AGE
Méningite.
Abcès
Abcès
du cerveau.
du cervelet.
5 à 10 ans
Au-dessus de 60 ans
ou associées sont dans le môme rapport chez l’enfant qu’aux autres âges.
Relativement au sexe, les hommes sont frappés deux fois plus souvent que les femmes, dans la proportion de 134 hommes contre 66 femmes. Les méningites sont de un tiers plus fréquentes chez la femme que chez l’homme, mais les abcès du cerveau et du cervelet se rencontrent à peu près également dans les deux sexes.
Enfin, comme curiosité statistique, il faut signaler les faits suivants : sur 145 cas où le côté de l’otorrhée a été noté, elle existait 89 fois à droite, 46 fois à gauche, 10 fois des deux côtés (1). L’otorrhée gauche a été signalée plus souvent chez la femme que chez l’homme (2).
Mais ce qui démontre bien que les conditions étiologiques précédentes ne suffisent pas toujours à elles seules pour établir le lien étiologique qu’il nous faut fixer, c’est que dans 20 0/0 des cas, l’otite devient chronique chez des sujets vigoureusement constitués, c’est aussi le temps parfois considérable qui s’écoule entre le début de l’otorrhée et les premiers signes de retentissement cérébral d’une part, entre le début de l’otorrhée et les accidents cérébraux terminaux d’autre part. Pour ce qui concerne les faits de ce dernier groupe, dans 41 cas sur 149, ce temps a dépassé 20 ans (3), dans
(1) Une seule fois l’otorrhée double a donné lieu à une carie des deux rochers. Graf, Hufeland's Journ., 1835.
(21 Otorrhée droite. Otnrrhe'e g^che. ^
26 fois. 61 fois.
20 fois. 21 fois.
(3) Durée de l’otorrhée avant l’apparition des accidents cérébraux:
Moins d'une semaioe
De 1 à 4 semaines
1 mois à 1 an
1 an à 2 ans
Plus de 40 ans
Durée longue (sans plus de précision; .
«Statistique
personnelle.
14 cas.
149 cas.
Guerder.
10 cas.
70 cas.
On trouvera plus loin, les statistiques qui se rapportent écoulé entre le début de l’otorr. ée et les accidents terminaux.
au temps
53 cas il a été de 1 à 20 ans ; il n’a été au-dessous d’un an que dans 55 cas.
Cette statistique ne lég'itime-t-elle pas l’intervention de causes occasionnelles, locales ou accidentelles.
Parmi les états locaux ou occasionnels, les plus importants sont ceux qui, pour une raison quelconque, empêchent l’écoulement du pus au dehors, d’où augmentation de pression ou stagnation dans la caisse. Deux cas peuvent se présenter : Le premier est la non perforation de la membrane', j’en ai relevé 7 exemples (1) sur 58 observations où la cause des accidents cérébraux avait été signalée; vient ensuite la suppression de l’otorrhée pour divers motifs, notée 22 fois ; puis les polypes ou fongosités obstruant le conduit 7 fois, soit obstacle à l’écoulement ou stagnation du pus indiqués 66 fois pour cent. L’éloquence des chiffres me dispense de tout commentaire.
Mais comment expliquer cette rétention de pus quand la membrane est perforée? Nous ne pouvons plus admettre avec Lallemand que l’otorrhée cesse au débat des accidents cérébraux par application de l’adage « Duobus laboribus »
Or, Hartmann cite des faits où il y avait rétention quoique les parties liquides du pus continuassent à suinter au dehors par de fines perforations du tympan (2). De plus, le pw5 concrète', les polypes, les fongosités obstruent souvent le conduit; les liquides de la caisse cherchent alors à s’écouler par la trompe, produisant la dyspepsie, la fétidité de l’baleine, etc. (Scbwartze); mais le malade se refroidit et prend une angine qui s etend à 1 orifice de la trompe (Laseguej (^3) ; une cause quelconque, état local ou maladie générale, vient activer la formation
(1) Kramer. Mal. des creilles, 1848. . — Hutton. Lancet, 1846, p. 694.
Woimant. Loc. cit., p. 142. — Scbwartze. Arch. f. Ohrenh., 1865.
Gâhde. Loc. cif.-Toynbee. Loc. cit., p. 76.— A. Després. Article Oreille, du Dict. de méd. et de chir. pratiques, 1879, t. XXV, p. 77.
(2) A. Hartmann. Arch. of Otol., 1879, p. 331.
^ (3) Lasègue. Traité des angines, p. 328. « On a vu que chez l’enfant 1 extension du catarrhe avait lieu surtout vers les trompes d’Eustacbe ; on retrouve la mèmedisposition chez certains adultes qui ont conservé, cornme
il arrive à propos d’autres maladies, les aptitudes pathologiques propres à 1 enfance. » ^ r t-
Robin.
de pus dans la caisse. Voilà la porte de sortie fermée ou insuffisante.
Ces diverses causes de suppression de l’otorrhée sont indiquées dans un quart des cas (1).
