‹ Des affections cérébrales consécutives aux lésions non traumatiques du rocher et de l'appareil auditifChapitre 12 sur 24 · REIL AUDITIF, ET DE LEUR SIGNIFICATION CLINIQUE · texte numérisé non relu

REIL AUDITIF, ET DE LEUR SIGNIFICATION CLINIQUE

I. Du vertije aurai. — Description du vertige de Ménière. — De la maladie et du syndrome de Ménière. — Valeur et diagnostic du syndrome envisagé comme accident de la période prémonitoire. — Du vertige aurai simple, cérébelleux et tabétique. — II. Des troubles intellectuels. — Etat mental des individus atteints de maladies de l’oreille, — Hallucinations et délires d’origine auditive chez les sujets sains, les cérébraux et les aliénés. — Questions actuellement insolubles. — Valeur clinique et essai de diagnostic des troubles intellectuels envisagés comme accidents précurseurs. — Ils peuvent constituer à eux seuls le retentissement cérébral ; forme mentale. — Conclusions. — III. Des attaques épileptiformes. — Forme épileptoïde. — Diagnostic.

En cherchant le mécanisme du retentissement des lésions auditives sur le cerveau, nous croyons avoir démontré que le vertige, les attaques épileptiformes et certains troubles intellectuels n’étaient pas liés seulement aux affections superficielles de l’oreille, mais qu’ils pouvaient être produits par les lésions les plus extensives. Et cette vue, basée sur la physiologie pathologique, a déjà trouvé sa confirmation dans l’examen clinique des faits.

Il n’est aucun des accidents qui vont faire l’objet de ce chapitre, que nous n’ayons rencontrés dans la période prémonitoire des complications cérébrales de l’otorrhée. Mais, jusqu’où convient-il d’aller, et quelle part doit-on faire, par exemple, aux vertiges et aux troubles intellectuels qui ne rentrent pas dans cette classe et constituent les seuls incidents cérébraux d’une lésion auriculaire? C’est ce que je

veuxétudier maintenant, en considérant surtout le vertige auriculaire, les troubles intellectuels et les attaques épileptiformes.

Fixons nettement d’abord les caractères duvertige auriculaire, envisagé comme syndrome et d’une manière générale, puis voyons si l’on peut, en se fondant sur ceux-ci, trouver les éléments de la distinction cherchée. Comme type, je prends la maladie de Ménière.

« Le début, dit le professeur Duplay (1), est soudain : au milieu de la plus parfaite santé, et souvent sans cause appréciable, un individu est pris d’étourdissements, de vertige, de tintements d’oreilles, de nausées, de vomissements. La face se couvre d’une sueur froide comme à l’approche d’une syncope: l’attaque est souvent si violente que le sujet tombe privé de sentiment et de mouvement. Dans d’autres cas, le malade ne perd pas connaissance, mais il ne peut se tenir debout, ni marcher; dès qu’il se lève, il lui semble que les objets tournent autour de lui, il titube comme si le sol se dérobait sous ses pieds; quelquefois ou a noté une tendance involontaire à tourner constamment du même côté. Ces divers phénomènes durent un temps variable, parfois très court, quelques minutes, un quart d’heure, quelques jours au plus. Puis le malade revient à la santé, ou conserve seulement une tendance au vertige, mais l’ouïe est complètement perdue, ou du moins très affaiblie, d’un seul ou des deux côtés à la fois. Il est aussi habituel, lorsque la surdité n’est pas complète, de voir les bourdonnements persister avec une grande intensité. La surdité présente parfois ce caractère qu’elle n’existe que pour certains groupes de tons. »

On a distingué bien des types dans ce vertige, et Voury a isolé dos formes apoplectique, épileptique, stomacale et vertigineuse simple ; mais tout cela peut se réduire à deux types principaux; dans l’un, la sensation de vertige existe seule, et tout se borne à des troubles subjectifs; dans l’autre, elle s’accompagne de phénomènes objectifs, mouvements variés, etc.

Une malade de M. Charcot va nous donner un exemple du premier type dans sa plus haute expression, quand les crises vertigineuses sont pour ainsi subintrantes (2) ; la patiente est en perpétuel état de

(1) FoIIin et Duplay. Traité de pathol. ext., IV, p, 172.

(2) Charcot, Leçon sur la maladie de Ménière. Progr. médical. 1874

vertige, et celui-ci s’exaspère par le moiuclrc mouvement et la station verticale; son regard est effaré, anxieux; elle pousse des cris, si l’on s’approche, et se cramponne à son lit. Puis, sans cause sensible, un accès éclate, caractérisé par la sensation d’un brusque mouvement de translation, de culbute en avant ou eu arrière, de chute, d’élévation ou d’abaissement du corps tout entier, de l’otation autour d’un axe vertical. Mais ce mouvement est tout subjectif, et son seul indice extérieur est un tressaillement passager.

