres , inoculations normales ou accidentelles dont j’ai eu moi-même des exemples, lorsque je dirigeais un service de femmes à Loureine.

Vous voyez, d’après cela, quel compte on peut tenir de la plupart des observations et des expériences indiquées pour prouver la prétendue identité.

. La clinique rétrospective n’est pas d’un plus grand secours pour la doctrine de Hunter. Bien des praticiens, qui s’en exagèrent l’importance, pensent arriver sûrement à la cause première des accidents qu’ils ont sous les yeux, en interrogeant les malades; or, vous savez quelle valeur il faut attacher à leur dire; voyez plutôt vous-même : les malades de l’hôpital Saint-Louis, par exemple, où l’on prétend être très bien placé pour

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constater le résultat des blennorrhagies, à quelques exceptions près, se présentent à vous longtemps après que l’accident primitif a disparu; la plupart ont eu et chancre et chaudepisse ; ils ont maintenant des accidents secondaires ou tertiaires ; vous les interrogez sur la cause de leur mal; qu’accuseront-ils? le plus souvent la chaudepisse, et il n’y a rien de plus naturel, car la blennorrhagie est une maladie sale et douloureuse, on ne l’oublie pas; un chancre, au contraire, surtout un chancre induré, cause peu ou pas de soulfrance, et les malades en perdent le souvenir, ou ne s’en aperçoivent même pas ; et il ne faut pas croire, messieurs, que ce soit chose rare de voir des chancres passer inaperçus. Il n’est guère de consultations publiques qui ne donnent la preuve de ce lait que nous observons, du reste, dans le monde. Ainsi, il n’y a pas quarante-huit heures qu’un jeune homme est venu dans mon cabinet ; il portait un chancre induré superbe, et il me soutenait qu’il n’avait qu’une chaudepisse. Combien aurais-je été trompé si je m’étais contenté de ses renseignements.

Un fait semblable m’a été récemment communiqué par M. Langlebert : il soignait un malade atteint de blennorrhagie, quand, au bout de quelques semaines, des accidents secondaires se manifestèrent; surpris au dernier point, il examina alors avec plus de soin qu’il ne 1 avait fait jusque-là et trouva un chancre que ni lui

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ni le malade n’avaient vu. Supposez que ce chancre ait passé inaperçu, et qu’il se soit cicatrisé à l’insu du malade, et voilà une observation de blennorrhagie virulente, pour laquelle on eût pu au besoin invoquer le témoignage de M. Langlebert.

Méfiez-vous donc toujours, messieurs, du dire des malades, en fait de vérole, et rappelez-vous ces paroles de Hunter, que l’ignorance et la mauvaise loi sont les causes les plus grandes de la difficulté de l’étude de la syphilis.

Les autres arguments des identistes n’ont pas une plus grande portée. Que pensent-ils prouver, en effet, en avançant que la blennorrhagie est contagieuse? Estoc que contagion et virulence sont synonymes? et de ce cju’une chaudepisse peut sè transmettre à un autre individu, cela démontre-t-il sa virulence?

Ils parlent d’incubation. La plupart du temps c’est une invention ou une erreur des malades. Vidal croyait à l’incubation comme signe diagnostique de la blennorrhagie virulente. Eh bien ! connaissez-vous la valeur des observations qu’il publia dans son livre, à l’appui de son opinion ? En voici une :

Un homme entre à l’hôpital pour une chaudepisse, affirmant qu’il n’avait pas vu de femme depuis trois mois. Ce long intervalle entre le coït infectant et l’apparition des symptômes fit diagnostiquer une blennorrhagie virulente. Malheureusement pour cette théorie, en pressant le malade de questions, il finit par avouer qu’il s’est fait

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quelques jours auparavant, sans nécessité, une in jection dans le canal de l’urèthre avec la seringue d’un de ses amis affecté lui-même de blennorrhagie. <

Que d’exemples je pourrais vous citer où ce n’est pas une canule de seringue, mais bien un coït suspect que les malades n’ont pas voulu avouer qui a été cause d’une contagion qu’on a fait remonter plus haut.