Quant aux causes de la stciyncition du ^us, l’une des plus puissantes est l’absence de traitement. En eifet, l’otite aiguë purulente, développée chez 1 individu le plus sain, n a aucune tendance à la guérison spontanée, et certains médecins, imbus de fausses idées humorales, respectent encore les écoulements d’oreilles chez les enfants; or l’absence de traitement favorise la fermentation du pus dans les cavités auriculaires et le développement des micrococci'; et nous avons vu quelle importance attachent quelques auteurs et en particulier M. Lœwenberg à cette condition, dans la génèse des altérations osseuses ou des lésions propagées. Et ce nouvel élément, s’il peut agir seul dans un organisme sain, sera d’autant plus aidé dans son activité que le sujet sera plus vulnérable.
Enfin, les coups sur la tête, les soufflets sur l’oreille, le sondage de la caisse; V insolation , V avulsion d'une dent, la suppression du lait, les travaux intellectuels exagérés, les écarts de régime, Y alcoolisme aigu, certaines maladies commcV érysipèle de la face, Id, pneumonie , le rhumatisme, la scarlatine, la blennorrhagie, les oreillons, les évolutions importantes de l’organisme, comme la puherte, la figurent
dans les tableaux étiologiques sans qu’on puisse déterminer le mode précis de leur action (2).
(t) On a mis ea doute l’écoulement du pus par la trompe. Schwartze a cité une observât, incontestable ; Boucbut (Diag. des mal. du syst. nerveux par l’ophthalmoscope, 1866, p. 154|, Cbampsaur (Thèse de Paris, 1862, p. 29, obs. de M. Richet), Morgagni (Lettre XIV), etc., en rapportent des exemples absolument probants.
(2) Chaumas. In J. allemand. Loc., cit., Il, p. 87. Coup sur la tête. — Bailly. In Sepulchretum, I, obs., LIV, Insolation. — Scultet. In Lallemand, L.OC. cit., II, p. 186. Sondage avec un stylet. — Moos. Arch. of otol., III, p. 202. Erysipèle de la face. — Raikem. Loc. cit. Pneumonie. — Graff. Loc. cit. Rhumatisme. — Moos. Arch. of Otol., 1874, t 111, p. 183. Scarlatine. — Calmeil. Loc. cit. Blennorrhagie. — Th. Barr. Loc. cit. Soufflet. Bain de mer.
Observations de troubles cérébraux pendant (les oreillons: Buck. J mer. .Tourn. of Otol., III, p. 209. — Moos. Zeitschr. f. Ohrenh., 1881, XI, p. 51.
Ou admet eu général c^ue la plupart de ces conditions agissent en imprimant une poussée aiguë àla phlegmasie ancienne. L introduction de l’eau dans l’oreille, à la suite d’un bain de mer y par exemple, 1 humidité: excessive de l’atmosphère venant hydrater des cholesteatomes mastoïdiens, augmenter leur volume et la pression qu’ils exercent sur les parois amincies ou perforées de l’os,, ont été indiquées aussi parmi les causes assez fréquentes.
L’ensemble de tous ces faits figure pour 34 pour cent dans ma statistique (1).
Quel que soit le mode de son action, on peut dire d’un manière générale qu’une cause quelconque, si bizarre qu’elle soit, trouvant dans le sujet qu’elle atteint une opportunité morbide constante, pourra devenir l’occasion soit d’une des attaques prémonitoires de la crise finale, soit même de celle-ci.
Nous connaissons mal les causes de la mise en œuvre des troubles fonctionnels. Ce que l’on sait, c’est qu’elles agissent par l’intermédiaire du plexus tympanique, des nerfs méningés et de la pression labyrinthique, et quelles sont aidées par toutes les conditions qui augmentent l’excitabilité cérébrale, que celles-ci soient inhérentes aux centres nerveux et dérivent d’une tare héréditaire ou acquise, ou bien qu’elles proviennent des modifications accidentelles provoquées par l’une des causes énumérées plus haut.
En résumé., l’état du terrain est l’une des causes prédisposantes les
— Brunner. Ibid., 1882, p. 129. — M. le D*" Ménière m’a obligeamment communiqué deux autres cas qui seront prochainement publiés.
(1) Causes provoquant la rétention du pus:
Rétention ou stagnation du pus.. . . j
Tympan intact 7 / 35 = 62 0/0
Polype obstruant le conduit 7 I
Causes dont le mode d’action est mal connu :
Action du froid.
Traumatisme. . .
Erysipèle
Sondage
Bain de mer. . . .
Causes diverses
plus importantes du développement des otorrhées, puis des altérations osseuses, enfin des transmissions cérébrales.
Cette influence de l’état général, pour être mise en activité demande habituellement le concours d’une cause occasionnelle.
L’action simultanée de ces deux ordres étiologiques se poursuit depuis l’entrée en scène de l’otite primitive jusqu’à l’apparition des accidents cérébraux qui finissent le drame.