D’autres fois le mouvement de translation est rapporté aux objets extérieurs. Si la malade tombe, sa chute est purement passive et n’a aucun rapport avec les mouvements variés du second type (1).

Ici le malade est entraîné par des mouvements indépendants de sa volonté; c’est une propulsion en avant (2), une chute en ava,nt ou en arrière, une translation latérale comme dans le cas de Trousseau; enfin c’est un mouvement de rotation autour d’un axe qui irait de la tête aux pieds (3).

Si les deux types peuvent exister isolément, il arrive aussi qu’ils se superposent chez le même malade pour donner lieu à un ensemble des plus complexes.

D’après Guye (4), les sensations subjectives présenteraient la vivacité d’impressions hallucinatoires ; la direction première des sensations aurait toujours lieu dans le sens de Torgane malade, et l’auteur publie

'(1) Palasne de Champeaux. Th. Paris, 1881. V. les obs. — Burnett, Loc, cit., p. 578. Les objets environnants semblent s’élever du sol en faisant des cercles autour du malade.

(2) Itard. Arch. gén. de méd., 1825, avait vu déjà un fait de ce genre.

(3) Trousseau. Clin, méd., 4® éd., III, p. 13. — Léo, Th. Paris, 1876, rapporte une curieuse observation de ce mouvement de rotation : « Le malade se trouve étourdi ; il commence à tourner sur lui-même du côté gauche et tomberait, si de la main gauche il ne se soutenait sur le premier objet qu’il rencontre. Ces vertiges disparaissent dans la position horizontale ; dans la position assise, ils sont moins forts. Lorsque, les yeux fermés, on fait tenir le malade debout, les pieds joints, on le voit après une minute au plus pencher vers la gauche, porter le pied gauche en avant, et commencer un mouvement de rotation sur lui-mème qui l’oblige à chercher un appui. Les yeux étant ouverts, ce phénomène est beaucoup moins prononcé.

^4j Guye. Du vertige de Ménière. Rev, de méd., 1880, p. 356,

quatre observations à l’appui de cette thèse. Mais sa conclusion n’a pas encore reçu l’assentiment général.

Au vertige s’associent plusieurs autres symptômes : ce sont d’abord des bourdonnements c[w.& M. Raynaud comparait au bruit de coquillage, à un bruit modulé comme un chant, intermittent et accompagné de battements, enfin à un bruit de cloche ou 'de corde de basse (1). Ce sont aussi des tintements, dont les comparaisons imaginées par le malade, peuvent seules donner un exemple : roulement de voiture, siffiet de chemin de fer, feu de mousqueterie, pétards, clous agites dans un sac, chaudière en ébullition, etc. PourM. Raynaud, les bruits musicaux correspondraient à une affection du labyrinthe, tandis que les bruits rudes appartiendraient de préférence aux lésions de l’oreille moyenne. Et M. Charcot a montré qu’il existait une relation intime entre le développement soudain ou l’exaspération brusque de ces bruits, et l’invasion des sensations vertigineuses auxquelles ces tintements serviraient d’aurà.

Puis vient un grand symptôme, c’est la surdité à tous ses degrés. Comme l’a bien fait remarquer Ménière, elle est constamment progressive et s’exagère après chaque crise de vertige. Knapp a constaté une surdité absolue pour certains tons musicaux élevés ou bas ; d’une façon générale, ce sont les tons aigus dont la perception est le plus souvent et le plus précocément abolie (2). En regard de ces faits, Ménière cite des cas où la surdité fut absolue d’emblée,

Pour compléter le syndrôme, il reste à indiquer les nausées et les vomissements, dont le principal caractère est la présence pour ainsi dire constante à la fin des crises, et l’absence non moins constante, en dehors de celles-ci; ils rentrent dans la classe des vomissements d’origine cérébrale.

Sauf dans le vertige apoplectiforme, l’intelligence est intacte. Même au summum des sensations vertigineuses, le malade se rend parfaitement compte que tous ces mouvements étranges sont subjectifs ; mais

(1) M. Raynaud, Leçon clinique à l’hôpital de la Charité. Paris, 1880.

(2) Voy. dans le mémoire de J. Ilinton, Guy's Hosp. Rep., 1873, XVIIl. p. 194, lobs, curieuse d’un professeur de musique atteint de maladie de Ménière, qui put apprécier tous les sons musicaux qu’il percevait pendant ses attaques.

quel que soit l’efFort de sa volonté, il no peut modifier en rien cette sensation.

Lo syndrome qui précède a été admirablement décrit, dans ses traits essentiels, par Ménière, et on l’a désigné depuis lors sous le nom de maladie ou vertige de Ménière.

