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PARALYSIE DU NERF FACIAL

atteint si fréquemment, paralyse plus ou moins les parties que ces nerfs animent.

Le nerf facial, à cause de son trajet long et sinueux, se trouve plus que les autres exposé à être ainsi entravé dans l’exercice de ses fonctions.

Nous avons vu une paralysie faciale due à la compression du nerf par une tumeur encéphalique. La carie de l’os du rocher peut produire le même résultat. Du reste il existe un signe qui permet de distinguer avec certitude si le tronc du facial a été lésé avant ou après sa sortie du trou stylo-mastoïdien; ce signe consiste dans la déviation de la luette ; en effet les nerfs sphénopalatins empruntent leurs filets moteurs au nerf facial dans l’aqueduc de Fallope et au niveau de sa première courbure. Or, si la lésion du facial est située au-dessus du point d’émergence de ces filets, la luette sera certainement paralysée; c’est ce que nous avons remarqué chez le malade dont l’observation porte le n“ 24.

Enfin le nerf facial paraît dans certains cas n’éprouver qu’un trouble fonctionnel, purement dynamique; chez un malade la paralysie est survenue quelques jours avant l’apparition du premier exanthème syphilitique, et deux mois et demi après l’infection. Rien à l’extérieur, aucune tumeur, aucun ganglion ne pouvait nous rendre compte de cette hémiplégie faciale.

Plusieurs de nos malades offrant des accidents cérébraux nous présentaient aussi des exemples remarquables de paralysie du nerf de la septième paire.

M. le docteur Yvaren en cite également un cas dans la vingt-troisième observation de son ouvrage (1).

(1) Des Métamorphoses de la Syphilis.

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OBSE.RVATION XXIV, — Paralysie du facial et du moteur oculaire

commun. — Perte de l’odorat et du goût, — Guérison rapide à

laide d’un traitement mercuriel.

C... âgé de 26 ans, garçon de café, entré le 11 août 1854 à rhôpilal du Midi, salle 6, n” 14, service de M. Puche.

Il y a trois ans, il eut une chaudepisse qui dura trois jours. Aucun autre accident ne s’est manifesté avant l’époque actuelle. 11 prétend n’avoir pas eu de relations sexuelles depuis deux mois. Il a un phymosis depuis dix-huit jours. Par l’orifice préputial il sort un liquide sanieux abondant. On sent à travers le prépuce des chancres indurés. Avant que le phymosis ne se soit produit, le malade avait constaté des ulcérations sur le gland. 11 offre en même temps une adénite inguinale double qui date de quinze jours. L’adénite de Paine droite a suppuré et s’est ouverte spontanément, il y a quatre jours.

Il n’existe aucune manifestation de syphilis constitutionnelle.

Traitement . — Cataplasmes, solution chlorurée.

Le 17, circoncision. Le 20, on constate d’une manière évidente l’induration du chancre. Le 5 septembre, le malade éprouve une céphalalgie frontale intense, des douleurs dans les membres et un malaise général très-prononcé accompagné de fièvre.

Le 6 septembre, il survient une paralysie faciale à droite, caractérisée par l’immobilité des traits et par l’impossibilité de fermer l’œil qui reste ouvert pendant le sommeil ; la narine droite un peu affaissée est complètement immobile.

Le 7 septembre, léger renversement en dehors de la paupière inférieure et consécutivement, épiphora. Pas de chute de la paupière supérieure. La joue et le sourcil sont immobiles et affaissés. La mastication est très-pénible, et les aliments s’accumulent dans la gouttière de la joue et des gencives. La langue est déviée à gauche. A l’intérieur de la bouche, elle est fortement appliquée contre les dents de ce côté.

La moitié de la langue est insensible au contact, à la piqûre et aux savew's ; \a. commissure droite est abaissée et rapprochée

OBSERVATIONS

de la ligne médiane. Il n’y a pas de strabisme; mais l’œil droit est immobile; la cornée est directement dirigée en avant; la pupille est immobile et très-dilatée ; la vue est confuse lorsque le malade regarde avec les deux yeux un objet placé en face de lui. Si l’on promène cet objet, soit de bas en haut, soit de droite à gauche, l’œil gauche le suit dans ses mouvements, tandis que le droit reste immobile. Dès que les axes visuels ne sont pas parallèles, il y a diplopie ; les images placées l’une à côté de l’autre sont d’autant plus distantes que l’objet se trouve plus éloigné de la ligne médiane ; mais si l’objet est porté de gauche à droite, les deux yeux se meuvent parallèlement, et le malade ne perçoit qu’une seule image. Le muscle abducteur de l’œil ou droit externe se contracte physiologiquement.

Si, en fixant le doigt qu’on lui présente, le malade incline la tète sur l’épaule droite, l’œil tourne sur son axe en sens inverse de la tète. Dans cette position, il ne voit qu’une seule image ; mais, si on lui dit d’incliner la tète surle côtégauche, l’œil droit reste immobile; il ne se meut pas en sens inverse de la tête, et il y a diplopie. Sentiment de pesanteur de tête très-prononcé, surtout du côté droit. Le cuir chevelu, ainsi que la peau de la face et du cou, est tellement hypéresthésiéà droite que la moindre pression y détermine des douleurs vives. C’est ce qui fait que le malade ne peut se coucher sur l’oreille de ce côté. Bourdonnements continus dans l’oreille droite. Un peu de surdité du même côté. Les sons bruyants lui causent une impression désagréable. La déglutition est difficile; le malade avale fréquemment de travers; dans ce cas, les boissons reviennent quelquefois par le nez. La sensibilité tactile de la narine droite est exagérée; mais les odeurs ne sont nullement appréciées; j’ai expérimenté avec du tabac, de l’écorce d’orange et de l’eau de Cologne.

L’inspection de la gorge fait constater la déviation de la luette à gauche; elle forme une ligne courbe dont la concavité est dirigée à gauche.

Il n’existe aucun trouble de la sensibilité ni de la motilité dans les membres inférieurs ou supérieurs.

Éruption très- abondante de vésicules sur tout le corps. Nous constatons également l’engorgement des ganglions cer- Zambaco. 12

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vicaux et occipitaux; mais les ganglions supérieurs du cou ne sont pas développés. Il ny a aucune tumeur au voisinage de Vangle de la mâchoire. La céphalalgie persiste toujours avec la même intensité.

