‹ Des affections cérébrales consécutives aux lésions non traumatiques du rocher et de l'appareil auditifChapitre 4 sur 24 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

QUELLES SONT LES LÉSIONS DU ROCHER ET DE l’aPPAREIL AUDITIF QUI PEUVENT ENGENDRER DES AFFECTIONS CÉRÉBRALES.

I. Lésions de l'appareil auditif: otites moyennes; cholestéatomes ; otites interne et externe. — II. Lésions du rocher; leur nature : elles sont presque toujours secondaires; carie du rocher chez les tuberculeux et les syphilitiques. — Tumeurs du rocher et de l’appareil auditif. — III. Lésions plus particulièrement conjuguées aux troubles fonctionnels : Inflammations et troubles circulatoires.

On peut dire avec M. le professeur Duplay qu’il n’est pas une affection de l’appareil auditif qui ne puisse causer des troubles cérébraux. Du vulj^aire bouchon de cérumen aux altérations les plus profondes de 1 oreille, du rocher ou de l’apophyse mastoïde, il n’est pas un degré morbide d'où ne puisse dériver une complication cérébrale. Pourtant il faut reconnaître que, dans la majorité des cas, c’estl’oft^e moyenne suppuree chronique^ ordinairement désignée sous le nom otorrhée chronique., qui est la cause dominante des affections inflammatoires de 1 encéphale (1). Cette otorrhée succède le plus souvent à l’otite moyenne aiguë qui passe à l'état chronique, d'abord par négligence thérapeutique, puis sous l’influence d’un traitement mal dirigé, d’irritations locales répétées, d’un état diathésique ou d’une maladie générale. L idée populaire d’un exutoire utile dont la suppression va produire les accidents les plus graves et même des maladies du cerveau, est une interprétation fausse de ce grand fait que les manifestations cérébrales des otorrhées suivent souvent l’arrêt de l’écoulement purulent . aussi hésite- t-on à traiter ces otites. Il sera surabondamment prouA é au cours de cette étude que l’absence de traitement est, au contraire, un agent efficace de cette transmission cérébrale.

L otite moyenne purulente aigue peut devenir quelquefois aussi

(1) D après les statistiques fort complètes de Wreden, il y abcès du cerveau dans 14 0/0 de cas d’otorrhée chronique.

aurait des

une cause cl’aociclcnts'cérébraux. Urbantschitsch cite le cas d’un vieillard de 73 ans, vigoureux, indemne de toute affection cérébrale ou auriculaire, lequel mourut d’accidents cérébraux (perte de connaissance, vomissements, hémiplégie droite) 56 heures après le début d’une otite moyenne aiguë consécutive à un refroidissement (1). Si même l’on prend pour base le nombre des observations publiées dans ces dernières années, leur fréciuence serait un peu plus grande que ne le peusent les spécialistes (2). La tendance à ces complications serait plus marquée chez l’adulte, si l’on en juge par les observations que j’ai rassemblées (3).

(1) Dans ce cas, la marche fut d’une rapidité presque foudroyante. Les symptômes cérébraux débutèrent 36 heures après l’apparition des premières douleurs d’oreille; le malade fut emporté en 20 heures.

(2) Knapp cependant, en relevant les cas de sa pratique ne trouva qu’un cas de mort par accidents cérébraux sur 182 cas d’otite moyenne aiguë. Arch. of otol., 1879, p. 17. Homme de 53 ans; début des accidents 45 jours après l'invasion de l’otite. Mort en 4 jours.

(3) Obs. d’affections cérébrales consécutives à des otites moyennes aiguës. — J. -P. Franck. Interprêtationes, 1812, p. 142. H., 40 ans, 20 j. de durée. — Itard. T. I, p. 193. -- Wilde. P. 241. — E. Clarke. Arch. of.sc. andpract. med., 1873, n<> 1. Mort en 4 semaines ; abcès cérébral. — Gâhde. Arch. f. Ohrenh., VIII, p. 198. Tympan intact; mort en 18 j.; rétention du pus dans la caisse; méningite. — Toynbee. Mal. de l'oreille, p. 247-320. — - Noyés. Phil. med. andsurg. JRep., 1874, p. 13. Mort par abcès du cerveau.