Mais, comme on rencontre ce syndrome dans un grand nombre d’états morbides de l’oreille, on a considérablement élargi le cadre de la maladie de Ménière, et l’on tend à y faire rentrer tous les vertiges auriculaires qui s’accompagent de bourdonnements et de surdité. On ne fait guère de distinction que pour un vertige dit simple, très analogue à la maladie de Ménière, dont il ne différerait que parce qu’il disparaît avec la cause qui le produit. Et, comme ce caractère distinctif n’est pas constant, on ajoute qu’il paraît exister des degrés intermédiaires entre la maladie de Ménière et le vertige simple.

D’ailleurs, du haut en bas de l’échelle, le syndrome en lui-même n’est considéré comme grave qu’au point de vue des fonctions auditives.

Or, si l’on s’appuie sur les faits qui ont été exposés dans les chapitres précédents, on est forcé d’admettre que cette conception ne répond pas à la réalité, qu’on a étendu outre mesure les limites de la maladie de Ménière, en y faisant rentrer la plupart des cas où se rencontre le syndrome de Ménière, et qu’on a mis sur le même plan des incidents morbides et une entité particulière (1). C’est à cette entité seulement, que doit être réservé le nom de maladie de Ménière. Elle est caractérisée cliniquement par le syndrome décrit plus haut, anatomiquement par une lésion labyrinthique primitive, congestion, hémorrhagie, inflammation. Elle aboutit à la surdité, mais n’est que très rarement grave au point de vue de la vie ; le vertige en lui-même tend à guérir quand la surdité est complète.

Voila donc une entité morbide bien caractérisée, et qui n’est contestée par personne. Or, nous appuyant sur les termes memes de cette

(1) Mac Bride. Edinh. med. Journ., 1881, p. 624, pose déjà en principe qu’il ne suffit pas de constater la coexistence des vertiges et de la surdité pour conclure à une nnaladie de Ménière. Ce syndrome doit être d.visé, au point de vue de l'étiologie. Cette opinion est défendue aussi par Urbantschitsch et Calmeltes,

définition, cherchons si l’on est en droit d’y faire rentrer tous les cas décrits sous le nom de maladie de Ménière.

Nous voyons dans un premier groupe de faits, des maladies de Ménière dans lesquelles il y a contracture spasmodique des muscles de la face, phénomènes convulsifs d’apparence choréiforme ou contractions cloniques des muscles de la face et du corps, hémiplégie incomplète du côté de l’oreille lésée, paralysie faciale et perte du goût du côté correspondant de la langue, céphalée plus ou moins fréquente, troubles intellectuels variables, etc. (1). Les choses s.e passent ainsi : un individu, bien portant, a une attaque vertigineuse du type Ménière, mais pendant cette attaque, les assistants remarquent des convulsions et des contractions delà face ou des membres ; l’attaque finie, il reste une paralysie faciale ou une hémiplégie d’intensité variable qui, la plupart du temps, disparaissent peu à peu. D’autrefois, comme dans un cas qui m’a été rapporté par M. le Professeur Lasègue, l’accès vertigineux ne laisse rien après lui, tout rentre dans l’ordre; mais après un certain temps, survient une paralysie faciale ou une hémiplégie plus ou moins complètes et persistantes.

Dans un second groupe se rangent des cas dits de maladie de Ménière, survenus chez des tuberculeux (Léo), chez un scrofuleux atteint de carie du sternum et des côtes (J. Hinton), etc.

Enfin, dans un troisième groupe, prennentplace des cas de maladie de Ménière terminés par la mort, avec ou sans accidents cérébraux, et dans lesquels on a trouvé à l’autopsie une carie du rocher, avec ou sans lésion cérébrale (2). Il est évident que nous ne tenons pas compte des cas de Politzer et Voltolini où les accidents cérébraux pouvaient être rapportés à un traumatisme.

(1) Obs. de Ménière, Guye, Byrom-Bramvell. Cas de mal. de Ménière. Edinh. med. Journ., 1876, p. 716. — Brunner. Arch. of ophth. and otol., 1871', p. 29B. — Bonnenfant. Th. Paris, 1874, p. 12.— H. Léo. Th. Paris, 1876, p. 48. — Gowers. Prit. med. Journ., 1877.— Moos. Arch. f. Ohrenh II, p. 177.

(2) Katz. Zur Kasuistik des Cholesteatoms des Schlâfenbeins. Tod durch Sinus-Thrombose. Berl. klin. Woch., 1881, n° 12, obs. III. H., de 30 ans, otorrhée droite. Attaque vertigineuse, paralysie faciale, céphalée. Disparition de tous ces accidents. Mort après un an de pleurésie consécutive à une carie costale. Carie du rocher. Rien dans le cerveau. — Voy. aussi la bibliographie du chapitre précédent.

Rapprochons ccs trois groupes do faits, de ce que nous savons sur la physiologie pathologique des accès vertigineux, sur la présence fréquente de ceux-ci dans la phase d avertissement des grands retentissements cérébraux des lésions du rocher; notons enfin que dans les trois groupes en question, la maladie de Ménière relevait presque toujours d’une affection de l’oreille moyenne et en particulier d’une otorrhée ; et si je ne m’abuse, nous aurons constitué un faisceau de preuves suffisant pour distraire de la maladie de Ménière vraie, toute une classe de vertiges dont le syndrôme de Mëniere est la manifestation clinique, et qui doivent être rangés dans les accidents de notre période prémonitoire.

