‹ Des affections nerveuses syphilitiquesChapitre 28 sur 61 · IT · texte numérisé non relu

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ODSEIWATIONS.

: seulement remarquer que, chez ce malade, il existait, à 1 part les troubles de 1 intelligence, presque tous les symptômes que nous a présentés la femme de l’observation n° LI, chez laquelle la paralysie générale était très-certainement syphilitique, du moins autant qu’il est possible 1 d’en juger par le début, par la marche de l’affection, et I surtout par sa guérison, à l’aide des antisyphilitiques.

t Observation LV. — Syphilis constitutionnelle . — Chancre en 1830 ; en 1834-, début de paralysie générale. — Mort. — Autopsie. — Tumeur de l encéphale, offrant les caractères des produits j de la syphilis. — Ramollissement de la substance grise périphérique.

F..., bandagiste, âgé de 51 ans, est entré, le 29 janvier 1855, ji àl’asile de Bicélre, n® 14, troisième salle, service de M. Moreau, ;| pendant l’internat, auprès de ce savant aliéniste, de notre !i excellent ami le docteur B. Boll, qui a recueilli cette obser- » vation.

Cet bomme, d’une taille moyenne et d’un assez fort era- ;l bonpoint, a les cheveux grisonnants, les yeux gris, le teint coloré, la barbe assez abondante. Son père est mort d’apo- ;■ plexie, sa mère a succombé, à un âge assez avancé, à une I affection sur laquelle il ne peut fournir aucun détail précis. !! D’une manière générale, il jouissait d’une bonne santé; il a,

I depuis longtemps, l’habitude des excès alcooliques. A 21 ans, il I eut un chancre induré, â la couronne du gland ; il consulta un : médecin, qui lui fit prendre des pilules, dont il ignore lacom-

I position. Trois mois plus tard, il survint une éruption, qui dura trois ou quatre semaines, et disparut à la suite de quelques

I bains. Il n’a jamais éprouvéaucun symptôme spécifique depuis ;

I mais il y a près de vingt ans qu’il a commencé à éprouver des congestions cérébrales de plus en plus fréquentes à mesure qu’il avançait en âge. Il y a plus d’un an, qu’un alfaiblissement marqué des membres inférieurs a forcé le malade à solliciter son admission dans les hôpitaux. H y a fait plusieurs séjouis depuis cette époque, et en dernier lieu, à l’hôpital de Lariboisière, d’où il a été transféré à Bicôtre. Les facultés intellec-

tuelles paraissent, au premier abord, bien conservées; mais on ne tarde pas à s’apercevoir que la mémoire a perdu sa préci- : sion. Les réponses sont brèves, mais assez raisonnables ; et de quelque façon qu’on l’interroge, il ne présente aucune trace de délire. Il existe un excès très-marqué de sensibilité, et souvent le malade pleure, sans pouvoir indiquer le motif de son chagrin; les sens paraissent bien conservés; les pupilles sont contractées, surtout à gauche. La sensibilité tactile est fort émoussée; la contraction musculaire est peu énergique; le malade chancelle en marchant. La parole, lente et confuse, est accompagnée d’une sputation continuelle et d’un tremblement des lèvres qui se communique à une grande partie de la face. Le pouls est calme et régulier. Le malade a bon appétit; les digestions se font régulièrement; il va tous les jours à la selle. On prescrit : bicarbonate de soude (2 grammes dans une potion), quatre portions alimentaires. Le l" février, le malade est dans le même état, mais on a reconnu qu’il ne pouvait pas retenir ses matières fécales et qu’il allait sous lui. Le 10 février, le malade va un peu mieux ; il a pu se pro- , mener dans la salle et n’a plus eu, depuis quelques jours, de déjections involontaires. Cette amélioration ne s’est paS' longtemps prolongée. Quelques jours plus tard, le malade a repris le lit pour ne plus le quitter. Depuis cette époque, ill s’est progressivement affaibli, sans présenter de nouveaux, symptômes et sans manifester aucun délire ambitieux. Le 13 fé-vrier 1836, le malade présente un état légèrement fébrile dui pouls (80 puis.), avec chaleur halitueuse à la peau. L’appétit est toujours bon; il mange avec plaisir, mais la mastication est d’une lenteur extrême; il lui faut plusieurs minutes si' pour disposer d’une simple bouchée de pain. La dégluLilioni des liquides est encore plus gênée, à cause de la difficulté qu’il éprouve à fermer la bouche, qui dans son état habituel 1 reste béante. L’intelligence paraît conservée; car, lorsqu’on ’o' adresse une question au malade, il paraît la comprendre ::l et s’efforce d’y répondre; mais les réponses elles-mêmes sont; '( presque inintelligibles, à cause de la difficulté qu’il éprouve à i| ‘j former des sons articulés. Il lire néanmoins assez bien la langue ■" hors de la bouche. Les membres inférieurs et supérieurs cou- • servent encore la faculté de se mouvoir; le malade sort assez