Le 11, les douleurs de tête ont bien diminué. Le malade est mieux. Plusieurs boulons sont presque flétris, d’autres contiennent du pus; alopécie. Le malade est soumis au traitement mercuriel; il prend 25 grammes d’émulsion bydrargyrique par jour (formule de M. Puche). Le 17, 50 grammes. Le 24, 75 grammes. Il y a eu transformation sur place du plus grand nombre des boulons en papules très-saillantes. Diminution générale de tous les phénomènes de paralysie; mais la langue et la narine sont dans le môme état, soit quant aux mouvements, soit en ce qui concerne leur sensation spéciale.

Le 28, 100 grammes d’émulsion.

Le 1" octobre, 124 grammes. Les paupières du côté droit ont recouvré leur motilité normale. Le malade mâche et avale facilement. La commissure est à peine abaissée ; plus d’épipbora, plus d’hypéresthésie du côté droit; l’œil se meut dans tous les sens, et la vue est simple, excepté quand il incline la tête sur l’épaule gauche. Dans ce dernier cas, il voit encore double. La pupille reste également un peu dilatée.

Le 2 octobre, on suspend le traitement à cause d’une stomatite mercurielle qui est survenue.

Le 20 octobre, il ne reste plus aucune trace de paralysie; douleurs nulles; mais l’éruption pustuleuse et papuleuse par place persiste toujours. Le malade reprend son traitement hydrargyrique. Les ganglions lymphatiques ont diminué sensiblement de volume.

Réflexions. — La multiplicité des troubles de la motilité et de la sensibilité chez ce malade, existant surtout au début de la syphilis constitulionnelle, éloigne l’idée d’une lésion matérielle, du moins d’une compression des nerfs. Si, en effet, il ne s’agissait que d’une paralysie du facial, on pourrait soupçonner une compression exercée par un ganglion lymphatique engorgé sur le tronc de ce nerf, à sa sortie du trou stylo-mastoïdien ; mais coin-

OnSERVATrONS.

ment concevoir la paralysie de la troisième paire, la perle du goût, l’anosmie et la surdité? Comment s’expliquer l’hypéresthésie de la moitié de la face et du cuir chevelu, ainsi que celle de la narine? N’y a-t-il pas eu plutôt une cause plus générale qui a simultanément agi sur plusieurs nerfs crâniens? La déviation delà luette conlirme cette manière de voir en plaçant, pour le nerf facial, la cause de ses désordres dans le crâne même. Ces j différents troubles ont éclaté en même temps que les prodromes de l’exanthème syphilitique ; ils ont complètement disparu sous l’influence de la médication spécifique.

Enfin nous ferons remarquer qu’il est rare de trouver ides paralysies nerveuses au début de la diathèse syphilitique ; c’est ce qui rend cette observation encore plus [intéressante.

Pourrait-on admettre que la céphalalgie intense qui a existé chez ce malade ait produit une congestion de l’encéphale, congestion qui troublerait les fonctions de ipresque tous les nerfs crâniens d’un seul côté?

M. Follin a observé aussi une paralysie faciale qui s’est manifestée en même temps qu’une poussée d’acci- ’ dents secondaires (1).

' Observation XXV. — Paralysie faciale du côté droit. — Contracture du côté paralysé. — Iritis. — Ecthyma.

S. D..., officier de marine, âgé de 24 ans, entre à la Maison de santé, rue de Lourcine, le 12 août 1850. Il est d’une constilulion grêle et offre même quelques attributs de rachitisme. Il fut procréé par un père grêle et délicat lui-même, à l’agc de 45 ans. Il est entré dans la marine de l’État depuis trois ans.

(1) Traité élémentaire de pathologie externe, par E. Follin. Paris,

PARALYSIK DU MOUVEMENT.

11 contracla, à deux reprises et à une année de distance, des i chancres du prépuce : la première fois il y a deux ans; la se- . conde en avril 1849. Gomme les chancres de la première fois, , les derniers ont été traités par la cautérisation. Au mois de î juin 1849, après un quart de nuit par un très-mauvais temps et I un excès d’eau-de-vie, il eut une ophthalmie et une éruption a pustuleuse. Il s’est mis au lit, et quelque temps après il entra dans un hôpital où il resta pendant deux mois, soumis à l’iodure de mercure et l’iodure de potassium.

Au mois de novembre il survint tout à coup une hémiplégie faciale droite avec contracture du côté paralysé; paralysie remarquable surtout à la bouche etaux paupières, qui ne peuvent s’ouvrir qu’à moitié et ne se ferment que très-incomplélement.

Les lèvres se rapprochent aussi imparfaitement à droite, en laissant la commissure béante. Pour saisir une pipe entre les arcades dentaires du môme côté, le malade ne peut éviter une contraction qui tend à fermer l’œil droit. 11 prit trois bouteilles ' de sirop de salsepareille ainsi que du bi-iodure de mercure; ■ mais la dose de ce dernier médicament nous est inconnue.

De novembre 1849 en août 1850 le malade suit ce traitement à bâtons rompus, en y ajoutant à diverses reprises l’iodure i de potassium. '

Au moment de son entrée à la Maison de santé, l’hémiplégie : faciale seule persiste; il y a déformation verticale et transver- i sale de la pupille droite ; le malade aperçoit tous les objets au i travers d’un nuage; lorsqu’il regarde la lumière artificielle avec • l’œil droit, il la voit rouge; les lignes droites lui semblent fes- ! tonnées ou ondulées suivant les distances. Le cbamp de la vi- i sion est moins étendu que précédemment. L’éruption ectbymateuse, dont nous avons parlé, est encore apparente. I

Traitement. — lodure de potassium à la dose de 2, 3 et Si plus tard 4 grammes par jour; vésicatoire derrière l’o- A reille du côté malade; bains de vapeur avec fumigations n cinabrées; tisane de houblon sucrée avec du sirop de gen- iil tiane. ,

Le malade fut soumis à ce traitement avec régularité pendant U dix semaines. On observa, comme résultat, une diminution di très-sensible de la contracture; la physionomie a presque repris son expression naturelle; le cercle irien a repris sa forme

OBSERVAT IONS.

régulière. Les phénomènes visuels se sont également améliorés ; mais le malade a voulu sortir à la fin d’octobre avant d’avoir obtenu sa guérison complète.