Le syndrôme de Ménière relevant de cette dernière catégorie vat-il empiéter beaucoup sur la vraie maladie de Ménière et prendre une place considérable dans la classé des vertiges auraux au détriment des autres var étés? Je n’ai pas les éléments d’une réponse absolue, mais si l’on s’appuie sur ma statistique, où dans un quart des cas le syndrôme de Ménière plus ou moins complet figure à titre d’accident précurseur, on est en droit de faire cette place assez large, sans qu’il soit possible cependant de la préciser. Ce qui est aussi difficile, c’est de distinguer la maladie de Ménière vraie 'du syndrôme pi'écurseur; dans les deux cas, il y a vertige, bourdonnements, surdité; ce n’est donc pas dans l’expression du syndrôme qu’on doit chercher des éléments d’une différenciation ; c’est plutôt dans les circonstances qui accompagnent le vertige (1).

Ainsi le vertige survient chez un scrofuleux ou un tuberculeux ; il est précédé d’une otorrhée chronique ou d’une affection extensive de l’oreille externe ou de l’apophyse, enfin on observe avec lui un des autres symptômes de cette phase prémonitoire mobile, tels qu’une paralysie faciale, une hémiplégie, des mouvements convulsifs, dela cépha-

lée, etc.; ne seront-ce pas là des motifs suffisants pour ne pas traiter ce vertige aurai comme une maladie de Ménière, c est-à-dire comme un état morbide qui n’aura presque jamais de plus grave conséquence que la perte absolue de l’audition? Mettons les choses au mieux et adraet-

(1) Voy. page 72 la description des vertiges de la période prémonitoire.

tons avec Burnett(l) qu’il s’agisse là d’une maladie de Ménière secondaire à une afi'ection de la caisse, et que l’inflammation de cette dernière a gagné le labyrinthe, le fait du vertige n’en aura pas moins de signification, puisqu'il est dans ce cas le premier indice révélateur de la tendance extensive du processus primitif. Ce processus qui franchit la caisse et gagne le labyrinthe, s’arrêtera-t-il là comme à une dernière étape; ou cette extension n’est-elle pas au contraire le premier acte d’altérations beaucoup plus profondes sur la possibilité desquelles nous éclaire le vertige?

Qu’on s’adresse à la physiologie pathologique ou à la clinique, il en résulte que le syndrome de Ménière figure parmi les épiphénomènes antécédents des grands accidents cérébraux qui terminent les affections de l’oreille et du rocher, que la part de cet ordre de vertiges est beaucoup plus considérable qu’on ne l’avait pensé jusqu’ici, qu’il n’est

pas impossible do tenter une distinction entre la vraie maladie de Ménière et le syndrome de Ménière, et que par conséquent, ce dernier prend dans les cas qui nous occupent, une valeur diagnostique et pronostique considérable,

Sont-ce là tous les vertiges d’origine aurale ? Evidemment non, et nous devons, au point de vue ([\x diagnostic différentiel, énumérer rapidement les autres variétés.

Je passe sous silence la production du syndrome de Ménière par lésion du ganglion cervical du grand sympathique (Woakes) dont l’existence n’est pas prouvée.

Quant au vertige de Burnett et J. Hinton par simsnie des muscles de l’étrier et tenseur du marteau, il serait caractérisé par la diminution de 1 ouïe pendant les paroxysmes, son amélioration dans leur intervalle, son retour à l’état normal quand ceux-ci disparaissent, enfin par 1 appréciation inexacte des notes musicales, témoin ce malade de Hinton qui entendait un si de la troisième octave douze notes plus bas. Cette forme de vertige est curable (2).

(1) Loc. cit., p. 578.

(2) Voy. chap. IV, p, 54. — S. John Roosa et Ely viennent de publier (Klin. Beitràge zur Ohrenh.; Zeitschr. f. Ohrenh., 1882, p. 335), un cas qui paraît bien se rapporter, au premier abord, à cette variété de vertige aurai Une chanteuse qui entend et apprécie bien les notes du piano, éprouve des

Vient alors l’ancien vertige aurai simple, causé par des aroascérumineux, un corps étranger du conduit, par la percussion du tympan, sa cautérisation, par des injections lirpiides froides poussées avec force dans le conduit, enfin parla douche d’air à travers la trompe.

Une partie du syndrome de Ménière peut exister aussi dans le cas desimpie lésion ce'rébelleuse , etV on n’a qu’à se reporterau chapitre IV, pour comprendre la physiologie pathologique de ce fait.

