SYPHILIS DES CHEVAUX
Cette troisième période s’appelle nerveuse ou paralyti^ que. La cause de la maladie réside dans le coït, mais elle se transmet aussi par simple contagion. Les faits dans lesquels la maladie se serait déclarée spontanément ne sont pas authentiques. Les personnes qui ont eu des excoriations aux membres et qui ont pansé les animaux n’auraient rien contracté.
A l’autopsie on a trouvé le cerveau ramolli et les ventricules contenant plus ou moins de sérosité.
A la moelle épinière le ramollissement et l’épanchement sont bien plus .prononcés; ils s’observent plus fréquemment vers la partie lombaire. Sur les méninges, [il y a quelquefois des signes de phlogose.
Quelques observateurs superficiels, disent MM. Bouley et Reynal, ont voulu établir une identité parfaite entre la maladie vénérienne des chevaux et la syphilis ; mais la syphilis de l’homme n’a jamais une tendance aussi prononcée à revêtir un caractère nerveux.
Selon les mêmes auteurs, les mercuriaux ne réussissent pas chez les chevaux (1).
Nous avons vu que les accidents nerveux étaient plus fréquents chez l’homme qu’on ne le croit généralement. La vérité de cette proposition ressortira de plus en plus par la lecture des faits relatés dans ce travail. Quant à l’impuissance des mercuriaux contre la syphilis des chevaux, n’a-t-on pas soutenu avec talent qu’ils ne sont de nul effet contre la syphilis de l’homme, que la maladie suivra fatalement sa marche tracée d’avance, et que les soins hygiéniques seuls remplacent avec avantage tous les spécifiques ?
En Allemagne, on a même été beaucoup plus loin. Des
(1) Nouv. Dictionnaire prat. de méd. vétérinaire et d’hygiène pratiques, publié par MM. Bouley et Reynal, t. lY, p. 229.
ET ACCIDENTS NERVEUX Qu’eLLE DÉTERMINE. 39
médecins ont prétendu et soutenu que le mercure aggrave plutôt qu’il ne dissipe les manifestations syphilitiques. Or, rargument tiré de l’insuccès des mercuriaux contre la similitude de la syphilis des chevaux avec celle de l’homme, n’a pas l’importance qu’on lui a attribuée. Il en est de même de la complication fréquente d’accidents nerveux. Nous savons que les accidents nerveux sont assez communs chez les hommes syphilitiques. Il ne nous appartient pas, bien entendu, de trancher cette question. Nous dirons aussi que les vétérinaires ne nous paraissent pas être bien convaincus, quant à la nature même de la maladie. En tous cas, nous avons été frappé de la ressemblance que présente cette affection avec la syphilis de l’homme. Aussi avons-nous cru devoir en consigner ici les quelques détails qui précèdent.