Réflexions. — Nous ne pouvons savoir quelle est la lésion qui a produit chez ce malade la paralysie faciale dont il était atteint. C’est là malheureusement une lacune qui se retrouve dans plusieurs de nos observations. Tout ce qu’on peut induire de la lecture du fait qui précède, c’est que l’hémiplégie faciale, se déclarant en même temps que d’autres manifestations syphilitiques, et cédant à un traitement spécifique, dépendait certainement de la syphilis. Mais est-ce une tumeur qui, par la compression qu’elle exerçait sur le facial, avait intercepté la libre communication de ce nerf avec l’encéphale; est-ce une affection du conduit osseux traversé par ce nerf à sa sortie du crâne, ou bien est-ce un ganglion développé sur son trajet, au delà du trou stylo-mastoïdien, qui aurait occasionné cette paralysie? C’est à quoi nous ne saurions répondre sans nous exposer à faire des hypothèses gratuites. Tout est possible à cette période de la diathèse, voire même les troubles fonctionnels sans lésion appréciable, comme les autopsies de trois paralysies syphilitiques nous l’ont clairement démontré. (Voir à l’article Parahjsie sine maieria.)

Cependant, dans le cas précédent, on peut exclure deux des causes que nous avons mentionnées ; la tumeur ganglionnaire, siégeant à l’issue du nerf du trou stylomastoïdien, tumeur que l’exploration aurait permis de constater, si elle existait, et l’affection osseuse du temporal qui, probablement , aurait donné des signes évidents de sa présence, en troublant également les fonctions du nerf acoustique.

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SJcctioii III. — Ile l’li«*mipl«>('ie et «le quel«iue8 autres accideiitH cérébraux 8}'pliiliti«iuc8.

Les auteurs anciens, nous l’avons déjà dit, avaient re- •< connu et constaté diverses altérations cérébrales accom- pagnées de lésions du sentiment et de la motilité, et con- i sécutives à la diathèse syphilitique.

Ainsi on lit dans Boerhaave (1) ; « De là s’accroissant i (la syphilis), elle infecte d’abord les parties voisines, et i en général toute la surface extérieure du corps; plus j tard elle s’attaque aux parties internes : les lèvres, les ii gencives, le palais, la langue, le pharynx, les fosses na- i sales, le cerveau, etc. » Le commentateur, après avoir n défendu contre Astruc l’opinion de Boerhaave, qui place i le siège de la maladie dans le tissu cellulaire, étudie i ses transformations dans tous les organes; il arrive ainsi i au cerveau : « C’est ordinairement, dit-il, par voie de i continuité que le mal s’y propage; les os, atteints les i premiers, communiquent leur infection à l’encéphale. » < Et plus loin : « Dans la maladie vénérienne invétérée i on observe souvent des lésions cérébrales, depuis le m vertige le plus léger jusqu’à l’apoplexie mortelle; j’ai m observé dans ces formes de la maladie, des épilepsies^ il des afléclions nerveuses diverses, la perte de la vue et jl

de l’ouïe Il peut se développer des tuineurs gommeu- M

ses, des exostoses à la surface interne des parois crânien- -n nés, qui compriment le cerveau et amènent des pertur- *11 bâtions dans toutes ses fonctions. » Il cite à ce propos (N

l’observation de Botalus, dont nous parlerons plus tard.

Mais laissons de côté les opinions des auteurs qui ne iT les démontrent pas suffisamment par des faits, et arri- h vons à un habile observateur qui a voulu convaincre ses w

(1) Van Swicten, Comm. in Boerhaavii Aphor., 1445, t. V.

DE i/mhiiPLftr.iE.

lecteurs en leur présentant les pièces qui ont servi à fornier sa propre conviction. Lallemand reconnaît que la syphilis peut produire de plusieurs manières des lésions et des troubles encéphaliques :

r Par l’extension jusqu'à l’encéphale ou jusqu’à ses membranes d’une atïection syphilitique des parois osseuses ;

2“ Par le développement direct dans la masse cérébrale de tumeurs d’origine syphilitique ;

3“ Par un ramollissement cérébral que détermine la syphilis sans l’intermédiaire d’aucune tumeur.

Nous voilà donc en présence de trois sortes d’affections cérébrales syphilitiques auxquelles il en faut ajouter une quatrième, admise par d’autres : la perturbation purement fonctionnelle. Qu’il nous soit permis de citer ici, en quelques mots seulement, les faits les plus intéressants, consignés dans l’ouvrage de Lallemand.

Syphilis traitée plusieurs fois sans succès; ulcère à l’aine; symptômes de méningite et d'encéphalite; mort. Périostose avec quatre foyers d’encéphalite (1).

Un matelot, âgé de 24 ans, eut des antécédents syphilitiques pour lesquels il subit plusieurs traitements sans guérison. Le O février il porte à l’aine gauche un ulcère syphilitique de 7 centimètres de diamètre; les yeux ont quelque chose de vague et d’insolite. Le malade a un accès violent d’agitation avec frisson et fièvre. Cet accès s’est répété pendant plusieurs jours à 9 heures du malin. Il était accompagné de délire et d’une sensation de strangulation. La quinine reste impuissante. Plus tard il survient de l’hébétude, des douleurs de tête; la mémoire s’affaiblit, la parole s’embarrasse, les yeux sont fixes, les membres dans la résolution. A l’autopsie ofi trouve une ostéite suppurée de l’orbite droite; au tiers externe de la suture fronlo-

(1) Lallemand, Recherches anatomo-pathologiques sur l’encéphale, t. 111, lellrc 7, riM.

rAUALYSIE DU MOUVEMENT.

pariétale, il existe une tumeur grosse comme une noix, conte- « nant du pus; les os correspondants sont dénudés et ru- ; gueux. A. l’intérieur du crâne la dure-mère est ramollie au i niveau de la tumeur et tapissée par du pus solidifié. Matière ,i semblable entre les deux feuillets de l’aracbnoïde, au même » niveau; un abcès gros comme une noix se trouve au lobe pos- i térieur de chaque hémisphère; il y a une tumeur gommeuse au i front ; l’os frontal est rugueux et imprégné de pus.

Selon Lallemand, l’inflammation s’est propagée de Textérieur à l’intérieur du crâne. Le n" 17 de la cinquième lettre nous offre un cas semblable : il s’agit d’un malade qui eut un abcès du cerveau, après avoir présenté des accidents syphilitiques tardifs, consistant en ul- i cérations du voile du palais et du nez.

Todd a cité aussi plusieurs observations de syphiliti- i ques atteints d’accidents cérébraux ; mais, outre que i jamais l’autopsie n’a justifié le titre de méningites qu’il confère à ces faits, ces observations laissent énormément à désirer par le peu de détails que l’auteur nous donne. Voici un court extrait d’une de ces observations i qui porte le n° 2. On en trouvera une autre relatée dans h le chapitre consacré à l’aliénation mentale.