Dans le vertige cérébelleux, dit Buruett (i), la surdité est secondaire, progressive, et n’atteint son maximum que lentement, tandis que dans le vertige de Ménière, elle est soudaine, permanente et quelquefois complète.

Or comment faire le diagnostic quand la lésion cérébelleuse est consécutive à une maladie de l’oreille ayant amené la surdité ? On ne saurait trouver d’argument que parmi ceux fournis comme élément de diagnostic différentiel entre le vertige cérébelleux et le vertige de * Ménière ; et la surdité qui est l’un des meilleurs, existe souvent dans les deux hypothèses soulevées. On ne peut guère se fonder alors que sur un caractère bien étudié par M. Charcot, à savoir que dans les lésions cérébelleuses, le vertige est permanent et ne présente pas les accès de la maladie de Ménière. « Eu dehors de ce point, dit-il, les deux symptomatologies se confondent (2). »

Enfin, ou a décrit récemment, un vertige tabétique (2) qui d’après MM. Marie et Walton aurait les caractères du syndrome de Ménière et se serait rencontré 17 fois sur 24 malades. Comme la fonction phy-

vertiges quand elle émet des sons élevés ; de plus, toutes les notes qu’elle lance alors lui paraissent fausses ; elle présentait en même temps un peu de dépression intellectuelle. Mais il y avait eu une otite moyenne suppurée droite, et le tympan était perforé ; c’est pourquoi, comme le tableau clinique était dans ce cas absolument semblable à celui que décrivent Burnett et Hinton, on doit se demander si le mécanisme qu’ils invoquent est bien réel.

(1) Burnett. Loc. cit,, p. 580.

(2) Charcot. Leç. clin, inédite faite à la Salpétrière en décembre 1882. Cette leçon m’a été très obligeamment communiquée par M. Féré.

(3) Marie et Walton. Du vertige de Ménière tabétique. Revue de méd., janv, 1883. M. Marie, interne distingué des hôpitaux a bien voulu me communiquer les épreuves de son mémoire qui n’avait pas encore paru aù moment où cette thèse a été rédigée.

siologique du nerf auditif était conservée, il est difficile d’admettre une dégéuération de ce nerf, et il faut songer plutôt à une lésion soit du nerf de l’espace, soit des noyaux cérébelleux auxquels se rendent

les fibres de ce nerf.

11 résulte de l’exposé clinique qui [précède que le vertige de Ménière est, soit un accident purement auriculaire (maladie de Monière, vertige aurai simple), soit un des premiers actes du retentissement cérébral des lésions du rocher et de l’oreille.

Voyous maintenant s’il en est de même pour les troubles intellectuels et les attaques épileptiformes.

Si, comme dit M. le professeur Bail, l’ouïe est le plus intellectuel de tous lessens(l) et celui dont les perturbations jouent le plus grand rôle en aliénation mentale, il faut avouer pourtant que les complications mentales des maladies de l’oreille et du rocher ont été jusqu’ici peu étudiées. De l’examen des documents épars que j’ai réunis, résulte la conviction qu’on ne saurait ranger ces complications sous une appellation commune et qu’une distinction est nécessaire.

Les lésions de l’appareil auditif peuvent entraîner des désordres très variables, depuis une légère dépression intellectuelle, jusqu’aux délires les plus accentués. D’un autre côté elles réagissent tantôt sur uii cerveau sain, tantôt sur un cerveau prédisposé, tantôt sur un cerveau déjà malade. Dans les deux premiers cas, elles seront l’origine ou la cause déterminante du trouble mental. Dans le second, elles se borneront à donner au délire une forme particulière, souvent transitoire (2).

Enfin, il est des cas assez nombreux où il est impossible de spécifier la filiation des phénomènes auriculaires et cérébraux, et où ils proviennent peut-être d’une source commune, alors même que les uns sont, en date, postérieurs aux autres.

Il faut donc étudier séparément : 1° l’état mental des individus

(1) Ball. Bull, de VAcad, deméd., 21 févr. 1882.

(2) Schwartze. Berl. klin. Wochensch., 1866, n»s 12 et 13. — Bœck. Ueber den Einflubs der Ohrenkr, auf die Gehirns Funktion. Pest. med, und chir. Presse, 1879, XV, p. 776.

atteints de maladie do l’oreille ; 2“ les phénomènes d’apparence hallucinatoire et les accès de délire qui peuvent constituer à eux seuls le trouble mental, ou bien survenir à titre de complications surajoutées à un état antérieur d aliénation ; 3° la troisième question est encore trop vague pour être discutée avec fruit.

mental de certains individus atteints d’une lésion de l’appareil auditif a quelque chose de spécial : c’est une dépression intellectuelle et morale hors de proportion avec la maladie causale. On ne saurait incriminer exclusivement la conscience d’une infirmité grave, puisque parfois celle-ci est ignorée du malade, et que dans d’autres cas la maladie est bénigne.