La chronicité ne signifie pas davantage. Quelles sont, en effet, les inflammations simples qui ne puissent devenir chroniques quand on ne les soigne pas? Il est donc impossible d’admettre que la chronicité soit un signe de 'syphilis, surtout quand il n’existe pas de symptômes concomitants.

Ils ont invoqué encore les complications de la gonorrhée, les bubons par exemple; mais d’abord eeux-ci sont rares, et puis ils ne ressemblent en rien à l’adénite spécifique.

L’orchite ! peut-on raisonnablement 'la comparer au testicule vénérien ? Dans une de nos prochaines leçons vous pourrez en juger. J’en dirai autant de l’arlhropathie et surtout des éruptions balsamiques. La première n’a pas la moindre analogie avec les accidents de la syphilis, et vous saurez plus tard que les secondes sont indépendantes de la blennorrhagie.

/V on-identistes . — Nous venons de passer en revue les arguments des partisans de l’identité. La plupart de ces arguments , les non-identistes, à la tête desquels

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marche B. Bell, contemporain de Hunter, auraient, pu aussi, dans beaucoup de cas, les invoquer; mais c’est principalement sur l’expérimentation et la clinique qu’ils se sont appuyés. Voyons donc s’ils sont inattaquables.

L’expérimentateur le plus distingué, celui qui a fait les inoculations sur la plus grande échelle, est M. Ricord. Ses expériences le conduisirent à celte conclusion, que la ehaudepisse simple ne s’inoculait jamais, etque toutes les fois qu’on obtenait un résultat positif, c’est qu’il existait dans le canal un chancre qui avait échappé à l’observation, et que, dans ses expériences, il a toujours pu déterminer.

Mais cette expérimentation, qui au premier abord paraissait jeter tant de lumière sur la question, a perdu considérablement de sa valeur depuis les travaux de M. Bassereau. Avant la publication de l’ouvrage de ce dernier, M. Ricord croyait que chancre et vérole étaient la même chose. Mais des observations très consciencieusement prises ont démontré à M. Bassereau que tous les chancres n’étaient pas de même nature, et il a cru voir que toutes les fois qu’il y avait des symptômes syphilitiques, ils avaient été précédés d’un chancre induré; que le chancre induré provenait toujours d’un autre chancre induré; que le chancre mou était toujours dû à un autre chancre mou et ne donnait jamais la vérole. A l’appui de ses assertions, M. Bassereau a fourni des considérations cliniques d’une grande valeur.

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M. Ricord a hésité longtemps à adopter ces idées et moi-même je les ai combattues, car j’ai vu, bien rarement il est vrai, mais enfin j’ai vu des chancres mous être suivis d’accidents constitutionnels. Ce fut en 1857 que M. Ricord se prononça, et il commença, vous le savez, sa clinique par ces mots :

L’homme absurde est celui qui ne change jamais.

Dans cette leçon, il admit entièrement les opinions de M. Rassereau qu’il revendiqua comme sortant de son école, et il insista surtout sur ce caractère différentiel des deux chancres, à savoir : que le chancre mou s’inoculait presque à perpétuité , tandis que le chancre induré ne s’inoculait presque jamais.

Que devient donc l’expérience par laquelle il a voulu nettement séparer la vérole, c’est-à-dire l’inoculation ? M. Ricord dit : Ce qui distingue la blennorrhagie virulente (chancre uréthral) de la blennorrhagie simple, c’est que la première peut s’inoculer ; et toutes les fois que l’inoculation est négative dans la chaudepisse, il n’y a pas vérole.

D’un autre côté, M. Ricord soutient que le chancre induré seul donne la syphilis, et ce chancre induré, suivant lui, ne s’inocule pas ou très rarement; le chancre mou seul jouit de cette propriété.

Donc, toutes les fois que vous tenterez une inoculation avec du pus blennorrhagique, si elle est, positive,

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vous devez conclure à la présence, dans le canal, d’un chancre mou, et par conséquent vous n’aurez pas à craindre d’accidents constitutionnels. Si l’inoculation est négative, cela ne prouvera pas le moins du monde qu’il n’y aura pas infection, le pus du chancre induré perdant très rapidement la propriété de s’inoculer.