Méningite syphilitique ; incapacité mentale; incohérence des idées; propension au suicide; paralysie. Il s’agit d’un homme de • 26 ans atteint d’hémiplégie, et dont l’intelligence troublée ne i» lui permettait pas de se rendre compte de son état. Ce malade !* a offert un ulcère syphilitique profond de la gorge. Un traite- É ment par l’iodure de potassium le rétablit; mais il fut frappé de nouveau de paralysie et d’un iritis syphilitique double. Un traitement mercuriel fit disparaître rapidement tous les troubles ^ physiques et intellectuels. i

Selon l’auteur, une tumeur de la dure-mère était la f | cause àe celte irritation cérébrale (t).

(l) The Dublin quarterly Journal ofmedicine, fév. 1852, n® XXV, par 4' Thomas Read.

DK l’hémiplégie.

Il en est de même des exemples donnés par M. Reeve. Ils sont beaucoup trop incomplets pour rendre un vrai service à la science. Nous avons parlé de ces auteurs dans noire Revue bibliographique; mais nous ferons remarquer ici que c’est principalement des affections cérébrales qu’ils se sont occupés.

Tous ces auteurs, sans exception, reconnaissent qu’une tumeur du crâne peut déterminer des convulsions, des paralysies, des hémiplégies.

Dans London medical Gazette, ]m\\et 1843, on trouve quelques lambeaux d’observations portant l’inscription d’hémiplégie syphilitique; mais l’hisloire de ces faits est si incomplète, que le lecteur ne se trouve nullement édifié sur la nature de la maladie. Je ne parlerai point de l’observation n“ 1, qui ne peut soutenir la critique. La seconde est celle d’un homme de 27 ans, qui eut des chancres et une éruption qualifiée de syphilitique, sans que l’auteur nous en dise rien de plus. Un an après, il survint des ulcères à la gorge, puis des douleurs dans les os des jambes, des maux de tête et une hémiplégie gauche, dont la guérison fut obtenue par le calomel et l’antimoine. On est en droit de se demander s’il s’agissait bien de la syphilis chez les malades de ce médecin, qui ne nous décrit point la maladie et ne se donne aucune peine pour établir l’existence de la diathèse syphilitique. Aussi, pensons-nous qu’il est oiseux de reproduire ici les autres faits ébauchés que l’on trouve à la suite de celui qui précède. D’ailleurs, ce médecin reconnaît lui-même les reproches dont il est passible et termine son article en appelant l’attention de ses confrères sur des faits plus étendus.

Si ses observations ne sont pas probantes, nous n’en admettons pas moins l’opinion de l’auteur qui fait

PARALYSIE DU MOUVEMENT

remarquer avec raison que, bien que l’apoplexie ne i soit pas rare chez les jeunes sujets, l’examen statisti- que des cent vingt-liuit cas rapportés par Morgagni, ^ Rochoux et M, Andral, n’en fait constater que seize chez s des individus âgés de moins de quarante ans. Or, tous les j malades de notre confrère d’outre-Manche étaient trèsjeunes; tous avaient la syphilis, et enfin le mercure a constamment produit chez eux un effet favorable; c’est S ce qui nous éclaire en dernier lieu sur la nature de la maladie. Enfin, nous lisons dans le Clinîcal Lectures (1):

Un homme, ayant des antécédents syphilitiques , eut une perte de la mémoire et une paralysie incomplète du côté droit, accompagnée de douleurs à la région pa- < riétaledu même côté. A l’autopsie, on a trouvé la duremère adhérente au crâne et épaissie à l’endroit où elle correspondait à deux larges plaques jaunes semblables à du pus. La substance cérébrale sous-jacente était ramollie. Nous le demandons, est-on suffisamment édifié sur l’ori- tgine syphilitique de ces diverses lésions encéphaliques, ,, et n’est-ce pas accuser la vérole sans avoir en mains les • pièces du procès qu’on lui intente?

M. Lagneau père (2) dit que la paralysie vénérienne peut être l’effet d’une exostose interne du crâne, ou de l’influence morbide d’une syphilis ancienne, mais il I ne produit aucun fait à l’appui de cette opinion. *

Vidal de Cassis (3) admet, outre les affections osseuses k

et les tumeurs de l’encéphale, la méningite syphilitique. U L’existence de la méningite, en tant qu’affection isolée, ,î n’a jamais été démontrée; et les auteurs anglais qui en ft

parlent, n’ont jamais été éclairés par l’autopsie. Nous ai

(1) Médical janvier ISül.

(2) Traité des maladies syphililiqucs, t. II, p.3i7, 3«édition. Paris, 1839.

(3) Traité des maladies vénériennes.

DE l’iTÉMIDLÉGIE.

avons déjà cité l’observation de M. Rayer (1). Chez ce malade, la méningite existait en même temps qu’une tumeur gommeuse qui paraissait l’avoir déterminée. M. Ricord a inséré dans sa Clinique iconographique une observation très-remarquable dont voici un court résumé :

Un homme de 37 ans eut, en 1842, un chancre induré et fut soumis au mercure pendant trois mois. En 1843 rupia syphilitique; mercure pendant six mois. Le rupia reparaît un mois après la suspension du traitement et nécessite une nouvelle médication de trois mois. Nouvelle récidive un mois après, avec tubercules profonds de la peau, exostose pariétale à gauche, testicules syphilitiques et douteurs ostéocopes. Traitement mixte. Après cinq mois et demi de séjour à l’hôpital, où il prit jusqu’à 6 grammes d’iodure de potassium par jour, il 'en sort complètement guéri en apparence. Mais douze jours après, il rentre avec strabisme de l’œil gauche, diplopie et troubles de l’intelligence. Après un mois d’administration de l’iodure de potassium, à la dose de 6 grammes par jour, il ressort guéri. Quelques jours après, il rentre pour une hémiplégie du côté gauche. Délire calme, mais continu. Les spécifiques ont de nouveau dissipé tous les accidents dans t’espace de trois mois. Le choléra ayant emporté plus lard ce malade, le cerveau, les méninges et la boîte crânienne, examinés avec le plus grand soin, n’ont rien présenté qui expliquât les accidents cérébraux.-

Celle observation est un triste et saisissant exemple de la ténacité de la diathèse syphilitique.

La méningite existe et est accompagnée d’un ramollissement de la substance grise dans la paralysie générale, à laquelle nous destinons un article spécial.

xM.F aurès a lu, à la Société de Toulouse, les observations de trois malades affectés d’accidents cérébraux, et chez lesquels l’autopsie a fait constater des tumeurs gommeuses encéphaliques. Plus tard, il a communiqué, à la même Société, des faits analogues suivis de guérison.

