A. — LÉSIONS CUTANÉES
Nous ne les avons observées qu’un petit nombre de fois ; elles sont d’ailleurs peu développées, et passent souvent inaperçues.
Elles se présentent sous la forme de plaques érythémateuses situées à l’angle externe de l'œil. Elles accompagnent généralement les conjonctivites lacrymales. Dans quelques cas, elles arrivent à s’ulcérer et sont alors, pour le malade, une cause de gêne et de douleur.
Elles disparaissent spontanément par le traitement des voies lacrymales ; lorsqu'elles persistent, quelques applications de vaseline boriquée en ont facilement raison.
Quelquefois les lésions cutanées se présenteront sous la forme de poussées eczémateuses vers l’angle externe, envahissant peu à peu la paupière inférieure, sous la forme d’un liseré, en dessous du bord palpébral (obs. LT). Chez les sujets lymphatiques, il peut en résulter des croûtes et des ulcérations. Généralement ces lésions gagnent rapidement le bord palpébral, et produisent la blépharite (obs. IT).
OBSERVATION PREMIÈRE Dacryocystite OD. — Eczéma palpébral
S... (Jean), vingt-quatre ans, carrier, Beaulieu.
Le malade se plaint depuis quatre mois de rougeur et de larmoiement OD.
3 mars 1891. — Conjonctivite folliculeuse, tumeur du sac lacrymal. Par pression à l’angle interne de l’œil, on fait sourdre du. pus par le point lacrymal.
Toute la paupière inférieure est recouverte de petites plaques eczémateuses. Sur la paupière supérieure, immédiatement en dessus du bord ciliaire, existe un petit liseret rouge, eczémateux. OG normal.
OBSERVATION II Epiphora.— Blépharo-conjonctivite.— Eczéma palpébral
D... (Alexandre), vingt-cinq ans, boulanger, Avignon.
Tempérament lymphatique. Se plaint d’avoir depuis un mois les yeux, surtout le gauche, rouges ; ils sont collés le matin, larmoyants toute la journée ; photophobie, sensation de gravier.
Il a été soigné sans résultat par des cautérisations au sulfate de cuivre et une pommade au précipité rouge.
12 juillet 1888. — OG: un peu d’eczéma à l’angle externe et à la paupière inférieure, qui est légèrement ectropionée ; conjonctivite intense.
OD: Les paupières sont eczémateuses, les bords ciliaires rouges et épaissis, les conjonctives très vascularisées.
Traitement. [ncision des points lacrymaux un peu déviés
Sn en dehors, cathétérisme, scarifications et cataplasmes de fécules.
Au bout de quelques jours, l'amélioration est suffisante pour que le malade puisse retourner chez lui, où le même traitement doit être continué par son médecin.
B. — BLÉPHARITES
Les lésions des bords ciliaires sont fréquentes dans la stagnation lacrymale : à la Clinique de Montpellier elles constituent le 9,3 pour 100 des complications lacrymales ; sur 150 cas de blépharites, Galezowski à trouvé en cause 60 fois état lacrymal, 6 fois les granulations.
Par son aspect, la blépharite lacrymale ne diffère pas de la blépharite ordinaire et présente divers degrés.
Dans un premier degré on a une simple hypérémie du bord libre des paupières : il augmente de volume, devient rouge ; la peau et la muqueuse sont luisantes ; on trouve des amas cérumineux à la base des cils.
A un degré plus avancé se forment au milieu des cils des phlyctènes, des pustules ; ces petits abcès donnent lieu à des phénomènes inflammatoires plus ou moins violents, les douleurs, la photophobie sont la règle.
A une troisième période ces abcès crèvent, il se forme à la base des cils de petits ulcères ; toute la paupière est envahie et recouverte comme d’une croûte.
Par suite du travail cicatriciel, il se produit une rétractation de la peau, qui a pour effet de produire l’éversion complète des points lacrymaux. L’absorption lacrymale dans ces conditions devient impossible, les points lacrymaux se rétrécissent. La stagnation devenant plus considérable, l’irritatation augmente; les cils deviennent blanchâtres et minces, ils disparaissent rapidement, et les quelques-uns qui persistent
rl réunis en pinceaux et agglutinés entre eux sont emportés avec les croûtes quand on nettoie la paupière.
Les observations III, IV et V sont des exemples des trois stades différentes de cette affection.
OBSERVATION II Blépharite. — Obstruction des points lacrymaux
M... (Pierre), cinquante-sept ans, photographe.
Se plaint depuis cinq mois de rougeur des paupières avec larmoiement et sensation de gravier dans l’œil.
10 novembre 1887. — OD: Le bord palpébral légèrement ectropioné est rouge, tuméfié; quelques croûtes à la naissance des cils, le point lacrymal inférieur est oblitéré.
OG: Un traumatisme ancien a créé un coloboma inférointerne, les bords palpébraux sont rouges, ulcérés.
Le traitement, consistant en incision des points lacrymaux, cathétérisme, lavages boriqués chauds, amène une guérison rapide.
OBSERVATION IV Blépharo-conjonctivite lacrymale
M... (Victoire), soixante-sept ans, ménagère.
La malade se plaint de larmoiement, photophobie et sensation de gravier dans l'œil.
20 mars 1890.— Les bords ciliaires sont rouges, œdématiés; légères ulcérations à l'angle externe des paupières; la conjonctivede la paupière inférieure est boursouflée, léger cercle périkératique.
Traitement.— Cathétérisme des voies lacrymales, scarifications de la conjonctive palpébrale, lavages boriqués chauds. Rapide amélioration.