‹ Des Affections des Voies LacrymalesChapitre 30 sur 38 · LÉSIONS PROFONDES · texte numérisé non relu

LÉSIONS PROFONDES

Par lésions profondes, nous entendons l’iritis, la cataracte, l'irido-cyclite. On peut se demander pour chacune d'elles si elles ont des rapports de causalité avec les affections lacrymales qui souvent les accompagnent. On est frappé en effet de voir combien sont fréquents les cas où l’on constate l’opacification du cristallin et l’obstruction lacrymale.

Quelque bizarre que soit cette coïncidence elle nous paraît devoir être signalée; et ce qui nous ferait supposer que des lésions telles peuvent avoir une influence sur l’opacification du cristallin, c’est un fait que nous avons observé récemment à la Clinique. M. Truc enlevait un épithéliome de l'angle interne ayant détruit du côté droit presque toute la base du nez, la paupière inférieure, et ayant également atteint la paupière supérieure, qui, épaissie et infiltrée, ne permettait pas de découvrir le globe oculaire. Une fois les parties malades excisées et l’œil ainsi découvert, on constate de ce côté une opacification complète du cristallin. Le malade, encore jeune, n'avait pas reçu de coup sur lœil, mais avait vu son épithé-

EN; liome succéder à un larmoiément ancien ; du côté gauche il n'existait aucune lésion.

En outre, on constate souvent, dans les cas de cataracte double, que la cataracte la plus ancienne est du côté du larmoiement le plus ancien et le plus abondant.

La stagnation lacrymale ne pourrait-elle pas créer des conditions favorables au développement de la cataracte ? Nous acceptons les faits, sans les pouvoir expliquer.

L'iritis, l’irido-cyclite sont aussi quelquefois précédées de lésions du canal lacrymal. Et ici on peut admettre une action directe de l’affection lacrymale. La cornée a une propriété endosmotique des plus prononcées (Gosselin). D’après Robin, une des conséquences de cette propriété est le passage des larmes par cette voie dans la chambre antérieure.

N'est-il pas possible que les larmes alcalines soient ainsi absorbées en assez grande quantité pour produire, en contact avec l'iris, l'inflammation de cette membrane ?

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