(1) Annales de thérupeulique.

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Voici en quelques mois l’histoire du plus intéressant i de ces malades ;

Un homme de 21 ans contracte la syphilis et ne suit qu’un ,i traitement mercuriel très-incomplet. Bientôt après apparaît I une éruption cutanée boutonneuse, qui laisse, après dessicca- i lion, des taches cuivrées; plus lard il survient des douleurs de tôle profondes et lancinantes. M. Faurès est appelé au- -i près du malade atteint d’hémiplégie. Il y avait diminution û très-prononcée du sentiment et du mouvement. Notre confrère I attribue ces accidents au développement de quelque produit il syphilitique dans l’encéphale; il ordonne en conséquence un il traitement mercuriel auquel il ajoute plus tard l’iodure de J potassium. Une médication de quatre mois a suffi pour réta- .■ blir complètement ce jeune homme (1). 1

Il est arrivé ici ce que l’on constate habituellement. .1 Car à moins que la maladie ne soit abandonnée à elle- -1 même pendant plusieurs mois, dans l’immense majorité J des cas, les individus atteints de paralysie syphilitique R guérissent, sous l’influence du traitement spécifique habi- Jijj lement dirigé. . i ^

Vidal (de Cassis) cite (2) un fait de ce genre, dont il a J été témoin avec M. Robert : :

Un jeune homme, après avoir présenté les symptômes d’une n attaque d’apople.vie, avait gardé des lésions profondes de l’in- iii telligence. Vidal, qui l’avait autrefois soigné pour une syphilis ils constitutionnelle, reconnut la nature des accidents cérébraux o et parvint à les dissiper par l’usage de l’iodure de potassium.

Dans les Annales de Thérapeutique (3) , se trouve con- n signée une observation d’hémiplégie syphililique que a M. Briquet guérit à l’aide de l’iodure de potassium. A

(t) Compte rendu des travaux de la Société de médecine de Toulouse, '

(2) Traité des maladies vénériennes , 3' édition.

(3) Tome V, page 13.

DE l’hémiplégie,

la page 134 du même volume, on cite Thistoire d’une femme que M. Rayer traita pour une hémiplégie syphilitique, avec les pilules de Sédillot et l’iodure de potassium. Cette malade fut complètement rétablie. Enfin, à la page 438 du même tome, il est question d’une autre femme qui avait le nez déformé par la syphilis, en même temps qu’elle souffrait d’une paralysie incomplète. L’iodure de potassium, prescrit par M. Guérard, amena une cure radicale.

Les congestions de l’encéphale paraissent être fréquemment la conséquence des douleurs vives que les malades éprouvent, notamment pendant la nuit. Ces douleurs peuvent déterminer l’assoupissement ou bien une exaltation qui va parfois jusqu’au délire; mais l’apoplexie et le ramollissement cérébral peuvent-ils exister consécutivement à la syphilis? Lallemand et M. Faurès l’admettent. Cependant, les observations que ces auteurs fournissent à l’appui de leur opinion ne nous ont pas entièrement convaincu. Pour notre part, nous n’avons pas de faits qui nous permettent de trancher définitivement la question.

Il ressort de la lecture de nos observations, relatées à la fin de ce chapitre, que les lésions cérébrales qui produisent assez fréquemment l’hémiplégie, appartiennent à une période très-avancée de la syphilis constitutionnelle. Ce qui doit aussi fixer l’attention du praticien, c’est que plusieurs de nos malades, atteints d’accidents cérébraux syphilitiques, ne présentaient aucun symptôme extérieur, aucune manifestation diathésique apparente. Néanmoins , l’existence de la vérole, cause première de tous ces désordres, est bien prouvée par les antécédents évidemment syphilitiques des malades, et mieux encore, par l’autopsie de quelques-uns d’entre eux. En elîet.

l’AUALYSlE DU MOUVEMENT.

l'examen des organes a révéle, clans le cerveau de certains sujets, la présence de produits plastiques de la syphilis. On est donc autorisé à soupçonner la nature syphilitique de la paralysie, lorsqu’il s’agit de malades se trouvant dans les mêmes conditions étiologiques que les précédents. Enfin, la grande analogie qui existe entre les symptômes offerts par ces sujets et ceux présentés par les malades qui, ayant des manifestations externes de la syphilis, sont en même temps en proie à des accidents cérébraux diathésiques, concourt à poser le diagnostic.

Du reste, l’àge peu avancé de nos malades n’expliquerait pas, en dehors de cjuelque circonstance exceptionnelle, la fréquence chez eux d’accidents cérébraux; et il serait bien extraordinaire que ces accidents se rencontrassent souvent, par le fait du hasard, chez des jeunes gens qui ont précisément fourni des antécédents certains de la diathèse syphilitique, si cette diathèse même n’était pas la cause principale de leur production. Finalement le traitement spécifique, guérissant le malade, apporte une nouvelle et dernière preuve en faveur de la nature syphilitique de l’affection.

Chez les malades soumis à notre observation, la sensibilité a toujours été conservée, parfois même elle a été exagérée. (Observations XXVI et XXVII.)

D’une manière générale, la moitié paralysée du corps était dans la résolution, excepté à une époque avancée de la maladie et lorsque les individus succombaient avec les symptômes d’un ramollissement cérébral. On est en droit de se demander si, dans ces cas, le ramollissement cérébral constaté sur le cadavre n’était pas consécutif à une tumeur qui l’aurait précédé, et qui n’aurait traduit primitivement sa présence que par la paralysie. Ce qui plaide en faveur de cette manière de voir, c’est que les

DE l’hémiplégie.

