‹ Des Affections Cérébrales D'origine Obstétricale et Leur Interprétation PathogéniqueChapitre 12 sur 33 · EMA NE · texte numérisé non relu

EMA NE

en état d’asphyxie noire. A sept ans, crises épileptiques. A l’autopsie, on trouva tout le territoire de la sylvienne gauche occupé par un pseudo-kyste volumineux creusé dans l'épaisseur des méninges. Au-dessous existait seulement une mince couche de substance blanche à laquelle adhérait la pie-mère épaissie. II n’est guère douteux que ce pseudo-kyste avec porus sous-jacent ne soit le reliquat d’une hémorrhagie méningée due à l'accouchement. Dans son étude sur les porencéphalies (Rev. de Méd., 1888) Audry pense que les fausses porencéphalies peuvent être le reliquat d’une hémorrhagie méningée. « Dans un fait de Huguel, dit-il, une petite idiote atteinte par cette dernière lésion avait eu à subir l'asphyxie des nouveau-nés. » Des pseudo-kystes méningés révèlent aussi l’origine obstétricale de l’idiotie. Bourpeville (Pogr. méd., 24 juin 93) a trouvé à l’autopsie d’un idiot né avant terme et qui avait présenté des convulsions deux où trois jours après sa naissance un pseudo-kyste recouvrant la convexité de l’hémisphère gauche. |

Même pathogénie pour l'hydrocéphalie aigue ou chronique d’origine obstétricale. Notre observation XXV montre la possibilité d'une hydrocéphalie aigue survenant douze heures après la naissance à la suite d’une hémorrhagie intra et sous-arachnoïdienne. Mais quand l'enfant ne succombe pas, l’hydrocéphalie s’accroit lentement et devient chronique. Nous en citons une observation. Le plus souvent alors, c’est une hydrocéphalie externe, siégeant dans la cavité de l’arachnoïde. Le contenu ëèn est albumineux,

citrin, teinté de particules sanguines. D’autres fois, l’hydrocéphalie est enkystée, et c'est à ces cas que font allusion Blache et Guersant quand ils disent que « les liquides sont accumulés dans des espèces de kystes. » Depuis Steine:, les classiques admettent que l'hydrocéphalie externe est à peu près dix fois moins fréquente que l’autre.

Quelles sont les lésions de lépilepsie obstétricale ? C'est ce qu'il est malaisé d’élucider. Les autopsies manquent, et celles de l'avenir pourront seules nous apprendre si des caillots cortico-méningés peuvent déterminer autour d'eux un processus réactionnel et des ilots disséminés de sclérose, qui deviendraient autant de centres épileptogènes. Mais l’hypothèse est assez vraisemblable et notre théorie générale est que toutes les lésions cérébrales infantiles d’origine obstébricale sont dues à des hémorrhagies du cortex et des méninges qui surviennent au moment de l’accouchement.

C'était l’idée primitive de Dugès, c'était la théorie de Little, celle qui à la faveur de certains auteurs américains, en particulier, de M’Nutt, et qui a été esquissée par Gowers dans son article « sur les Paralysies de la naissance » (Lancet 18S8). ù

Nous l'avons exposée à notre tour, en nous aidant surtout des recherches de Kundrat, et en l’appuyant sur des considérations anatomo-physiologiques personnelles qui expliquent la fréquence et la localisation de ces lésions méningées.

L'hémorrhagie est-elle unilatérale et abondante ? On aura des kystes sanguins, des pseudo-porencé-

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phalies, de la sclérose atrophique, de l’hémiplégie spasmodique. Est-elle abondante èt bilatérale ? On aura de la diplégie avec idiotie.

Enfin des lésions bilatérales et sous-méningées, véritables taches asphyxiques des méninges, siègentelles sur la convexité des régions fronto-pariétales ? Les centres moteurs cruraux seront les premiers atteints et l’on aura surtout de la paraplégie spasmodique.

Les lésions s'étendent-elles à une grande partie du cerveau ? On aura la maladie de Little compliquée d’idiotie.

Cette théorie pathogénique n’est encore qu’une hypothèse ; mais elle explique tant de faits et d’une facon si simple qu'il est difficile de n’en pas tenir compte.

De ce que les lésions cérébrales d’origine obstétrivale datent de la naissance il n’en faudrait pas. conclure qu’elles se maniféstent immédiatement après.

Dans un cas de maladie de Little (obs. XIX) qui n'est pas une forme héréditaire, mais qui est dû à un accouchement très difficile, l'enfant a marché à onze mois. Et ce n’est qu'à deux ans qu’à commencé un peu de maladresse dans la marche. À cinq ans il ne pouvait plus marcher. Et aujourd’hui (il & douze ans) 1l ne peut se tenir debout.

Chez un malade(obs. XXIV) dont l’épilepsie paraît bien être d’origine obstétricale, les crises ne sont apparues qu'à la puberté. 1l est vrai qu'il a toujours été d'une intelligence médiocre et d’un caractère taciturne ; mais durant toute son enfance il n’a jamais eu de convulsions.

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