Vous voyez donc bien, messieurs, que l’on doit rayer tout ce qui a été écrit sur l’inoculation, comme pouvant servir à différencier les deux espèces de blennorrhagie, ou au moins lui donner une autre signification, car, sans cela, celle qui serait la plus inoculable serait précisément la moins dangereuse.

Les seuls faits probants en faveur des non-identistes (et nous sommes du nombre) sont tirés de l’examen clinique. J’ai dit que la chaudepisse n’infecte pas l’économie, et nous en avons constamment la preuve au lit des malades : ils nous arrivent avec une blennorrhagie; nous les gardons dans nos salles plusieurs mois, et jamais nous n’avons vu apparaître le moindre symptôme de vérole constitutionnelle, toutes les fois qu’il n’y avait pas de chancre uréthral : reste à déterminer celui-ci, ce que nous tâcherons de faire en parlant du diagnostic.

Il est donc incontestable, pour nous, que la vérole et la chaudepisse sont deux maladies entièrement distinctes. Mais là ne s’arrête pas la solution de la question. Y a-t-il une différence entre la chaudepisse gagnée par une

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irritation simple, telle que celle produite par le cathétérisme et celle résultant d’un coït impur, en d’autres termes, le pus blennorrhagique est-il de même nature que celui d’une plaie ordinaire? M. Thiry (de Bruxelles) admet plusieurs blennorrhagies : la blennorrhagie simple, la blennorrhagie appartenant à la syphilis constitutionnelle, et une blennorrhagie virulente ayant un virus à elle. Ce virus, il l’appelle granuleux , et ce serait, suivant lui, le caractère distinctif de la vraie blennorrhagie. Toute blennorrhagie, facilement contagieuse, serait due à ce virus et présenterait comme élément morbide des granulations. Tout cela est loin d’être démontré, car, dans l’immense majorité des cas, il n’y a pas de granulations. Je ne voudrais cependant pas m’inscrire en faux contre celte opinion; car j’ai vu des femmes avec des ulcérations granuleuses du col très superficielles, donner des chaudepisses très violentes, et, d’un autre côté, un écoulement très abondant, résultat d’un état catarrhal simple du vagin, ne rien communiquer.

Mais ces faits ne me paraissent pas suffisants pour admettre un virus spécial, propre à la blennorrhagie; c’est cependant, je l’avoue, une question encore à étudier.

Nous venons de voir, messieurs, que chancre et chaudepisse étaient deux choses bien différentes, et que la chaudepisse (sans chancre uréthral, bien entendu),

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ne donnait jamais de chancre. Mais un chancre peut-il causer une blennorrhagie? Oui, messieurs, et je vous l’ai déjà dit en passant, à propos de l’étiologie. On voit, et j’ai vu des femmes atteintes seulement de chancres, donner des blennorrhagies. En effet, dans l’ulcère primitif, il y a deux choses : un produit d’inflammation et quelque chose de spécial ; on conçoit donc qu’un individu ne prenne que ce qu’il y a d’inflammatoire et échappe à l’infection syphilitique, le pus n’agissant alors que comme irritant. Ceci a été dit par tout le monde, et même des expériences ont été faites à ce sujet. B. Bell cite le cas d’un étudiant en médecine qui se mit du pus de chancre entre le gland et le prépuce, et se donna une simple balanoposthite. D’autres, en s’introduisant du pus chancreux dans le canal, ont pris des blennorrhagies également non virulentes.

Avant qu’on ne se servit du spéculum, on croyait la chose plus fréquente. On voyait bien, en effet, les chancres des grandes el des petites lèvres, mais ce qui se passait au fond du vagin échappait à l’observation. Depuis que M . Ricord a vulgarisé l’emploi du spéculum dans l’étude des maladies vénériennes, on a pu constater souvent des ulcérations chancreuses aux parties génitales externes, et, en même temps, une blennorrhagie dans la partie la plus profonde du vagin ; de sorte qu’on se rend très bien compte maintenant qu’un individu puisse échapper aux chancres de la vulve et prendre plus loin

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une blennorrhagie. L’inverse a été prouvé, c esl-a-dire que le spéculum a montré tics chancres du col de la matrice pendant qu’il existait également une blennorrhagie externe, et c’est même ainsi qu’ont été réduites à néant les observations des identistes. Celle de Vigarous pèche surtout parla.