tumeurs gommeuses de l’encéphale étaient souvent entourées de substance cérébrale manifestement ramollie, dans les cas où l’examen nécroscopique a pu être fait. Chez l’un de nos malades, on trouva, outre les gommes entourées de substance cérébrale ramollie, des dépôts plastiques siégeant au milieu de la matière encéphalique conservant ses caractères normaux. Aucun symptôme ne dénotait chez lui un trouble dans les fonctions nerveuses dévolues à la portion de l’encéphale où siégeaient ces dépôts. L’observation nous enseigne donc que des tumeurs syphilitiques, même considérables, peuvent n’amener aucun phénomène morbide, lorsque le tissu cérébral ambiant a conservé ses caractères normaux. Enfin, chez le malade n° 26, l’existence de la tumeur était tellement douteuse, que le chef de service était porté à considérer cette observation comme un exemple de ramollissement cérébral pur et simple. On trouva cependant à l’autopsie un noyau jaunâtre et consistant, entouré par de la substance cérébrale ramollie. On est en droit de se demander si ce noyau n’aurait pas pu disparaîire complètement, dans le cas où la vie du malade se serait encore prolongée ; dans cette hypothèse, il ne serait resté, à la fin, qu’un ramollissement cérébral ordinaire, sans aucune trace de la tumeur qui l’avait déterminé. Si l’on n’admet pas cette manière de voir, il est difficile de s’expliquer comment la syphilis peut produire directement le ramollissement de l’encéphale chez des individus qui se trouvent à la fleur de l’âge, qui sont d’une bonne constitution et d’une santé ordinairement excellente, en un mot, chez des personnes qui ne présentent aucune des conditions habituelles qui favorisent le développement de cette affection. Enfin, ainsi qu’on en sera convaincu par l’étude des faits, les symptômes de la cérébrite, parmi lesquels nous cite-

192 PARALYSIE DU MOUVEMENT

rons en premier lieu h fièvre, ne surviennent que quelque ; >i| temps après le début de la paralysie ; celle-ci doit donc y, reconnaître une autre cause que l'inflammation primitive » de la substance cérébrale. Chez quelques-uns de nos ma- • lades, la paralysie est survenue brusquement et comme si < elle avait été déterminée par une hémorrhagie cérébrale. .! Jamais ces malades n’ont présenté les symptômes d’un ra- -, mollissement inflammatoire. Est-ce à un véritable foyer ta apoplectique qu’il faudrait attribuer la production de ces phénomènes cérébraux? Au lieu de nous livrer à des J hypothèses gratuites, nous aimons mieux mettre sous les J yeux du lecteur l’histoire détaillée des faits à notre con- q naissance, faits que nous ferons suivre des réflexions qu’ils nous ont suggérées.

Observation XXVI. — Hémiplégie. — Syphilides tuberculeuses,

— Autopsie. — Noyau gris jaunâù'e et ramollissement cé- s*

rébral. ;

X..., garçon de café, âgé de 21 ans, est entré à l’hôpital du Midi, dans le service de M. Cullerier, salle n® 11, lit 35, au J commencement du mois de septembre 1858. f

Son père et sa mère vivent et sont bien portants. Aucune :i|i affection cérébrale ou nerveuse n’existe dans sa famille, dui|^ moins à sa connaissance. Lui-même d’une bonne santé habi- id tuelle n’eut jamais aucune maladie sérieuse; il est blond,,. tri lymphatique, bien développé, d’un embonpoint médiocre. Il ij .i n’a pas d’habitudes alcooliques. Depuis cinq ans il est sujet àij J; des maux de tête qui siègent au sinciput. Ces douleurs sur- - 'Oi viennent toutes les semaines ou deux fois par mois, et attei-- d gnent parfois une violence telle que le malade est obligé d’al-- 1er se coucher.

Cette céphalalgie s’accompagne d’étourdissements et de vertiges sans vomissements. La vue se trouble ainsi que l’in- i' telligence ; le malade ne comprend plus ce qu’on lui dit, et ne-. î peut continuer son service. Après un repos de deux heures ^ n environ, X... peut reprendre son travail.

0I5SKHVAT10NS.

Il y a environ un an qu’il eut un chancre sur le prépuce; c’était sa première et unique afiectioii vénérienne; ce chancre s’est cicatrisé au bout de six semaines.

Il n’y a pas eu d’adénite suppurée. Quinze jours après l’apparition du chancre, le malade entra dans la division de M. Cullerier, et une semaine après son admission parurent les premières manifestations diathésiques, savoir : l’alopécie, une roséole générale, et, quelques jours plus tard, une éruption pustuleuse disséminée par tout le corps.

Dès son entrée à l’hôpital il fut traité par la liqueur de Van Swieten dont nous ne pouvons savoir la dose prescrite.

Six semaines après l’apparition du chancre et un mois après sa réception à l’hôpital, le malade eut des plaques muqueuses des lèvres et des piliers du voile du palais; en môme temps il fut pris de maux de tôle très-violents, qui revenaient tous les jours et duraient quelquefois toute la journée et une grande partie de la nuit. Celte céphalalgie était terrible, au dire du malade, et bien plus atroce que celle qu’il éprouvait habituellement. Cependant elle siégeait également au sinciput. Il n’éprouvait pas de douleurs dans les membres, soit avant, soit après l’apparition des symptômes secondaires.

Quelques semaines après, le sublimé fut remplacé par l’iodure de mercure (5 centigrammes par jour; tisane de gentiane). Il suivit très-régulièrement pendant trois mois entiers le traitement mercuriel, après quoi il prit pendant quatre semaines I gramme d’iodure de potassium par jour. Les effets de la médication spécifique ne se firent pas longtemps attendre ; car, un mois et demi après l’institution du traitement, tous les phénomènes avaient disparu complètement (plaques muqueuses, éruption cutanée, céphalée) ; après quatre mois de séjour à l’hôpital, il quitta l’établissement, avec le consentement du chef de service, et reprit son travail qu’il continua pendant sept mois, sans qu’aucun nouveau symptôme révélât chez lui la persistance de la diathèse. Les maux de tôte habituels chez ce malade avaient aussi diminué de fréquence et d’intensité.

11 y a deux mois environ, il commença à éprouver une douleur assez forte dans le côté droit de la tôte, douleur siégeant »|ionstamment à la môme place, au milieu de la région pariétale. A la môme époque, la contractilité musculaire de toute la Zambaco. 13

PARALYSIE DU MOUVEMENT

moitié gauche du corps éprouvait une diminution progressive, .li Les os de la jambe étaient le siège de douleurs ostéocopes ; une syphilide tuberculeuse parut sur le front et les téguments >1 du thorax. Quoique avec beaucoup de difficulté, le malade a 9I pu se rendre à pied à l’hôpital du Midi, où nous l’avons vu 'J huit jours après son admission. Nous avons constaté, à l’exa- .1 men, des syphilides tuberculeuses du front et du tronc; les a unes en voie de cicatrisation, les autres en pleine ulcération. X Au dire du malade, ces tubercules se sont développés en môme I temps que le côté gauche du corps était frappé de faiblesse. Alopécie très-prononcée ; il existe à la région cervicale une syphilide maculeuse caractérisée par des taches dont quelques-unes ont une teinte cuivrée. Leurs dimensions varient depuis la grandeur d’une lentille jusqu’à celle d’une pièce de | 50 centimes. Syphilide pustuleuse du cuir chevelu. La face est déviée et portée à droite; à gauche, elle est plate et affaissée.