— Darolles. Soc. anat., 1875. Méningite causée par l’irruption du pus dans le canal de Fallope. — Woimant. Th. deParis, 1877, obs. X. Cas de guérison. — Berndgen. Mittheil. f. Ohrenh., III, 1877. H., 21 ans ; mort subite; pachyméningite et abcès du cerveau. — Burnett. The ear, 1877, p. 462. Mort en 4 semaines ; abcès du cerveau. — Schwartze. Arch. f. Ohr., 1878, XIII, p. 107. Otite labyrinthique; méningite. — Agnew. Arch. of otol., 1879, VIII, p. 75. — G. Roos. Canada med. and surg. Journ., 1879-80, VIII, 343, 3i5. — Hicks. Amer. Journ. of otol., 1879, p. 205. Cas de guérison après paracentèse de la membrane. — F. Allport. Amer. Journ. of otol,, 1880, II, p. 189-192. — D. Risley. Trans. Amer. med. Assoc. 1880, XXXI, p. 677.

— C. Hotz. Chicago med, and surg. Journ., 1880. Phlébite du sinus lat. et pyoémie. Avait déjà publié un cas analogue en 1876 ; Illinois Trans. med. Soc. — Urbantschitsch. Trad. Calmettes, 1881, p. 285. — Lôring. Amer. Journ. of Otol. 1881. Otite croupale de la caisse; méningite, mort rapide.

— Merrill. Med. News., 1882, p. 155. H., 32 ans. Mort de méningite en 4 jours. Os sain.

Dans les 8 cas où nous avons pu noter l’âge, il s’agissait toujours d’adultes : 21, 26, 30, 32, 38, 40, 43, 73 ans. Sur ce nombre 6 hommes et 2 femmes.

Mais Trœltsch la croit fréquente aussi chez l’enfant; pour lui la pneumonie infantile accompagnée de symptômes méningitiques et désignée en Allemagne sous le nom de pncwwom'e cérébrale, serait en réalité une pneumonie associée à une otite qui tiendrait les manifestations cérébrales sous sa dépendance. Steiner s’est absolument rallié à cette opinion, dont il a fourni la démonstration. Il dit même avoir vu les symptômes cérébraux disparaître comme par enchantement dès que l’oreille commençait à couler (1).

Ir otite jpe'riostique de M. Duplay peut, suivant lui, s’étendre facilemert à l’os sous-jacent et gagner les méninges, ou passer à l’état chronique et se comporter alors comme une otorrhée avec altération osseuse. Et il n’est pas jusqu’au catarrhe simple de la caisse qui n’ait déterminé des accidents cérébraux. En tout cas, le fait est d’une extrême rareté, et il n’en existe, à ma connaissance, qu’une seule observation authentique (2).

Il est encore une variété d’otite moyenne chronique qui conduit fréquemment aux affections cérébrales : c’est l’affection décrite sous le nom de choleste'atome (J. Millier), sebaceous ou molluscous tumours (Toynbee), otite desquamative (Urbantschitsch et Wendt). Ces cholestéatomes paraissent être le résidu épithélial plus ou moins dégénéré d’une otite desquamative ; ils siègent dans la caisse et dans l’apophyse, dont ils usent progressivement les parois, au point de les perforer du côté de la cavité crânienne (3).

Les phlegmasies de V oreille interne sont le plus souvent secondaires

(1) Jahrhuch. f. Kinderk,, 1869, II, n<> 4.