OBSERVATIONS

iilcilement les jambes hors du lit. X... prend assez volontiers du tabac, mais il en laisse tomber la plus grande partie, après l’avoir humé lentement. On le voit, à chaque instant’ pleurer sans motif apparent et sans verser de larmes, à la manière des sujets atteints de ramollissement cérébral. Le 15 avril, l’affaiblissement du malade n’a pas cessé, un seul I instant, de faire de nouveaux progrès. On constate aujourd’hui I une hémiplégie avec contracture à gauche ; le membre inférieur de ce côté, demi-fléchi et renversé sur l’autre, est dans l’impossibilité de se mouvoir. La sensibilité est d’ailleurs conservée; car lorsqu’on pince le malade, le membre droit I remue ; on dirait que les sensations perçues à gauche reten- 1 tissent à droite pour y produire des mouvements. Les mômes 1 phénomènes se reproduisent, mais un peu moins caractérisés,

I pour le bras gauche. La maigreur du sujet est extrême. Depuis I longtemps, il demeure couché sur le côté droit, le corps décrivant un arc de cercle, la tête déjetée de côté; il lui serait I impossible de changer de position.

; Le 22 mai, l’état du malade s’est subitement aggravé. Des

1 symptômes de compression cérébrale viennent de se manifester. Incapable de parler, il demeure dans un état de demisomnolence, dont on ne le tire que péniblement; il paraît en- I core comprendre les questions qui lui sont adressées, sans M pouvoir y répondre. Le malade ayant succombé le lendemain, à trois heures de l’après-midi, l’autopsie a eu lieu le 2L mai. A l’inspection extérieure du cadavre, on constate une déviation I latérale gauche de la colonne vertébrale ; à la région dorsale, i il existe une saillie latérale à gauche, une dépression à droite. ; La tête est inclinée à droite et ne peut pas être maintenue dans I une position contraire. Les membres inférieurs sont amaigris 1 et contractés, le gauche surtout. A l’ouverture du crâne, l’en- 1 céphale paraît d’un assez petit volume; il n’existe aucune ad- I hérence de la dure-mère aux parois crâniennes. Celte mem- I brane est d’ailleurs fortement injectée et parcourue par des arborisations vasculaires. A l’incision de la dure-mère, il s’é-

coule une quantité très-considérable de sérosité. La pie-mère est le siège d’une injection très-vive, clic présente des adhérences avec la substance grise des circonvolutions de la con vexité des lobes frontaux, plus particulièrement à droite. C es