En efîet, comme le dit Trœltsch (1), ce n’est pas seulement chez les sourds qu’on observe ces troubles intellectuels; c’est aussi, et plus fréquemment peut-être, chez des individus atteints de bourdonnement ou sujets au vertige auriculaire. Ils n’atteignent pas seulement des femmes nerveuses et des sujets prédisposés, mais aussi des hommes intelligents et énergiques.

L’impossibilité de tout etîort, de tout travail de tête, la difficulté croissante de la compréhension, la perte de la mémoire, telles sont les conséquences de cette dépression de l’intelligence ; et quand le malade s’en aperçoit et veut lutter, la moindre tentative est suivie d’une céphalée plus pénible que la maladie elle-même. Parallèlement le caractère se modifie ; la tristesse, l’abattement, les idées noii’es envahissent l’esprit ; puis ce sont des colères ou des pleurs pour le plus léger motif. Les bourdonnements, s’ils existent, deviennent un vrai tourment et sont le point de départ d’une profonde mélancolie, qui aboutit quelquefois au suicide. Et comme chez le malade de Toyubee, on cherche souvent en vain la cause de ces troubles jusqu’au jour où par hasard on remarque une surdité unilatérale ignorée du malade et étrangère par conséquent à ses sombres réflexions. Enfin un dernier fait ne laisse aucun doute sur l’étiologie de ces accidents, c’est leur prompte disparition sous l’influence d’un traitement local. Toyubee désobstrua la trompe d’Eustache de son malade et celui-ci s’écria aussitôt qu’il était guéri et reprit sa gaieté première (2).

(1) Trœltsch. Loc. cit., p. 294.

(2) Toynbee. Saint-Georges Hosp, Rep,, 1866, p. 121, — Blau. Loc, cit:

Si mainteuant, la lésion initiale restant la meme, le centre nerveux sur lequel elle va se développer est préparé par des antécédents psychiques, par l’âge avancé du malade, une maladie antérieure à détermination cérébrale, et eu particulier par une altération osseuse ayant ou non retenti déjà sur le cerveau, etc., les désordres mentaux vont revêtir une forme bien autrement grave, ou plutôt autrement effrayante, car le pronostic n’en est souvent que peu modifié. Les accidents qui apparaissent alors sont des phénomènes d’ordre hallucinatoire, des accès de délire qui vont jusqu’à rappeler certains côtés du délire des paralytiques généraux.

Les sontfréquentes dans les maladies de l’oreille; mais pendant longtemps, on n’a vu dans ce rapport qu’une simple coïncidence ; la théorie exclusivement psychique des hallucinations, généralement admise, ne permettait pas d’établir d’autre lien entre la lésion et le symptôme. Cependant Longet avait déjà prouvé qu’un courant électrique peut provoquer des hallucinations de l’ouïe chez des individus prédisposés, il est vrai. Et l’on avait aussi remarqué à l’autopsie d’aliénés ayant présenté des hallucinations de l’ouïe, des lésions de l’appareil auditif. Mais, plus que tout autre, un fait curieux semble mettre hors de doute l’influence des lésions auriculaires, ce sont les hallucinations unilatérales ; dans ce cas le symptôme n’existe que d’un coté, toujours du côté malade. On a vu là un grand argument eii faveur de la théorie psycho-sensôrielle (Baillarger, Michéa, A. Voisin, Bail) opposée à la théorie exclusivement cérébrale qui place le point de départ unique des hallucinations, soit dans la couche optique (Luys, Ritti), soit dans les régions qui sont le siège de l’imagination et de la mémoire (théorie psychique), soit même dans les centres sensoriaux de l’écorce (Tamburini, de Modène) (1).

Mais, comme le fait remarquer M. le professeur Lasègue (communie, orale) ce qui a contribué à compliquer la question, c’est que ces hallucinations par lésion auditive n’ont pas le caractère pour ainsi dire complet des vraies hallucinations ; le malade entend un cri soudain, quelques mots incohérents, mais pas de ces phrases qui se rapportent toujours et avant tout à la forme de son délire. Elles ne ressemblent

(1) Aug. Voisin. Leçons cliniques sur les maladies mentales, 1876, p. 68.

— no —

pas aux grandes hallucinations de 1 ouïe (pii ollrcnt un i apport constant avec la forme du délire et qui ont lieu toujours dans le sens de celui-ci. Il y a là un caractère diagnostique de première valeur et qui individualise cette espèce d’hallucination inférieure, la seule qui relève démon sujet (1).

Ou trouve dans le mémoire bien connu de M. Baillarger (2) un cas d hallucinations analogue à ceux dont nous parlons, mais il est relativement peu probant, car celles-ci existaient des deux côtés et étaient seulement prédominantes du côté mala.de. Tout autre est le cas de M. le professeur Bail (3). Ici l’évolution, les symptômes, le traitement, tout s’accorde à faire des hallucinations la conséquence de l’altération de l’oreille. Il s’agit d’un homme qui depuis l’âge de 13 ans avait une otorrhée chronique gauche avec diminution de l’ouïe, sifflements et bourdonnements. A 16 ans 1/2 il eut une fièvre typhoïde qui lui laissa un affaiblissement de l’intelligence et delà mémoire. Alors survinrent des hallucinations localisées au côté gauche, dont le malade reconnaissait parfaitement la fausseté, et qu’il rattachait lui-même à leur véritable point de départ. Un traitement local diminua l’écoulement et les hallucinations.