(2) Zaufal. Otitis media mit serôsem Secret in der Paukenhôhle und in den Zellen der Proc. Mast. bei imperforirtem Trommelfell.— Sinus thrombrose und Meningitis. Tod. Arch. f. Ohrenh. XVII, p. 157, 1881,

(3) Les opinions les plus diverses régnent sur la nature de cette affection caractérisée par la présence dans la caisse, l’apophyse mastoïde, l’oreüle externe et plus rarement dans le labyrinthe (Pappenheim) de tumeurs solides, crayeuses, d’aspect sébacé ou caséeux. Wendt admet leur nature épithéliale et leur origine inflammatoire. Lucae en fait des tumeurs sui generis , Gruber les regarde comme des néoplasies particulières naissant sur Une muqueuse ulcérée ; Bezold croit qu’elles sont épithéliales, provoquées bar une inflammation anlérieurej mais qu’elles constituent ultérieurement une affectiori iüdêpetidarite.

à l’otorrhée chronique (Ih Mais elles méritent d'être signalées ici, parce que, d’un coté, elles servent parfois d’intermédiaire entre l’otorrhée et l’affection cérébrale, et que d’un autre coté, si discutée que soit leur indépendance, il existe au moins un cas incontestable do lésions cérébrales consécutives à une inflammation primitive et localisée du labyrinthe ; ce cas aurait été observé chez une syphilitique, et si Trœltsch émet quelques doutes sur sa valeur, les raisons qu’il avance ne paraissent pas absolument convaincantes; on sait, d’autre part, que l'oreille interne est le siège le plus habituel des afièctions syphilitiques de l’appareil auditif (2).

Aux affections de l’oreille interne se rattache la question très discutée du rapport qui existe entre l’otite et la méningite cérébrospinale. On sait combien dans cette maladie sont fréquentes et graves les phlegmasies de l’oreille, puisque Ziemssen lui attribue un rôle prépondérant dans l’étiologie de la surdi-mutité (3). Or les auteurs sont divisés en trois groupes : les uns admettent un retentissement do la maladie méningée sur l’oreille interne ; les autres pensent que l’inflammation labyrinthique est concomitante et non consécutive ; d’autres, enfin, pensent avec Voltolini que l’on fait erreur en confondant avec la méningite cérébro-spinale une maladie méningilique spéciale.

(1) Exemples. Trœltsch, Arch, f. Ohrenh. IV. F., 20 ans. Otorrhée depuis 10 ans. Mort en 8 jours. Ôtite moyenne propagée au labyrinthe. Pachyméningite, abcès cérébral et cérébelleux. — Moos et Steinbrügge. On the histolog. changes of the middle and inner ear. Archiv. of. otol. 1881. — Otorrhée depuis 18 ans. Mort en 5 jours avec accidents vertigineux. Carie du rocher, extension au labyrinthe; hyperostose de la caisse. A.bcès du cervelet. — Moos. Arch, of otol. 111,1874, p. 183. Garçon de 3 ans 1/2. Otorrhée ancienne. Accidents méningitiques. Inflammation de la membrane, du labyrinthe, méningite, abcès dans le lobe temporal droit. — Liégeois. Mouv. méd., 1869. Otite moyenne propagée au cerveau par le labyrinthe.

(2) Schwartze. Path. Anat. des Ohres, in Klebs. Handb. d. path. Anat. 1878, p. 121. F., 32 ans, syphilitique. Méningite suppurée diffuse avec otite labyrinthique sans lésions de la caisse. — froltsch. Les mal. de l’oreille chez l’enfant. Trad. franç., 1882, p, 222.

(3) La surdi-mutité est plus fréquente dans les provinces allemandes qui, depuis 1864, ont été visitées p.ar de grandes épidémies de méningite cérébro-spinale (Poméranie, Posen, Prusse) (UrüUsch). A Bamberg, 42 enfants de l’asile, à Nuremberg, 22 sur 32 doivent leur infirmité à la méningite cérébro-spinale (Ziemssen).

secondaire à une inflammation primitive du labyrinthe (1). J avoue que les signes diagnostiques et les arguments fournis par ce dernier auteur à l’appui de sa thèse n’entraînent nullement la conviction ; aussi, suivant l’exemple de M. le professeur Jaccoud, je me rangerai à la suite de ceux qui>discutent les deux premières théories, en n’abordant pas l’étude des symptômes cérébraux dans la maladie de Voltolini.