Les sens sont à l’état normal. Douleurs de tête excessivement fortes par moments, mais indifféremment le jour ou s la nuit. Elles siègent à la région pariétale du côté droit.

La moitié gauche du corps est tout à fait privée de mouve- f ment; les membres dans la plus complète résolution tombent f( comme des masses inertes; la langue n’est pas deviée; le i malade parle assez bien, mais avec lenteur. Il ferme bien les deux yeux. Les sphincters vésical et anal sont paralysés; aussi le malade est-il gâteux. Plusieurs fois, dans l’espace de vingt-quatre heures, les membres paralysés sont le siège de mouvements convulsifs. La sensibilité est exagérée dans la ^ moitié paralysée. Le sentiment de la température est conservé, lè Intelligence et mémoire affaiblies. L’interrogatoire que je viens i de lui faire subir paraît l’avoir beaucoup fatigué. Il n’y a J| pas d’état fébrile ; le pouls bat soixante-dix fois par minute, âfl

Traitement. — lodure de potassium, 1 gramme, et succèssivement jusqu’à 4 grammes par jour. i

Ce traitement fut continué pendant un mois et demi. Sous nie son influence les syphilides tuberculeuses de la peau se sont la presque complètement cicatrisées. Mais le malade est dans la le môme état quant à sa paralysie et les autres symptômes ■ >0 précédemment énumérés.

Le O novembre on suspend l’iodure et on lui donne in

OBSERVATIONS

une pilule de strychnine. La dose du médicament fut augmentée progressivement. Dès le second jour de ce traitement, les membres furent contracturés et maintenus dans la denii-llexion. Le pied était dans l’extension avec roideur trèsprononcée. Convulsions tétaniques dans tous les membres ; l’attaque débutait toujours par la jambe gauche, et durait à la fin pendant quatre ou cinq minutes; mais, outre les convulsions partielles, il en existait de générales et d’assez fortes pour jeter le malade hors du lit, sans l’intervention de ses voisins; ces douleurs arrachaient au malade des cris déchirants; ses yeux étaient hagards. Pas de strabisme. Le 18 novembre, le malade prenait pour le second jour, cinq centiçp'ammes de strychnine en plusieurs pilules , ce qui était dû à une erreur commise à la pharmacie; il avait déjà pris deux pilules le malin vers sept heures. A la visite, il ne présentait rien de particulier; vers neuf heures' et demie, il fut pris de convulsions générales très-douloureuses, se reproduisant à de très-courts intervalles. De temps en temps, il y avait un spasme du larynx, qui empêchait, pendant quelques secondes, l’entrée de l’air dans les poumons. Les pupilles, médiocrement dilatées, étaient tournées en haut. Pas de troubles intellectuels. L’interne de garde appelé prescrivit d’abord une potion calmante, puis un vomitif sans obtenir aucun effet. Deux heures après, le malade mourut.

Autopsie. — Le crâne, ainsi que le canal rachidien, est ouvert et attentivem ent examiné. On n’y voit aucune altération osseuse. Les membranes encéphalo-racbidiennes, quoique parfaitement saines, sont un peu plus injectées qu’à l’état normal.

La surface du cerveau présente, à la partie moyenne du lobe dm/ et à sa face supérieure, un ramollissement bien visible; on y reconnaît, parle palper, une sorte de fluctuation; ce ramollissement est très-manifeste à la coupe; le tissu cérébral est désorganisé dansunegrande étendue; celte lésion existeàScentim. de l’extrémité du lobe antérieur et à 11 de l’extrémité du lobe postérieur. En profondeur, cette lésion s’étend jusque près du ventricule latéral dont elle est séparée par une lame de tissu cérébral sain. Dans la portion qui correspond au corps strié, la masse cérébrale présente un noyau d'un gris jaunâtre., du volume d’un gros pois et d’une consistance supérieure

PARALYSIE DU MOUVExMENT.

à celle de la matière cérébrale ramollie, qui l’entoure, llien dans les ventricules. Injection considérable du plexus eboroïdien. L’autopsie a été faite par notre ami le docteur Témoin, alors interne du service.

Réflexions. — Nous voyons tout d’abord chez ce malade des céphalalgies violentes ‘avant qu’il n’ait contracté la syphilis constitutionnelle; cela dénoterait-il chez lui une prédisposition aux affections encéphaliques?

La syphilis ne datait chez lui que d’un an, et malgré le traitement régulier auquel il fut soumis de très-bonne heure, l’évolution de ses manifestations n’a pu être empêchée; ce qui aurait pu faire prévoir, jusqu’à un certain point, l’aptitude de la part de ce malade à en être gravement affecté.

Sept mois après la disparition des symptômes syphilitiques, il lui survint une douleur vive à la région pariétale droite, des douleurs ostéocopes des tibias, et des tubercules syphilitiques de la peau. A la même époque a débuté l’hémiplégie gauche. Ce n’est que deux mois après le début de ces symptômes qu’il fut de nouveau soumis aux antisyphilitiques, et lorsque l’hémiplégie'élait déjà complète. 11 est donc très-rationnel d’attribuer l’affection cérébrale à la syphilis constitutionnelle, sans être arrêté par l’insuccès d’une médication, un peu tardivement instituée.

Ce malade a succombé à un ramollissement cérébral qui avait déjà manifesté son existence par plusieurs symptômes, tels que l’hypéresthésie de la moitié paralysée, les contractures, la faiblesse de l’intelligence, etc. En effet, il a été trouvé à l’autopsie un ramollissement cérébral très-étendu, entourant un noyau jaunâtre consistant et ressemblant aux tumeurs gommeuses. Il est permis de croire qu’un dépôt plastique effectué au milieu de la substance cérébrale avait déterminé l’inflammation de cette

OBSERVATIONS

dernière. II n’est donc pas étonnant cpie les spécifiques ; n’aient rien pu faire contre cette cércbrite, à laquelle la I mort paraît devoir être imputée. Ainsi qu’on l’a vu, il ne s’agissait pas chez ce malade de troubles purement de [ compression, comme les tumeurs gommeuses en déter- > minent, mais de tous les symptômes du ramollissement : cérébral le plus grave.