Dans ce cas, l’influence d'une prédisposition cérébrale est évidente : « D’une part l’irritation sensorielle périphérique s’accroit; de l’autre, le cerveau auquel elle se transmet cesse d’être un cerveau normal, capable de se soustraire complètement à cette influence pathologique. Dès lors aussi, la scène change, et les bruits morbides, jusqu’alors bornés à des bourdonnements et à des sifflements sans importance, s’organisent peu à peu, se perfectionnent pour ainsi dire, et par une série de modifications progressives, aboutissent finalement à la voix articulée, c’est-à-dire à l’hallucination à son degré le plus parfait. »

(1) Cette réserve étant faite, je continuerai néanmoins, pour plus de rapidité, à me servir du terme général d’hallucination.

(2) Baillarger. Des hallucinations, des causes qui les produisent, etc. Paris, 1846, p. 302.

(3) Bail. Loc. cit. M. Bail avait observé antérieurement un cas semblable. Voir : Encéphale, 1881, p. 45 : Des hallucinations unilatérales, par E, Régis. — Voyez aussi ; Régis, Annales méd. psych,, 1882, p. 459; Note sur un cas d’hallucinations unilatérales de l’ouïe consécutives à une inflammation chronique de l’oreille moyenne.

Quelquefois apparaissent des symptômes qu’on pourrait rapporter à une maladie mentale particulière ; ainsi Meyer (de Hambourg), Schwartze, S. John Roosa, ont publié des cas de mélancolie guéris par l’enlèvement de cérumen concrété (1). Un malade de Th. Browne, présentait depuis sept ans des signes de folie, quand le hasard fit découvrir une otite ancienne, dont la guérison fut suivie de la disparition de oet état mental de si longue durée (2). M. Brown-Séquard m’a raconté l’histoire d’un, malade auprès duquel il fut appelé parle docteur Elmyra, de New-York, et que l’on croyait atteint de paralysie générale. M. Brown-Séquard, en percutant le crâne, détermina une vive douleur au niveau de l’apophyse mastoïde; puis l’attention étant éveillée sur ce point, on reconnut l’existence d’une collection purulente dont l’ouverture amena la disparition complète de cette pseudoparalysie générale. On trouvera dans le traité de Toynbeeun cas très analogue (3).

J’ai réuni un assez grand nombre d’observations où étaient signalés les accès de délire, isolés ou associés aux variétés précédentes ; plusieurs de ces cas concernent des enfants. Les malades sont agités, crient, vocifèrent, frappent les assistants j leur figure et leurs gestes expriment la colère ou la terreur. Les cas de MM. Gellé, Bouchut et E. Ménière, sont particulièrement instructifs, parce que les troubles semblaient dus à la rétention du pus. Mais, dans ces observations, les phénomènes cérébraux m’ont paru plutôt se rapporter à un délire fébrile, empruntant ses caractères spéciaux à J’âge des sujets atteints, qu à ce que 1 on est convenu d’appeler accès de manie, Au.ssi l’observation de Rhyss Williams est-elle bien plus significative : un homme de 36 ans, jusque là bien portant, devient tout à coup morose, abattu ; il crie, injurie, voit des diables, a de l’insomnie. A cette crise de manie succède une période de mutisme et de mélancolie. Quinze jours

(1) Meyer. Cité par Trœltsch. Loc, cit. — Schwartze. Berl. Min. Wochensch., 1866.— S. John Roosa. Arch. of otol., 1880, p. 19. — Tuczek Berl. klin. Woch., 1881, p. 432.

(2) Th. Browne. A case of insanity with hallucinations of hearinff of sever year standing, depending on disease of the middle ear. Brit. med Journ., 13 mai 1882. — D. Hilston. Ibid., p. 697.

(3) Lire à ce sujet le très intéressant article de Trœltsch. Lehrbuch d Ohrenk., 1877, p, 566 (dern. édit, allem.)

après, l’excilation revient et dure plusieurs mois. On s'aperçoit enfin de l’existence d’un écoulement purulent de l’oreille qui. datait de longtemps; une collection purulente se forme au niveau de l’apophyse mastoïde, où l’ouvre, et la raison revient aussitôt (1).