Viennent maintenant les lésions de V oreille externe^ qui, voisine de la fosse cérébrale moyenne, du sinus latéral, est peut-être plus souvent qu’on ne le croit, la cause de méningites dont l’étiologie reste plus ou moins ignorée, parce qu’on ne va pas la chercher dans une afîection de l’oreille en apparence peu grave (Duplay). Depuis que l’attention a été attirée sur ce point, ou a recueilli un certain nombre d’observations parmi lesquelles je citerai celle récente de Bonnemaisou. Toute cause capable de produire une otite externe pourra donc devenir l’occasion d’une affection cérébrale (2).

Toutes les phlegmasies de l’appareil auditif interviennent dans la genèse des affections cérébrales, soit à titre de lésions inflammatoires,

(1) Voir sur cette question: opinion: Heller. Deutsch. Arch. f. Kl.

Med,, 1867. — Duplay. Path. ext., IV, p. 179. — Lucae, Arch. f, Ohr., V, p. 188. — Knapp. Arch. of ophth, and otol., II, p. 204, 1871. — Gottstein.

2® opinion: Klebs. Virch. Arc/i., XXXIV. — Moos. Klin, d, Ohrenh,,

3® opinion : Voltolini. Mon. f. Ohrenh., 1867.

(2) Revue médicale de Toulouse. Mai 1875. Méningite dans le cours d’une otite externe, sans lésion du rocher ni de la dure-mère, — Voici encoie d’autres observations : Toynbee. Mal. de Vor. Trad. fr., 1874.

1® Confusion cérébrale, impossibilité de marcher causée par un bouchon de cérumen, p. 68.

2® Inflammation aiguë de l’or. ext. s’étendant au cerveau et aux méninges. F., 24 ans. Mort en 35 jours, p. 75.

3° Catarrhe chronique du méat externe; carie de la paroi post.; phlébite du sinus latéral. Ramollissement d’un hémisphère cérébelleux. Mort en 28J., P-187.

La paroi supérieure du conduit est contiguë à des cellules osseuses qui la séparent de la fosse cérébrale moyenne. Or ces cellules, parfois peu développées, sont souvent à peine apparentes ; le conduit est alors très proche de la fosse cérébrale, ce qui donne l’une des raisons de la propagation.

aidées par des conditions de rapports anatomiques et par le terrain sur lequel elles évoluent, soit, au contraire, par l’intermédiaire de lésions du rocher dont je vais m’occuper maintenant.

Ces lésions du rocher doivent être envisagées au point de vue de leur nature et de leur siège.

Un grand fait domine toute la question de nature, c’est que les lésions du rocher sont presque toujours secondaires aux affections de l’appareil auditif. Puisque la muqueuse des cavités de l’oreille sert de périoste à l’os qui Insupporte, elle ne peut être longtemps ou profondément atteinte sans que l’os ne s’altère lui-même. Ces lésions débutent par l’ostéite pour aboutir à la suppuration, à la carie, àla nécrose. Plus rarement elles sont liées à la périostite du temporal et de l’apophyse mastoïde décrite par Duplay. Sans être un intermédiaire fatal, elles jouent donc un rôle prépondérant dans la pathogénie des complications cérébrales (1).

Ces lésions sont circonscrites ou envahissantes, et l’état général du sujet est la condition la plus puissante parmi celles qui produisent l’une ou l’autre de ces éventualités. Mais, si fréquentes que soient les affections cérébrales secondaires aux lésions du rocher, il serait inexact de croire qu’il existe un rapport absolu entre ces deux termes, car on observe quelquefois encore l’élimination d’un séquestre du rocher et la guérison du malade, sans qu’aucun accident cérébral soit intervenu ; on connaît même des exemples d’élimination de la région mastoïdienne et de nécrose totale du rocher, avec mise à nu de la dure-mère, sans complication céi’ébrale. Gottstein, qui rapporte l’un de ces cas, admet qu’il s’était fait une périostite voisine, avec néoplasie osseuse protégeant les organes mis à nu (2).