I Observation XXVII. — Hémiplégie à droite succédant à une pa- ! r al y sie faciale. — Hypéresthésie du côté paralysé. — Conser-

vation des sens. — Pas de contracture. — Déviation de lu luette. — Affaiblissement de la mémoire. — Syphilide maculeuse du cou. — Taches cuivt'ées et cicatrices foncées sur diverses parties du cotps.

La nommée V..., âgée de 21 ans, couturière, est entrée, le I IS novembre 1858, à l’hôpital des Israélites, rue Picpus, et fut I couchée au lit n“ 9. Native du grand-duché de Bade, elle ; habite Paris depuis deux ans et demi. Elle entra au mois ' d’avril dernier à l’hôpital de Lourcine, dans le service de M. le , professeur Jarjavay, où elle resta jusqu’au mois d’octobre.

I Elle avait, à cette époque, une paralysie faciale commençante du côté droit, datant d’une semaine, et qui devint complète dix jours après son admission; les mouvements de la face du I côté droit étaient impossibles; les traits étaient épanouis; la commissure abaissée; la paupière à moitié fermée; les larmes ' coulaient sur la joue ; la parole était difficile et incompréhensible; la sensibilité tactile était conservée. Elle n’éprouvait du reste aucune douleur. Elle avait en môme temps une adénopathie cervicale et inguinale double très-prononcée, une éruption ecthymateuse de la peau, de l’alopécie et des plaques muqueuses de l’isthme du gosier. On lui ordonna une pilule de 5 centigrammes de proto-iodure de mercure par jour, et en môme temps de l’iodure de potassium dont la dose fut progressivement portée à 4 et à 5 grammes par jour. Des vésicatoires furentaussi appliqués â plusieurs reprises sur le trajet du facial.

La malade ne s’était jamais aperçue de l’existence d’un chancre, ni d’aucun autre accident du côté des organes génitaux; de

rARALYSlIi: DU MOUVEMENT.

sorte qu’il lut impossible de remonter au début de l’aUéclion o syphilitique; elle nous afllrme cependant qu’en octobre 1857 4

elle remarqua des boutons sur la peau des membres et du tronc. ^ Aucun médicament ne fut administré avant son entrée à • | l’hôpital de Lourcine. Quoi qu’il en soit, après sept mois de > traitement régulier, elle sortit de Lourcine améliorée mais non j guérie; elle parlait et mangeait très-bien; les mouvements i étaient revenus aux muscles de la face; mais, dans les fortes i contractions musculaires, comme pendant le rire ou la conver- -.9 sation, on saisissait une dilférence notable entre le côté malade Iju et le côté sain. Les boutons ont disparu ; mais les taches qu’ils üt| ont laissées à leurs suites étaient encore d’une couleur cuivrée jü très-foncée.

On lui conseilla de continuer exactement son traitement, ai A peine avait- elle quitté l’hôpital qu’elle cessa tout traitement 19 pour mener une vie des plus désordonnées.

La malade n’éprouvait néanmoins rien de particulier, lors- -.ii que la veille de son admission à l’hôpital de la rue Picpus,,'U sans aucun prodrome, sans mal de tôle, sans atfaiblissement !9i préalable des membres, elle fut subitement frappée de pa-- q; ralysie. Le soir elle se coucha sans ressentir aucun précurseur , i* de l’accident qui la menaçait, et ce n’est qu’à quatre heures- i| du matin que, voulant changer de côté, elle s’aperçut que la ë moitié droite du corps était soustraite à l’empire de la volonté, lu Le 1®” décembre 1858 elle porte un grand nombre de taches^ d: cuivrées sur plusieurs parties de la peau, principalement sur: les membres inférieurs; plusieurs de ces taches ont la gran- si deur d’une pièce d’tm franc ; il y en a dont le centre est blanc, ai Au cou on remarque un grand nombrede tachesirrégulières- n ardoisées ou bistres, séparées par une coloration blanche qui les- i fait mieux ressortir. De nombreuses cicatrices irrégulières dont i plusieurs d’un aspect gauffré et de la grandeur d’une lentille, siègent à la région frontale, où l’on voit également des taches- I: de môme couleur que celles des membres. Sur plusieurs 1 parties du tronc, il existe des cicatrices profondes, irrégulières, consécutives à une éruption eclhymateuse profonde.

Une grande plaque de psoriasis siège sur la joue droite; elle est de la grandeur d’une pièce d’un franc. Point d’adé- ; nite; point d’exostose.

onsinwATioNs.

La sensibililé est exaltée sur la moitié droite du corps; la pression y est douloureuse; la malade sent le chatouillement aussi bien h droite qu’i’i gauche. Cette exploration ne détermine pas de mouvements réflexes. La sensation de la température est également conservée; la malade accuse de la douleur quand on applique un vase froid sur les parties paralysées.

Jamais de douleurs dans les masses musculaires, ni dans les os des membres. Jamais de mouvements convulsifs; la température du corps est à peu près égale des deux côtés; le sentiment de la position des membres est conservé ; la malade est dans l’impossibilité d’exécuter le moindre mouvement actif du côté droit. Les membres peuvent être placés dans n’importe quelle position, mais aussitôt abandonnés à eux-mômes ils tombent comme des masses inertes.

La commissure droite est rapprochée de la ligne médiane. Les paupières peuvent, par leur contraction, recouvrir complètement le globe oculaire ; le sourcil est immobile , la joue large et plate. La langue n’est pas déviée. La vue et l’ouïe sont intactes ; pas de bourdonnements. Le goût est conservé. La prononciation est difficile, cependant la malade peut s’exprimer assez distinctement.

La luette est déviée à gauche ; les piliers de ce côté sont bien plus tendus que les droits, qui sont comme relâchés. Depuis sa réception à l’hôpital, elle sent sa mémoire diminuer; elle se rappelle encore assez bien des faits antérieurs à son hémiplégie; mais elle oublie facilement les choses récentes. Aucun autre trouble intellectuel. La menstruation a toujours été régulière chez elle. Elle prend tous les jours 1 centigramme de bichlorure de mercure. Sous l’influence de ce traitement, son état s’améliore successivement, surtout quant à la parole.

Le 29 janvier elle peut se servir de sa main droite ; les mouvements sont revenus dans tout le côté paralysé, mais incomplètement. La luette est moins déviée. Il n’y a plus d’hypéresthésie.

Les traits ne sont plus déviés que dans la contraction des muscles de la face; pendant le rire, par exemple; les taches syphilitiques se sont presque effacées. Le psoriasis du cou a disparu. En un mot, il y a une amélioration très-notable dans

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