Ceci conduit à parler de l’influence que les lésions de l’appareil auditif peuvent exercer sur l’aliénation mentale confirmée. Kôppe i2)cite 31 aliénés atteints de maladies de l’oreille et présentant des hallucinations auditives ; dans un certain nombre de ces cas, les symptômes subjectifs et les hallucinations disparurent sous l’influence d’un traitement local de l’oreille. Deux fois une oreille seule était atteinte et les hallucinations n’existaient que de ce côté. Dans une enquête faite à l’asile des aliénés de Blois, sur 52 malades atteints de délire de persécution avec hallucinations auditives, M. Douirehente n’a pourtant trouvé que deux cas de surdité complète et trois cas de diminution de l’ouïe, ce qui tend à réduire notablement la valeur donnée par Kôppe aux altérations de l’ouïe; car en dehors du rapport très minime observé par M. Doutrebente entre les hallucinations de l’ouïe et des lésions auditives, il n’est pas démontré que, dans ces cas même, celles-ci fussent la cause de celles-là. En effet M. Doutrebente ne connaît qu’un seul fait où la corrélation fut étroite ; c’est celui d’un voyageur de commerce âgé de 42 ans qui a fait deux séjours à . l’asile des aliénés de Blois, et qui souffre depuis dix ans d’une otorrhée. Ce malade présente ceci de particulier, c’est que le délire éclate dès que l’écoulement cesse et que la guérison a, deux fois déjà, coïncidé avec le retour de l’écoulement purulent par l’oreille (3).

(1) Gellé. Trib. méd., 1875. — Bouchut. Du délire et de la folie produits par les maladies de l’oreille interne. Gaz. des hôp., 1877. p. 1001. — E. Ménière. Gaz. des hôp., 1878, p. 147.— Rhyss Williams. Insanity associated with an abscess connected with the ear. Recovery by openiug of the abscess. Lancet, 28 avril 1877. — Ribbe. A case of transient mania. Rocky- Mountain med.. Times, 1882, I, p. 33. — Burns. Ibid., p. 325.

(2) Kôppe. Ailgem. Zeitschr. f. Psychiatrie, 1867, XXIV et Zeitschr. f.

Ohr., 1875, IX, p. 226.

(3) Voyez encore : Moos et Steinbrügge. Hyperostosen und Exostosenbildung, Ilammerkopfankylose, knôchener Verschluss des runden Fensters- colloïd Entartung des Hômerven in dem Felsenbein einer 80 jahr hallucirenden Geisterkrankes. Zeitschr. f. Ohr., 1881, X, p. 48. — Pomeroy. Hallucination of hearing in the insane. Trans. ofthe Amer. otol. Soc., 1871, p. 184. — Gellé. Soc. bioL, 1879, p. 79.

Eu tout ceci ou doit se borner à formuler des hypothèses, et la question est loin d’être mûre. Puisqu’il y a des hallucinations de Fouie avec oreille intacte et d^autres avec oreille malade, que ces formes d’hallucinations sont différentes en fait, il faut donner une part considérable au côté purement psychique, et ne pas conclure d’emblée d’une lésion de l’appareil auditif à son influence absolue sur l’hallucination concomitante; d’ailleurs les aliénistes, que j’ai consultés à ce sujet, m’ont tous déclaré qu’il était impossible d’évoquer une formule, même très approximative, qui s’appliquât à la majorité des cas.

Si l’on voulait envisager toutes les faces du problème, il y aurait encore de nombreuses questions à soulever; et, parmi celles-ci, le rapport existant entre l’aliénation mentale et les lésions du nerf auditif trouvées par Moos, Hubrich, etc. ; puis l’influence sur l’aliénation mentale de la surdité transmise héréditairement (1). Mais, aux rares faits positifs qui permettraient de porter un jugement, on peut opposer tant de faits négatifs, que les questions posées no comportent pas actuellement de solution.

L’exposé forcément imparfait qui précède n’a qu’une valeur nominale et de pure constatation; aussi chacune de ses parties se résumet-elle à peu près en un aveu d’impuissance. Une seule conclusion pratique en découle, c’est que les altérations de l’ouïe et du rocher, depuis les plus légères, peuvent être la cause de troubles intellectuels, variant de la simple dépression morale au délire le plus élevé. Or quels sont les troubles intellectuels qui, d’après ma statistique, peuvent etre considérés comme des accidents de la période pi’émonitoire? Ce sont des troubles variables: changements de caractère, dépression morale, affaiblissement intellectuel, puis des phénomènes auditifs hallucinatoires, diverses variétés de délire allant jusqu’à la fureur, et l’on se souvient que, dans plusieurs observations, les malades ont dû être enfermés dans des asiles d’aliénés. Qu’il s’agisse de simples troubles fonctionnels, souvent curables, ainsi que nous venons de le voir, ou de ces épiphénomènes de sombre pronostic qui expriment le tr’avail latent et progressif d’une lésion auriculaire ou pétreuse, l’aspect clinique ne diffère donc pas. Aussi importe-t-il de continuer ici l’enquête

(1) Luys. Anu. des mal. de l’oreille et du larynx, 1877, p. 203.

Robin,

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