‹ Des affections nerveuses syphilitiquesChapitre 30 sur 61 · DE L’AMAUROSE ET DE L’AMDLYOPIE SYPHILITIQUES · texte numérisé non relu

DE L’AMAUROSE ET DE L’AMDLYOPIE SYPHILITIQUES

On définit généralement l’amaurose : une perte, ou un -i» affaiblissement notable de la vue, déterminé par une al--ij tération du nerf optique, de la rétine, ou de la portion de o l’encépbale dévolue au sens de la vision. Lorsqu’on se j livre à des recherches bibliographiques, on est justement is surpris de ne pas voir la syphilis figurer pour une large.g' part dans l’étiologie de cette affection. Les auteurs mêmes w qui se sont particulièrement occupés des maladies véné— Tiennes, la mentionnent à peine, ou la passent sous si-iij lence. C’est ainsi que Vidal, de Cassis, dans son article sur l’amaurose et l’amblyopie (1), ne parle point de la J diathèse syphilitique, comme cause possible d’une cécité ^ plus ou moins complète. Dans son Traité des maladies 'À vénériennes (2), il signale les exostoses de l’orbite ou de a la base du crâne comme pouvant produire l’amaurose;.* voilà tout ce qu’il dit sur l’origine syphilitique de cette il affection.

Joseph Frank cite à peine la vérole, lorsqu’il énumère U les circonstances dans lesquelles la goutte sereine peut is se développer.

Dupuytren, Lallemand, M. Nélaton, et les auteurs du i Coinpendiiim de chirurgie, ont vu des amauroses syplii- I litiques, dont la guérison fut obtenue par les mercuriaux. li

(1) Traité de 'pathologie externe.

(2) Page 467.

DE L AMAUROSE ET DE l’aMRLYOPIE.

Cependant, dans leurs remarquables ouvrages, on voit toujours percer le doute et l’incertitude sur l’existence réelle de la cause syphilitique, et surtout sur le crenre de lésion qui détermine ces troubles profonds de î’or^^ane de la vue. Si d ailleurs, disent les savants auteurs du Compendium de chirurgie, il était prouvé que la diathèse y syphilitique piU donner lieu à C amaurose, on ne saurait ] dire si c’est en modifiant directement la rétine, ou en ■ donnant naissance à quelque gomme, ou à quelque exostose qui comprime le nerf au niveau du trou optique.

Ln peu plus loin, ils paraissent admettre, mais théo- [ liquement et sans démonstration aucune, que l’injection,

I 1 inflammation de la rétine et ses épanchements peuvent I produire l’amaurose. Quant à l’amaurose sans lésion ou nerveuse , ces savants maîtres, prévoyant déjà son ex- ! trême rareté, se demandent si on doit l’admettre, et si l’extrême ténuité de la rétine ne rend pas impossible,

I parfois, la découverte de l’altération.

On voit que le doute règne dans les meilleurs esprits, et qu’il n’existait pas, jusqu’à présent, de documents cal'pables d’entraîner la conviction et de prouver nettement* de quoi est capable la diathèse syphilitique, et de quelle ( manière elle agit sur l’appareil nerveux du sens delà I vue. Nous avons été assez heureux pour élucider ici cette importante question, en démontrant par des faits que, probablement dans l’immense majorité des cas, dans la totalité de ceux que nous avons étudiés, il existe une lésion de la rétine ou de la choroïde. Mais d’une vingtaine d’observations que nous possédons, nous ne pouvons conclure à l’exclusion définitive de l’amaurose nerveuse, heut-être serons-nous conduit à cette conclusion par des recherches ultérieures. Quant à présent, il nous semble rationnel d’admettre l’amaurose sans lésion appréciable,

356 DE l’amaurose et de l’amblyopie.

quoique nous ne l’ayons jamais rencontrée. Si l’intoxication saturnine, qui a une si grande analogie avec l’intoxi-, cation syphilitique, a le pouvoir de produire des paialysies sans altération, pourquoi cettedernière ne pourrait-elle pas en déterminer aussi?

Du reste, force nous a été de reconnaître ce pouvoii v de la syphilis à propos de la paraplégie, les nécropsie; 2 les plus attentives n’ayant révélé, dans certains cas, au-.» cime lésion matérielle appréciable.

Dire dans ces circonstances, avec le savant auteur de; h Métamorphoses, que l’action du principe de la véroh W peut se concentrer sur la pulpe cérébrale et les cordon ® qui en émergent, ce n’est pas éclairer la question. Ai lieu de nous borner à dire que l’amaurose et l’amblyopii g sont une perversion de la sensibilité, comme la névralii gie, la surdité et l’anosmie, nous tâcherons de nou4 former, par l’étude des malades, une opinion plus ei‘| rapport avec les progrès effectués par l’anatomie patho- 1 logique dans ces dernières années. i

De ce que nous avons dit précédemment, il résulte qii» I • l’amaurose syphilitique peut être déterminée par de>| lésions du nerf optique, ou de la partie de l’encépbah i qui préside à l’accomplissement de la vue, et finalemeni| par les modifications qu’ont éprouvées quelques-unes dei> parties constituantes de l’œil.

Les plus anciens auteurs ont reconnu que la vérole, ei , produisant des exostoses ou des tumeurs en général i peut déterminer la cécité, en même temps que d’autre! 1, troubles nerveux.

Nous lisons dans Botalus (1) une observation qui si i trouve aussi dans Boerhaave (2). Un homme ne pouvai i

(1) Àphrod., p. 884.

(2) Aphorismes commentés par Van Swicleii.

Page 1