Cet auteur rapporte, en effet, que six jeunes gens virent la même femme, dans l’espace d’une heure : deux prirent une blennorrhagie ; deux, des chancres et des bubons; un autre, un chancre; enfin, un dernier seulement un bubon. Il en lire cette conclusion que le même

symptôme peut déterminer des accidents différents. Mal-

heureusement, à cette époque, comme nous venons de le dire, on ne se servait pas du spéculum, et rien ne prouve que la femme n’avait pas et chancre et blennorrhagie. Vigarous ne dit pas même si elle a été examinée.

C’est le moment, messieurs, de vous parler d’un mode particulier de contagion, applicable au chancre comme à Ja blennorrhagie, et qui a un haut intérêt; pratique. On observe des femmes n’ayant qu’un peu de leucorrhée ou même rien du tout, donner des chancres ou des blennorrhagies à ceux qui ont des rapports avec elles. Comment concevoir cela? M. Ricord l’explique par la contagion médiate. Voici comment les choses se passent : une femme saine s abandonne à un homme qui a un chancre ou une chaudepisse et reçoit du pus virulent dans ses

organes génitaux ; peu après elle a des rapports avec un autre homme, et transmet à ce dernier, sans en être atteinte, le virus dont elle n’a été en quelque sorte que le dépositaire.

Vous connaissez sans doute l’exemple si spirituellement raconté par M. Ricord dans ses Lettres sur la syphilis :

« Un jeune et petit ménage avait invité à déjeuner un ami du mari. Le repas était presque terminé, et l’appétit n’était pas satisfait. 11 est décidé qu’on ajoutera un morceau de fromage au festin. Le mari quitte la labié, descend ses quatre étages et court chez l’épicier voisin chercher le complément du repas amical. Hélas ! il ne revient pas assez vile. Pendant sa courte absence, et entre la poire et le fromage, son infidèle moitié commettait l’adultère avec son perfide ami. Le mari rentre, le repas s’achève, on prend le café et ses adjuvants, l’ami se retire et le brave mari consomme à son tour l’acte conjugal.

» Trois jours après, le mari m’arrive avec un chancre uréthral à symptômes blennorrhoïdes. 11 était accompagné de sa femme et il m’affirme qu’il n’a pas eu de relations avec d’autres femmes que la sienne. L’examen le plus attentif des organes génitaux de cette femme ne me permet de rien découvrir de suspect. Ma prescription faite, ces gens s’en vont, me laissant sans explication de celte blennorrhagie virulente du mari.

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» Mais le lendemain, je vois revenir la femme, pour me demander si jesuis bien sur qu’elle n’est pas malade. Je l’examine de nouveau, et de nouveau je lui affirme qu’elle se porte parfaitement bien. Elle me raconte alors l’histoire que je viens de vous dire : elle ajoute que le délinquant est là et me prie de l’examiner. Je lui trouve un chancre dans la période spécifique, sur la couronne du gland. »

On a accusé l’école de M. Ricord d’avoir abusé de. celte explication, et M. Cazenave, qui ne la rejette pas précisément, lui fait surtout ce reproche. Ce mode d’infection est cependant bien réel et n’a pas été inventé à plaisir par mon savant collègue de l’hôpital du Midi. En 1851, dans un mémoire publié dans les Bulletins de la Société de chirurgie , j’en rapporte quelques exemples authentiques.

Avant l’épidémie du xv° siècle, ce mode de contagion était admis pour la lèpre, et depuis, on a cru que la syphilis pouvait entrer dans l’économie de la même façon .

Wideman s’exprime ainsi à ce sujet :

« Summopcre tamen cavendum ne coilus fiat cum « mulierc pustulatâ, imo neque cum sanâ cum quà prius » brevi temporis spatio concubuit vir pustulatus, propter » evitarc contagionis periculum; jam enim cognitum ex » experienlià ut subsequens post pustulatum recenler » inficitur. »

Plus tard, Fernel, Thiery de Héry (15Sft), émirent la

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même opinion. — Astruo, Swédiaur, Hernandez, les imitèrent, et de nos jours beaucoup de syphilograplies ne mettent pas en doute cette contagion médiate.

