C.— ECTROPION
La blépharite lacrymale peut entraîner des désordres graves du côté de la paupière : nous voulons parler de l’ectropion
de la paupière inférieure, si fréquent dans le larmoiement simple. ae nue BERRPRÉSESNESNER . L’ectropion est une complication fréquente des affections lacrymales ; nous le voyons noté 45 fois dans notre statistique. I1 débute toujours par la blépharite lacrymale; la stagnation paraît ramollir les tissus, affaiblir les muscles, prédisposer à cette affection ; aussi le voyons-nous généralement se montrer comme complications du rétrécissement simple et ne l’avons-
nous jamais observé comme complication de la dacryocystite;
il atteint l’adulte comme le vieillard.
Deux éléments principaux interviennent dans sa production :
C’est d’abord une hypertrophie de la muqueuse conjonctivale : elle devient exubérante; le voile palpébral s’allonge, et mécaniquement il entraine le cartilage tarse dans un mou-
vement de bascule avant. Ce mouvement est d’ailleurs faci=
lité : 1° par les altérations que, sous l'influence de cette inflammation chronique, subit le cartilage tarse; 2° par la laxité qui se produit dans les tissus l’entourant.
Le second facteur qui intervient dans la formation de l’ectropion, c’est l’altération progressive du muscle orbiculaire. Ses fibres musculaires voisines du bord des paupières participent à l’inflammation de celui-ci, elles se relâchent et n’appliquent plus la paupière contre l'œil. La portion palpébrale de ce muscle étant ainsi relâchée, la portion orbitaire agit comme une sangle musculaire, attire et fait basculer le cartilage tarse.
Enfin, on peut invoquer accessoirement, comme cause de ce renversement du tarse, une rétractation de la peau de la paupière. Cette rétraction se produit lorsque la peau aura été le siège d'ulcérations eczémateuses. En se cicatrisant, ces ulcérations causeront un renversement plus ou moins considérable selon leur étendue et leur profondeur.
Aussi n’observons-nous l’ectropionde la paupière inférieure
que chez des individus atteints d’épiphora ancien. Sa pro-
duction est plus rapide chez le vieillard prédisposé à cette affection; et, chez lui comme chez l’adulte, un traitement long sera nécessaire pour amener la guérison.
L'’ectropion peut causer des accidents sérieux. En effet, sil est un peu prononcé l’occlusion des paupières est impossible le globe oculaire n’est plus protégé, ce qui peut produire des ulcérations cornéennes dont le pronostic est encore aggravé par la stagnation lacrymale.
Quand l’ectropion est peu prononcé, le cathétérisme des voies lacrymales joint à des scarifications de lamuqueuse hypertrophiée suffit généralement à amener la guérison. La durée du traitement est encore allongée par une circonstance à laquelle on ne fait souvent pas attention. Le point lacrymal étant incisé largement, il peutarriver que la paroi postérieure de la gouttière ainsi formée soit trop élevée pour que l’ouverture du canal baigne dans lelac lacrymal ; il faut dans ce cas enlever cet obstacle mécanique en réséquant la lèvre postérieure de cette gouttière.