(1) D’après ma statistique, sur 200 cas d’accidents cérébraux suivis de mort, consécutifs à des lésions de l’appareil auditif, le rocher ou l’apophyse étaient altérés 166 fois ; 33 fois seulement ils ont été notés sains ; soit : Rocher sain, 17 0/0 seulement. Pour Kûster, la proportion serait de 33 0/0.

(2) Obs de Wilde, Vollolini. — Gottstein : Arch. f. Ohrenh., 1880, p. 51, Le séquestre comprenait l’apophyse masto’idiennej la région tympaniquei

J'ai dit plus haut que les lésions du rocher étaient presque toujours secondaires ; en effet, les affections primitives du rocher et parmi celles-ci Voste'ite tuberculeuse de Nélaton sont mises en doute par tous les travaux récents (1). Sans nier absolument cette dernière variété, dont Zaufal et Schwartze (2) ont publié des observations assez probantes, j'admettrai avec M. le professeur Cornil, avec Hardy et Béhier, Trœltsch, qu’elle est au moins fort rare, et que si les lésions du rocher, et par conséquent, les accidents cérébraux consécutifs sont fréquents chez les tuberculeux, cela tient à deux raisons : la première, c’est que, pour des motifs bien étudiés par Hardy et Béhier, l’otite est une complication fréquente de la tuberculose ; la seconde, c’est qu’en raison de l’état général du sujet qu’elle atteint, l’inflammation de l’oreille tend à devenir ulcéreuse et envahissante.

La tuberculose étant écartée, jusqu’à solution plus complète de la discussion, il ne reste plus que de rares exceptions dans lesquelles ou puisse considérer la lésion pétreuse comme primitive. Urbantschitsch etFarwick l’admettent sans en donner la preuve, et Wreden rapporte que chez les individus affaiblis ou syphilitiques la carie du rocher peut succéder à des gommes de l’os ou à la gangrène du pavillon.

Mais ici une distinction est nécessaire ; en effet, chez les syphiliti-

et la trompe osseuse, une partie de l’écaille et du rocher, le squelette du limaçon et des canaux demi-circulaires. — Gruber. Monatschr. f. Ohrenh,, 10, 1879. — Schwartze, Arch. f. Ohrenh., X, p. 26, rapporte une observation semblable : mise à nu de la dure-mère, du sinus transverse et de l’artère méningée moyenne, sans fièvre ni accident cérébral.

(1) Thèses récentes sur cette question : Prévôt, Paris, 1873. — La Bellière, Paris, 1874. — Laventure-Augé, Paris, 1875. — Voir aussi ; Guerder. Ann. des mal. de Voreil. et du larynx, II, p. 341, 1876. — Trœltsch. Handbuch der Ohrenh., 1877, p. 460.

Admettent la tuberculose primitive du rocher : Menière, Rilliet et Barthez, Wilde, Lemaître (Soc. anat., 1848], Morel-Lavallée, Champsaur, Nélaton, Zaufal.

Nient cette tuberculose ou la croient très rare; Prompt, Hardy et Béhier, Triquet, La Bellière, Guerder, Trœltsch, Urbantschitsch, Cornil (comm. orale), Duplay. Schütz n’aurait jamais trouvé de tubercules chez l’homme mais seulement chez le cochon.

(2) Zaufal. Arch. d. Ohrenh., II, p. 174. — • Schwarze. Ibid., V, p. 296.