Mais vous sentez que ce ne sont que des assertions, et aucun des auteurs que je viens de citer n’a produit une seule observation bien circonstanciée. J’ai donc voulu contrôler leur dire, et voici les expériences auxquelles je me suis livré dans ce but. Je les extrais textuellement de mon mémoire.

Observation Ire. — La nommée Louise Vaudet, âgée de seize ans, est entrée à l’hôpital de Lourcine, salle Sainte- Marie, n° 9, le 10 octobre 1848. Elle portait dans chaque aine une ulcération à fond grisâtre et à bords taillés à pic. La maladie date d’un mois; elle n’a pas été traitée, et lors de l’entrée à l’hôpital, il y a une violente inflammation delà peau du ventre et de celle de la partie supérieure des cuisses par suite de la marche. Bains, cataplasmes, repos au lit pendant plusieurs jours. jLorsque l’examen des parties génitales peut être fait sans douleur, on ne constate aucune trace d’ulcération ni à la vulve ni à l’anus. Tout le vagin est rouge et le siège d’une sécrétion muco-purulente abondante, mais sans ulcération; le col de l’utérus est sain.

Pansement des ulcérations clumcreuses des aines avec de la charpie imbibée de vin aromatique, injection vaginale avec une solution d’alun. Six semaines après l’entrée de la malade à l’hôpital, les ulcérations ont diminué de moitié et la vaginite est singulièrement amendée. Le 25 novembre, après m’être de nouveau bien assuré que la muqueuse de la vulve' et du vagin n’est ulcérée en aucun point et que le produit de

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la sécrétion de ces parties n’est pas inoculable, je recueillis sur une spatule le pus d’un des chancres inguinaux en assez grande quantité et je le portai dans le vagin. Je fis promenei la malade pendant trente-cinq minutes en la surveillant de manière qu’elle ne portât pas la main à la vulve. Au bout de ce temps, je pris sur une lancette une certaine quantité de l’humidité vaginale et je l’inoculai sur une des cuisses de la malade. Je lavai ensuite à grande eau tout le vagin et la vulve, j’essuyai avec. précaution, puis je lavai de nouveau avec de l’eau fortement aluminée.

Quarante-huit heures après, la piqûre d’inoculation avait donné lieu à la pustule la plus caractéristique. Je la respectai jusqu’au lendemain pour plus d’exactitude dans l'expérience, et je la détruisis alors avec le caustique de Vienne. Rien absolument ne parut au vagin, l’inflammation n’y fût pas augmentée, et deux mois après, la malade quitta l’hôpital parfaitement guérie et de la vaginite et des ulcérations inguinales.

Observation II0. — La seconde expérience a été faite sur la nommée Célestine X..., âgée de vingt-quatre ans, entrée à Lourcine, salle Saint-Louis, n°7, le 28 novembre 18â8. Elle portait à l’aine droite un bubon ulcéré qui datait de deux mois et qui avait succédé, dit-elle, à un petit bouton qui n’a duré que quelques jours et qui siégeait sur la face interne d’une des grandes lèvres. A l’époque de l’entrée à l’hôpital, on ne distingue plus la trace de ce bouton. La vulve, le vagin, le col de l’utérus et l’anus sont à l’état tout à fait normal. L’aspect de l’ulcération de l’aine me fait supposer quelle est spécifique. Dès le lendemain 29, le pus du bubon est pris avec une spatule et placé dans le vagin en imprimant quelques mouvements de va-et-vient et tâchant de le porter aussi haut

