AGGRAVATION DES TRAUMATISMES OCULAIRES CHEZ LES LACRYMAUX
On connait la gravité des traumatismes oculaires chez les individus atteints de dacryocystite ou d’épiphora simple, Une érosion cornéenne, qui guérirait spontanément sur un œil sain, s’infectera donnant naissance à une ulcère à hypopion chez un lacrymal (voir obs. XXIIT.
Lies Il est une affection traumatique de la cornée dont la gravité avait frappé depuis longtemps les observateurs : c’est la kératite des moissonneurs, l’abcès cornéen des moissonneurs. Ces kératites, ces abcès s’infectent rapidement, lhypopion apparaît prématurément, et les accidents les plus graves en sont la conséquence. A tel point qu’on avait eru devoir attribuer une action spéciale aux poussières, aux détritus émanant de ces épis d'orge ou de blé ; la même observation ayant été faite pour les écaillers, un auteur attribua également une propriété nécrobiotique à la poussière ou aux particules d’écailles d’huitres. On a reconnu aujourd’hui que la gravité de ces lésions provenaient de ce que ces individus étaient atteints le plus souvent d’affections lacrymales antérieures ; les débris de paille, comme les parcelles d’écailles d’huîtres, n’agissent que comme corps étrangers, causent des ulcérations sur la cornée, ulcérations dont l’état lacrymal explique la gravité.
OBSERVAT:ION XIII
Ulcère traumatique chez un lacrymal
R... (François), soixante-quinze ans, mineur.
OG perdu il y a quatre ans, à la suite d’un ulcère à hypopion ayant amené une panophtalmie.
OD :il y à quatre jours, a reçu un petit éclat de pierre dans l'œil; depuis, vision trouble, douleurs périorbitaires.
37 avril 1890. — Rougeur conjonctivale, cercle périkératique ; à la partie centrale de la cornée, ulcère profond.
Catarrhe purulent des voies lacrymales.
Traitement.— Incision du point lacrymal; cathét£aisme et lavage des voies lacrymales matin et soir. Cautérisation ignée de l’ulcère; instillations d’atropine.
RD Le malade sort le 7 mai, conservant un léger leucome, trace de l’ulcère.
De même, toutes les fois qu’on devra intervenir opératoirement sur la cornée, on devra s'assurer de la perméabilité des voies lacrymales. On n'opérera que lorsque le cours des larmes aura été rétabli ou que toute trace de dacryocystite ‘aura disparu. Ouvrir la cornée d’un malade atteint de catarrhe. lacrymal, c’est l’exposer presque sûrement, à l'infection totale de l'œil
Dans certains cas, nous avons vu M. Truc, ne pouvant rétablir lecours des larmes chez des cataractés, enlever la glande lacrymale avant de tenter l’opération de la cataracte. Ce sont de pareilles précautions, jointes à l’antiseptie la plus rigoureuse, qui lui ont permis d'arriver au 100/100 de succès opératoire dans l'extraction de la cataracte.