Tubercule delà grosseur d’un œuf de pigeon sur la face postérieure du locher.

ques la carie du rociior n’est pas rare et se présente sous deux modes. Dans le plus fréquent, on trouve comme intermédiaire une otorrhée ou une lésion de l’oreille interne (1). L’otorrtiée est ordinairement consécutive à des plaques muqueuses de l’orifice pharyngé de la trompe ; la lésion de l’oreille interne est le plus souvent primitive. Dans le second, il n’y a pas d’altération de l’appareil auditif, et le rocher est frappé cette fois primitivement. Mais il n’est pas seul en cause, et ces sortes de carie atteignent aussi les fosses temporales et même une partie plus ou moins étendue des os de la base du crâne. Cette variété est très rare, je n’en connais que deux exemples. L’un m’a été communiqué par M. le professeur Fournier, l’autre par MM. Fournier, Blanche et Meuriot, auxquels j’adresse tous mes remerciements. Dans ces deux cas, qui seront étudiés plus loin, il n’avait pas été constaté de troubles de l’audition pendant la vie. Quant à l’existence de lésions syphilitiques exclusivement localisées au rocher, et ayant causé des accidents cérébraux, je n’en ai pas trouvé d’exemple. La règle générale posée tout à l’heure sur le caractère secondaire des lésions du rocher reste donc vraie dans sa teneur essentielle (2).

(1) Comme exemples de troubles encéphaliques dus à l’otorrhée ou à des lésions de l’oreille interne chez des syphilitiques, voyez comme exemples les travaux suivants :

S‘ John Roosa. Syphilis of Labyrinth. Reports of the first Congress of the international Otolog. Soc. of Neio-York, 1877, p. 136.

Sexton. Three Cases of Sudden deafness trom Syphilis. Aineric. Journ. of otology, 1882, p. 301. Sexton fait jouer un rôle aux granulations qui se développeraient dans la caisse et gêneraient le jeu des osselets.

Dalby. Syphilitic affections of the Ear. Lancet, 1877, t. I, p. 191.

Kipp. Affections auriculaires dans la syphilis héréditaire. Transact.of. the Amer, otol. Soc., 1880.

(2) Cas de Wreden. Petite fille de 8 mois. Syphilis héréd. Gangrène de l’oreille: chute de tout le temporal. Mort en 10 heures. — Moos. Ueber path. Befunde im Ohrlabyrinth. bei secundâr Syphilitischen und die durch dieselben bedingten Gehôrstôrungen. Virch. Arch,, 1877. Cas d’un homme de 37 ans, ayant eu des vertiges et de violents tintements d’oreille, avec une céphalée à redoublement nocturne ; mort. Description histologique complète des altérations de l’oreille interne. Ce cas est un exemple de lésions syphilitiques du labyrinthe avec sclérose du rocher, sans que l’oreille moyenne ou externe fût intéressée. — Zuckerkandl a publié deux cas dans lesquels il a trouvé des ostéophytes considérables des deux rochers. Mo~ natsch, f. Ohrenh., 1880.

Reste la question du siège : elle est de premier ordre et commande souvent la nature de la complication, comme on a pu le deviner déjà en lisant dans le premier chapitre les rapports de la caisse et du rocher avec les divers organes de la cavité crânienne. Même par la paroi interne de la caisse, l’inflammation peut gagner le prolongement méningé qui pénètre dans le trou auditif interne et nécroser le limaçon (1).

Tout ce que l’on vient de dire du rocher peut s’appliquer à l'apophyse oncisioïde. Les lésions de celles-ci sont l’un des facteurs les plus importants des affections cérébrales ; or ses altérations, comme celles du rocher, sont, à de très rares exceptions près, toujours secondaires à des aflections de Tappareil auditif (2) .

Il est encore un ordre de lésions susceptibles d’engendrer des affections cérébrales, ce sont les tumeurs. Les plus fréquentes sont les polypes; on admet aujourd’hui qu’ils sont généralement secondaires soit â l’otorrhée chronique, soit à la carie et à la nécrose de 1 os. Comme nous le verrons plus tard, ils interviennent quelquefois à titre do cause occasionnelle dâns le développement des accidents cérébraux (3). Quant aux tumeurs proprement dites., ostéomes, sarcomes, cancers, etc., originaires de la caisse, de l’os, du conduit ou du nerf auditif (4), elles peuvent comprimer l’encéphale, se propager à ses

(1) Remarquons cependant que la propagation de la nécrose du labyrinthe à la cavité crânienne n’est nullement constante et que la mort n’en est pas la conséquence la plus habituelle. — Voyez, outre les traités généraux, les obs. récentes de Richey. Chicago med. Journ, and Examiner, 1878, p. 405.