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aussi en ce point que l’injection vasculaire est le plus carac- 1 térisée. Aux lobes postérieurs, sur les parties latérales, à la .J base du cerveau, il existe une injection assez marquée, mais I point d’adhérences. La masse encéphalique est ramollie i dans toute son étendue, plus particulièrement dans les lobes i antérieurs. Les ventricules latéraux contiennent une quantité énorme de sérosité. A la partie la plus antérieure du lobe frontal droit, sur un point très-rapproché de la ligne médiane, il existe une tumeur du volume d’une grosse noix, arrondie, blanche, non pédiculée, ayant la consistance delà matière encéphalique, à laquelle elle ressemble sous tous les rapports. Elle est contenue dans une cavité tapissée par une couche, extrêmement mince, de substance grise. A la surface de la tumeur, on ob- : serve des arborisations vasculaires très-déliées et en assez : grand nombre. Cne mince membrane semble en envelopper la superficie; à la coupe, elle présente un tissu d’une blancheur i laiteuse, dur, lardacé, criant sous le scalpel, oflrani, sur tous I les points de son étendue, une structure parfaitement homogène. La pression en fait sortir un suc laiteux très-abondant. Examinée au microscope, cette tumeur est exclusivement composée d’éléments fibro- plastiques (cellules fusiformes et noyaux), avec une faible proportion de globules graisseux, ressemblant à des gouttes d’huile. L’ouvertui’e du thorax ne révèle aucun trouble dans les organes sus-diaphragmatiques; les poumons sont sains. Il existe dans le péricarde une quantité considérable de sérosité; les parois du cœur, qui est assez volumineux, sont flasques et molles, mais sans trace aucune d’altérations organiques. L’estomac est distendu par des gaz.

Sur quelques points, la muqueuse offre des traces de ramollissement. Les intestins n’ont pas été examinés; la rate et les reins sont dans leur état normal. Le foie est très-volumineux, bosselé à la surface et d’une teinte plus jaune qu’à l’état normal. i«

Réflexions. — Si l’on doit attacher une grande iin- 'à portance aux recherches microscopiques, ce malade a ; ; péri, selon toutes les probabilités, de la syphilis (fu’il i*i avait conlractée vingt ans auparavant. Il présenta, en o eflet, à cette époque, des signes évidents de la diathèse. >

observations. U 3 5

Si aucun accident n est venu depuis trahir ia persistance de 1 atlection, il n y a là rien qui nous autorise à écarter la syphilis, loisquon cherche à se rendre compte de t 1 étiologie de la maladie qui emporia X... N*avons-nous fl pas rencontré, maintes fois dans le courant de cet ou- • vrage, des rémissions excessivement prolongées, entre |i les diverses explosions des accidents diathésiques?

Il faut cependant demander au microscope à quel j signe on doit reconnaître le fibro-plaslique de la sy- : philis, et le distinguer du fibro-plastique qu’on peut i appeler z!«/ÿoh-e. Car tout tissu fd)ro-plaslique ne doit [ pas être considéré comme étant sous la dépendance de i la vérole ( 1 ) .

, Ainsi chez ce malade il y a bien eu diathèse syphil lilique; plus tard, des phénomènes encéphaliques, en I tout identiques à ceux de la paralysie générale des aliéfnés, déterminent la mort; l’autopsie fait constater la i présence d’une tumeur que le microscope qualifie de I fibro-plastique. Mais celle-ci était-elle bien la conséj: quence de la syphilis? ou bien tout simplement une pa- I ralysie générale s’est-elle développée chez un malade I ayant eu à souffrir autrefois de la syphilis? Les cas en ' notre possession sont beaucoup trop peu nombreux pour que nous concluions. Nous insistons sur les faits de cette nature pour appeler d’autres recherches qui trancheraient plus la question que nous ne pouvons le faire

(I) Virchow, qui semble contester l’autorité du microscope pour reconnaître la nature syphilitique d’un tissu, puisqu’il a trouvé les mêmes éléments dans d’auires parties que les tumeurs syphilitiques, dit néanmoins que dans la vérole le tissu spécial est le même à 1 induraiion du chancre et à la gomme. 11 parait donc admettre un tissu spécial. Quant au mot néoplasie, dont il se sert, ne signifie-t-it pas tissu de nouvelle formation et n’est-il pas alors synonyme de fihroplastique? (La Syphilis constüutionnelle.)

aujourd’hui. La médication spécifique n’a pas été em- -i ployée dans le cas'présent. De sorte qu’il nous a manqué -ii un précieux élément de diagnostic, qui nous aurait aidé, è jusqu’à un certain point, à résoudre l’important problème ic de pathogénie, chez ce malade.

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