que possible. La malade se promène ensuite pendant près d une heure sans savoir qu’elle est l’objet d’une expérimentation. Elle est ramenée au lit, et alors je recueille sur une lancette tout ce que je puis des humidités vaginales, en faisant remarquer aux élèves et à quelques jeunes confrères qui m’entourent, qu’on ne distingue plus le pus introduit dans le vagin, et que ce que j’ai sur ma lancette ressemble tout à fait au mucus normal. J’inocule à l’une des cuisses et j’emploie les mêmes précautions de lavage que dans le cas précédent. Dès le lendemain la pustule caractéristique s’élève et je ne la détruis qu’après quarante-huit heures. La vulve, le vagin et le col utérin sont ensuite surveillés pendant quelques jours; mais rien n’y paraît, le mal reste borné à l’aine. Je ne dois pas omettre de dire que, bien qu’il n’y ait aucun signe de maladie à l’intérieur des organes génitaux, je n’en fis pas moins le même jour une inoculation avec le mucus qui les baigne, et que cette inoculation resta négative.

Ces deux expériences prouvent surabondamment que la contagion médiate par l’intermédiaire du vagin, qui jusqu’à présent n’a élé regardée que comme possible, est désormais un lait acquis à la science, et que ce qui n’était qu’une probabilité passe à l’état de certitude. La première est surtout remarquable en ce qu’elle l'ait comprendre comment il se peut faire qu’un homme a contracté un chancre avec une femme chez laquelle on ne trouve qu’une vaginite, et l’on sait que c’est une objection qui a souvent été faite à la théorie que professe M. Rieord. Elles prouvent toutes les deux que si, en

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général, le scepticisme doit être appliqué à l’étiologie des affections vénériennes, il est pourtant certaines circonstances dans lesquelles il faut s en departii, cl cela principalement quand on connaît les mœurs de la femme qui est accusée d’avoir donne du mal et qui pourtant est trouvée saine.

Voilà, messieurs, ce que j’avais à vous dire de la contagion médiate. Vous voyez que, dans bien des cas, on peut l’invoquer sans crainte de se tromper.

Encore quelques mots, et je termine la nature de la blennorrhagie.

ïïunter, avons-nous dit, soutenait que le chancre et la gonorrhée étaient dus au même virus ; mais il restait à expliquer pourquoi la vérole s’introduisait dans l’économie, tantôt par un chancre, tantôt par une gonorrhée, et pourquoi ce virus unique n’infectait pas l’économie toujours de la même façon. 11 avait cherché à résoudre cette question, et il disait : Que l’on mette du pus de chancre ou du pus blennorrhagique en contact avec une surface sécrétante (muqueuses), on ne produira jamais qu’une gonorrhée , tandis qu’il se développera un chancre sur les surfaces non sécrétantes (tégument exlerne). Je n’ai besoin que de vous énoncer cette singulière opinion pour vous en montrer toute la fausseté. Les chancres s’implantent partout, sur les muqueuses comme sur la peau, et l’on s’étonne qu’un observateur tel que Hunier ait émis une pareille opinion.

Un autre auteur, qui ne manque pas d’un certain mérite, bien que son autorité soit moins considérable que celle de Ilunter, Huteland, soutenait que ce qui empêchait l’ulcération de se produire sur les muqueuses, en d’autres termes, ce qui faisait qu’on voyait moins souvent des blennorrhagies donner des chancres, c’est que le pus, déposé sur une muqueuse, était entouré d’une enveloppe de mucus à laquelle il donnait le nom de coque muqueuse. Cette hypothèse n’est pas plus acceptable que celle de Hunter.

Je tenais seulement à vous la signaler à cause du retentissement qu’elle a eu dans la science.

Là se termine, messieurs, l’histoire de la nature de la blennorrhagie. Vous voyez que la non-identité ne me semble pas discutable; je pourrai plus tard, à propos de l’étiologie des symptômes secondaires, y revenir; mais j’éprouve encore, en finissant, le besoin de vous bien rappeler une opinion qui, dans mon esprit, est très absolue; car c’est pour moi une sorte d’acte de loi, un credo scientifique, si je puis ainsi parler.

Diagnostic. — Le diagnostic de la blennorrhagie est en général très facile. La douleur dans la miction et l’écoulement suffisent pour l’établir la plupart du temps. Une seule circonstance peut rendre le diagnostic indécis ; c’est quand il s’agit d’une balanoposthite chez un individu porteur d’un phimosis complet; alors, en effet, vous

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