(2) Deux observations semblent contredire cette opinion. La première est de John Roosa. La seconde est de Pierce (Trans, of otol.Soc., 1870). M ais des douleurs d'oreilles ayant précédé l’apparition des symptômes mastoïdiens, elles ne sont riep moins que convaincantes. Une 3° obs. plus concluante a été publiée par Pomeroy: A.bcès de l’apophyse mast., pénétrant jusqu’aux ventricules ; ouïe parfaite ; caisse et labyrinthe intacts. — Voir aussi : Woimant. Th. Paris, 1877. — Gervais. Th. Paris, 1879.

(3) Pour Wreden, les polypes sont toujours liés à la carie de la caisse.

Wissel prétend au contraire que sur 67 cas de polypes, 4 seulement reconnaissaient cette origine. Lange (de Copenhague) se rallie à l’idée de Wreden. Au point de vue dn pronostic et du traitement, il serait capital de trancher cette divergence. <

(4) Voir comme exemples les observât, suivantes : Brückner. BerL, klin. Woc/i., 1867, n» 29. Gliome du nerf auditif. Étourdissements pendant 4 ans.

enveloppes, déterminer une inflammation de voisinage, ou enfin agir sur les centres par l’intermédiaire du nerf de l’ouïe ; en un mot, le retentissement cérébral fait fréquemment partie de leur histoire clinique et constitue leur mode de terminaison le plus habituel.

Toutes les lésions précédentes sont capables de produire dans le cerveau des lésions et de simples troubles fonctionnels, suivant la ma- , nière d’être de leur action. Signalons maintenant des lésions qui sont ; plus particulièrement conjuguées aux troubles fonctionnels.

Les unes sont wfiammatoires. C’est, pour l’oreille interne, l’otite t labyrinthique primitive et a frigore (1), consécutive à une affection [ générale (2), symptomatique dans les maladies pyoémiques et typhi- i qùes, ou enfin syphilitique. Pour la caisse, ce sont ses inflammations s aiguës ou chroniques les plus superficielles. Pour le conduit auditif, | ce sont ses accumulations cérumineuses et sa phlegmasie. Pour la i trompe, ce sont toutes les causes qui l’oblitèrent même passagèrement, i d’où excavation de la membrane et enfoncement de l’étrier avec se conséquences (3).

Les affections non inflammatoires sont principalement des hémorrhagies et congestions dans les diverses parties de l’oreille et spécialement dans le labyrinthe (lésion de Ménière). Mon maître, M. le pro- ; fesseur Bouchard, m’a cité l’exemple d’un hémophilique, qui, à plu- i sieurs reprises, fut pris de surdité et de vertiges, en même temps que de purpura. Y aurait-il eu des poussées congestives du côté du labyrinthe, coïncidant avec les hémorrhagies cutanées?

Telles sont les lésions qui peuvent influencer l’encéphale ; nous pouvons aborder maintenant l’étude des affections qu’elles engendrent.

Bruit de jet de vapeur continu. — Moos. Arch. f. Psych,, 18/9, p. 122. Concrétions calcaires du nerf auditif. Insomnie, mélancolie, hallucinations, suicide. — Moos. Virch. Arch., 1877. H..., 37 ans. Syphilitique. Surdité et vertiges. Sclérose du rocher. Infiltration embryonnaire des organes de Corti. , Le tronc même du nerf n’est pas altéré.

(1) Cas de Ménière, Knapp, Brunner.

(2) Cas de Guye. Otite labyrinthique au décours d’une fièvre typhoïde.

(3) Cas de Guye. Inflammation de la trompe et vertiges, suite d’un tamponnement des fosses nasales/

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